Biographie résumé de l’éminent savant Dr. Wehbeh Zuhayli

Un homme anciennement chrétien de la ville libanaise Zahlé, converti à l’Islam, s’est réfugié à Dayr Atiyya au Qalamûn dans les banlieues de Damas. Les gens de cette ville l’ont protégé et aimé et il les a aimé également. Cet homme demandait toujours à Allah qu’Il lui donne une filiation pieuse, et ainsi, il a eu les deux éminents savants Dr. Wehbeh Zuhayli et son frère Dr. Muhammad qui ont rempli la Terre par leurs ouvrages et leurs sciences.

Dr. Wehbeh Zuhayli est né à Dayr Atiyya en 1932, son père a appris entièrement le Coran et était connu par son application rigide de la religion et par son amour de la sounna.

Il a étudié à l’école de Balad al-Milad  puis il a suivi ses études du collège à la faculté de Charia de Damas pour une durée de six années où il fut classé premier durant tout ce parcours. De plus, il a obtenu le bac littéraire avec le bac de sciences islamiques en 1952.

Il a poursuivi ses études à Al Azhar où il a obtenu son magistère en sciences islamiques ainsi qu’une licence en enseignement, spécialisée en langue arabe. De plus, il a été diplômé en même temps d’une licence de Droit de l’université Ayn Shams en 1957 et d’un diplôme de Magistère de l’institut de Charia en 1959 de la faculté de Droit de l’université du Caire.

Il a obtenu un doctorat en droit comparé avec la Charia en 1963 avec la mention de premier honneur et la recommandation d’échanger la thèse avec les universités étrangères. Le sujet de sa thèse était : « les effets de la guerre dans la jurisprudence islamique, étude comparée entre les huit écoles juridiques et le droit international public ».

Dr. Wehbeh Zuhayli était caractérisé par sa modestie, il recevait toutes questions et toutes personnes, notamment lorsqu’il sortait de la mosquée ou lorsqu’il était dans un endroit public. Ses collègues qui l’ont accompagné en Egypte affirment qu’ : « il gardait exceptionnellement le temps et qu’il ne parlait à personne, son temps étant en effet pour la science ».

Après la révolution syrienne, il était contre le régime. Il a fortement critiqué le régime et ses crimes lors de son tour scientifique en Amérique, discrètement et publiquement. Puis, il a décidé de revenir à Damas malgré la demande de son fils qui insistait pour qu’il ne revienne pas. Lorsqu’il est arrivé à Damas, il était menacé et a subi de durs harcèlements, étant ainsi l’objet d’une résidence forcée non déclarée.

En 2001, Dr. Badi’ Sayyed al-Lahham a édité une monographie du sheikh Wehbeh Zuhayli. Jetons un coup d’œil sur cette personnalité.

Ses Shûyûkh :

Il a appris avec beaucoup de savants de Syrie et d’Egypte. On trouve notamment :

Mahmûd Yassin : Hadith.

Mahmûd al-Rankûsî : Croyance.

Hassan Shatti : Héritage.

Hachem al-Khatib : Jurisprudence shafiite.

Lutfi al-Fayyûmî : Fondement de jurisprudence et sciences du hadith.

Ahmad al-Sammâq : Tajwid.

Hamdi Juwîjâtî : Science des lectures du Coran.

Abû al-Hassan al-Qassâb : Grammaire et morphologie.

Hassan Habannaka al-Maydânî et son frère Sadeq Habannaka : Exégèse.

Saleh al-Farfûr : Langue arabe comme la rhétorique et la littérature etc.

Hassana al-Khatib, Ali Sa’d al-Din, Subhi Khayzaran et Kamel al-Qassar : Hadiths et éthique.

Jawdat al-Mârdînî : Science du prêche.

Rashid al-Sâtî et Hikmat al-Sâtî : Histoire et éthique.

Nazhem Nasîmî et Mâher Hamada : Législation islamique et civile.

Egalement, il a appris auprès d’autres savants la chimie, la physique, l’anglais et autres sciences profanes.

Ses shûyûkh en Egypte :

Mahmûd Shaltût, le sheikh d’Al-Azhar.

Abd al-Rahmân al-Tâj.

‘Issâ Mannûn, le doyen de la faculté de Charia : jurisprudence comparée.

Jâd al-Rabb Ramadan : jurisprudence shafi’ite.

Mahmûd Abd al-Dâyem : jurisprudence shafi’ite.

Mustafa Abd al-Khaleq et son frère Abd al-Ghani Abd al-Khaleq : fondement de jurisprudence.

‘Uthman al-Maraziqi et Hassan Wahdan : fondement de jurisprudence.

Al-Dhawahirî al-Shâfi’i : fondement de jurisprudence.

Mustafa Mujâhid : jurisprudence shafi’ite.

L’imam Muhammad Abû Zuhra ; l’imam Ali al-Khafif ; Muhammad al-Banna ; Muhammad al-Zafzâf ; Muhammad Salam Madkûr ; Faraj al-Sanhûrî : études supérieures en jurisprudence comparée et fondement de jurisprudence.

Ses missions et sa participation dans les activités collectives :

Il a été désigné enseignant à l’université de Damas en 1963 puis professeur- assistant en 1969 puis professeur en 1975. Il a travaillé dans la rédaction, l’enseignement et la guidance. Sa spécialité est la jurisprudence et le fondement de jurisprudence, les ayant enseignés avec la jurisprudence comparée dans la faculté de Charia et la faculté de Droit de Damas mais également dans les départements d’études supérieures de ces deux facultés.

  1. Il a été détaché à la faculté de Charia et de Droit de l’université Muhammad bin Ali al-Sanûssi dans la ville Blanche en Libye pour deux années, puis il a été désigné pour donner des cours dans les études supérieures.
  2. Il a été détaché à la faculté de Charia et de Droit de l’université des Emirats pour cinq années de 1984 à 1989.
  3. Il a été détaché à l’université de Khartûm en tant que professeur-visiteur (département de Charia), et à l’université islamique ‘Umm Durmân pour les cours des études supérieures.
  4. Il a été détaché à la faculté de Charia et de Droit de l’université Muhammad bin Ali al-Sanûssi dans la ville Blanche en Libye, pour un mois en tant que professeur-visiteur.
  5. Il a été détaché pour le Qatar et le Koweït pour les leçons de Ramadan en 1989-1990.
  6. Il a été détaché à l’Institut Arabe des études de sécurité et de formation en 1993 en tant que professeur-visiteur.
  7. Son ouvrage « La jurisprudence islamique et ses preuves » est enseigné comme principale référence dans plusieurs universités pour les départements des études supérieures au Pakistan et au Soudan et dans d’autres pays.
  8. Son ouvrage « Les fondements de la jurisprudence islamique » a été enseigné dans l’université de Médine et celle de Riyadh (département de formation des juges).
  9. Il a dirigé plusieurs mémoires et thèses, dépassant les 70 recherches universitaires à l’université de Damas et à celle de l’imam al-‘Ûza’i.
  10. Il a établi les programmes scientifiques de la faculté de Charia à l’université de Damas dans la fin des années soixante, les programmes scientifiques de la faculté de Charia à la faculté de Droit et de Charia de l’université des Emirats. Il a également participé à l’élaboration des programmes des instituts islamiques en Syrie en 1999.
  11. Il a évalué la revue de Charia et des études islamiques à l’université du Koweït en 1988.
  12. Il est régulièrement intervenu dans des émissions de radio continues en Syrie sur l’exégèse du Coran : programmes « Histoires du Coran », « Le Coran et la vie »,
  13. Des diverses émissions de télévision à Damas, aux émirats arabes unis, au Koweït, en Arabie Saoudite, ainsi que des divers articles dans les revues de plusieurs pays.
  14. Il a constitué et fondé la revue de Charia et de Droit de l’université des Emirats.
  15. Il était le président de la commission culturelle supérieure et le président du comité des manuscrits de l’université des Emirats.
  16. Il était membre du comité éditorial de la revue « La voie de l’Islam » à Damas,
  17. Le président du conseil d’administration de l’école du Sheikh Abd al-Qâder al-Qassab (lycée des études islamiques) à Dayr Atiyya.
  18. Le Khatib de la mosquée al-‘Uthman à Damas, et durant l’été, à la mosquée al-‘Imân à Dayr Atiyya.
  19. Le président du comité de conformité de la société de mudaraba et de compensation islamique du Bahreïn puis président du comité de conformité de la Banque Islamique Internationale dans l’Entreprise Bancaire Arabe au Bahreïn et à Londres.
  20. Membre de l’institut Royal de recherches en civilisation islamique en Jordanie (Fondation Al al-Bayt).
  21. Expert dans l’Académie de jurisprudence islamique à Djeddah, l’Académie de jurisprudence à la Mecque, l’Académie de jurisprudence en Inde, en Amérique et au Soudan.
  22. Expert dans la Grande Encyclopédie Arabe à Damas.
  23. Président du comité des études islamiques des institutions financières islamiques.
  24. Membre du conseil supérieur de Fatwa en Syrie.
  25. Membre du comité de recherches et des affaires islamiques dans le ministère des awqaf en Syrie.
  26. Membre (par correspondance) du comité de rédaction de l’encyclopédie Koweitienne.
  27. Membre du comité de rédaction de l’encyclopédie de la civilisation arabe en Jordanie.
  28. Membre du comité de rédaction de l’encyclopédie de la jurisprudence des affaires à l’Académie de jurisprudence de Djeddah.

Ses ouvrages :

Dr. Wehbeh Zuhaylî a rédigé ce que les Académies et les institutions n’arrivaient pas à faire. Il est considéré comme l’un des auteurs ayant le plus de productions intellectuelles. En effet, il considérait la rédaction comme l’une des plus importantes adorations après les obligations demandées par Dieu. Il a rédigé plus de cent trente ouvrages, adoptés et enseignés dans beaucoup d’universités. Nous citons notamment:

  1. La jurisprudence islamique et ses preuves (11 volumes). Traduit en diverses langues : persane, malaisienne, turque.
  2. Le résumé en jurisprudence islamique.
  3. Le résumé en fondement de jurisprudence, traduit en turc.
  4. Le fondement de jurisprudence, traduit en turc.
  5. L’intermédiaire dans le fondement de la jurisprudence islamique.
  6. L’encyclopédie de la jurisprudence contemporaine (8 volumes).
  7. L’encyclopédie de la jurisprudence et des affaires contemporaines (14 volumes).
  8. Des affaires contemporaines (3 volumes).
  9. L’encyclopédie Coranique simplifiée.
  10. L’exégèse lumineux dans la Croyance, la shari’a et la méthodologie (al-tafsir al mounir fi al ‘aqida wa alshari’a walmanhaj), 16 volumes. Cet ouvrage a eu le prix du meilleur livre du monde musulman en 1995.
  11. L’exégèse intermédiaire (3 volumes).
  12. L’exégèse résumée (1 volume).
  13. Les effets de la guerre dans la jurisprudence islamique, étude comparée entre les huit écoles juridiques et le droit international public.
  14. Edition critique des hadiths de l’ouvrage de Samarqandi : « Tuhfat al-Fuqaha’ ».
  15. Edition critique et commentaire de « Jami’ al-‘ulum wal-hikam » d’Ibn Rajab al-Hanbali.
  16. La paix et la guerre en islam, publié en Français.
  17. La jurisprudence islamique dans sa nouvelle méthodologie.
  18. La rénovation de la jurisprudence islamique.
  19. L’ouvrage universitaire de jurisprudence, entre la réalité et l’espérance.
  20. Fondement de jurisprudence hanafite.
  21. Jurisprudence shafiite simplifiée.
  22. Jurisprudence hanafite simplifiée, traduit en turc.
  23. Jurisprudence hanbalite simplifiée.
  24. Jurisprudence malikite simplifiée.
  25. La théorie de nécessité, étude comparée.
  26. La théorie de la garantie ou la responsabilité civile et pénale en jurisprudence, étude comparée.
  27. Les textes juridiques choisis, avec une introduction, un commentaire et une analyse.
  28. Le régime islamique : la croyance, le régime de gouvernance de l’Etat et des relations internationales, les problèmes du monde musulman contemporain.
  29. Les contrats nommés en droit civil des affaires des Emirats Arabes Unis et de la Jordanie.
  30. Les sanctions pénales et leurs causes, en participation avec Dr. Ramadan Ali al-Sayyed.
  31. Les fondements généraux de l’unicité de la religion de vérité (principe de religions comparées), traduit vers l’anglais.
  32. Les efforts de la codification de la jurisprudence islamique.
  33. ‘Ubada ibn al-Sâmit.
  34. ‘Usama bin Zayd.
  35. Sa’id bin al-Mussayyab.
  36. ‘Umar bin Abd al-Aziz.
  37. Les normes juridiques pour prendre l’opinion la plus facile.
  38. Les exemptions juridiques, leurs statuts et leurs normes.
  39. L’islam la religion de Jihad et non pas la religion de transgression.
  40. L’islam la religion de Shoura et de démocratie.
  41. L’histoire Coranique : guidance et explication.
  42. Les statuts juridiques nécessaires et péremptoires dans l’islam.
  43. Le Coran : sa structure législative et ses caractéristiques civilisationnelles. Traduit en turc.
  44. Les prétextes dans la politique islamique la jurisprudence, mémoire de Magistère 1959.
  45. Les fondements de jurisprudence hanbalite d’après le Mughni d’ibn Qudama.
  46. Edition critique et résumée de l’ouvrage « Les lumières dans les caractéristiques du Prophète – que Dieu prie sur lui et le salut – choisi » de l’imam al-Baghawi.
  47. Edition critique de l’ouvrage « Le chemin des deux hijra et la porte de la joie » (tariq al-Hijratayn et Bab al-sa’adatayn), d’Ibn al-Qayyim.
  48. Le clonage, un débat entre la science, la religion et l’éthique.
  49. Edition critique de Nayl al-‘Awtar de Shawkânî.
  50. Edition critique du commentaire de l’imam al-Nawawi de Sahih Muslim.
  51. Les relations internationales en islam.
  52. Les droits de l’homme en islam, en participation avec un groupe d’auteurs.
  53. Le droit international humanitaire et le droit de l’homme, traduit en malaisien.
  54. Le monde islamique face aux défis occidentaux, traduit en turc et en malaisien.
  55. Les fondements de l’iman et de l’islam.
  56. Le rénovateur Jamal al-din al-afghani.
  57. L’islam et l’handicap, recherche sur les phénomènes sociaux des handicaps.
  58. Des problèmes dans la voie de l’avancement
  59. Les relations internationales en islam comparées au droit international contemporain
  60. Le droit de liberté dans le monde.
  61. Discours sur la rénovation de la jurisprudence islamique.
  62. La famille musulmane dans le monde contemporain.
  63. L’imam al-Shafi’i.

Sheikh Shukrî al-Luhafî un des derniers pieux de salaf

 

(Biographie du Sheikh Shukrî al-Luhafî)

C’est l’éminent savant le mouqri’ (enseignent de la lecture du Coran), le jurisconsulte, le littéraire, le poète, le pieux, l’ascète Shukri ibn ‘Ahmad ibn ‘Ali ibn ‘Ahmad al-Luhafî al-Hanafî.

 

Né dans le quartier des canaux (qanawât) à Damas en 1338H/1919. Son père était un chaussier et il était fasciné par la sagesse qui accompagnait toujours ses paroles. Il était connu aussi par son pardon très large et illimité. Quant à sa mère, elle était de la famille al-Jazâ’irî et était connue comme une des pieuses de Damas. L’origine de sa famille remonte à Kalas vers Alep

Il est décédé le 2ème jour de Chawwal dernier à l’âge de 97ans.

 

Son parcours scientifique :

Il a terminé ses études secondaires en 1944 puis il a eu son bac 4 années plus tard.

Il maitrisait le français et il l’a enseigné pendant une longue durée.

Il a commencé la mémorisation du Coran à l’age de 9 ans. Il a participé aux assises scientifiques gérées par les savants damascènes puis il a étudié une licence dans la faculté des sciences islamiques fondée par le cheikh Tâj al-Dîn al-Hasanî.

Il a adopté la voie sufi avec son sheikh al-Hâchimî – que Dieu l’agrée – qu’il a accompagné toute sa vie en tant que serviteur.

Sheikh al-Hâchimî a décrit le sheikh Shukrî en disant : « Quel meilleur fils, notre fils Shukri ». Il a dit aussi à propos du sheikh Shuekrî : « Il nous a venu en tant que Connaisseur (‘ârif) ».

Il a organisé des sessions de calligraphie pour un grand nombre de professeurs qui ont profité de son expérience et sa maitrise de la calligraphie arabe.

 

Ses professeurs et shûyûkh :

Le lecteur Sheikh Yûsuf ‘Abû Dîl – que Dieu lui accorde sa miséricorde – avec qui il a appris les dix lectures de la narration de la Chatibiyya et de la Durra (les dix lectures mineures) et il a appris ces poèmes avec le Sheikh Abû al-Hassan Muhieddine al-Kurdî.

Le Sheikh des Qurrâ’ de Damas, le Sheikh Kurayyim bin Sa’id Râjeh– que Dieu le préserve et lui accorde sa miséricorde – Il a donné au Sheikh Shukrî une ijaza des dix lectures mineures d’après la narration de la Chatibiyya et de la Durra.

Le Sheikh ‘Izz al-Dîn al-‘Irq-Sûssî– que Dieu lui accorde sa miséricorde – : Il a appris avec lui le Coran et lui a donné une ijaza selon la narration de Hafs d’après la lecture de l’imam ‘Âsem.

Le Sheikh Abû al-Khayr al-Maydânî : Il a étudié avec lui quelques ouvrages et il a assisté à ses leçons publiques.

Le Sheikh Lutfi al-Fayyûmî – que Dieu lui accorde sa miséricorde –

Le Sheikh Mahmûd Ba’yûn al-Rankûsî – que Dieu lui accorde sa miséricorde – : il a étudié avec lui la jurisprudence et la langue arabe.

Le Sheikh ‘Abd al-Rahmân al-Shâghûrî – que Dieu lui accorde sa miséricorde – : il a étudié avec lui la croyance

Le Sheikh ‘Abd  al-Hamîd Kîwân – que Dieu lui accorde sa miséricorde – : il a étudié avec lui la jurisprudence hanafite

Le Sheikh Muhammad al-Hâchimî – que Dieu lui accorde sa miséricorde – : il a étudié avec lui le tasawwuf.

 

Ses missions et postes :

Il était professeur dans les écoles primaires d’Alep, de Dar’a et de Damas puis il est devenu directeur d’une école à Damas. Il a été transféré du ministère d’enseignement vers d’autres ministères. Aussi, il a enseigné au Centre de la formation des professeurs.

 

Ses ouvrages :

1- « Tuhfat al ‘Asr fî al-qirâ’ât al-‘ashr al-sughrâ wa-al-kubrâ wa-al-qirâ’ât al-‘arba’a al-shâdhdha » (L’œuvre maîtresse de l’époque dans les dix lectures mineures et majeures et les quatre lectures marginales).

Il a commencé la rédaction de cet ouvrage en 1385H/1966 où il  a cité les divergences entre les dix lectures. L’institut Dâr al-Tanmiya l’a adopté pour ses étudiants.

2- Son recueil de poésie intitulé : « Al-Murûj al-khudr fî barâ’im al-shi’r ».

 

Le Sheikh Shukrî a enseigné la lecture de Coran et la Calligraphie arabe. Il a eu un grand nombre d’étudiants qui ont été licenciés de sa part.

Il conseillait à celui qui veut mémoriser de répéter ce qu’il veut mémoriser avant de dormir puis il se réveille pour réviser ce qu’il a appris ainsi qu’avoir une session de révision et de lecture avec les autres étudiants.

 

Son ascétisme :

La totalité de la vie du sheikh témoigne son ascétisme sincère et présente une preuve que les gens de nos jours puissent vivre avec le peu comme vivaient les compagnons. Ce fait exprimé explicitement par l’éminent savant Damascène le sheikh ‘Abd al-Rahmân al-Shâghûrî est illustré dans les divers témoignages rapportés par ceux qui ont rencontré le sheikh et ceux qui l’ont connu.

Parmi ses multiples histoires, on apprend à chercher la foi et la purification du cœur dans toutes les situations qu’on puisse rencontrer dans la vie. Un jour, le cheikh est entré dans un institut, et il a senti que les gens exagéraient sa réception. Ainsi, il a mis ses chaussures et il est sorti immédiatement.

Il était connu à Damas comme le « donneur à boire » car il était chargé de distribuer l’eau aux participants à la réunion hebdomadaire et l’assise de dhikr ainsi qu’aux assises publiques et privées de sciences et de dhikr.

Ainsi, ses divers diplômes en sciences islamiques et linguistiques, notamment en sciences de lecture du Coran et son nomination en tant que directeur de la voie Chadilite, en succédant son sheikh al-Hâchimî, ne lui ont pas interdit de continuer sa mission de distribution de l’eau aux participants aux assises jusqu’à ce qu’il n’a pu plus le faire depuis quelques années.

Un frère raconte son histoire avec le sheikh Shukrî lors de la distribution de l’eau. Il a dit :

Lorsque j’étais dans une des mosquées de Damas, j’ai cru qu’il était le serviteur de la mosquée, un homme d’une soixantaine d’années s’est rapproché de moi avec sa barbe couverte par le blanc et portant une cruche d’eau et une tasse de cuivre. J’ai refusé son hospitalité par ignorance et par ma jeunesse. Il est resté debout, en murmurant par sourate Yâssine, ainsi j’ai eu honte devant lui et j’ai bu. Celui qui était à côté de moi était énervé de mon comportement et m’a regardé avec un regard d’exclamation. Je lui ai dit : « la servitude de la mosquée est la plus honorable des choses ». Il souriait de mon ignorance et m’a dit : « celui qui t’a donné à boire est un hafidh, lecteur des dix lectures, un des grands spécialistse des lectures coraniques, portant des chaines de transmission très élevées, un poète et littéraire, calligraphe habile, un juriste et savant, il est visité par des étudiants de tout le monde pour avoir le mérite de lire avec lui. N’as-tu pas entendu par le sheikh Shukrî al-Luhafî ? » J’étais choqué de sa réponse, un silence honteux a reigné, mes yeux n’ont pas laissé le sheikh en donnant l’eau aux gens jusqu’à l’aube. Il distribuait l’eau dans la mosquée car son sheikh lui a ordonné de le faire et il ne délaisserai jamais ce que son sheikh lui a ordonné ».

Il a surveillé la révision privée des disciples suite à l’ordre de son sheikh al-Shâghûrî que Dieu les agrée tous deux. Le sheikh ‘Abd al-Rahmân al-Shâghûrî lui a décrit en disant : « C’est la preuve de Dieu sur les gens de notre époque qu’ils peuvent vivre avec le peu comme vivait les Compagnons que Dieu les agrée ».

Le sheikh était un ascète absolu, il ne s’intéressait jamais aux diplômes, aux rangs, aux titres, aux posts … malgré qu’il enseignait les sciences islamiques dans les instituts et les mosquées. En fait, sa maison humble témoigne son ascétisme véridique et sincère. Sa maison est une seule petite chambre situé dans le fond d’un immeuble à Damas. Par un rideau, il a coupé cette chambre en deux parties, une pour accueillir ses visiteurs et disciples et l’autre pour sa famille. Le Sheikh des Qurrâ’ de Damas, le Sheikh Kurayyim bin Sa’id Râjeh – que Dieu le préserve et lui accorde sa miséricorde – a raconté une histoire étrange de l’ascétisme du sheikh Shukrî. Cette vidéo a été enregistrée, transmise et partagé dans les réseaux sociaux depuis quelques mois. Il dit ce qui suit :

« Depuis 7 ou 8 années environ, j’ai reçu une grande somme d’argent pour la donner aux lecteurs du Coran à Damas. Ainsi, j’ai invité le sheikh Shukri al-Luhafî et je lui ai dit : « je vais te donner cette somme d’argent »

– Non, je ne veux pas, donne les aux pauvres.

– Non ô sheikh Shukrî, entends moi.

– Non.

– Pourquoi non ? Je vais voir un des bienfaiteurs pour qu’il donne un peu de plus à cette somme et qu’il t’achète une maison autre que celle où tu habites.

– Non non non non (en hurlant et pleurant), ma maison est bonne bonne bonne, je ne veux pas une autre, ma femme est satisfaite.

Le lendemain, il est venu chez moi avec un jeune long et grand, il m’a dit : « donne lui deux ou trois ‘usmanliyya (livre d’or de l’empire ottoman, équivalent de 200£ environ) et un bonbon ».

Je lui ai répondu : « Non, impossible, je ne donne personne que pour la maison ».

Après peu de temps, il s’est retourné en me disant : « Par Dieu, ma fille est pauvre et elle a besoin ». Je lui ai répondu : « Pour ta fille, oui ce n’est pas grave ». Puis il m’a dit, telle et telle personne, et il a cité des gens de sa famille et ses proches. Ainsi, il a distribué toute la somme à ses proches nécessiteux sans prendre un centime. Il vient chez toi et s’assoie derrière la porte puis il s’enfuit tout doucement pour arranger les chaussures mises à la porte. Il n’a aucun similaire [de nos jours].

Question : C’est qui le sheikh décrit dans votre discours ?

– C’est le sheikh Shukrî al-Luhafî.

Question : est-il damascène ?

– Certainement, et ce [grand] homme vit avec un seul poumon, il n’a qu’un seul poumon. De plus, il a une calligraphie parmi les plus belles et une poésie parmi les plus douces et belles. Il écrit avec les lettres latines, il était un prof de langue française durant sa jeunesse. Tu le trouve -machallah- un jardin [contenant toutes délices, toutes couleurs et toutes odeurs]. Enfin, il est beau, lui-même, sa forme est belle, sa vie est belle, un ascète qui a abandonné toute la dounya

Un intervenant affirme : Il est toujours à Damas !

– J’espère que vous enregistrez ces paroles, les avez-vous enregistré ?

– Oui ».

Un des frères a cité son témoignage sur la vie privée du sheikh. Il a dit: Je suis entré dans la maison du sheikh formée d’une seule chambre et j’ai ouvert le placart. J’ai vu qu’il n’a de vêtement que ce qu’il porte et un manteau.

En résumé, s’il voulait vivre dans une grande maison, il aurait pu le faire. Mais il a préféré resté loin des facilités de ce bas monde en demandant les facilités de Dieu dans l’autre monde.

De même, son ascétisme et son modestie se sont manifesté lors de la fameuse fête organisée en l’honneur des grands lecteurs de Damas qui a été organisée le 14 Safar 1427/13 mars 2006. Le sheikh Shukri était formellement contre cette fête car elle le met sous la lumière ce qui peut – selon lui – être une cause d’orgueil pour lui. Il a dit que cette honoration peut annuler son travail d’enseignement du Coran pour quatre-vingts années car il ne vise pas à avoir la gratitude des gens mais la satisfaction de Dieu. La position du Sheikh Shukri était partagé par tous les shouyoukh honorés qui ont pleuré pour ne pas être honorés dans cette fête. Après des semaines de négociations, les shouyoukkh ont accepté de participer sous le prétexte que cette fête sera un encouragement pour les jeunes pour apprendre le Coran et que c’est pour montrer la valeur du Coran et montrer que les shûyûkh sont le guide des gens.

Le sheikh ‘Ammâr, le fils du sheikh Sâriya al-Rifâ’i – que Dieu les protège et les agrée – a raconté une histoire exceptionnelle qui s’est déroulé lors de cette fête. Il a dit : la veille de la fête, j’ai rencontré le sheikh Shukrî et je lui ai dit que je vais envoyer une voiture pour l’emmener à la fête. Il a répondu : « ne t’inquiète pas, je viendrais tout seul ». Je lui ai indiqué que c’est indispensable pour le déroulement du festival en suivant le protocole déterminé. Les invités doivent venir à temps. Donc, le sheikh a répondu en souriant : « à quelle heure commence le festival et à quelle heure commence le protocole ? ». Je lui ai indiqué que les gens commencent à venir dès 9h du matin et les invités viendraient à 11h pour le début du protocole. Il a affirmé qu’il serait présent avant 11h. Je suis sorti de chez lui en étant certain qu’il serait en retard au début du protocole.

Cependant, j’étais surpris le jour de la cérémonie car le sheikh Shukrî est venu avec son compagnon Muhammad Maslamânî avant 9h le matin. Je me suis dit « il y a une chose étrange qui se passe, pourquoi le sheikh est venu si tôt avant tout le monde à la fête de son honoration ? Je n’ai pas posé la question au sheikh par timidité mais j’ai demandé à son compagnon qui a sourit sans me répondre.

Maintenant, après le décès du cheikh Shukri, j’ai pris contact avec le frère Muhammad Maslamânî qui a accompagné le sheikh à cette cérémonie pour lui poser la question Pourquoi le sheikh est venu avant le temps en sachant qu’il n’aime pas l’honorer ? Mon ami a eu les larmes aux yeux, il m’a dit : « le sheikh m’a demandé de lui emmener avant les gens à la salle afin que les gens ne se lèvent pas et ne se mettent pas debout lorsqu’il arrive. Par contre, lui, il se met debout pour ceux qui viennent le saluer. Ainsi, il aura l’opportunité de purifier et d’éduquer son âme avant que l’heure de l’honoration arrive ».

Suite à cette cérémonie en l’honneur des grands lecteurs de Damas, la ministère des Awqaf syrienne a donné ces lecteurs des cadeaux d’un montant de 500 milles livres syriennes. Le sheikh Shukrî n’a pas accepté cette récompense puis il a demandé de le distribué aux pauvres de Damas. De plus, à la fin de la cérémonie, des cadeaux qui sont des monuments de la ka’ba en or ont été distribués. Le sheikh a laissé ce cadeau par piété et a sorti.

 

Parmi ses poésies :

Combien de perdu dans la beauté de la vérité s’est apparu en toi, et toi tu es occupé à avoir conscience de ce secret.

Jusqu’à quand et tu entends l’appel de réunion en s’enfuiant comme si ton ouïe était isolée

Demande le sincèrement afin que tu aie l’objectif, en fait, celui qui demande une chose sincèrement sera exaucé.