Statut des savants qui lèchent les chaussures des gouverneurs injustes

Quant à invoquer Dieu pour qu’il garde [le gouverneur], le fasse durer, lui prodigue ses bienfaits à profusion, en le nommant par des qualificatifs tel que celui de maître, cela n’est pas permis. Le Prophète -que la bénédiction et le salut de Dieu soient sur lui – a dit:
« من دعا لظالم بالبقاء فقد أحب أن يعصى الله في أرضه »
[Qui prie pour le maintien d’un injuste, aime que Dieu soit désobéir sur sa terre].
Si le sujet dépasse l’invocation pour l’éloge, il lui attribuera des qualités qu’il n’a pas, et sera ainsi menteur et hypocrite, et honorera un homme inique; ce sont là trois transgressions. Or, le Prophète- que la bénédiction et le salut de Dieu soient sur lui- a dit:
« إن الله ليغضب إذا مدح الفاسق »
[Dieu se courrouce lorsqu’on fait l’éloge d’un pervers] .
Et dans un autre hadith :
« من أكرم فاسقاً فقد أعان على هدم الإسلام »
[Qui honore un pervers aide à l’effondrement de l’Islam ].
Si le sujet dépasse ce stade pour souscrire aussi à ses propos, donne son assentiment et le complimenter pour ce qu’il fait, il commet alors un péché par sa confirmation et son aide, le compliment et l’éloge étant ici un soutien et un encouragement dans la transgression, cela, de même que la dénégation, la critique, et le blâme incitent à s’en éloigner. Aider à une transgression en est une, même si ce n’est qu’avec une bribe de parole.
Heureusement que cette parole n’est pas la mienne pour que certains ne commencent pas à nous insulter comme ils sont habitués à le faire. Elle est celle de l’imam al-Ghazâlî dans son fameux ouvrage al-‘Ihyâ’. Cela va les taire un peu.
Je dis : les chouyoukh (chaussures des tyrans) de nos jours ont déjà dépassé le troisième niveau. Ils invoquent Dieu dans le public qu’il préserve, soutient et allonge la vie des tyrans. Ils affirment la bonne guidance des gouverneurs, soutiennent leurs crimes, justifient et complimentent les injustices et les génocides.
Celui qui ne voit pas cela a perdu la vision.
Nous lui disons : Si toi tu ne vois pas, nous, nous voyons.
Abû Zakariyyâ al-Hussaynî al-Shâmî.
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Le calcul de Ramadan

Dans cette période bénie, les musulmans commencent à jeter leurs hassanates (mérites des bonnes oeuvres) en débattant d’un sujet juridique qui concerne les érudits. Tout le monde parle, avec ou sans science, de l’entrée de Ramadan en se demandant quel critère adopter. Quel est le critère de l’entrée du mois : le calcul ou la vision oculaire ?
Si on revient vers les ouvrages classiques, on trouve que le choix des jurisconsultes est clairement en faveur de la vision oculaire. Je ne vise pas dans ces lignes à entrer dans le sujet juridique ni à donner un avis. Cependant, je souhaite cerner l’expression de « calcul astronomique ».
A la question  » Doit-on adopter le calcul astronomique ?  » je me permets tout d’abord de demander de quel calcul parle t-on ?
Le terme de calcul astronomique revoie à une dizaine de solutions différentes qui dépendent de critères différents. Le problème est que les chouyoukh qui parlent du sujet n’assimilent généralement pas son coté technique et scientifique. C’est ironique de ramasser une réponse d’un cheikh de publicité en France qui dit :  » il y a soit le calcul soit la vue, il n’y a pas plusieurs calcul « . C’est une parole que j’ai entendu personnellement de ce cheikh que Dieu le bénisse.
Dans la recherche du calcul astronomique, on rencontre bel et bien une dizaine de questions juridiques à trancher.
En premier lieu, il faut définir la date d’entrée du mois.
La conjonction est-elle la date de référence ?
Ou est-ce le calcul de la possibilité de la vision oculaire de la lune dans n’importe quel endroit dans le monde ?
Où s’agit-il du dépassement de tout critère de possibilité de vue dans une zone géographique, même si le calcul montre cette possibilité de vue au dessus d’un océan ?
Ou encore est-ce le calcul de la possibilité de la vue générale dans tout pays ou région terrestre peuplée ?
Est-il obligatoire qu’elle contienne des musulmans?
Si le calcul de la possibilité de vue dans un pays étranger situé à l’est est admise, qu’en est il pour les pays situé à l’ouest du notre?
Sinon, s’agit-il du calcul de la possibilité de vue dans notre pays avant al maghrib ?
D’autres questions juridiques se posent mais elles sont si techniques que je préfère soulager les frères et soeurs d’entrer dedans. Donc, le fait de se baser sur le calcul n’est pas une réponse scientifique. Nous rappelons qu’il existe plusieurs calendriers différents se basant sur le calcul astronomique. Ainsi, il faut déterminer au début les critères à adopter pour ce calcul puis on voit si nous pouvons l’utiliser ou si nous devons conserver la vision oculaire.
 
wassalam
par Dr. Abû Zakariyya al-Hussaynî Posté dans Non classé