Les savants transmettant des avis marginaux :

Dans le chapitre « les politesses de l’étudiant et du professeur » de son fameux ouvrage ‘Ihya’ ‘ulum al din, l’imam al-Ghazali a dit :
 
(وإن لم يكن أستاذه مستقلا باختيار رأي واحد وأنما عادته نقل المذاهب وما قيل فيها فليحذر منه فإن اضلاله أكثر من إرشاده فلا يصلح الأعمى لقود العميان وإرشادهم )
« Si son professeur ne choisissait pas un seul avis et avait l’habitude de transmettre les avis des diverses écoles et ce qui est cité dedans, alors qu’il prenne garde de ce professeur. En effet, son effet d’égarement dépasse son effet de guidance, l’aveugle n’est point habilité à conduire les autres aveugles et les guider ».
 
La cause de ce statut réside dans le fait que le professeur a créé une confusion chez l’étudiant. Cela contredit l’objectif de l’enseignement qui nécessite de donner l’avis juridique adopter d’après les critères de valorisation des avis juridiques. Cette cause est présente a fortiori dans le cas de la demande d’une fatwa par un musulman lambda. La réponse donnée doit acquérir l’attention de la personne et la convaincre pour l’appliquer. En donnant une multitude d’avis, l’objectif de la fatwa sera perdu.
 
En méditant cette citation je me rappelle de ceux qui prétendent transmettre la science en transmettant pas seulement les avis des diverses écoles mais aussi les avis marginaux et faibles. Sous le prétexte de faciliter et de divulguer des avis cachés par les savants despotes (!), ils transmettent des avis qui ne méritent pas d’être transmis, pris en compte ou diffusés pour le grand public au regard de leur faiblesse très grave. Cela place ces gens dans une catégorie plus basse que celle décrite par l’imam al-Ghazali.
 
Wallah a’lam
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Fidya et rattrapage : substitution et co-application

Lorsque le serviteur rencontre une difficulté qui l’empêche de jeûner, Allah ta’ala lui a présenté des facilités afin de rendre l’obligation du jeûne équitable et à la porté de chaque homme. Ainsi, la règle générale impose à celui qui ne peut pas jeûner de rattraper les jours qu’il a raté. D’après cette règle, la fidya (donner un mudd de la nourriture du pays) devient une dérogation secondaire.
Ainsi, celui qui ne peut jamais jeûner doit obligatoirement payer la fidya pour chaque jour de jeûne selon l’école chafiite. C’est le cas du vieillard et du malade atteint d’une maladie incurable. Pour cette catégorie, la fidya substitue le jeûne.
Quant aux excuses temporaires, la règle reste de rattraper ultérieurement après le Ramadan les jours ratés. Concernant les excuses temporaires, il faut différencier deux types de causes :
1°- Causes temporaires propres à la personne : ces causes autorisent au croyant de ne pas jeûner mais il sera obligé de rattraper les jours perdus sans rien donner. C’est le cas du voyage ou de la maladie temporaire et de la femme enceinte qui craint une nuisance personnelle causée par le jeûne.
2°- Causes temporaires dues à un élément externe à la personne : ces causes autorisent le croyant à ne pas jeûner mais il sera obligé de rattraper les jours perdus et de payer une fidya pour chaque jour. Donc, dans ce type de cas, la fidya ne substitue pas le rattrapage du jeûne et le croyant reste obligé de jeûner. On trouve dans cette catégorie de cas la femme qui allaite et craint que le jeûne cause une rareté de son lait. De même, on trouve également la femme enceinte qui craint une nuisance de son foetus à cause du jeûne.
Enfin, la fidya s’impose à celui qui est obligé de rattraper le jeune mais qui ne l’a pas fait jusqu’à l’arrivé d’un nouveau ramadan sans excuse. Dans ce cas, la personne doit rattraper et donner la fidya aussi.
PS : Le montant de la fidya de jeûne est de un mudd de jeûne. C’est donc le quart de Zakât al-Fitr qui est un sâ’ (4 mudd). Pour un résident en France, la fidya est estimée à 2€/jour.

Leçon sur le comportement envers les musulmans :

J’ai lu une petite histoire pleine de leçons, d’enseignement et de sagesse que j’aimerais vous partager. Ces quelques mots sont mêlés à l’odeur du sacrifice de notre cheikh Dr. Ahmad Fouad Choumays qui a dit :
Durant mon emprisonnement en 2012, j’ai passé 16 jours de Ramadan en prison. Je me rappelle d’un homme ayant les cheveux longs comme les femmes. Son apparence m’a repoussé. Une fois, il s’est assis près de moi et j’ai remarqué qu’il renfermait quelque chose dans sa main en toute peur. Je l’ai donc interrogé là-dessus. Il a ouvert sa main en souriant et il a dit :
 » Deux olives que garde pour mon souhour « .
Ainsi, je me suis blâmé; comment puis-je douter d’un musulman et le juger par son apparence et je me suis alors rappelé du hadith du Prophète ‘alayhi assalat wassalam :  » Allah ne regarde pas vos corps … « .
Il est donc devenu mon ami.
 
A méditer longtemps.

L’autorisation de rompre le jeune pendant les examens (Bac – universités etc.)

L’arrivée du mois béni de Ramadan durant la fin de l’année académique pose la problématique du jeune durant les examens.
Il est unanimement admis que le musulman pubère, sain d’esprit et résident doit jeûner. Allah a autorisé au musulman de ne pas jeûner lors du voyage et de la maladie qui l’en empêche.
Or l’étudiant n’est ni un voyageur ni un malade, alors il ne peut être inscrit dans ces catégories exemptées de l’obligation de jeûne. Concernant l’avis qui autorise à l’ouvrier de ne pas jeuner durant son travail les jours de ramadan, il est conditionné par les critères suivants :
– L’ouvrier doit avoir – dès la nuit – l’intention de jeûner la journée. Donc, il n’a pas le droit d’avoir au préalable l’intention de ne pas jeûner.
– L’ouvrier doit jeûner durant la journée, il ne peut rompre le jeune que lorsqu’il trouve qu’il lui est trop difficile.
Quant aux étudiants, ils ne sont pas dans une situation plus délicate que l’ouvrier qui accompli un travail difficile. Cet ouvrier qui accompli 8h de travail sous le soleil à 35° ou plus est certainement plus éprouvé dans son jeûne qu’un étudiant assis dans une salle climatisée. Ainsi, le statut juridique de l’étudiant ne peut au maximum que s’aligner avec le statut juridique de l’ouvrier.
C’est pourquoi l’étudiant doit :
– Avoir l’intention préalable de jeûner durant la nuit. – Jeûner durant la journée jusqu’à ce qu’il sente la fatigue. Cette condition est justifiée par le fait que l’étudiant puisse ne pas sentir la fatigue.
– Dans le cas de rupture du jeûne, rattraper le jour raté.
Alors l’étudiant n’a pas le droit d’avoir l’intention préalable de ne pas jeûner. Rappelons que le critère principal est strictement personnel et diffère d’une personne à une autre. Cela ne rend point les examens comme une cause légale de rupture de jeûne mais c’est la difficulté qui l’est.
Enfin, Allah facilite pour celui qui est sincère avec Lui.
Wallah a’lam

Les niveaux extrêmes de la foi des musulmans francophones

Parmi les questions et les consultations que je reçois des francophones sur Facebook, j’ai constaté que la situation spirituelle est vraiment profonde. Les questions sont toujours poussées par une avidité illimitée pour acquérir la science et le savoir, éviter les péchés et l’erreur, cheminer dans la foi et la vérité … Cependant, les rangs des personnes qui demandent et qui posent les questions s’étalent sur tous les grades de l’échelle.

Dans le rang le plus bas, on retrouve les pauvres pécheurs qui cherchent ardemment à abandonner leur péché. Je suis parfois étonné de la fermeté de leur demande. Il faut très bien encadrer ces personnes pour éviter de tomber dans la waswasa.

D’un autre côté, on retrouve dans le rang le plus élevé des pieux qui cherchent à se perfectionner. Ce qui est étonnant est que l’on trouve parfois – parmi les musulmans lambdas qui posent des questions scientifiques simples ou qui demandent des clarifications – des « espions de cœurs ». En fait, j’avoue que je ne m’étais jamais attendu à rencontrer ces gens parmi les musulmans lambdas en France.

Que Dieu nous élève auprès de lui.

Wallah a’lam