Droits et obligations entre époux (5)

De nos jours, le divorce est devenu très fréquent. Cela ne signifie pas pour autant l’absence de tout droit de la femme envers son époux.
 
Une distinction préalable entre les différents types de divorce semble indispensable(1). Le divorce peut être un divorce irrévocable (talaq bâ’in = 3ème talaq ou 3 talaq) ou un divorce avec la possibilité de reprise de l’épouse (talaq raj’i = 1er et 2ème talaq).
 
Le divorce entraîne une période de viduité « ‘idda » (Délai que doit respecter une femme avant de pouvoir refaire sa vie). Durant cette période, certaines obligations du contrat de mariage subsistent, la femme reste donc liée à l’époux. Le divorce n’exempte donc pas l’époux de ses obligations familiales notamment celui de subvenir aux besoins financiers.
 
Dans les deux cas de divorce, la femme a droit à un habitat, l’époux n’a pas le droit de la renvoyer du domicile conjugale(2).
Quant à la pension alimentaire durant la période de viduité (‘idda), une distinction entre les deux types de divorce est nécessaire. La femme divorcée avec la possibilité de reprise (talaq raj’i = 1er et 2ème talaq) a droit à la pension alimentaire et l’époux doit l’assumer durant toute la période de viduité. C’est une dette et un engagement envers l’épouse imposée par la Parole d’Allah (3). Par contre, la femme qui a été divorcée de façon irrévocable n’a pas le droit à la pension alimentaire (talaq bâ’in).
Un cas particulier doit être pris en considération, qui semble très fréquent de nos jours notamment en France(4). A savoir, quelque soit le type de divorce, la femme divorcée durant sa grossesse bénéficie de l’obligation de son époux de subvention aux besoins financiers et cela jusqu’à la fin de la grossesse et la naissance de l’enfant.
wallah a’lam
=====================
1- L’intention de divorcer définitivement ou pas n’a pas de rôle dans la détermination de la nature du divorce, qu’il s’agisse d’un divorce définitif ou d’un divorce avec possibilité de reprise de l’épouse. C’est plutôt le nombre de fois qu’est prononcé le mot « divorce » et la formulation de ces paroles.
2- Regardez l’article suivant : https://droitetcharia.wordpress.com/2017/03/28/le-droit-dhabitat-de-la-femme-divorcee/ 
3- Le mariage est qualifié par le Prophète salla Allah ‘alayhi wasallam comme étant la Parole d’Allah.
4- Il semblerait que beaucoup d’hommes épousent des femmes sans que le mariage ne fasse l’objet d’un mariage civil ou d’une reconnaissance auprès des autorités compétentes. Lorsque la femme est enceinte, l’époux la répudie afin d’éviter de supporter les frais du foyer.
Allah al musta’an.
Publicités

Le droit d’habitat de la femme divorcée

salam alaykoum cheikh
Je suis divorcée depuis peu (3 semaines) mais au moment du prononcé du divorce par mon mari, avec son accord, je suis parti vivre chez mes parents. Avons nous commis une irrégularité ou m’est t’il permis de ne pas rester les 3 semaines au domicile ? baraka lahou fik

Wa alaykom assalam warahmatu Allah

Qu’Allah vous facilite et vous préserve.

En principe, la femme passe la période de ‘idda dans le foyer conjugal. Allah dit dans le Coran (sourate al Talaq, verset 1) :

« Ô Prophète! Quand vous répudiez les femmes, répudiez-les conformément à leur période d’attente prescrite; et comptez la période; et craignez Allah votre Seigneur. Ne les faîtes pas sortir de leurs maisons, et qu’elles n’en sortent pas, à moins qu’elles n’aient commis une turpitude prouvée. Telles sont les lois d’Allah. Quiconque cependant transgresse les lois d’Allah, se fait du tort à lui-même. Tu ne sais pas si d’ici là Allah ne suscitera pas quelque chose de nouveau! ».

Il est interdit au mari de « chasser » l’épouse de la maison conjugale durant la période de viduité (idda) et il est interdit à la femme aussi de sortir durant cette période. Si ce cas est présent, le transgresseur commet un péché mais la durée de ‘idda découle même si elle est à l’extérieur du foyer conjugal.
Regardons le verset, il mentionne « leurs maisons», donc la maison est toujours la maison de la femme malgré le talaq et cette référence linguistique vers la femme est due à l’habitation. Le verset mentionne aussi : « Ne les faîtes pas sortir de leurs maisons » ce qui constitue l’obligation du mari de ne pas chasser la femme de sa maison. et le verset mentionne aussi : « et qu’elles n’en sortent pas, » ce qui constitue l’obligation de l’épouse de ne pas sortir de sa maison.
Cette interdiction découle des causes de légitimité de la ‘idda et englobe les diverses formes de talaq définitif (bâ’in = 3ème talaq) et avec l’option de retourner (raj’i = 1er et 2ème talaq).
Cette période vise en fait à préserver l’authenticité de la filiation pour prouver que si une grossesse apparaît, elle soit celle du mari. De plus, la ‘idda assure une cohabitation des deux conjoints dans la même maison ce qui implique un rapprochement entre eux et une vie commune pour une longue période. Cette période constitue pour les deux une opportunité de revoir leurs positions et leurs avis et les changer surtout qu’il est toujours autorisé à la femme de s’embellir devant le mari durant la période de ‘idda. L’option de retourner entre les deux époux peut être explicite ou implicite. Le retour explicite se fait par la prononciation d’une expression par le mari qui dit qu’il fait retourner sa femme à sa ‘isma (à sa responsabilité). Le retour implicite se fait par un rapport conjugal avec l’intention de retour. Certains avis rejettent le retour implicite et adoptent seulement le retour explicite.

Le seul cas de la possibilité de résider hors le foyer conjugal est le cas de nécessité. Dans ce cas, figure notamment la violence conjugale ou une nuisance qui découle du mari ce qui dépend généralement des causes du divorce.

wallah a’lam

Une parole véridique présentée pour des finalités injustes

En criant, certains attirent l’attention sur le fait qu’il faille respecter la divergence.
Cette parole est véridique. Mais de nos jours, notamment en France, cette parole véridique est présentée pour des finalités injustes (كلمة حق يراد بها باطل). Cet usage malhonnête de cette notion se caractérise par deux problématiques.
.
La première, ces gens nous assourdissent par cette notion pour faire accepter aux musulmans des avis plus farfelus les uns que les autres. Cependant, les critères scientifiques classent les avis d’après leur degré d’authenticité qui diffère d’après chaque école. Le mufti peut choisir parmi les divers avis et parfois même les avis faibles ou non adoptés par l’école afin de répondre à des cas précis. Cependant, les avis qualifiés de marginaux ne sont dans aucune école considérés comme une base valable de fatwâ. En effet, les avis marginaux sont considérés comme étant inexistant au regard de la faiblesse remarquable de leur justification. Ces avis sont si faibles qu’ils sont considérés comme n’ayant aucun argument juridique qui les justifie.
Ainsi, toute divergence n’est pas acceptable et c’est la méthodologie juridique saine qui détermine les avis juridiques à suivre et les personnes aptes à être qualifiée de savant. En regardant les divers avis farfelus pour lesquels les porteurs de ce slogan publicitaire crient, nous trouvons qu’ils sont dans leur majorité des avis marginaux n’ayant aucune valeur juridique. Les porteurs de ce slogan publicitaire essayent de faire leur maximum pour mieux faire passer leur laxisme inavoué.
.
La seconde, les défenseurs de la pluralité des avis et du respect de la divergence s’empressent de taxer les autres de radicaux et ne se gênent pas de les accuser d’être des extrémistes et des sectaires pour le simple fait de ne pas adopter leurs avis marginaux et sous prétexte de « non respect des divergences ».
 
Wallah a’lam
 
Texte motivé et inspiré par le commentaire de Zakariya Adel.

Le scrupule et la crainte d’Allâh dans la fatwâ

Le muftî hanafite de Damas l’imam Hâmid Afandi al-‘Amâdî (décédé en 1171H) dit dans ses fatâwâ :
 
« Lorsque mon second professeur reçoit une fatwâ, il m’ordonne d’y réfléchir et dit au demandeur :
« Soit tu patientes le temps que l’on révise la réponse dans les livres soit tu prends ta question ».
Puis il me dit :
« Je connais la réponse à cette question comme je te connais et comme je connais le soleil mais il faut retourner aux textes à cause de la possibilité de l’existence de divergences et d’autres détails. Qu’est ce qui me protège d’Allah ta’âlâ si je dis : « cela mérite et cela ne mérite pas et cela est autorisé et cela ne l’est pas sans réflexion préalable et en rapportant la règle à celui qui l’a donné parmi les imams de l’école ?». ».
 
Ibn ‘Âbidîn : « al-‘uqûd al-durriyya fî tanqîh al-fatâwâ al-hâmidiyya », éd. Dâr al-Ma’rifa, vol.1, p.3.
Aujourd’hui des gens, notamment des jeunes, dépourvus de formation scientifique profonde, sautent entre les sites internet et se baladent sur Facebook ou Twitter pour publier des fatwâwâ. Ils collent un verset ou un hadith et hop, c’est une fatwâ fast-food. Ce sont des égareurs. D’autres gens, des égarés, avalent ces fatâwâ enveloppées par l’industrie de la communication, et touchées par tous les cancérigènes scientifiques imaginés.
Ne nous étonnons pas de la propagation du cancer scientifique entre les gens tant que les gens réfléchissent comme ça.

Comment dépenser ?

Les savants disent :
Dépense ce que tu as dans tes poches, tu recevras ce qui est dans l’invisible ;

Les saints disent :
Dépense ce qui est dans l’invisible, tu le recevras dans tes poches.