Le droit d’habitat de la femme divorcée

salam alaykoum cheikh
Je suis divorcée depuis peu (3 semaines) mais au moment du prononcé du divorce par mon mari, avec son accord, je suis parti vivre chez mes parents. Avons nous commis une irrégularité ou m’est t’il permis de ne pas rester les 3 semaines au domicile ? baraka lahou fik

Wa alaykom assalam warahmatu Allah

Qu’Allah vous facilite et vous préserve.

En principe, la femme passe la période de ‘idda dans le foyer conjugal. Allah dit dans le Coran (sourate al Talaq, verset 1) :

« Ô Prophète! Quand vous répudiez les femmes, répudiez-les conformément à leur période d’attente prescrite; et comptez la période; et craignez Allah votre Seigneur. Ne les faîtes pas sortir de leurs maisons, et qu’elles n’en sortent pas, à moins qu’elles n’aient commis une turpitude prouvée. Telles sont les lois d’Allah. Quiconque cependant transgresse les lois d’Allah, se fait du tort à lui-même. Tu ne sais pas si d’ici là Allah ne suscitera pas quelque chose de nouveau! ».

Il est interdit au mari de « chasser » l’épouse de la maison conjugale durant la période de viduité (idda) et il est interdit à la femme aussi de sortir durant cette période. Si ce cas est présent, le transgresseur commet un péché mais la durée de ‘idda découle même si elle est à l’extérieur du foyer conjugal.
Regardons le verset, il mentionne « leurs maisons», donc la maison est toujours la maison de la femme malgré le talaq et cette référence linguistique vers la femme est due à l’habitation. Le verset mentionne aussi : « Ne les faîtes pas sortir de leurs maisons » ce qui constitue l’obligation du mari de ne pas chasser la femme de sa maison. et le verset mentionne aussi : « et qu’elles n’en sortent pas, » ce qui constitue l’obligation de l’épouse de ne pas sortir de sa maison.
Cette interdiction découle des causes de légitimité de la ‘idda et englobe les diverses formes de talaq définitif (bâ’in = 3ème talaq) et avec l’option de retourner (raj’i = 1er et 2ème talaq).
Cette période vise en fait à préserver l’authenticité de la filiation pour prouver que si une grossesse apparaît, elle soit celle du mari. De plus, la ‘idda assure une cohabitation des deux conjoints dans la même maison ce qui implique un rapprochement entre eux et une vie commune pour une longue période. Cette période constitue pour les deux une opportunité de revoir leurs positions et leurs avis et les changer surtout qu’il est toujours autorisé à la femme de s’embellir devant le mari durant la période de ‘idda. L’option de retourner entre les deux époux peut être explicite ou implicite. Le retour explicite se fait par la prononciation d’une expression par le mari qui dit qu’il fait retourner sa femme à sa ‘isma (à sa responsabilité). Le retour implicite se fait par un rapport conjugal avec l’intention de retour. Certains avis rejettent le retour implicite et adoptent seulement le retour explicite.

Le seul cas de la possibilité de résider hors le foyer conjugal est le cas de nécessité. Dans ce cas, figure notamment la violence conjugale ou une nuisance qui découle du mari ce qui dépend généralement des causes du divorce.

wallah a’lam

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