Lecture critique : Introduction à l’étude du Droit Musulman de Louis Milliot

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Louis Milliot, né le 13 avril 1885 à Bugeaud (aujourd’hui Seraïdi en Algérie) et mort en octobre 1961 à Vézelay (France), est un professeur de droit français, spécialiste du droit musulman.
Agrégé de droit en 1920, il enseigne d’abord à la faculté de droit d’Alger, puis à la faculté de droit de Paris à partir des années 1930. Nommé doyen de la faculté de droit d’Alger en 1934, il devient directeur général des Affaires indigènes du Gouvernement général d’Algérie de 1935 à 1940, date à laquelle il reprend sa place à la faculté d’Alger.

I- Présentation de l’ouvrage :

Son ouvrage fut publié pour la première fois en 1953 auprès de Sirey en 822 pages. Puis, il a été publié par l’intervention de M. François PAUL-BLANC en 1987 en 669 pages auprès de Sirey en tant que 2e édition. Enfin, l’ouvrage a été republié en 2001 en 669 pages auprès de Dalloz en tant que réimpression de la 2e édition.

II- Valeur ajoutée de l’ouvrage :

L’ouvrage de M. Milliot présente une analyse de la notion de la Loi en islam. Pour lui, il désigne par « Loi » la notion de « hukm char’î ». Ce passage dans son livre, qui fut publié ultérieurement dans plusieurs reprises en tant que papier de recherche présenté aux conférences et colloques ou en tant que bouquin indépendant. Nous pensons que cette rédaction est la meilleure analyse juridique civiliste de la notion de « hukm char’î » que nous avons lu jusqu’à présent.

III- Critiques envers l’ouvrage :

Malgré l’intérêt envers cette vingtaine de pages, l’ouvrage de M. Milliot est frappé d’une lacune méthodologique profonde. Cette lacune est due à une certaine mauvaise compréhension de la science de ‘usul al-fiqh [fondements du droit musulman] (1). De même, l’ouvrage est frappé d’une restriction au niveau du fond (2).
1- Erreur méthodologique fondamentale :
Durant son travail sur le droit musulman, M. Louis Milliot s’est intéressé à la coutume appliquée dans les pays de Maghreb en tant qu’évolution et adaptation locale du droit musulman, notamment du droit musulman malikite. Cette coutume fut appelée ᶜamal [pratique, travail appliqué].
Ainsi, l’auteur a commis une erreur fondamentale dans la partie concernant les sources du droit musulman. Il a cité le ᶜamal en tant que source de la règle de droit du droit musulman tandis que c’est une coutume locale adoptée seulement dans l’école malikite au Maghreb.
Donc, cette approche contient une grave anomalie méthodologique pour diverses raisons qui engendre des lacunes au niveau du fond.
Méthodologiquement, les ouvrages des actes locaux (ʼaᶜmāl) connus dans la doctrine malikite tardive représentent une description juridique de la coutume locale et sont propres à chaque ville. Cette coutume est très restreinte et ne peut être appliquée à l’extérieur de la ville en question. De plus, la référence ultime en matière des actes coutumiers locaux dans les pays du Maghreb, à savoir l’ouvrage Al-Micyār al-mucrib de l’imam Al-Wansharīsī précise que les ouvrages des actes locaux (ʼaᶜmāl) ne peuvent constituer la source de statuts juridiques (ʼaḥkām) généraux.
(Voir : l’édition de Ministère Marocain des Awqaf, vol.10, p.47).
Quant au fond, l’ouvrage présente une bonne structuration juridique des paradigmes juridiques étudiés. Cependant, une grande partie des règles juridiques mentionnées n’émanent pas du droit musulman malikite mais plutôt des coutumes locales de la tradition des actes locaux (ʼaᶜmāl).
Ainsi, ce travail aurait dû être présenté selon les avis des diverses écoles juridiques sans le limiter aux avis coutumiers de l’école malikite tardive. Cela le rend plus riche et plus solide. C’est pourquoi la valeur de l’ouvrage régresse énormément.
2- Portée et dimension de l’ouvrage :
Outre l’erreur au niveau des sources de droit musulman, l’ouvrage de M. Milliot est très restreint en terme de contenu. Il se limite au droit de la famille en traitant le mariage, la filiation, l’héritage et le testament. L’ouvrage ne s’étale pas aux diverses disciplines juridiques connus en droit musulman comme le droit des transactions, le droit administratif et international.
3- Causes de l’erreur 
Ces deux lacunes proviennent de l’activité de M. Milliot et son travail antérieur sur le droit musulman. Il a déjà regroupé dans un grand recueil de 8 volumes les décisions de jurisprudence du tribunal chargé des affaires de droit de la famille pour les musulmans en Algérie intitulé : « Recueil de jurisprudence chérifienne. Tribunal du ministre chérifien de la justice et conseil supérieur d’Ouléma (Medjlès al-Istinâf) ». Ce recueil fut publié entre 1920 et 1924 auprès de l’éditeur parisien Leroux.
Donc, M. Milliot a rédigé son livre « Introduction à l’étude du droit musulman » sous l’influence de cette jurisprudence coutumière. C’est pourquoi la connaissance de M. Milliot du droit musulman, d’après son ouvrage « Introduction à l’étude du droit musulman » semble très lacunaire.

Conclusion 

Suite à ces prémisses, nous remettons en cause la valeur de l’ouvrage de M. Milliot vu la nature des règles juridiques exposées et la portée de son contenu sur le droit de la famille. Cette critique s’étend aussi à l’ouvrage de M. François PAUL-BLANC intitulé : « Droit Musulman » (Dalloz, 2007). En fait, M. François PAUL-BLANC a réédité deux fois l’ouvrage de M. MILLIOT puis a publié ce petit bouquin sur le droit musulman en résumant l’ouvrage de M. MILLIOT. Il a repris les même erreurs et mérite donc les mêmes critiques.
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La plus glorieuse personnalité en Islam

« La plus glorieuse personnalité en islam est celle du martyr Combattant dans la Voie d’Allah (mujâhid). Il est moine et soldat dans une seule personne. Ce qui a été scindé dans le christianisme en deux : le principe de monachisme et le principe de la chevalerie, a été rassemblé en islam dans la personnalité du martyr. C’est l’union de l’intellect et du sang* qui sont deux principes appartenant à deux mondes différents. »
 
« إن أعظم شخصية في الإسلام هي شخصية الشهيد المجاهد في سبيل الله .. فهو راهب و جندي في شخص واحد. فما انقسم في المسيحية إلى مبدأ للرهبانية و مبدأ للفروسية، اتحد ( في الإسلام ) في شخصية الشهيد. إنها وحدة العقل و الدم، و هما مبدآن ينتميان إلى عالمين مختلفين. »
 
 
L’éminent penseur islamique, Combattant dans la Voie d’Allah (mujâhid), le président ᶜAlī ᶜIzzat Bigoviç.
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* Le principe de sang : cette notion ne renvoie pas au lignage sanguin connu en occident par lequel la Chevalerie puise sa légitimité. C’est l’idée de sacrifier sa vie, son corps, son sang pour la cause dans la Voie d’Allah.
علي عزت بيغوفيتش بالزي العسكري

#Conseils_pour_mariage (13) : Principales causes de divorce

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J’ai constaté un grand nombre de divorces entre les jeunes musulmans, j’ai discuté avec plusieurs personnes en situation difficile tendant vers le divorce, par téléphone, skype ou en personne.
 
J’ai trouvé qu’il y avait certaines raisons qui revenaient souvent :
 
1- Le jeune homme manque de sagesse et de compréhension, il ne calme pas sa colère envers sa femme. Parfois, le couple se réconcilie pour une courte durée puis le mari sent qu’il a accompli son devoir et il se remet en colère pour sa dignité et la répudie. Les jeunes hommes doivent apprendre à patienter dans leur vie, ils doivent maîtriser leur colère et savoir que la stabilité de la vie dépend en premier lieu de savoir comment contenir sa colère envers la femme. Étant plus émotive, la femme est prisonnière du mot, du compliment et des sensations. Généralement, c’est une question de temps pour que son agrément survienne
 
2- La femme tend vers l’égoïsme et le matérialisme. Elle ne pardonne plus les fautes du conjoint alors qu’elle ne remarque pas ses propres vices. Cette cause apparaît plus dans les communauté musulmanes en Europe à cause de la propagande ultra libératrice qui cible la femme. Ainsi, les places respectives à chaque conjoint sont effacées et les principes de l’harmonie conjugale se voient absents.
 
3- Toujours habitué à dépendre de ses parents, l’homme commet intentionnellement ou non, de graves fautes de négligence au sein de son foyer. Ainsi, la femme sent une absence de sécurité et d’harmonie ce qui aboutit au divorce.
 
4- L’intervention des facteurs étrangers dans la vie familiale aggrave généralement les problèmes au lieu de les résoudre.
 
Je note que ces principales causes ne sont pas une réflexion personnelle mais une classification des innombrables cas qui m’ont été exposés.
 
Qu’Allah nous facilite.

L’éminent jurisconsulte, le professeur Dr. Sobhî As-Sâlih

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Les larmes aux yeux, je rédige ces mots le lendemain de l’anniversaire de son assassinat pour que les gens sachent qui sont nos sommités. Docteur en langue arabe, une des références mondiales de la langue arabe et du droit musulman, membre des académies scientifiques syrienne, égyptienne, irakienne et de l’Académie Royale Marocaine, professeur universitaire, président du Conseil Islamique Suprême au Liban, Secrétaire Générale de la Ligue des Jurisconsultes Musulmans du Liban et Secrétaire Général du Front National des Jurisconsultes Musulmans du Liban.
 
Auteur des douze ouvrages magistraux, dont une partie est focalisée sur la forme de l’État en islam, qui sont les suivants :
Chapitres de sciences du Coran
Chapitres de sciences de hadith
Les régimes islamiques et leurs développement
La ‘Umma puis l’État
Réponse de l’islam envers les défis contemporains (en Français)
Commentaire de Riyad As-Sâlihîn intitulé : Manhal al-Wâridîn
Les institutions islamiques : leurs constitution et leur développement
L’islam et la communauté contemporaine
La philosophie de la pensée religieuse entre l’islam et le christiannisme
Les jalons de la Législation (Charia) islamique
Les statuts de Ahl adh-Dhimma de Ibn al-Qayyim (édition scientifique)
Le dictionnaire arabe et le dictionnaire français, coauteur avec Suhayl Idriss.
 
Il fut menacé pour ses positions politiques contre les milices armées et pour un pays respectant les musulmans et leurs droits, il fut assassiné le 7 octobre 1986. Deux motards lui ont tiré 3 balles dans la tête dès qu’il est descendu de la voiture à la porte de l’orphelinat qu’il gérait dans le quartier Saqiyat al-Janzîr à Beyrouth.
sobhi assalih

Critères de la réussite

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Dans la conclusion de son exégèse du Coran [at-Tafsîr al-Munîr], l’éminent jurisconsulte, exégète, ‘usûlî cheikh Wahbah az-Zuhaylî a dit :
 
Je peux dire en me basant sur une expérience et une pratique, après avoir souffert dans la rédaction et la compilation des ouvrages dans le milieu académique de plus qu’un quart d’un siècle de fiqh, des fondements du fiqh, des sciences de hadith, de l’exégèse du Coran et des autres sciences, que :
la croyance ne se rectifie et les significations n’apparaissent dans le cœur que par le Coran ;
le comportement du musulman ne se corrige que par la compréhension du Livre d’Allah ;
l’âme ne s’adoucit – après le Coran – que par le hadith du Prophète salla Allah ‘alahi wasallam et sa spiritualité inondante ;
l’acte du musulman n’est valide que par les statuts juridiques présentés dans les ouvrages de fiqh ;
la raison et la compréhension ne sont pas une protection de tomber dans l’erreur ;
et enfin, les statuts juridiques de la législation ne se normatise que par les fondements du fiqh.