Le tasawwuf

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Il ne consiste pas à lire « Les 40 règles de l’amour », de partager sur FB les poésies de Rūmī, d’entendre les chants classiques des poésies d’ibn al-Fāriḍ, ni de se perdre et se rendre fou dans les assises de chants folkloriques d’éloges a Allah et a son Messager.
 
Nommer ces choses comme étant LE tasawwuf n’est qu’un rabaissement des similaires d’al-Junayd, d’ibn al-Mubārak, d’as-Suyūṭī, d’an-Nawawī, d’ad-Dardīr … et des autres sommités de la communauté qui ont hérités du degré d’al-Iḥsān du Prophète ﷺ.
 
Le tasawwuf est une éducation pour l’égo, une lutte contre l’âme et un comportement contredisant son désir et sa passion pour l’interdit, voire même pour ce qui est autorisé mais qui empêche l’âme d’être avec Allah.
 
Comme le disait le cheikh Zarrūq dans ses « Règles » :
« Il a été définit par plus de deux milles définitions qui reviennent toutes à : la sincérité de la direction envers Allah ».
 
Qu’Allah nous pardonne et nous élève auprès de Lui.
 
Wa Allah a’lam.
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Pas de science sans sacrifice

L’étudiant écrit un sms à son cheikh : « Je m’excuse pour mon absence au cours de ce soir, je n’ai pas de voiture ».
Le cheikh lui répond : « Viens à pied ».
Quelle sincérité chez le cheikh et quelle paresse des étudiants de notre époque !

Allaitement et adoption

Assalam alaykom

Une question fut posée sur l’allaitement. Une jeune femme, non marié, souhaite adopter un enfant. Pour le faire, elle veut l’allaiter pour que l’enfant aura une relation d’allaitement, égale à la relation de sang, afin d’éviter les difficultés de vivre ensemble une fois majeur. Etant encore vierge, elle a besoin de prendre des pilules pour produire le lait.

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Réponse:

Waalaykom assalam warahmatu Allah,
L’allaitement aboutissant à l’affiliation de lait nécessite trois piliers (arkân), dont chacune est assujettie à plusieurs conditions et cas particuliers :
1- La femme qui allaite :
Il faut qu’elle soit une femme, vivante, qui a produit un lait.
Concernant la femme qui n’était jamais enceinte ou la vierge qui n’ont pas du lait. Les juristes les ont inclus dans la généralité du texte (et vos mères de lait qui vous ont allaité). L’un des deux avis de l’imam Ahmad sur le sujet – qui est admis dans son école – exige que la femme soit déjà enceinte. Il le justifie par la rareté de ce cas.
2- Le lait :
Il faut que le lait arrive à l’estomac de l’enfant peu importe le moyen ou la façon de son entrée.
Dans cette condition, il y a une divergence sur le nombre de fois des prises de lait (rada’ât). Un consensus est établi que lorsque c’est plus que 5 fois (jusqu’à l’assouvissement du bébé) que l’affiliation est établie. La divergence est dans le cas d’un allaitement moins que 5 fois.
3- Celui qui prend le lait :
L’enfant qui n’a pas dépassé les 2 ans est sûrement concerné par l’affiliation de lait lorsque les autres conditions sont requises. La divergence se situe sur le cas de l’enfant qui a plus que deux ans. L’avis admettant l’affiliation d’une personne de plus de 2 ans est un avis faible et délaissé par les 4 écoles pour diverses causes que je m’abstiens d’exposer ici pour leur complexité.
Donc, pour votre cas, la réponse est la suivante :
Vous pouvez prendre une pilule pour pouvoir allaiter l’enfant adopté. Cependant, il faut que l’âge de cet enfant soit inférieur à 2 ans pour établir l’affiliation de lait. Cela ne fait aucune différence si le bébé est un garçon ou une fille.
Je vous rappelle que l’enfant makfûl (adopté sans affiliation de nom et de titre) est un acte méritoire. Celui qui l’accomplit sera le voisin du Prophète ﷺ dans le Paradis. L’objet de la kafâla (adoption sans affiliation de nom et de titre) est de préparer cette âme à devenir un bon musulman, à réussir dans la vie sociale et professionnelle en appliquant les principes de l’islam.
wallah a’lam.

Biographie de l’éminent savant Dr. Muḥammad Mustafā al-‘Aᶜżamī

محمد مصطفى الأعظمي.jpg
Il s’est démarqué par ses études sur la Sunna et les hadiths, notamment au niveau de la documentation et la codification du hadith. Il a répondu scientifiquement aux ambiguïtés diffusées par certains ennemis de l’islam.
Né à Meno, en Inde, en 1932/1350H, son père l’a retiré du Lycée britannique et l’a inscrit dans une école arabe. Il a donc poursuivi son apprentissage en sciences islamiques jusqu’à achever son parcours à Dār al-ᶜUlûm à Déoband en 1952/1370H. Année ou il s’est inscrit au département de l’enseignement de la faculté de langue arabe à Al-Azhar en Egypte, jusqu’à l’obtention de son doctorat. Il est retourné en Inde en 1955/1374.
En 1956/1375H, il a travaillé comme professeur de langue arabe pour les non arabophones au Qatar. L’année suivante, il est devenu le secrétaire général de la Bibliothèque Nationale de Qatar (Dār al-Kutub al-Qatariyya).
En 1966/1386, il a obtenu un doctorat de l’université de Cambridge en Angleterre suite à une thèse sur les terminologies récentes dans les sciences du hadith. Puis il est revenu en Arabie, où il a enseigné dans la faculté de Charia à la Mecque, puis à la faculté d’éducation à Ryadh, comme professeur de la science Terminologie (mustalah) de hadith.
Il a réalisé plusieurs études intéressantes, profondes et précieuses sur la Sunna, notamment la découverte de certains manuscrits et leur édition, la présentation des méthodologies des muhaddithine dans leurs critiques, les réponses envers les ennemies de la Sunna.
Parmi ses plus importants ouvrages, nous citons :
« Etudes dans les terminologies récentes de hadith » ;
« Méthodologies de critiques des muhaddithine » ;
« Etudes dans les hadiths et l’histoire de sa rédaction » ;
« Les scribes du Messagers » ;
« Etude critique de l’ouvrage : « Fondements de la charia Muhammadienne » de Shacht »;
« Histoire du texte Coranique de la révélation jusqu’à la rédaction »;
« Le défi coranique : une promesse qui s’est réalisé » ;
« Tahqiq de Sahih ibn Khuzayma » ;
« Tahqiq de Muwatta’ Mālik » (en 8 volumes) ;
« Tahqiq de Sunan Ibn Mājah » (en 5 volumes) ;
« Tahqiq de Kitāb al-ᶜilal d’ibn al-Madīnī »;
« Tahqiq de Kitāb at-Tamyīz de Muslim »;
« Tahqiq de Maghāzī du Prophète ﷺ de ᶜUrwa ibn az-Zubayr »;
Certains de ses travaux furent traduits en plusieurs langues. Puis il a fondé un centre en ligne pour servir la Sunna.
L’Arabie Saoudite lui a accordé sa nationalité en reconnaissance de ses réalisations. De même, il a reçu le prix International du roi Fayçal.
Il était aussi professeur visiteur à l’Université de Michigan ; l’Université du Colorado à Boulder ; le professeur de la Chaire du roi Fayçal des études islamiques à l’Université de Princeton aux USA ; un collègue professeur à la faculté Saint Cross de l’Université d’Oxford ; un professeur d’honneur à l’Université de Wales.
Il a préféré rester humble et n’aimait pas être médiatisé. Ses étudiants et disciples furent rares.
Qu’Allah lui accorde Sa Miséricorde.

Abu Hurayra a-t-il inventé les 5000 hadiths qu’il rapporte ?

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Le nombre élevé des ahadiths transmis par Abû Hurayra – que Dieu l’agrée – ne peut être une cause de critique envers sa fiabilité pour diverses raisons.
Les gens mal intentionnés se précipitent à critiquer Abû Hurayra – que Dieu l’agrée – au vu du grand nombre de ahadiths qu’il a rapporté. Mais cette approche est grièvement lacunaire car pour le critiquer à cause de ce grand nombre, il faut prouver que ce qui est rapporté est une pure invention. Pour le faire, il suffit de prouver que ces ahadiths sont transmis seulement par Abû Hurayra, que Dieu l’agrée.
La recherche dans ces 5000 hadiths prouvent qu’ils sont en leur quasi totalité transmis par d’autres compagnons. Seuls 110 hadiths sont considérés comme transmis uniquement par Abû Hurayra – que Dieu l’agrée – et sont donc en situation de singularité dans leur transmission.
Puis sur un autre niveau, il faut voir quel hadith parmi ces 110 contredit les autres hadiths rapportés, ce qui ne laisse aucun hadith objet de doute sur sa fiabilité.
Enfin, nous présentons la répartition de ces 110 hadiths sur les diverses disciplines scientifiques dans le tableau suivant.
Hadith d'Abu Hurayra
wallah a’lam