ʿAbd-l-Qādir ʿAwda : Le martyr des juristes arabes

Durant le cours de l’histoire du droit musulman, nous avons abordé certaines rédactions contemporaines dignes d’un intérêt tout particulier. Nous y voyons notamment l’immémorial oeuvre : « Législation pénale en islam » rédigé par l’éminent juge égyptien ʿAbd-l-Qādir ʿAwda.
Cet illustre juriste égyptien et jurisconsulte musulman fut pendu par le Pharaon Nasser suite à un profond désaccord entre les deux que nous exposerons ci-dessous.

ʿAbd-l-Qādir ʿAwda est un des plus éminents juristes arabes du 20e siècle. Un grand juge pénaliste et constitutionnaliste, il a participé à la rédaction de la constitution lybienne en 1953 et participé au comité de rédaction de la constitution égyptienne en 1952.

Connu pour sa piété, ses déclarations en faveur de la vérité et son acharnement pour la justice, il ne s’est pas caché dans une grotte et n’est pas resté muet face au Pharaon dans ses décisions tyranniques. En 1954, il a conseillé ce dernier de ne pas dissoudre l’organisation des Frères Musulmans et ce, par crainte de réactions de vengeance menées par des jeunes non disciplinés loin de la consultation de la direction de ce Partie politico-religieux.

Nasser s’enflamma : « Quel est le nombre des Frères Musulmans en Egypte ? Deux millions ? Trois Millions ? Je me débarrasse du tiers de la Nation et si les Frères Musulmans atteignaient le nombre de sept millions de la population, j’irais à les sacrifier jusqu’au dernier ! » .

Scandalisé par la réponse de Nasser, ʿAbd-l-Qadir Awda rétorqua avec colère : Sept millions qui paieraient pour le prix d’un seul ! Tu n’as pas besoin de cette tuerie ô Jamâl ! »

Protégeant les libertés publiques et les droits de l’homme à travers ses nobles fonctions juridiques, il a toujours dénoncé les dictatures du régime et les tyrannies du Pharaon. Par exemple, il prouva, via un mémorandum juridique, que la convention égypto-anglaise ne représentait rien de plus que de la poudre aux yeux lancée aux égyptiens leur faisant croire à leur autonomie alors qu’il s’agissait d’une légalisation absolue de la colonisation anglaise.

C’est pourquoi ses positions l’ont inscrit sur le registre noir du régime qui a trouvé une excuse dans l’attentat de « Manshiyya » pour exterminer tous ses opposants. L’accusation bien préparée n’avait plus qu’à être réchauffée sur toutes les ondes : « Appartenir à une organisation terroriste visant à renverser le gouvernement ».

Le jeudi 9 décembre 1954, ʿAbd-l-Qādir ʿAwda, ainsi que cinq résistants luttant pour la liberté, furent pendus par le régime tyrannique de Nasser.
En s’approchant de l’estrade et de son bourreau, il dit : « Qu’est-ce qui m’intéresse ? Où est-ce que je décède ? Que ça soit sur le champ de bataille plutôt que sur mon lit ! Que je sois emprisonné plutôt que libre ! Je repars pour rejoindre Dieu ».
C’est ainsi qu’il fut le martyr des juristes arabes.

Qu’Allah lui accorde sa miséricorde et éclaircie la vision de nos savants pour qu’ils dénoncent l’injustice et soutiennent les opprimés.

 

PS : Je ne suis pas frère musulman (ikhwân) ni adepte d’autres mouvements.

 

Abd l-Qadir Awda 2

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