Bonté pieuse (Birr) envers les parents

La bonté pieuse envers les parents dépend de l’enfant et non pas des parents même dans les cas les plus extrêmes.
Si l’enfant est bon envers ses parents et que ces derniers ne sont jamais satisfaits de lui quoi qu’il fasse, il sera quand même considéré bon envers eux. Il ne sera pas touché par leurs invocations à son encontre même s’ils s’adressaient à Allah aux portes de la ka’ba.
De même, si l’enfant est injuste et maladroit envers ses parents qui eux font preuve de bonté et de bon soupçon envers lui, alors il sera considéré comme injuste et ingrat. Il ne profitera donc pas de leurs invocations bienveillantes lui étant dirigées, même s’ils s’adressaient aussi à Allah aux portes de la Ka’ba.

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Le lecteur des pensées

En 1405 de l’Hégire, un étudiant s’est absenté durant deux semaines de cours suite à un accident de voiture. Après sa guérison, il a repris ses cours normalement.
Au cours d’une leçon de nahw (grammaire arabe), l’enseignant expliquait une des preuves linguistiques mentionnées dans « Moughni al-labib ». Cependant, cet étudiant a perdu son attention et a commencé à réfléchir à la manière dont Allah l’a sauvé de l’accident et s’il allait égorger un ou deux moutons comme sacrifice pour remercier Allah et inviter ses amis. Il disait dans son cœur qu’un mouton n’est pas suffisant mais que deux moutons seront chers pour son père.

Alors qu’il était en conflit plein interne, perdu dans ses pensées, le professeur a arrêté son cours et lui a adressé la parole en disant à haute voix : « dans ta situation, tu as besoin de deux moutons, maintenant sois plus attentif à l’explication de la leçon ! « .
L’étudiant était surpris de la manière dont le cheikh a dévoilé sa pensé. De même, les étudiants dans la classe étaient choqué de ce qui s’était passé et ils ont compris la cause de cette remarque.

Le professeur était l’éminent savant hanafite, le mouhaddith et mouqri’, sheikh al qourra’ de Damas, le cheikh ‘Abd al-Razzaq al-Halabi. Il a enseigné le Coran et ses diverses sciences, le hadith et ses diverses sciences, le fiqh, les ‘oussoul al-fiqh, le tafsir, la langue arabe, la ‘aqida ainsi que d’autres sciences durant plus de soixante années. Il a expliqué entièrement des ouvrages de référence comme les principaux recueils de hadith (les 6 livres : Boukhari et Mouslim et les 4 sunan), les principaux ouvrages de fiqh comparé et de fiqh hanafite (hashiya ibn abidin plusieurs fois), les grands recueils de tafsir (comme celui de al-Qourtoubi).

L’étudiant dont il est question dans cette histoire est le cheikh Dr. Ayman Sha’bânî. Il y avait 17 étudiants qui témoignaient cette histoire, un parmi eux est décédé et les autres la confirment jusqu’à nos jours.

 

Espions des cœurs !

Jeûne et angles du soleil

Question :

As salamu alaykoum shaykh
Excusez-moi de vous déranger une énième fois. J’ai jeûné le dernier ramadan selon l’angle 15 degrés, puis j’ai été convaincu par l’angle 18 degrés vu que la plupart des oulémas sont de cet avis, dois je rattraper mon jeune de ramadan ?

Réponse :

waalaykom assalam warahmatu Allah,
 
L’entré du temps de la prière de Fajr, à savoir le début du jeûne de chaque jour, se définit par des critères. Ces critères sont objets d’ijtihâd. Il se peut que le savant change d’avis ou que la personne abandonne le suivie d’un avis de certains savants au détriment d’un avis d’autres savants. Dans ces cas, chaque pratique doit se conformer aux règles adoptées durant son élaboration.
L’adage juridique dispose : L’ijtihâd n’annule pas un autre ijtihâd.
C’est pourquoi, vous n’êtes pas obligé de rattraper les anciens jours jeûnés.
 
Baraka Allah fikom

L’éducation par l’état du sheikh

من لم يدلك على الله حاله
لم يدلك على الله مقاله
Celui dont l’état (hâl) ne te guide pas à Allah,
Ses paroles ne te guideront pas à Lui.

Une cérémonie était organisée dans la mosquée de Chouwika à Damas, elle était pleine.
Lorsque le cheikh Hussayn Khattab (Cheikh al-Qurrâ’ de Damas) est entré à la mosquée, tout le monde s’est mis à pleurer.

par Dr. Abû Zakariyya al-Hussaynî Posté dans Non classé

Statut des jeux de hasard (aléatoires)

En parlant des jeux de hasard (aléatoires), on vise les jeux aléatoires basés sur l’aléa et la chance comme élément essentiel dans le jeu. Cela couvre les jeux basés sur le lancé de dés, les jeux de cartes basés sur la répartition/sélection aléatoire des cartes, les jeux de tirage d’une roue comme le loto ou la roulette”, ainsi que tous leurs semblables.

 

Avant d’aborder le sujet, il faut distinguer entre deux cas :

  1. le cas des jeux à mise d’argent (Maysir).
  2. le cas de jeux aléatoires, dits de “hasard”

Le premier cas est nommé en arabe « Maysir » et fut prohibé explicitement dans le Coran. Il sort de l’objet du présent article dans lequel nous nous limitons à exposer le cas des jeux de hasard sans qu’ils soient liés aux paris et mises d’argent.

 

Plusieurs textes mentionnent les jeux aléatoires notamment :

1- D’après Sulaymân bin Burayda d’après son père : « Le Prophète ﷺ a dit : « Celui qui joue aux dés c’est comme s’il a teinté sa main  par la viande du porc et son sang [Cad les consommer]». »[1].

2- D’après Abû Mûsâ al-Achʿarî, le Prophète a dit : « Celui qui joue aux dés a désobéie à  Allah et à son Messager ﷺ ».  v[2].

3- D’après Nâfiʿ, Si ʿAbdullah ibn ʿUmar découvrait que quelqu’un de sa famille jouait aux dés, il le frappait et les cassait[3].

 

Beaucoup de citations furent rapportées d’après les Compagnons en montrant l’interdiction des jeux d’échecs selon eux.

 

Ces textes furent interprétés de manières différentes entre les savants comme suit :

 

1- Les écoles hanafite et hanbalite considère la ʿilla (cause) de cette interdiction comme étant l’attraction et la dépendance au jeu et la négligence de ses devoirs vis-à-vis de Dieu, de sa famille, des autres, voire même de sa propre personne.  Pour ces écoles, le Prophète ﷺ l’a interdit et le musulman doit l’éviter systématiquement.

2- L’école shafiite considère la  ʿilla (cause) de cette interdiction comme étant le rôle axial de l’aléa dans le jeu. Un tel jeu est considéré comme étant abêtissant et sans intérêt.

3- L’école malikite considère que les jeux sont interdit hormis quatre jeux mentionnés dans le texte : la course, l’entrainement et l’éducation de son cheval, jouer avec sa famille, apprendre la natation. Les savants malikites ont théorisé ce sujet d’une manière inédite en imposant deux critères, d’après les textes, pour l’autorisation des jeux :

  1. L’utiliser pour accomplir une obligation ou pour acquérir un droit (يُسْتَعَانُ بِهِ فِي حَقٍّ)
  2. L’utiliser pour accomplir une obligation (يُسْتَجَمُّ بِهِ لِدَرْكِ وَاجِبٍ)

 

Statut des jeux de dés :

En résumant les avis sur le sujet[4], nous aurions :

  1. L’interdiction des jeux de dés : les écoles hanafite, malikite et hanbalite, et l’avis sahih chez les shafiite.
  2. La réprimande (karâha) des jeux de dés : l’avis faible chez les shafiite.

 

Statut des jeux de cartes : 

Les jeux de cartes sont identiques aux dés chez les shafiite, et donc illicites, car ce sont des jeux aléatoires. L’imam al-Haythami a nommé le jeu de cartes « Kanfaja » et a statué de son interdiction.

Les jeux de cartes sont identiques aux dés chez les malikites, et donc illicites, car ce sont des jeux qui causent la perte inutile du temps. Cela s’inscrit dans leur théorie sur les jeux.

Parmi les savants du siècle dernier, cheikh Muhammad Ja’far al-Kattâni a rédigé un ouvrage sur le statut des cartes pour conclure avec le même avis.

 

Statut des échecs :

Concernant les échecs, nous résumons les avis comme suit :

1- L’interdiction des échecs : C’est l’avis adopté des malikites, des hanbalites et d’ar-Rûyânî et d’al-Halîmî parmi les shafiite.

2- La réprimande (karâha) des échecs : C’est l’avis adopté chez les shafiite et les hanafite et l’avis faible chez les malikites.

Nous transmettons ci-dessous les paroles des savants shafiite résumant le sujet :

L’imam al-Nawawî dit dans le Minhaj[5] :

وَيَحْرُمُ اللَّعِبُ بِالنَّرْدِ عَلَى الصَّحِيحِ , وَيُكْرَهُ بِشِطْرَنْجٍ , فَإِنْ شُرِطَ فِيهِ مَالٌ مِنْ الْجَانِبَيْنِ فَقِمَارٌ .

Il est interdit de jouer aux dés selon l’avis Sahih. Il est déconseillé (makrouh) de jouer aux échecs mais s’il est conditionné par l’argent des deux côtés, il [les échecs] devient du qimâr.

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Il dit aussi dans Rawdatu al-Talibin[6] :

فرع :

اللعب بالشطرنج مكروه، وقيل مباح لا كراهة فيه، ومال الحليمي إلى تحريمه واختاره الرويانيّ، والصحيح الأول. فإن اقترن به قمار أو فحش أو إخراج صلاة عن وقتها عمداً ردّت شهادته بذلك.

Le jeu d’échecs est déconseillé (makrouh), il est dit [formule de faiblesse de l’avis] qu’il est autorisé sans karâha (réprimande). Al-Halîmî tend vers son interdiction (tahrim) et c’est le choix d’Al-Rûwânî. Cependant, si les échecs sont accompagnés d’un « jeu d’argent », de paroles obscènes ou de sortir une prière intentionnellement de son temps, le témoignage de la personne s’y adonnant est refusé.

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Enfin, il faut noter que les savants de toutes les écoles sont unanimes sur l’interdiction (haram) des jeux autorisés dans le cas où ils sont accompagnés par un des cas suivants:

  1. le jeu se fait sur des paiements (‘iwad), car c’est une forme de maysir,
  2. le jeu s’accompagne de paroles obscènes,
  3. le jeu aboutit à un délaissement d’une obligation (retarder la prière de son temps par exemple).

 

Pour plus de détails voir les commentaires du Minhaj et les commentaires de Khalil.

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Réf.

[1]– Rapporté par Muslim n°2260.

[2]– Mâlik : Al-Muwatta’, n°1718 ; Abû Dâwûd : as-Sunan, n°4938 ; Ahmad bin Hanbal : al-Musnad, n°19521.

[3]– Al-Bukhârî : Al-Adab al-Mufrad.

[4]– Voir : Ibn Qudâma : Al-Mughni, vol.9, p.170 ; Ash-Shirbînî : Mughnî al-Muhtâj, vol.4, p.428.

[5]– L’imâm al-Nawawî :  » Minhâj al-Tâlibîn », édition Dâr al-Fikr, 2005/1425H, p.345.

[6]– L’imâm al-Nawawî : « Rawdatu al-Tâlibîn », édition al-Maktab al-‘islâmî, 12 vol., 1991/1412, vol.11, p.225.