La piété du calife Sulaymān le Magnifique

La piété du calife Sulaymān le Magnifique

 

Le règne de Sulaymān le Législateur fût indéniablement marqué par une aspiration à la justice. Habité par une piété et une religiosité manifestes, il s’exprimait explicitement dans les procédures étatiques, dans ses correspondances et dans ses législations sous la bannière des enseignements illustres de l’Islam.

Il avait pour coutume de couronner ses lettres avec le verset 30 de la sourate Al-Naml [Les Fourmis] qui s’articule comme suit :

          (C’est de Sulaymān ; et c’est : « Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux  » ).

Il imitait ainsi notre Prophète Sulaymān dans ses correspondances à la la recherche des bénédictions.

Il ne s’est pas simplement limité à adopter une attitude religieuse d’apparence, mais tout dans son quotidien reflétait une piété évidente. Il profitait ainsi de son temps vacant, dont il manquait déjà beaucoup, pour s’adonner à la copie du noble Coran. Il a été rapporté qu’il en a fait huit copies.

Lors du passage de son cortège se dirigeant à la mosquée pour accomplir la prière de vendredi, les gens lui répétaient fréquemment l’expression suivante :

–     « Ne soit pas orgueilleux mon sultan car Dieu est Plus Grand. »

Cela témoigne de l’humilité et de la sincérité de sa foi et sa piété. Il s’intéressait à l’éducation de son âme, il se soumettait à la volonté et aux intérêts de son peuple.

De même, il ne tranchait sur aucune décision sans prendre l’avis juridique la concernant. Pour les décisions sensibles, il interrogeait les savants, notamment Shaykh al-Islam de l’empire, par écrit. Ce comportement très pieux prendra soudainement une toute autre tournure au moment de son décès, pour prendre la forme d’une histoire illustre. En effet, le calife Sulaymān le Législateur inscrivit dans son testament une demande imprévisible. Il demanda à ce que soit enterrée avec lui une petite boîte, dans son propre tombeau. À son décès, sa volonté fut honorée et la petite boîte fut placée dans son cercueil. Cependant, Shaykh al-Islam de l’empire ottoman, Abū Assu‘ūd Effendi, s’opposa à la volonté du défunt de peur que la boîte ne contienne des bijoux ou d’autres choses mondaines constituant ainsi une infraction juridique aux règles relatives à l’enterrement du défunt. Ainsi, la décision fut prise d’ouvrir la boîte afin d’en vérifier le contenu et de décider du sort de la requête du sultan. Si la boîte contenait des biens mondains, il n’y aurait aucun intérêt à ce qu’elle soit enterrée avec lui et cela serait donc une forme de gaspillage.

En ouvrant la boîte, le silence gagna l’assise. En effet, celle-ci ne contenait que des papiers. Il s’agissait des correspondances entre le sultan et les savants de son époque contenant les réponses juridiques aux problématiques relevant de la gestion de l’État. Il voulait enterrer ces fatāwā avec lui afin de se justifier auprès de Dieu par sa conformité aux prescriptions religieuses. Ainsi, Shaykh al-Islam de l’empire ottoman, Abū Assu‘ūd Effendi dit, en pleurant :

« Ô Sulaymān ! Tu t’es sauvé. Quel ciel peut nous ombrager et quelle terre peut nous porter si nous nous sommes trompés dans nos fatāwā ? »

Loin de toute mascarade orientaliste et loin de la désinformation médiatique, c’est le véritable Sulaymān, le calife des musulmans, le roi des rois, celui qui nomme les empereurs et les gouverneurs.

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