Définition du tasawwuf

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Dans sa fameuse Hâchiya sur le commentaire d’al-Mahallî sur Jamʿ al-Jawâmiʿ, la référence ultime en ‘usul al-fiqh, l’imam al-ʿAttâr dit (Vol.2, p.513.) :
 
« Le tasawwuf ne figure pas parmi les sciences codifiées ayant des fondements et des principes. Mais c’est le fruit de toutes les sciences légales [associées à] leurs sciences outils. Ainsi, il n’est pas [simplement] des adages particuliers, même s’ils font l’objet de rédactions indépendantes.
Puis, cette science se divise en deux parties :
 
Une partie qui porte sur le raffinement de l’éthique et l’acquisition des bonnes mœurs, comme « Qût al-qulûb », « Ihyâ’ ʿulûm ad-dîn », les ouvrages de l’imam Shaʿrânî et les autres rédactions similaires. Cela est explicitement apparent pour celui qui a un minimum de maîtrise de ces sciences.
 
Une autre partie dont la référence à ses maîtres se réalise par les dévoilements, les saveurs spirituelles et leurs expériences spirituelles individuelles. C’est le cas des rédactions de notre maître Ibn ‘Arabî, al-Jîlî et de ceux qui ont adopté une tendance similaire. Cette branche est parmi les rédactions ambigües qui ne sont comprises que par celui qui a goûté leur saveur. Il est aussi possible que leurs expressions soient incapables de refléter le sens qu’ils voulaient. Elles peuvent même contredire les arguments rationnels. C’est pourquoi il vaut mieux éviter d’y entrer et [alors], leur état spirituel leur sera attribué sans contestation. »
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Place de la langue arabe dans la science de ‘usûl al-fiqh

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Parmi les matières de la science de ‘Usul al-fiqh (Fondements du Droit musulman) figure la langue arabe. En effet, une majeure partie de cette science dépend des significations des termes. La personne ne maîtrisera pas cette science jusqu’à ce que ce qu’elle devienne une référence indépendante en langue et en arabe.
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Imâm al-Haramayn al-Juwaynî : al-Burhân, p.84

Statut de lecture du Coran en langue étrangère

Dans son ouvrage at-tibyân fî ‘âdâb hamalat al-Qur’ân [l’exposition des adâb des porteurs du Coran], l’imam an-Nawawi dit :
« Il est illicite de réciter le Qur’ân en langue étrangère, que ce soit pour quelqu’un qui maîtrise l’arabe ou non, dans la prière ou en dehors. S’il récite le Qur’ân en langue étrangère durant la prière, sa prière est invalide.
Ceci est l’avis de notre école ainsi que des écoles de Mâlik, d’Ahmad, de Dâwûd et d’Abu Bakr bin al-Mindhir.
L’imam Abu Hanifah dit : « Cette récitation est autorisée et la prière est valide avec. »
Les imams Abu Yusuf et Muhammed (les deux grands élèves d’Abu Hanifah) disent : « Cela est autorisé pour celui qui ne maîtrise pas l’arabe et ne l’est pas pour celui qui le maîtrise. » »
لا تجوز قراءة القرآن بالعجمية، سواء أحسن العربية أو لم يحسنها، سواء كان في الصلاة أم في غيرها. فإن قرأ بها في الصلاة لم تصح صلاته.
هذا مذهبنا ومذهب مالك وأحمد وداود وأبو بكر بن المنذر.
وقال أبو حنيفة يجوز ذلك وتصح به الصلاة.
وقال أبو يوسف ومحمد : يجوز ذلك لمن لم يحسن العربية ولا يجوز لمن يحسنها.

Comment savoir si une chose est valide ou non ?

L’imam ar-Râzî dit :
« La véracité de quelques parties de l’essence d’une chose ne signifie pas sa véracité. Par contre, le vice d’une de ses parties suffit pour établir son vice.
Par exemple, la mécréance n’est pas vicieuse pour la possibilité de sa réalisation, ni pour le fait qu’il est ‘arad (qualificatif ou état instable et changeable), ni pour le fait qu’il est une croyance. Cependant, elle est vicieuse car elle est une croyance contradictoire à la vérité. En réalité, cette condition impliquant le vice est suffisante toute seule pour juger la mécréance de vicieuse. La véracité des autres conditions ne prouvent aucunement sa véracité. »

« صِحَّة بعضِ أجزاء الماهية لا يَدلُّ على صِحّتِها ، وأما فسادُ أحدِ أجزاء الماهية فإنه يَكفي في فسادها.
فمثلا الكُفر لا يَقبُح لكونه ممكنا، ولا لكونه عرَضا، ولا لكونه اعتقادا، وإنما قبُح بخصوص كونه اعتقادا مخالفا للحق، فهذا القيدُ الواحد الموجِب للقُبح كافٍ في الحكم عليه بالقُبح، وحُسن سائرِ القيود لا يدل على حُسنِه. »
La compréhension de ces normes est indispensable pour avoir une pensée saine, une analyse pertinente et une rédaction scientifique.

Wallah a’lam

par Dr. Abû Zakariyya al-Hussaynî Posté dans Non classé

Statut légal des ordre prophétiques reçues durant les rêves

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Beaucoup de gens posent la question du statut légal de ce qu’ils voient dans leurs rêves. Cette même question se pose aussi pour les récits que l’on entend à propos des rêves des awliyâ’ dans lesquels ils reçoivent des recommandations prophétiques. Certains tendent, par ignorance, à l’application des prescriptions prophétiques reçues durant les rêves même lorsqu’elles sont en contradiction avec la Sharîᶜa.
Le statut légal de ces rêves est comme suit : Si le rêve contient une demande compatible avec les règles de la Sharîᶜa, dans ce cas, cet ordre peut être admis.
Si le rêve contient une demande contradictoire aux règles de la Sharîᶜa, dans ce cas, cet ordre n’aura aucune valeur légale et il est interdit pour la personne l’ayant reçu ou pour autrui d’appliquer cette chose contraire à la Sharîᶜa.
La cause de cette inapplication de la demande prophétique illégale durant le rêve n’est pas due au doute sur la vision du Prophète ﷺ dans le rêve. Cependant, elle est justifiée par le rejet de la transmission du rêveur pour deux causes :
1- La personne durant le rêve n’a pas le dabt (maîtrise et contrôle) de ce qu’elle reçoit.
2- La personne durant le rêve n’est pas responsable.
L’imam an-Nawawî nous explique cela en disant : « Parmi [les caractéristiques du Prophète ﷺ, on trouve aussi] : celui qui le voit durant son rêve l’a vu certainement. En effet, Satan ne prendra pas son image. Cependant, ce qui est entendu du Prophète ﷺ par le rêveur – durant le rêve – et qui dépend des statuts légaux n’est pas applicable si cela entre en contradiction avec ce qui est établi dans la législation. Cela est lié au fait que le rêveur est dépourvu du dabt (maîtrise et contrôle de la narration) et non pas à un doute relativement à la vision du Prophète ﷺ [durant le rêve]. La narration n’est admise que de la part du responsable qui maîtrise ce qu’il transmet et le dormeur ne l’est pas. » Fin de citation
« ومنه أن من رآه في المنام فقد رآه حقًا؛ فإن الشيطان لا يتمثل بصورته، ولكن لا يعمل بما يسمعه الرائي منه في المنام مما يتعلق بالأحكام إن خالف ما استقر في الشرع، لعدم ضبط الرائي لا للشك في الرؤية، لأن الخبر لا يقبل إلا من ضابط مكلف والنائم بخلافه.»اهـ
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Référence :
L’imam an-Nawawî : Tahdhîb al-‘asmâ’ wa-l-lughât, éd. Dâr al-Kutub al-‘ilmiyya, beyrouth, vol.1, p.43.