Changement des règles juridiques avec le temps

En première année d’étude du droit, l’étudiant apprend que la règle de droit est constituée de deux éléments :
– faits juridiques
– effets juridiques
 
L’effet est établi par la loi dans le cas où les faits sont présents.
La présence ou non des faits ne signifie pas que la règle est inapplicable.
La règle est parfaitement applicable quand les faits sont inexistants, son application consiste à ne pas établir les faits juridiques.
 
Les temps ont changé, les circonstances ont changé.
Mais les règles ne changent pas que dans la limite du fondement de la règle sur un fait particulier.
 
En droit Musulman, ces principes sont les mêmes.
 
Je vous donne un exemple :
Il était autorisé de manger la viande des Français durant le 16éme siècle.
Il est interdit de manger la viande des Français au 21éme siècle.
 
On voit que la Fatwâ est différente entre les deux époques.
Cependant, dans ces deux cas le Hukm légal n’a pas changé, on a appliqué le même Hukm.
 
C’est un sujet mal compris par les gens, car les sociologues et les historiens parlent du droit.
 
L’analyse de ces sujets ne se fait pas à la légère.
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Rêver du shaykh et de ses enfants 

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Un ami est en train de préparer le Tahqīq (réédition critique) d’un livre d’un des grands savants du siècle dernier. Il entame ce projet dans la perspective de rééditer un ensemble de 8 livres de cet auteur. Il passe son temps, nuit et jour, à penser à cet éminent savant et à ses travaux.

Depuis deux jours, il travaille sur le Tahqīq puis va se coucher. Une nuit, il eut un rêve particulier. Il me le raconte ainsi : « J’étais à une conférence à l’étranger, portant sur l’ouvrage en cours de réédition, en présence d’éminents savants. Après la conférence, nous avons marché en montagne. Le paysage était à couper le souffle. Soudain un trouble régna et les gens disparurent. Je vis une bâtisse historique : une mosquée, un maqâm ou un mausolée, j’ignorai sa nature. L’odeur des siècles s’en dégageait, mais il semblait comme neuf. À l’intérieur, tout était en marbre, de toute beauté. La sérénité et la bénédiction y régnait et j’y ressentis un profond apaisement. Je m’assis en son sein, en m’adossant à un mur. Un homme apparut alors devant moi, accompagné de plusieurs enfants. Je n’ai pas vu son visage ou je ne le reconnus pas, je ne me souviens plus. Mais il me parla en une langue étrange que j’entendis pour la première fois. J’ai beaucoup discuté avec lui par cette langue. De même, les enfants me parlèrent chacun en une langue différente et je leur répondis par ces mêmes langues. Il était content de parler avec les enfants et de nous voir discuter ensemble. »

Voici ce que je lui dis : « Le shaykh est Shaykh al-Islâm, ses enfants représentent ses livres que tu vas parvenir à rééditer. Il est content de ton travail car tu dépoussières ses ouvrages et les fais sortir de l’oubli. Concernant les différentes langues, les livres sont en plusieurs langues et doivent être traduits, et sont aussi dans différents pays et doivent être collectés. »

Il acquiesça et me dit qu’effectivement les livres étaient dans différentes langues et se trouvaient dans différents pays.

WAllah a’lam

rêver

Une femme illustre de notre époque

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Décès de l’enseignante, la savante Bahiyya bin Hafîdh al-Kâf. Elle a passé les 106 années de sa vie dans le rappel, le prêche et l’enseignement des sciences islamiques.

Elle est née à Mirbât en 1334H/1916 et fut élevée dans une maison emplie de science et de piété. Elle a étudié auprès de son père, Hafîdh bin Sâlim al-Kâf, de son grand père maternel, le juge Ahmad bin ‘Alawî ‘Aydîd, des jurisconsultes de la famille al-Kâf à Mirbât ainsi qu’auprès de certains savants et juristes de Dhifâr.

Elle se rendit à Salâla où elle organisa des cercles de science (halaqa) pour enseigner aux femmes, sous l’ombre d’arbres, jusqu’en 1970. Durant le règne du Sultan Qâbûs d’Oman, elle fonda une école pour l’enseignement des femmes, sous la surveillance du Diwân du Sultan Qâbûs. Elle organisait également des assises hebdomadaires dans différentes villes de la région de Dhifâr.
Elle était recherchée par les gens de la science et ceux qui avaient besoin d’aide. Les gens ont bénéficié de sa science, de ses actes de bienfaisance et de ses efforts remarquables dans l’enseignement et le rappel.

Elle est décédée le jeudi 9 safar 1440H, soit le 18 octobre 2018, et fut enterrée à Mirbât, près de l’imam Muhammad bin ‘Alî de Mirbât.

Qu’Allah lui accorde Sa Miséricorde.

Photo de sa Madrasa.

Anarchie juridique

Les écoles juridiques des Compagnons (sahaba) et de leurs disciples (tabi’in) se sont regroupés dans les quatre écoles. De plus, l’ensemble des savants de la jurisprudence, du hadith et du Coran ont établi les règles assurant une compréhension saine du Coran et de la Sunna conformément aux finalités législatives et aux sciences de la langue arabe. Cela a assuré la prospérité de la science islamique durant des siècles ce qui est prouvé par l’histoire.

Par contre, les coranistes, les réformistes et les moujtahidîn de la masse ont dépassés ces règles par leurs passions. Ces transgressions s’aggravent de jour en jour dans une époque dépourvue de contrôle du discours scientifique. C’est leurs activités qui sèment le désordre juridique et allument la division et la controverse entre les musulmans. Notre situation actuelle le prouve.

Critères des khawârij

L’imam Ahmad a dit :

‎وأما الخوارج؛ فإنهم يسمون أهل السنة والجماعة؛ مرجأة، وكذبت الخوارج في قولهم، بل هم المرجأة، يزعمون أنهم على إيمان وحق دون الناس, ومن خالفهم كافر
 
« Quant aux Khawarij, ils surnomment les gens de la Sunna et de la Jama’a [ahl al-Sunnah wa-l-Jamâ’a] : « Murji’a » ; et les Khawarij ont menti dans leur déclaration. Au contraire, ce sont eux les Murji’a. Ils prétendent être les seuls à posséder la Foi et la vérité, et celui qui est en désaccord avec eux est [selon eux] mécréant ». (1).

Cette accusation a ressuscité avec les néo-khawarij de nos jours. Ils qualifient les sunnites de murji’a et se proclament uniques représentants de l’islam authentique. Celui qui voit qu’il accuse les autres de murji’a et qu’il se proclame d’un droit exclusif sur l’islam authentique qu’il ait conscience qu’il est un néo-kharijite.
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(1) tabaqat al hanabila vol.1, p.36.