Les caractéristiques prophétiques (al-Khasâ’is)

Parmi les sciences dédiées à la vie du Prophète ﷺ, nous trouvons celle dédiée à l’étude de ses caractéristiques propres, à savoir ce qui concerne seulement Prophète ﷺ. Certains comportements peuvent être propres à lui ﷺ, comme le droit d’épouser plus que quatre femmes en même temps, l’obligation de prier la nuit (Qiyâm al-Layl)…

Les Khasâ’is se trouvent dans les livres détaillés de Sira, les livres d’histoire, les livres de hadith, dans les livres de fiqh et dans les livres dédiés aux Khasâ’is à proprement parler.

Le premier qui a écrit à ce sujet est l’imam Shafiᶜi, puis ibn al-Qâss puis al-Bayhaqi (tous deux shafiᶜites). Le premier livre dédié aux Khasâ’is est d’Ibn Duhayya al-Kalbî (633H).

Parmi les plus célèbres rédactions, nous trouvons «Khassâ’is al-Kubrâ» de l’imam al-Suyûtî qui étudie aussi les preuves de la prophétie.

salla Allah ᶜalayhi wasallam

Les sciences étudiant la vie du Prophète ﷺ

Aux premiers siècles de l’islam, l’étude de la vie du prophète ﷺ faisait l’objet de cinq sciences représentées par les livres portant leurs titres :

Sira : C’est la science qui retrace les événements majeurs dans la vie du prophète ﷺ afin d’en extraire les règles juridiques relatives aux droits de la grande imâma (droits constitutionnel et administratif), des siyar et maghâzî (droit international) et de façon plus secondaire, les règles fiqh relevant d’autres disciplines juridiques.

Shamâ’il : C’est la science qui retrace le comportement du prophète ﷺ dans sa vie, ses habitudes, sa vie au quotidien. C’est la science adressée à l’ensemble des musulmans pour leur présenter le modèle de la vie du prophète ﷺ dans son quotidien.

Dalâ’il : C’est la science qui étudie les preuves de la prophétie du prophète ﷺ.

Faḍâ’il : C’est la science qui étudie les mérites du prophète ﷺ.

Khasâ’is : C’est la science qui étudie les règles particulières propres au prophète ﷺ.

Avec le temps, les sciences se sont ramifiées, un grand nombre de disciplines sont apparues au sein de cette classification générale. De plus, certains ouvrages se sont permis d’adopter une méthodologie combinant les différentes sciences précitées.

De nos jours, les musulmans ont perdu la boussole, ils veulent apprendre la vie du prophète ﷺ dans son quotidien en se dirigeant vers la discipline qui ne traite pas de sa vie ﷺ !

Cireur des chaussures

Par Allah, je connais un shaykh damascène qui a passé la moitié de sa vie à servir et enseigner à des étudiants turc et de différentes nationalités pour le service d’Allah (gratuitement). Durant ces années difficiles, il réside en Turquie. Personne n’ a demandé de ses nouvelles parmi ses étudiants et ceux qu’il a aidé en Syrie. Il s’est vu forcé de travailler comme cireur de chaussures sur les trottoirs.

La hawla wala quwwata ‘illa billah.

La raison est peut-être , que lorsqu’on lui demandait de ses nouvelles, il répondait al-hamdulillah (louanges à Allah). On regarde son élégance et la beauté de son apparence dans la mosquée et on croit donc qu’il est en bonne situation.

Texte de Shaykh Muhammad Wâel Hanbali.

Une prière à la Sorbonne !

Suite à un échange, j’ai vu un ancien partage de 2015 d’une expérience personnelle publié par un étudiant sur un groupe FB de fiqh malikite, dont le pseudonyme est « L’équation gagnante ». Cette expérience est très stimulante et s’adresse aux musulmans pour leur témoigner la seule voie pour préserver leurs droits. Elle dispose :

Il était une fois, au cours de cette année universitaire, un professeur émérite ayant fait l’honneur à un frère étudiant de venir le chercher à la faculté pour discuter de quelques sujets d’intérêt intellectuel. C’était l’heure de la prière al-ᶜAsr. Comme un lion, il le fixa en conséquence, et lui dit sérieux, comme pour arrêter le temps : « Y’a-t-il un endroit convenable ? ».

L’étudiant répondit : « Non ».

Le professeur, alors, humblement étendit son manteau au sol s’apprêtant à accomplir l’office dans un amphithéâtre vide de ses 300 places et bondé de caméras. Le voyant , l’étudiant lui dit : « Des gardiens rôdent, et si on nous voyait ? ».

Le frère a dit en racontant l’histoire : Je n’avais pas peur à titre personnel, mais bien pour le professeur, car malgré son savoir abyssal et son éducation parfaite, il est jeune, imposant de taille et très têtu dans l’esprit ; s’il y’avait eu un problème, il ne se serait pas laissé incriminé et aurait été jusqu’au bout dans ses critiques face à celui qui l’aurait blâmé. Avec lui, j’avais à craindre l’arrivée des journalistes dans le quart d’heure qui suivait. Bien au contraire, le professeur, qui ne dépassait pas la trentaine, répondit à la question de l’étudiant avec une force si tranquille qu’on aurait cru qu’il n’avait absolument rien à voir avec les habitants de la Terre : « Si on nous voit on nous voit. Moi je ne rate pas la prière de l’Asr pour les gens » ( sous entendu , même en ce lieu séculaire, la Sorbonne ).

Moralité :

Dans n’importe quel contexte, il n’y a que le courage qui compte. Si tous les hommes de France avaient cette force et cette virilité, les musulmans seraient pourvus en salle de prière dans chaque université de cette France laïciste qui n’intimiderait plus personne et encore moins les hommes de cette communauté. Il ne tient qu’aux frères et soeurs d’Europe de réinvestire la ᶜizza dont ils ont été éligible par Dieu Lui-même dans le Coran Sacré. Il faut vaille que vaille faire courage, se caractériser par sa détermination et être semblable à une pyramide : rien ne peut la cerner dans ses tréfonds ni la casser à son extérieur. Tous les musulmans ne sont pas des beni-oui-oui, il existe bel et bien des hommes comme celui que nous venons de peindre avec plaisir, mais en petite poignée, à vous de les rejoindre. Et une poignée d’abeille vaudra toujours mieux qu’un sac de mouches.

Photo indicative

par Dr. Abû Zakariyya al-Hussaynî Posté dans Non classé