Que nos langues ne cessent jamais d’évoquer le Seigneur

Le dhikr est une adoration non formelle (ghayr mundabit) : elle ne dépend ni du nombre d’évocations, ni de la forme, ni du temps, ni du lieu. Il existe des nombres recommandés, des formes recommandées, des temps recommandées et des lieux recommandés. Mais plus on en ajoute et excelle, mieux c’est. Allâh a dit : « et les invocateurs souvent d’Allah et invocatrices : Allah a préparé pour eux un pardon et une énorme récompense » (sourate al-ahzâb, v.35).

Je parlais avec un frère sur le dhikr et notre négligence envers Allah. Je lui ai évoqué le cas des gens de notre époque, bien engagés qui font des répétitions de 5 000, 10 000, 20 000 ou 50 000 évocations par jour. Il m’a dit : « Je ne crois pas trop à ces énumérations, je penses que c’est exagéré ».
Je résume ici ma réponse :

Nous, les négligeants dont je suis le premier, sommes négligents dans nos pratiques, nous n’arrivons même pas à tenir les invocations du matin et du soir. Nous voyons énormes les 100 tasbîh du matin et les 100 du soir. C’est pourquoi il est normal que nous voyons les 1000, 5000 ou 50 000 comme des chiffres exagérés.

Les compagnons – qu’Allah les agrée – conservaient le dhikr d’Allah à tout moment, dans leur déplacement, dans leur assises, en travaillant, même en mangeant. De nos jours, des pieux existent, des saints existent. Ils accomplissent d’énormes œuvres qui sont bien faisables mais qui nous semblent – du fait de notre habitude à la fainéantise – impossibles.

Je connais un grand homme, Hajj Adnân – que je considère, auprès Allah, être un saint – qui a les lèvres qui bougent à tout moment. Quand je le transporte en voiture, ses lèvres bougent. Quand il est chez lui, il a toujours ses yeux fermés et les lèvres qui bougent. Quand il travaille dans son jardin, ses lèvres ne se reposent jamais. Quand on lui parle, il met quelques secondes à commencer à nous parler et ce, afin de terminer les dhikr qu’il récite. Idem, quand il veut parler, on voit qu’il nous regarde puis il nous parle. Quand il est en discussion, ses lèvres bougent entre les arrêts du discours.

Une fois, j’ai osé lui demandé les évocations qu’il répète par jour, il m’a parlé de tasbih, tahmid, tahlil, takbir et surtout surtout la salât ᶜalâ annabi . Quand je lui ai parlé du nombre qu’il réalise par jour, il a souri et m’a dit : « Mon fils, nous on ne compte pas avec Allâh ». J’ai senti la froideur dans le dos, ma peau frissonnait, les larmes aux yeux et je n’ai pas pu reparler. Le silence a régné un instant, puis il m’a dit : « Nous sommes pauvres mon shaykh, nous sommes négligeant envers Allâh ! ».

Les anecdotes sont nombreuses, les leçons le sont également. Ne visez pas directement un objectif énorme à accomplir, ne dites pas je vais répéter 10 000 tasbih par jour tandis que les 100 après chaque prière ou du matin et du soir vous sont lourdes.
Prenez l’échelle étape par étape.
Concevez les invocations du matin et du soir et les invocations après chaque prière comme un moment.
Puis augmentez les doses de vos séances de dhikr.

Qu’Allah nous accorde la sincérité et la persévération dans nos œuvres.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s