Statut des vaccins

J’ai reçu plusieurs questions sur la licéité des vaccins en Islam. Je détaille la réponse sur deux niveaux : juridique et médical.


1- Côté juridique :
Le vaccin dispose du même statut légal du médicament. Ainsi, le médicament peut être consommé même s’il contient dans sa composition des ingrédients impurs (alcool, produit animalier/humain …) et ce, par besoin, si nous ne disposons pas de substitut. En cas de présence de substitut, nous devons choisir le médicament pur. En ce qui concerne les vaccins, il semble que les pays ne donnent pas de choix sur le vaccin utilisé. Ainsi, nous pouvons prendre le vaccin par nécessité.
Nous rappelons que l’usage des médicaments – et de se soigner en général – est une recommandation et non une obligation !

2- Côté médical :
Les questions exposés au sujet de vaccin sont, majoritairement, malines. Certains nous veulent faire dire que le vaccin est licite ou illicite en ce qui concerne l’admission ou le refus médical des vaccins. En effet, cela constitue une certaine continuité du débat ravageant l’internet entre pro et anti-vaccination !
Sur ce sujet, nous, en tant que juristes, devons éclaircir que la règle est le suivie des experts, à savoir les médecins spécialisés dans la vaccination ! Cependant, il est possible que ces mêmes experts divergent entre eux, ce qui semble être le cas à propos des vaccins Covid-19.
En islam, la règle consiste à suivre les experts répondant à 4 critères :
Avoir la science ;
Avoir l’expérience pratique ;
Avoir l’éthique professionnel ;
Avoir étudier auprès des experts.
Quant tu as confiance en quelqu’un ayant ces critères, tu peux le suivre et tu n’es plus responsable des effets ou des nuisances qui en découlent !

Ainsi, tu peux suivre un médecin qui te conseille de ne pas te vacciner ou un autre qui te conseille de te vacciner. Cela ne nous concerne pas en tant que juristes.
Donc, ne nous mêlez pas dans des débats inutiles !

Baraka Allah fikom

L’imam al-Shâfiᶜî a dit (al-Umm, 1/264) :

Il nous a été rapporté que l’invocation formulée pendant cinq nuits est exaucée :

– la nuit de vendredi,
– les deux nuits des deux fêtes,
– la nuit du début de rajab,
– la nuit du mi-shaᶜbân.

par Dr. Abû Zakariyya al-Hussaynî Posté dans Non classé

Alors que l’éminent tâbiᶜî ᶜAtâ’ bin Abî Rabâh marchait dans une rue, des cendres furent jetées d’un toit sur lui. Ses compagnons se mirent à discuter et à se demander qui avait bien pu jeter cela.

Il les éduqua – ainsi que nous – par ces mots, qui résonnent encore aujourd’hui, en leur disant :

« Celui qui mérite le feu, et qui ne reçoit que des cendres, ne doit pas s’énerver. »

par Dr. Abû Zakariyya al-Hussaynî Posté dans Non classé

L’éminent exégète Muhammad ᶜAlî al-Sâbûnî

Lorsque la Terre et les Cieux pleurent…


L’homme n’est qu’un atome au sein de cette ombre infinie qu’est la Terre. Il est des nuits où Dieu fait tomber les méchants, et des matins où il fait monter les bons. Lorsque cette nuit arrive, le verset éternel s’applique pour les méchants « Ni la Terre ni les Cieux ne les pleurèrent ». A fortiori, lorsque l’aube apparaît, l’inverse se révèle pour les gens d’Allah.

Les arabes disent: « Si tu vis, tu pleures tous tes bien-aimés ». L’imam Abû Ayyûb al-Sikhtiyânî a dit : « Quand je reçois l’information du décès d’un des gens du hadith, c’est comme si un de mes organes tombait. »

Ce matin du vendredi 6 Shaᶜbân 1442H, soit le 19 mars 2021, notre maître et shaykh, l’ascète, l’exégète de ce siècle, l’érudit des gens du Qur’ân de notre époque, le muqri’ (spécialiste des lectures coraniques), le pieux, l’humble, l’amoureux du Prophète ﷺ, le serviteur de la science et de ses gens, le veillant à l’enseignement du Qur’ân et à sa transmission, notre père en science l’éminent exégète Muhammad ᶜAlî al-Sâbûnî est décédé à Yaluva en Turquie.

Né à Alep en 1930, dans une maison de science et de piété, son père est l’éminent savant Jamîl al-Sâbûnî, un des plus grands savants de la ville et du Levant.
Shaykh Muhammad ᶜAlî al-Sâbûnî mémorisa le Qur’ân pendant sa jeunesse et maîtrisa les sciences de la langue arabe, du droit musulman, du droit des successions, et des différentes disciplines des sciences islamiques. Il s’inscrivit au collège et au lycée spécialité commerce à Alep mais ne poursuivit pas ses études ensuite. Il se dirigea vers la célèbre Madrasa Khusruwiyya – un des bastions du sunnisme mondialement reconnu à l’époque – où il reçut son diplôme en 1949. Il fut boursier du ministère des awqâf pour étudier à al-Azhar où il obtint une maîtrise de Sharîᶜa en 1952 et son doctorat en 1954.

Il étudia auprès des grands savants de sa ville, notamment l’éminent savant Muhammad Najîb Sirâj, Ahmad al-Sammâᶜ, Muhammad Saᶜîd al-Idlbî, Muhammad Râghib al-Tabbâkh, Muhammad Najîb Khayyâta et d’autres.

Après ses études à al-Azhar, il retourna en Syrie où il enseigna les sciences islamiques dans les lycées d’Alep jusqu’en 1962. Puis, il fut mandaté d’enseignement en Arabie Saoudite où il enseigna à la Faculté de Sharîᶜa et des Sciences Islamiques et à la Faculté d’éducation de l’Université de La Mecque. Il y enseigna pendant 30 ans puis fut nommé chercheur dans le centre de recherche et de renaissance de la culture islamique de l’Université d’Umm al-Qurâ. Finalement, il travailla au sein de la Ligue Islamique Mondiale comme conseiller dans Hay’at al-iᶜjâz al-ᶜilmî.

Les exégèses coraniques rédigées par le shaykh ont dépassé la dizaine, les adaptant à des publics différents, pour des objectifs variés. L’ensemble de ses ouvrages dépasse la cinquantaine. Il a par ailleurs dispensé une exégèse orale complète du Qur’ân sur une chaîne de télévision de 600 heures environ, ainsi que dans les cercles scientifiques de la mosquée de son quartier durant huit ans, sans pouvoir l’achever.

Parmi ses prodiges, il refusa d’approuver les crimes et les massacres, de soutenir les tyrans et de justifier les despotes. Il fut donc contraint à passer sa vie à l’étranger !

Qu’Allah agrée ses œuvres et ses sacrifices et l’élève auprès de Lui. Qu’Il le rétribue pour sa diffusion de la science et pour son service du Qur’ân et de la Sunna.

J’implore Allah, Exalté soit-Il, de soigner nos cœurs de cette blessure profonde et d’accorder à la umma une postérité savante et pieuse qui assurera la transmission de Sa Religion.

Amin Amin,

L’hésitation dans le mariage

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Beaucoup de frères et sœurs me demandent conseil sur le choix du conjoint. Je remarque que, lorsque beaucoup parmi eux, trouvent la bonne personne, ils hésitent trop. Il faut comprendre que cette vie n’est qu’un ensemble d’opportunités qu’il faut saisir.

Pourquoi on hésite ?
En réalité, je remarque dans les dizaines et dizaines de cas que l’hésitation est due à quelques raisons revenant à un manque de confiance qui implique plusieurs causes. Nous citons celles que nous avons vu concrètement dans les cas exposés de nos jeunes comme suit :

– La fragilité de la situation financière ne doit pas être vue comme un obstacle en soi ! C’est surtout le cas des jeunes étudiants ou jeunes travailleurs. Oh combien d’étudiants non-musulmans en France vivent en couple dans le haram malgré leur situation estudiantine ! La difficulté financière n’est pas une excuse en soi. Si vous avez assez de maturité mentale et spirituelle, ne retardez pas le mariage dès que vous tombez sur la bonne personne qui correspond à votre pensée et à ce que vous cherchez.

– Certaines personnes pensent que la relation époux/épouse est une relation professeur/étudiante ou étudiant/étudiante qui passent le temps à étudier ensemble. D’autres pensent que c’est une relation qui va leur permettre de vivre l’islam au détail près et disent : on va prier qiyâm al-layl ensemble, réciter les invocations ensembles … Ces idées ne sont en réalité que des fantasmes sur le mariage et la vie conjugale. Si tu ne pries pas qiyâm al-layl tout seul chez toi, c’est plus difficile que tu le fasses après ton mariage. Si tu n’étudies pas pendant ton célibat, ne pense pas que tu auras plus de temps pour étudier après ton mariage !

– Certaines personnes hésitent ou décident de retarder le mariage pour motifs professionnels ce qui est très blâmable dans ce cas. Tu as trouvé la bonne personne, ne rate pas cette opportunité à cause de ton travail. Le travail est un moyen et non un objectif en soi. C’est un moyen pour servir ta vie conjugale afin de mieux élever tes enfants ! Il faut bien établir les priorités des choses.

– Certaines personnes décident de retarder le mariage car ne se sentant pas encore prêts. Habibi, tu as dépassé un certain âge (25 ans pour l’homme et 22 ans pour la femme), tu es EN PRINCIPE prêt. Si tu as trouvé la personne qui te semble parfaite par ses qualités et sa pensée, ne bloque pas ce projet en attendant une meilleure maturité ! Si tu estimes que l’autre personne (je reprends les termes d’une sœur) « est trop parfaite pour qu’elle soit pour moi », alors cette personne peut bien t’aider spirituellement, émotionnellement et socialement. Une maturité supplémentaire ne signifie pas que tu vivras mieux dans le futur car tu peux aussi ne pas trouver une personne aussi adéquate pour toi. De plus, le mariage t’accordera une maturité que tu ne pourras jamais acquérir dans toute une vie de célibat.

– Certaines personnes pensent aussi qu’ils vont vivre le mariage en reconquista contre les autres courants islamiques, notamment les salafi qui vivent le fantasme de la critique des innovateurs ou les ashᶜari qui vivent dans la réfutation des salafi. La vie conjugale est bien loin de cela. Une personne salafi et une personne ashᶜarite peuvent se marier et vivre tranquillement. Cependant, ceux qui vivent une reconquista dans leur imaginaire ne peuvent pas tolérer une divergence d’avis, leur vie conjugale sera en soi instable même avec des gens de leur courant, dû à cette pensée figée.

Combien de fois j’ai vu des frères ou des sœurs regretter énormément après que l’autre personne se soit engagée !! Je me rappelle d’un frère à qui j’ai présenté une sœur exceptionnelle répondant à tous les critères qu’il cherchait. Il m’a dit qu’il ne voulait pas se marier pour le moment parce qu’il a d’autres projets actuels. Après trois ans, il me demande de lui parler avec la sœur mais je lui indique que je n’ai plus de ses nouvelles. Il était tellement déçu qu’il voulait voyager à l’autre bout du monde (littéralement car la sœur habitait dans un autre pays très lointain) pour essayer de la chercher ! La blessure du cœur est douloureuse dans ce genre de cas !

En résumé, quand vous trouvez une personne répondant à tous vos critères, priez al-istikhâra (la prière de consultation) et voyez ce que vous sentez. Si vous sentez que la personne en question est la bonne personne, ne tardez pas même si vous avez planifié d’autres plans sur le court terme ou si vous ne pensez pas actuellement au mariage ! Parfois, la bonne personne nous tombe du ciel d’un coup et le mariage arrive sans aucune planification précédente.

Wallah aᶜlam,