Le Takbîr de ‘id al-Adha

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Le jour de ‘id est couronné par une adoration particulière : il est recommandé de prononcer le takbîr durant la période de ‘id. Nous avons déjà présenté cette sunna pour ‘id al-Fitr et nous la présenterons ci-dessous pour ‘id al-Adha.
 
Le takbir pour ‘Aid al-Adha est de deux types : Takbîr moursal (non-restreint) et Takbîr muqayyad (restreint).
 
1- Le Takbîr mursal (non-restreint) peut être accompli à tout moment indépendamment de l’accomplissement des prières obligatoires et ce, dans un intervalle de temps déterminé. Son temps débutent du coucher du soleil du jour de ‘Arafat et se termine avec la prononciation de la lettre (ra’) du mot akbar dans takbirat al -‘ihram de l’imam dans la prière de ‘Aid al-Adha (i.e. le début de la prière de ‘Aid) pour celui qui accompli la prière en groupe. Pour celui qui accompli la prière de ‘aid al-Adha tout seul, le temps du takbir se termine avec le début de la prière individuelle. Quant à celui qui n’a pas accompli la prière de ‘aid, le temps du takbir se termine au Zénith (l’entré du temps de la prière de dohr) du jour de ‘aid.
 
2- Le Takbîr muqayyad (restreint) est accompli après les prières obligatoires – accomplies à temps ou rattrapper – ou surérogatoires. Son temps débute dès le fajr du jour de ‘Arafat jusqu’à la prière de Asr du dernier des jours de Tachrîq (le 4ème jour de ‘id). Ce takbîr est plus méritoire que le premier.
 
Ces règles sont émises selon l’école chafiite.
wallah a’lam
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La grande expiation de jeûne

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La grande expiation consiste à jeûner soixante (60) jours consécutifs, si un jour est raté, il faut reprendre les 60 jours de nouveau.
Elle est obligatoire pour un seul cas :
 
Celui dont le jeûne est annulé suite à un rapport conjugal durant le jour de Ramadan, intentionnellement, librement et connaissant l’interdiction.
 
Il faut avoir toutes ces conditions réunies pour être concerné par la grande expiation.
Donc, elle ne concerne pas celui qui a rompu son jeûne obligatoirement en mangeant ou en buvant ou en gros celui qui n’a pas jeûner par paresse. De même, elle ne concerne pas celui qui a commis le péché de masturbation et qui a eu une éjaculation durant le jeûne.
Dans tous ces cas là, il faut s’abstenir de manger et de boire jusqu’au maghrib et rattraper ultérieurement le jour rater. Il faut bien comprendre que le jeûne de toute l’éternité ne rembourse pas le mérite perdu en ratant un jour de ramadan.
 
wallahu a’lam.

Chapitre de Jeûne d’après Safinatu al-Najât

Section 1 : Quand est-ce que le jeûne du Ramadan devient obligatoire ?
Jeûner le mois de Ramadan devient obligatoire, lorsqu’une des cinq choses ci-dessous est vérifiée :
1. Dès lors que le mois de Sha’ban atteint les trente jours.
2. A la vue du croissant lunaire, et c’est propre [le jeûne incombera] à la personne qui l’a vu, même si elle est considérée comme Fasiq [pervers].
3. A la suite du témoignage de la vue du croissant lunaire, par une personne véridique, toutes les personnes ne l’ayant pas vu doivent jeûner.
4. Si à la venue de l’information [la vue du croissant] d’une personne juste, notre coeur doute [concernant la véracité de l’information] ou non alors on doit jeûner. De même, si la personne apportant l’information n’est pas digne de confiance mais que notre coeur la ressent comme vraie, alors on doit jeûner.
5. Pour la personne qui doutait [du début de Ramadan] et qui pense maintenant que le Ramadan a débuté à la suite d’un Ijtihad [effort de réflexion], alors elle doit jeûner.
 
Section 2 : Les conditions de validité du Ramadan :
Il y a quatre conditions à respecter pour que le jeûne du Ramadan soit valable :
1. L’Islam [être musulman].
2. La raison [être doué de raison].
3. Etre purifié des menstruations et ce qui lui ressemble [comme le saignement postnatal].
4. Savoir que c’est un temps [jour] acceptable pour le jeûne.
 
Section 3 : Les conditions d’obligation du jeûne du Ramadan :
Il y a cinq conditions qui rendent le jeûne du Ramadan obligatoire :
1. L’Islam [être musulman].
2. La responsabilité juridique [i.e. avoir atteint la puberté et être doué de raison].
3. Avoir la capacité physique [de jeûner].
4. Etre en bonne santé.
5. Etre sédentaire [non voyageur].
 
Section 4 : Les piliers du jeûne du Ramadan :
Les piliers du jeûne du Ramadan sont au nombre de trois :
1. Mettre l’intention la nuit pour chaque jour de jeûne obligatoire.
2. Délaisser les choses qui annulent le jeûne si elles sont faites intentionnellement et volontairement, excepté pour l’ignorant qui a une excuse valable [à l’instar du nouveau converti].
3. Le jeûneur lui-même.
 
Section 5 : L’expiation [Kaffara] du jeûne :
Il est obligatoire pour celui qui a rompu une journée complète de son jeûne à cause d’une relation sexuelle, de faire l’expiation majeure [Kaffarat Ouzma] et de rattraper la journée dans laquelle il a péché. Il doit aussi être puni.
Il y a six situations pour lesquelles le jeûneur [ayant rompu son jeûne] doit, en plus de rattraper le jeûne, s’abstenir de faire tout ce qui rompt le jeûne durant le reste de la journée :
1. La personne a annulé son jeûne volontairement durant le mois du Ramadan.
2. La personne n’a pas mis l’intention durant la nuit, d’observer le jeûne [du matin].
3. La personne a pris le Souhour [le repas] en pensant qu’il faisait encore nuit alors que ce n’était pas le cas.
4. La personne a pris l’Iftar [le repas avec lequel en rompt le jeûne] en pensant que le soleil s’était couché alors que ce n’était pas le cas.
5. La personne qui a su que le 30 Sha’aban était le début du mois de Ramadan.
6. La personne qui s’est gargarisée excessivement la bouche et nettoyée le nez avec de l’eau, de telle manière à ce que cette dernière [l’eau] a pénétrée dans sa gorge.
 
Section 6 : Les principaux annulatifs du jeûne :
Le jeûne est annulé par l’apostasie, la menstruation, le saignement postnatal, l’accouchement, la folie même passagère, l’évanouissement et l’ivresse volontaire qui ont duré toute la journée.
 
Section 7 : Les types de rupture du jeûne du Ramadan
Il y a quatre types de rupture du jeûne du Ramadan :
1. Celui qui est obligatoire : à l’exemple de la femme qui a eu ses menstrues ou des saignements postnataux.
2. Celui qui est permis : pour la personne qui en voyage ou qui est malade.
3. Celui qui est indifférent : pour la personne qui a perdu la raison ou est devenue folle.
4. Celui qui est interdit : comme la personne qui a retardé le rattrapage [ancien jeûne] du Ramadan jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de temps pour le remplacer, alors qu’il était capable de le faire.
Il y’a quatre autres types de rupture :
1. La rupture qui est de deux sous-types et qui oblige de rattraper le jeûne et de donner une Fidya [une aumône].
– La rupture du jeûne qui s’est produite à la suite d’une peur [inquiétude] à l’égard d’une tierce personne.
– La rupture du jeûne due avec le au retardement du rattrapage de ce jeûne jusqu’à ce que le prochain Ramadan ait débuté.
2. La rupture qui oblige de rattraper le jeûne sans donner une Fidya [une aumône] à l’instar de la personne s’étant évanouie. Ce type de rupture est très fréquent.
3. La rupture qui oblige de donner une Fidya [une aumône] sans avoir à rattraper le jeûne à l’instar de la personne âgée [c’est le cas de l’impossibilité de rattraper les jours de jeûne].
4. La rupture qui n’a pas de règles précises comme la personne atteinte d’une folie de manière involontaire.
 
Section 8 : Ce qui ne rompt pas le jeûne :
Les choses qui, même si elles ont été introduites dans l’estomac, n’annulent pas le jeûne :
Ce qui a été introduit dans l’estomac par oubli, ignorance ou contre notre gré. La salive qui a été mélangée avec ce qu’il y’a entre les dents et qui n’a pas pu être recraché à cause d’une excuse [difficulté de recracher la salive]. La poussière de la route ou de la farine tamisée qui a atteint le ventre. Avaler une mouche volante ou d’autres insectes volants.
 
Traduit de l’arabe vers le français par Abou Bakr al-Shafii et révisé par Abou Zakariyya.

Particularités de l’école Shaffite, le phare rayonnant du sunnisme

L’imam hanafite Shâh Waliyyu Allah al-Dihlawî dit dans son ouvrage al ‘insaf fi asbab al khilaf (l’équité dans les causes de divergence) :
يقول شاه ولي الله الدهلوي رحمه الله في الانصاف في بيان أسباب الاختلاف
L’école Shafiite est la plus riche en mujtahid mutlaq et mujtahid dans l’école. Elle est la plus riche en spécialistes en fondements de la jurisprudence, en Kalâm (Croyance), en exégèse coranique, en commentaire de hadith prophétiques. Elle est la plus forte au niveau de ses chaines de transmission et de sa transmission. Elle est aussi la plus forte en terme de contrôle des paroles de l’imam de l’école. Elle est la plus précise dans la distinction entre les paroles de l’imam de l’école et les avis des moujtahidine de l’école (ashab al woujouh). Elle est celle qui prend le plus de précaution face à la pondération de certains avis [de l’imam] et face à certains avis [des mujtahid de l’école]. Et tout ceci ne peut échapper à celui qui a pratiqué les écoles et a travaillé dessus et s’y est consacré.
وَأمّا مَذْهَب الشَّافِعِي فَأكْثر الْمذَاهب مُجْتَهدًا مُطلقًا ومجتهدًا فِي الْمَذْهَب وَأكْثر الْمذَاهب أصوليًا ومتكلّمًا وأوفرها مُفَسرًا لِلْقُرْآنِ وشارحًا للْحَدِيث وأشدّها إِسْنَادًا وَرِوَايَةً وأقواها ضبطًا لنصوص الإِمَام وأشدّها تميزًا بَين أَقْوَال الإِمَام ووجوه الْأَصْحَاب وأكثرها اعتناء بترجيح بعض الْأَقْوَال وَالْوُجُوه على بعض. وكل ذَلِك لَا يخفى على من مارس الْمذَاهب واشتغل بهَا

Le statut des échecs dans l’école shafiite

L’imam al-Nawawî dit dans le Minhaj :
وَيَحْرُمُ اللَّعِبُ بِالنَّرْدِ عَلَى الصَّحِيحِ , وَيُكْرَهُ بِشِطْرَنْجٍ , فَإِنْ شُرِطَ فِيهِ مَالٌ مِنْ الْجَانِبَيْنِ فَقِمَارٌ (1).
Il est interdit de jouer aux dées selon l’avis Sahih. Il est déconseillé (makrouh) de jouer aux échecs mais s’il est conditionné par l’argent des deux côtés, il [l’échec] devient du qimâr. (1)
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Il dit aussi dans Rawdatu al-Talibin :
فرع :
اللعب بالشطرنج مكروه، وقيل مباح لا كراهة فيه، ومال الحليمي إلى تحريمه واختاره الرويانيّ، والصحيح الأول. فإن اقترن به قمار أو فحش أو إخراج صلاة عن وقتها عمداً ردّت شهادته بذلك(2).
Le jeux aux échecs est déconseillé (makrouh), il est dit (formule de faiblesse de l’avis) qu’il est autorisé sans karâha. Al-Halîmî tend vers son interdiction (tahrim) et c’est le choix d’Al-Rûwânî. Cependant, si les échecs sont accompagnés d’un « jeux d’argent », de paroles obscènes ou de sortir une prière intentionnellement de son temps, le témoignage de cette personne est refusé.(2)
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Explication :
Les savants sont unanimes sur l’interdiction (haram) des échecs dans le cas ou ils sont accompagnés par un des cas suivants:
1- le jeux se fait sur des paiements (‘iwad),
2- le jeux s’accompagne de paroles obscènes
3- le jeux aboutit à un délaissement d’une obligation (retarder la prière de son temps par exemple).
 
Dans le cas d’absence de ces trois cas interdits, le statut des échecs est objet de divergence faible dans l’école. Al-Halimi et al-Rûwânî considèrent que c’est toujours illicite (haram), mais leur avis est marginal (châdh) dans l’école. Un autre avis faible aussi considère que c’est jâ’iz (moubâh). Mais l’avis opposé est l’avis Sahih qui est le seul avis à adopter dans le cas de cette divergence. Il dit que c’est seulement déconseillé (makrouh).
 
Donc, l’avis sahih dans l’école considère que les échecs sont déconseillés dans le cas d’absence des trois cas précités.
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Références :
(1)- L’imâm al-Nawawî :  » Minhâj al-Tâlibîn », édition Dâr al-Fikr, 2005/1425H, p.345.
(2)- L’imâm al-Nawawî : « Rawdatu al-Tâlibîn », édition al-Maktab al-‘islâmî, 12 vol., 1991/1412, vol.11, p.225.
Pour plus de détails voir les commentaires du Minhaj.