Place d’Ibn Taymiya dans l’école Hanbalite

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Nous remarquons que certains considèrent Ibn Taymiya comme un imam mujtahid, d’autre le considèrent comme un mujaddid de son école ou de son époque. Le pire ce sont ceux qui le prennent comme la seule référence scientifique, comme s’il était le seul savant de son époque et que les autres étaient des mouches ! Ce dernier point de vue sera étudié dans une autre publication.
L’imam Ibn Taymiya s’affiliait à l’école hanbalite et était bien fidèle à l’école dans la globalité de sa pensée juridique. Nous pouvons résumer la place de ses avis dans l’école comme suit :
Les ikhtiyârât (choix personnels) d’Ibn Taymiya, à savoir les cas juridiques ou les fondements qu’il adoptait différemment de ce qui est admis dans l’école.
Les tahqiqât d’Ibn Taymiya, à savoir les avis qu’il considérait les plus probants parmi les divergences dans l’école, étaient bien pris en considération par les muhaqqiqin de l’école.
Les takhrijat d’Ibn Taymiya, à savoir les avis qu’il établissait en se basant sur les fondements de l’école, étaient bien retenus par les muhaqqiqin de l’école.

Ses tahqiqat arrivent au quatrième rang après celles d’Ibn Qudâma, d’Ibn ᶜAqîl et d’Ibn Taymiya le grand-père.

Notons que cela ne contredit pas son hanbalisme vu que ces usuls-là sont secondaires mais ont des conséquences sur un grand nombre de cas juridiques. En fait, nous remarquons qu’Ibn Taymiya divergeait de l’imam Ahmad notamment sur deux fondements : Les intérêts non-définis (masâlih mursala) et la fermeture des causes (sadd al-dharâ’iᶜ) : l’imam Ahmad a restreint ces deux fondements tandis qu’Ibn Taymiya les a élargis. Le hadith faible : l’imam Ahmad a élargi l’application du hadith faible tandis qu’Ibn Taymiya l’a restreint.

Wallah a’lam,

Bidâyat al-mujtahid

Ce livre semble être intéressant par sa méthodologie. Il évoque les avis juridiques des écoles et synthétise leurs arguments pour finalement évoquer l’avis qui semble être le plus probant pour son auteur. Le vrai intérêt à cet ouvrage réside dans sa faculté d’exposer la manière dont les jurisconsultes ont diverge entre eux.

Cette méthodologie séduit en réalité les réformistes et les partisans du non suivisme des écoles juridiques. Certains d’eux l’utilisent comme un manuel d’enseignement.Cependant, cette méthodologie est très lacunaire et l’ouvrage ne peut être utilisé comme tel pour différentes causes :

1- l’absence de la pertinence dans la narration des avis des écoles juridiques.

2- le recours à des ouvrages non adoptés dans les écoles juridiques,

3- l’ouvrage est très superficiel dans la science de fiqh, il évoque les principaux sujets sans rentrer dans les sujets détaillés.

Ce genre de livre fait partie de la catégorie (khilâf ‘âlî), c’est à dire les divergences entre les écoles juridiques. Cette catégorie est destinée à ceux qui ont maîtrisé les usûl et les furû’ de leur école et qui entre dans les divergences entre les écoles juridiques. Pour celui qui cherche à aborder ce genre d’ouvrage en matière des adorations cultuelles, il peut se diriger vers al-Majmû’ de l’imam al-Nawawî qui dépasse ces critiques, voire même qui est incomparable avec ce présent ouvrage.

Enfin, utiliser ce genre d’ouvrages pour enseigner à des étudiants ne conduit qu’à l’absence de la maîtrise du fiqh. L’étudiant se perd en fait entre les avis pour chaque mas’ala sans pouvoir acquérir l’intuition juridique.

Wallah a’lam

Jeûne du jour de ‘Āshūrā et rattrapage

Dans son ouvrage Siyar a’lām al-Nubalā’ (vol.5, p.342), l’imam al-Dhahabī rapporte :كان الزهري في سفر فصام عاشوراء ، فقيل له : لِمَ تَصُوم وأنت تفطر في رمضان في السفر؟فقال : إنّ رمضان له عدّةٌ من أيام أخر ، و أما عاشوراء يفوت
Zuhrī jeunait ‘Āshūrā alors qu’il était en voyage. On lui dit: pourquoi jeunes-tu alors que tu romps lorsque tu voyages pendant Ramadān.
Il répondit : Ramadān peut être reporté (de manière équivalente en raison du voyage) à d’autres jours contrairement à ‘Āshūrā qui passera sans qu’on puisse le rattraper.


Qu’Allah agrée vos adorations

Regroupement de l’Udhiya (sacrifice) et de la ‘Aqiqa dans l’école shafiite

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J’ai reçu une question dont la réponse pourra être bénéfique pour le public. Quel est le statut d’égorger un seul mouton en tant que ‘udhiya de ‘id et en tant que ‘aqiqa pour la naissance d’un enfant dans l’école shafiite ?

Réponse:

Ce sujet est un objet de divergence entre les muḥaqqiqîn de l’école.

L’imam Ibn Ḥajar al-Haytamî considérait cela comme étant interdit. Il dit dans sa Tuḥfa (vol.9, p.371) : « S’il met l’intention d’égorger un ovicapridé en tant que uḍḥiya et que ‘aqiqa, le sens apparent des avis des aṣḥâb est qu’elle n’est valide pour aucun des deux. Cela est claire car chacun des deux est une sunna visée en soi. »

Cependant, d’autres muḥaqqiqîn de l’école, comme shaykh al-Islam, al-Jamal (vol.10, p.420) et al-Ramlî, admettaient la validité de la combinaison entre les deux recommendantion dans un seul sacrifice. Dans sa Nihaya (vol.8, p.145), l’imam al-Ramlî dit : « S’il met l’intention par l’ovicapridé égorgé [d’accomplir] al-uḍḥiya et al-‘aqiqa, elles sont tous deux accomplis [de façon valide] contrairement à celui qui prétend l’inverse. »

Ainsi, les deux avis sont admis dans l’école et la fatwâ de l’école peut être émise en conformité à l’un ou l’autre.

Wallah a’lam,

Couper ses ongles et ses cheveux du début de Dhû al-Ḥijja jusqu’au sacrifice

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Certains frères diffusent un avis prônant l’interdiction de couper ses ongles et ses cheveux pendant les 9 premiers jours de Dhû al-Ḥijja. Cependant, cette formulation des avis unique et catégorique n’a rien de scientifique. Ce sujet revient à une pratique recommandée par le hadith rapporté par l’imam Muslim disposant :

« Quand c’est la nouvelle lune de Dhû al-Ḥijja et que l’on se propose d’offrir un sacrifice, qu’ on s’abstienne de toucher à ses cheveux et à ses ongles, jusqu’au sacrifice. »

Ce hadith fut interprété selon plusieurs formes et les mujtahidûn des salaf admettaient des avis divergeants qui sont :

l’autorisation de couper ses ongles et cheveux : l’école hanafite
la détestation : l’école shafiites et malikite et une narration d’après l’imam Ahmad.
l’interdiction : l’école hanbalite.

Cette pratique est une forme d’éducation spirituelle. Le résident qui sacrifie pour le ‘îd imite les pèlerins qui sont en état de sacralisation. Ainsi, il se sent concerné par un aspect de la sacralisation pendant cette période bénie.

Wallah a’lam