Jeûne et angles du soleil

Question :

As salamu alaykoum shaykh
Excusez-moi de vous déranger une énième fois. J’ai jeûné le dernier ramadan selon l’angle 15 degrés, puis j’ai été convaincu par l’angle 18 degrés vu que la plupart des oulémas sont de cet avis, dois je rattraper mon jeune de ramadan ?

Réponse :

waalaykom assalam warahmatu Allah,
 
L’entré du temps de la prière de Fajr, à savoir le début du jeûne de chaque jour, se définit par des critères. Ces critères sont objets d’ijtihâd. Il se peut que le savant change d’avis ou que la personne abandonne le suivie d’un avis de certains savants au détriment d’un avis d’autres savants. Dans ces cas, chaque pratique doit se conformer aux règles adoptées durant son élaboration.
L’adage juridique dispose : L’ijtihâd n’annule pas un autre ijtihâd.
C’est pourquoi, vous n’êtes pas obligé de rattraper les anciens jours jeûnés.
 
Baraka Allah fikom
Publicités

Statut des jeux de hasard (aléatoires)

En parlant des jeux de hasard (aléatoires), on vise les jeux aléatoires basés sur l’aléa et la chance comme élément essentiel dans le jeu. Cela couvre les jeux basés sur le lancé de dés, les jeux de cartes basés sur la répartition/sélection aléatoire des cartes, les jeux de tirage d’une roue comme le loto ou la roulette”, ainsi que tous leurs semblables.

 

Avant d’aborder le sujet, il faut distinguer entre deux cas :

  1. le cas des jeux à mise d’argent (Maysir).
  2. le cas de jeux aléatoires, dits de “hasard”

Le premier cas est nommé en arabe « Maysir » et fut prohibé explicitement dans le Coran. Il sort de l’objet du présent article dans lequel nous nous limitons à exposer le cas des jeux de hasard sans qu’ils soient liés aux paris et mises d’argent.

 

Plusieurs textes mentionnent les jeux aléatoires notamment :

1- D’après Sulaymân bin Burayda d’après son père : « Le Prophète ﷺ a dit : « Celui qui joue aux dés c’est comme s’il a teinté sa main  par la viande du porc et son sang [Cad les consommer]». »[1].

2- D’après Abû Mûsâ al-Achʿarî, le Prophète a dit : « Celui qui joue aux dés a désobéie à  Allah et à son Messager ﷺ ».  v[2].

3- D’après Nâfiʿ, Si ʿAbdullah ibn ʿUmar découvrait que quelqu’un de sa famille jouait aux dés, il le frappait et les cassait[3].

 

Beaucoup de citations furent rapportées d’après les Compagnons en montrant l’interdiction des jeux d’échecs selon eux.

 

Ces textes furent interprétés de manières différentes entre les savants comme suit :

 

1- Les écoles hanafite et hanbalite considère la ʿilla (cause) de cette interdiction comme étant l’attraction et la dépendance au jeu et la négligence de ses devoirs vis-à-vis de Dieu, de sa famille, des autres, voire même de sa propre personne.  Pour ces écoles, le Prophète ﷺ l’a interdit et le musulman doit l’éviter systématiquement.

2- L’école shafiite considère la  ʿilla (cause) de cette interdiction comme étant le rôle axial de l’aléa dans le jeu. Un tel jeu est considéré comme étant abêtissant et sans intérêt.

3- L’école malikite considère que les jeux sont interdit hormis quatre jeux mentionnés dans le texte : la course, l’entrainement et l’éducation de son cheval, jouer avec sa famille, apprendre la natation. Les savants malikites ont théorisé ce sujet d’une manière inédite en imposant deux critères, d’après les textes, pour l’autorisation des jeux :

  1. L’utiliser pour accomplir une obligation ou pour acquérir un droit (يُسْتَعَانُ بِهِ فِي حَقٍّ)
  2. L’utiliser pour accomplir une obligation (يُسْتَجَمُّ بِهِ لِدَرْكِ وَاجِبٍ)

 

Statut des jeux de dés :

En résumant les avis sur le sujet[4], nous aurions :

  1. L’interdiction des jeux de dés : les écoles hanafite, malikite et hanbalite, et l’avis sahih chez les shafiite.
  2. La réprimande (karâha) des jeux de dés : l’avis faible chez les shafiite.

 

Statut des jeux de cartes : 

Les jeux de cartes sont identiques aux dés chez les shafiite, et donc illicites, car ce sont des jeux aléatoires. L’imam al-Haythami a nommé le jeu de cartes « Kanfaja » et a statué de son interdiction.

Les jeux de cartes sont identiques aux dés chez les malikites, et donc illicites, car ce sont des jeux qui causent la perte inutile du temps. Cela s’inscrit dans leur théorie sur les jeux.

Parmi les savants du siècle dernier, cheikh Muhammad Ja’far al-Kattâni a rédigé un ouvrage sur le statut des cartes pour conclure avec le même avis.

 

Statut des échecs :

Concernant les échecs, nous résumons les avis comme suit :

1- L’interdiction des échecs : C’est l’avis adopté des malikites, des hanbalites et d’ar-Rûyânî et d’al-Halîmî parmi les shafiite.

2- La réprimande (karâha) des échecs : C’est l’avis adopté chez les shafiite et les hanafite et l’avis faible chez les malikites.

Nous transmettons ci-dessous les paroles des savants shafiite résumant le sujet :

L’imam al-Nawawî dit dans le Minhaj[5] :

وَيَحْرُمُ اللَّعِبُ بِالنَّرْدِ عَلَى الصَّحِيحِ , وَيُكْرَهُ بِشِطْرَنْجٍ , فَإِنْ شُرِطَ فِيهِ مَالٌ مِنْ الْجَانِبَيْنِ فَقِمَارٌ .

Il est interdit de jouer aux dés selon l’avis Sahih. Il est déconseillé (makrouh) de jouer aux échecs mais s’il est conditionné par l’argent des deux côtés, il [les échecs] devient du qimâr.

===

Il dit aussi dans Rawdatu al-Talibin[6] :

فرع :

اللعب بالشطرنج مكروه، وقيل مباح لا كراهة فيه، ومال الحليمي إلى تحريمه واختاره الرويانيّ، والصحيح الأول. فإن اقترن به قمار أو فحش أو إخراج صلاة عن وقتها عمداً ردّت شهادته بذلك.

Le jeu d’échecs est déconseillé (makrouh), il est dit [formule de faiblesse de l’avis] qu’il est autorisé sans karâha (réprimande). Al-Halîmî tend vers son interdiction (tahrim) et c’est le choix d’Al-Rûwânî. Cependant, si les échecs sont accompagnés d’un « jeu d’argent », de paroles obscènes ou de sortir une prière intentionnellement de son temps, le témoignage de la personne s’y adonnant est refusé.

===

Enfin, il faut noter que les savants de toutes les écoles sont unanimes sur l’interdiction (haram) des jeux autorisés dans le cas où ils sont accompagnés par un des cas suivants:

  1. le jeu se fait sur des paiements (‘iwad), car c’est une forme de maysir,
  2. le jeu s’accompagne de paroles obscènes,
  3. le jeu aboutit à un délaissement d’une obligation (retarder la prière de son temps par exemple).

 

Pour plus de détails voir les commentaires du Minhaj et les commentaires de Khalil.

======

Réf.

[1]– Rapporté par Muslim n°2260.

[2]– Mâlik : Al-Muwatta’, n°1718 ; Abû Dâwûd : as-Sunan, n°4938 ; Ahmad bin Hanbal : al-Musnad, n°19521.

[3]– Al-Bukhârî : Al-Adab al-Mufrad.

[4]– Voir : Ibn Qudâma : Al-Mughni, vol.9, p.170 ; Ash-Shirbînî : Mughnî al-Muhtâj, vol.4, p.428.

[5]– L’imâm al-Nawawî :  » Minhâj al-Tâlibîn », édition Dâr al-Fikr, 2005/1425H, p.345.

[6]– L’imâm al-Nawawî : « Rawdatu al-Tâlibîn », édition al-Maktab al-‘islâmî, 12 vol., 1991/1412, vol.11, p.225.

L’achat en plusieurs fois sans frais

La question suivante se pose fréquemment :

L’achat en plusieurs fois sans frais est-il licite ?

En réalité, la réponse à cette question nécessite de connaître les conditions exactes de cet achat. Dans les grandes surfaces, on trouve des biens à prix élevés, allant de quelques centaines d’euros jusqu’à plusieurs milliers, qui sont proposés avec une option d’achat en plusieurs fois. Pour répondre à la question, il faut connaître la nature de cette opération.
Après examen des conditions de vente, on trouve des stipulations explicites qui indiquent la nature juridique de l’opération. Dans le cas de l’annonce ci-jointe, on voit que la transaction se conclue avec l’intervention d’une tierce personne, une banque ou une société financière. Ce cas est la forme typique de ces paiements à tempérament (échelonnés sur plusieurs fois). Ainsi, la relation devient une relation mixte entre trois parties.
  1. Un vendeur ;
  2. Un acheteur ;
  3. Un financier.
L’acheteur prend le bien selon le prix indiqué. Mais quel est le rôle du financier ? En fait, le vendeur ne veut pas attendre pour récupérer son argent. Il va donc faire intervenir ce financier qui va payer le prix entier au vendeur après avoir accepter le dossier du client-acheteur.
Le financier trouve son compte dans l’intérêt qu’il va prendre sur cette affaire. Dans ce type de montage, le client-acheteur est séduit par l’achat en plusieurs fois sans frais. Mais c’est le vendeur qui va supporter les frais, comme indiqué dans le passage : « Le coût de ce financement est pris en charge par votre magasin ». Ces coûts ne sont que les intérêts qui découlent du prêt conclu entre le financier et le client-acheteur.
.
Le client-acheteur du bien achète donc le bien du vendeur, et le financier paie le prix au vendeur. Par contre, c’est le vendeur qui paie l’intérêt au financier comme un geste commercial étant donné qu’il a une bonne marge de profit à toucher.
.
Donc, la relation juridique entre le client-acheteur et le financier est un contrat de prêt à intérêt.
.
La question qui se pose donc est la suivante : Est-il autorisé de conclure un prêt usuraire (prêt à intérêt) même si une tierce personne paie l’intérêt ?
Dès que le contrat est basé sur une transaction usuraire, il devient invalide. La conclusion d’un contrat invalide est illicite. Donc, la conclusion de ce type de contrat est interdite même si nous ne sommes pas la partie qui paie l’intérêt.
.
Notons enfin que si la tierce personne intervient pour vérifier la solvabilité du client sans aucune intervention dans la transaction, le paiement sur plusieurs fois est donc licite.
Si la tierce personne intervient dans la transaction sans que le client le sache et sans qu’elle n’apparaisse dans les contrats, annonces publicitaires et factures. La transaction est licite aussi.
.
Wallah a’lam

Vente de vêtements

Assalam alaykom
Voilà j’ai une question à poser : j’aimerais savoir qu’est ce qui en est de vendre des vêtements de femme (jupes, robes, pantalons, chemises, shorts), est ce que c’est haram ? Est ce que sa entraîne au pêché ?
=========
Réponse:
———-
Waalaykom assalam,
Il est interdit de vendre des vêtements de femmes qui aboutissent à des infractions.
Pour les vêtements homme pantalon jeans pull polaire blouson chemise. Leur vente est autorisée.
La règle est la suivante : Tant qu’il n’y a pas de péché découlant du port de ces vêtements, leur vente est licite.
Donc, les sous vêtements (homme, femme, enfants), les manteaux (homme, femme enfant) sont autorisés. De même, les vêtements (homme femme enfant) qui sont licites à porter (chemises et blouses pour les femmes à long manches, des pantalons long et non pas collant sur le corps etc.) sont autorisé à vendre.
Ce qui est interdit à vendre est restreint : les vêtements qui sont interdit à porter : les mini jupes, les pantalons qui se collent sur le corps, les shorts (homme et femme), les maillots de bain etc. Concernant ces vêtements, il est autorisé de les vendre dans le cas où la personne va les porter dans sa maison et non pas en public (dans la rue, dans le travail). Notons qu’il faut faire attention de ne pas tomber dans une situation de discrimination religieuse envers vos clients, ce qui peut vous porter atteinte au niveau de la législation positive. Il faut donc avertir la personne sagement qu’il faut porter ces vêtements chez elle.
Baraka Allah fikom

Allaitement et adoption

Assalam alaykom

Une question fut posée sur l’allaitement. Une jeune femme, non marié, souhaite adopter un enfant. Pour le faire, elle veut l’allaiter pour que l’enfant aura une relation d’allaitement, égale à la relation de sang, afin d’éviter les difficultés de vivre ensemble une fois majeur. Etant encore vierge, elle a besoin de prendre des pilules pour produire le lait.

============

Réponse:

Waalaykom assalam warahmatu Allah,
L’allaitement aboutissant à l’affiliation de lait nécessite trois piliers (arkân), dont chacune est assujettie à plusieurs conditions et cas particuliers :
1- La femme qui allaite :
Il faut qu’elle soit une femme, vivante, qui a produit un lait.
Concernant la femme qui n’était jamais enceinte ou la vierge qui n’ont pas du lait. Les juristes les ont inclus dans la généralité du texte (et vos mères de lait qui vous ont allaité). L’un des deux avis de l’imam Ahmad sur le sujet – qui est admis dans son école – exige que la femme soit déjà enceinte. Il le justifie par la rareté de ce cas.
2- Le lait :
Il faut que le lait arrive à l’estomac de l’enfant peu importe le moyen ou la façon de son entrée.
Dans cette condition, il y a une divergence sur le nombre de fois des prises de lait (rada’ât). Un consensus est établi que lorsque c’est plus que 5 fois (jusqu’à l’assouvissement du bébé) que l’affiliation est établie. La divergence est dans le cas d’un allaitement moins que 5 fois.
3- Celui qui prend le lait :
L’enfant qui n’a pas dépassé les 2 ans est sûrement concerné par l’affiliation de lait lorsque les autres conditions sont requises. La divergence se situe sur le cas de l’enfant qui a plus que deux ans. L’avis admettant l’affiliation d’une personne de plus de 2 ans est un avis faible et délaissé par les 4 écoles pour diverses causes que je m’abstiens d’exposer ici pour leur complexité.
Donc, pour votre cas, la réponse est la suivante :
Vous pouvez prendre une pilule pour pouvoir allaiter l’enfant adopté. Cependant, il faut que l’âge de cet enfant soit inférieur à 2 ans pour établir l’affiliation de lait. Cela ne fait aucune différence si le bébé est un garçon ou une fille.
Je vous rappelle que l’enfant makfûl (adopté sans affiliation de nom et de titre) est un acte méritoire. Celui qui l’accomplit sera le voisin du Prophète ﷺ dans le Paradis. L’objet de la kafâla (adoption sans affiliation de nom et de titre) est de préparer cette âme à devenir un bon musulman, à réussir dans la vie sociale et professionnelle en appliquant les principes de l’islam.
wallah a’lam.