Jeûne et émission de liquide séminal

Plusieurs questions ont été posées à propos de l’effet d’embrasser l’épouse ou de faire un bisou sur la validité du jeûne.  La réponse réside dans la citation suivante de l’imam an-Nawawî qui dit :

عن الاستمناء فيفطر به وكذا خروج المنى بلمس وقبلة ومضاجعة لا فكر ونظر بشهوة وتكره القبلة لمن حركت شهوته والأولى لغيره تركها.
 
« La masturbation annule le jeûne ainsi que la sortie du sperme suite à un touché, à un bisou ou à un accouplement mais non pas suite à la pensée [érotique] et au regard avec désire. Il est déconseillé de faire le bisou pour celui qui s’excite par le bisou et il est préférable de le délaisser pour les autres ».
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L’usages des pilules hormonales durant Ramadan

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Des soeurs demandent le statut légal de l’usage des pilules hormonales qui retardent le cycle des menstrues durant le mois de ramadan.
Certains savants ont autorisés de prendre ces pilules à condition d’avoir une approbation d’un médecin musulman de confiance qui confirme que la pilule ne cause aucune nuisance. Cependant, il est mieux de ne pas la prendre et de suivre le déroulement normal des choses. En effet, la femme est récompensé pour son jeûne à cause de sa soumission à l’ordre d’Allah de même qu’elle est récompensée pour le délaissement du jeûne à cause de sa soumission à l’ordre d’Allah de le laisser.

Le jeûne de la personne malade 

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as salamu alaykum Chaykh
je voulais vous poser une question assez importante en vu du jeûne, est ce qu’un médicament peu annuler mon jeune si je le prends la journée? je précise que c’est une obligation de le prendre chaques jours pour moi

Réponse :
Waalaykom assalam warahmatu Allah,
Si vous prenez le médicament par voie orale, vous êtes donc dans le statut de malade qui ne peut pas jeûner.

Il faut donc voir si la maladie est temporaire ou continue.

1- Si la maladie est temporaire, vous pouvez donc jeûner ultérieurement. Ainsi, vous rattrapez le jeûne ultérieurement après la guérison.
2- Si la maladie est continue et vous devez toujours prendre le médicament, vous êtes donc dans le statut du malade qui ne peut jamais jeûner. Dans ce cas, vous payez une fidya pour chaque jour de ramadan. En France, la fidya a été évaluée à 7€.

Wallah a’lam

Jeûne et angles du soleil

Question :

As salamu alaykoum shaykh
Excusez-moi de vous déranger une énième fois. J’ai jeûné le dernier ramadan selon l’angle 15 degrés, puis j’ai été convaincu par l’angle 18 degrés vu que la plupart des oulémas sont de cet avis, dois je rattraper mon jeune de ramadan ?

Réponse :

waalaykom assalam warahmatu Allah,
 
L’entré du temps de la prière de Fajr, à savoir le début du jeûne de chaque jour, se définit par des critères. Ces critères sont objets d’ijtihâd. Il se peut que le savant change d’avis ou que la personne abandonne le suivie d’un avis de certains savants au détriment d’un avis d’autres savants. Dans ces cas, chaque pratique doit se conformer aux règles adoptées durant son élaboration.
L’adage juridique dispose : L’ijtihâd n’annule pas un autre ijtihâd.
C’est pourquoi, vous n’êtes pas obligé de rattraper les anciens jours jeûnés.
 
Baraka Allah fikom

Statut des jeux de hasard (aléatoires)

En parlant des jeux de hasard (aléatoires), on vise les jeux aléatoires basés sur l’aléa et la chance comme élément essentiel dans le jeu. Cela couvre les jeux basés sur le lancé de dés, les jeux de cartes basés sur la répartition/sélection aléatoire des cartes, les jeux de tirage d’une roue comme le loto ou la roulette”, ainsi que tous leurs semblables.

 

Avant d’aborder le sujet, il faut distinguer entre deux cas :

  1. le cas des jeux à mise d’argent (Maysir).
  2. le cas de jeux aléatoires, dits de “hasard”

Le premier cas est nommé en arabe « Maysir » et fut prohibé explicitement dans le Coran. Il sort de l’objet du présent article dans lequel nous nous limitons à exposer le cas des jeux de hasard sans qu’ils soient liés aux paris et mises d’argent.

 

Plusieurs textes mentionnent les jeux aléatoires notamment :

1- D’après Sulaymân bin Burayda d’après son père : « Le Prophète ﷺ a dit : « Celui qui joue aux dés c’est comme s’il a teinté sa main  par la viande du porc et son sang [Cad les consommer]». »[1].

2- D’après Abû Mûsâ al-Achʿarî, le Prophète a dit : « Celui qui joue aux dés a désobéie à  Allah et à son Messager ﷺ ».  v[2].

3- D’après Nâfiʿ, Si ʿAbdullah ibn ʿUmar découvrait que quelqu’un de sa famille jouait aux dés, il le frappait et les cassait[3].

 

Beaucoup de citations furent rapportées d’après les Compagnons en montrant l’interdiction des jeux d’échecs selon eux.

 

Ces textes furent interprétés de manières différentes entre les savants comme suit :

 

1- Les écoles hanafite et hanbalite considère la ʿilla (cause) de cette interdiction comme étant l’attraction et la dépendance au jeu et la négligence de ses devoirs vis-à-vis de Dieu, de sa famille, des autres, voire même de sa propre personne.  Pour ces écoles, le Prophète ﷺ l’a interdit et le musulman doit l’éviter systématiquement.

2- L’école shafiite considère la  ʿilla (cause) de cette interdiction comme étant le rôle axial de l’aléa dans le jeu. Un tel jeu est considéré comme étant abêtissant et sans intérêt.

3- L’école malikite considère que les jeux sont interdit hormis quatre jeux mentionnés dans le texte : la course, l’entrainement et l’éducation de son cheval, jouer avec sa famille, apprendre la natation. Les savants malikites ont théorisé ce sujet d’une manière inédite en imposant deux critères, d’après les textes, pour l’autorisation des jeux :

  1. L’utiliser pour accomplir une obligation ou pour acquérir un droit (يُسْتَعَانُ بِهِ فِي حَقٍّ)
  2. L’utiliser pour accomplir une obligation (يُسْتَجَمُّ بِهِ لِدَرْكِ وَاجِبٍ)

 

Statut des jeux de dés :

En résumant les avis sur le sujet[4], nous aurions :

  1. L’interdiction des jeux de dés : les écoles hanafite, malikite et hanbalite, et l’avis sahih chez les shafiite.
  2. La réprimande (karâha) des jeux de dés : l’avis faible chez les shafiite.

 

Statut des jeux de cartes : 

Les jeux de cartes sont identiques aux dés chez les shafiite, et donc illicites, car ce sont des jeux aléatoires. L’imam al-Haythami a nommé le jeu de cartes « Kanfaja » et a statué de son interdiction.

Les jeux de cartes sont identiques aux dés chez les malikites, et donc illicites, car ce sont des jeux qui causent la perte inutile du temps. Cela s’inscrit dans leur théorie sur les jeux.

Parmi les savants du siècle dernier, cheikh Muhammad Ja’far al-Kattâni a rédigé un ouvrage sur le statut des cartes pour conclure avec le même avis.

 

Statut des échecs :

Concernant les échecs, nous résumons les avis comme suit :

1- L’interdiction des échecs : C’est l’avis adopté des malikites, des hanbalites et d’ar-Rûyânî et d’al-Halîmî parmi les shafiite.

2- La réprimande (karâha) des échecs : C’est l’avis adopté chez les shafiite et les hanafite et l’avis faible chez les malikites.

Nous transmettons ci-dessous les paroles des savants shafiite résumant le sujet :

L’imam al-Nawawî dit dans le Minhaj[5] :

وَيَحْرُمُ اللَّعِبُ بِالنَّرْدِ عَلَى الصَّحِيحِ , وَيُكْرَهُ بِشِطْرَنْجٍ , فَإِنْ شُرِطَ فِيهِ مَالٌ مِنْ الْجَانِبَيْنِ فَقِمَارٌ .

Il est interdit de jouer aux dés selon l’avis Sahih. Il est déconseillé (makrouh) de jouer aux échecs mais s’il est conditionné par l’argent des deux côtés, il [les échecs] devient du qimâr.

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Il dit aussi dans Rawdatu al-Talibin[6] :

فرع :

اللعب بالشطرنج مكروه، وقيل مباح لا كراهة فيه، ومال الحليمي إلى تحريمه واختاره الرويانيّ، والصحيح الأول. فإن اقترن به قمار أو فحش أو إخراج صلاة عن وقتها عمداً ردّت شهادته بذلك.

Le jeu d’échecs est déconseillé (makrouh), il est dit [formule de faiblesse de l’avis] qu’il est autorisé sans karâha (réprimande). Al-Halîmî tend vers son interdiction (tahrim) et c’est le choix d’Al-Rûwânî. Cependant, si les échecs sont accompagnés d’un « jeu d’argent », de paroles obscènes ou de sortir une prière intentionnellement de son temps, le témoignage de la personne s’y adonnant est refusé.

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Enfin, il faut noter que les savants de toutes les écoles sont unanimes sur l’interdiction (haram) des jeux autorisés dans le cas où ils sont accompagnés par un des cas suivants:

  1. le jeu se fait sur des paiements (‘iwad), car c’est une forme de maysir,
  2. le jeu s’accompagne de paroles obscènes,
  3. le jeu aboutit à un délaissement d’une obligation (retarder la prière de son temps par exemple).

 

Pour plus de détails voir les commentaires du Minhaj et les commentaires de Khalil.

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Réf.

[1]– Rapporté par Muslim n°2260.

[2]– Mâlik : Al-Muwatta’, n°1718 ; Abû Dâwûd : as-Sunan, n°4938 ; Ahmad bin Hanbal : al-Musnad, n°19521.

[3]– Al-Bukhârî : Al-Adab al-Mufrad.

[4]– Voir : Ibn Qudâma : Al-Mughni, vol.9, p.170 ; Ash-Shirbînî : Mughnî al-Muhtâj, vol.4, p.428.

[5]– L’imâm al-Nawawî :  » Minhâj al-Tâlibîn », édition Dâr al-Fikr, 2005/1425H, p.345.

[6]– L’imâm al-Nawawî : « Rawdatu al-Tâlibîn », édition al-Maktab al-‘islâmî, 12 vol., 1991/1412, vol.11, p.225.