Donner le prix du mouton aux pauvres

Question :
Que pensez vous de l’idée qui prônent de donner de l’argent aux pauvres à la place d’acheter un bouton?

Réponse :
Ceci ne sera pas un sacrifice (udhiya) mais un don d’une somme d’argent. Cependant, vous pouvez mandater une association d’égorger à votre nom et de distribuer la viande aux pauvres. De même, vous pouvez mandater un pauvre ou une famille pauvre d’acheter le mouton et de le sacrifier à votre nom.
Wallah a’lam

Regroupement de l’Udhiya (sacrifice) et de la ‘Aqiqa dans l’école shafiite

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J’ai reçu une question dont la réponse pourra être bénéfique pour le public. Quel est le statut d’égorger un seul mouton en tant que ‘udhiya de ‘id et en tant que ‘aqiqa pour la naissance d’un enfant dans l’école shafiite ?

Réponse:

Ce sujet est un objet de divergence entre les muḥaqqiqîn de l’école.

L’imam Ibn Ḥajar al-Haytamî considérait cela comme étant interdit. Il dit dans sa Tuḥfa (vol.9, p.371) : « S’il met l’intention d’égorger un ovicapridé en tant que uḍḥiya et que ‘aqiqa, le sens apparent des avis des aṣḥâb est qu’elle n’est valide pour aucun des deux. Cela est claire car chacun des deux est une sunna visée en soi. »

Cependant, d’autres muḥaqqiqîn de l’école, comme shaykh al-Islam, al-Jamal (vol.10, p.420) et al-Ramlî, admettaient la validité de la combinaison entre les deux recommendantion dans un seul sacrifice. Dans sa Nihaya (vol.8, p.145), l’imam al-Ramlî dit : « S’il met l’intention par l’ovicapridé égorgé [d’accomplir] al-uḍḥiya et al-‘aqiqa, elles sont tous deux accomplis [de façon valide] contrairement à celui qui prétend l’inverse. »

Ainsi, les deux avis sont admis dans l’école et la fatwâ de l’école peut être émise en conformité à l’un ou l’autre.

Wallah a’lam,

Couper ses ongles et ses cheveux du début de Dhû al-Ḥijja jusqu’au sacrifice

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Certains frères diffusent un avis prônant l’interdiction de couper ses ongles et ses cheveux pendant les 9 premiers jours de Dhû al-Ḥijja. Cependant, cette formulation des avis unique et catégorique n’a rien de scientifique. Ce sujet revient à une pratique recommandée par le hadith rapporté par l’imam Muslim disposant :

« Quand c’est la nouvelle lune de Dhû al-Ḥijja et que l’on se propose d’offrir un sacrifice, qu’ on s’abstienne de toucher à ses cheveux et à ses ongles, jusqu’au sacrifice. »

Ce hadith fut interprété selon plusieurs formes et les mujtahidûn des salaf admettaient des avis divergeants qui sont :

l’autorisation de couper ses ongles et cheveux : l’école hanafite
la détestation : l’école shafiites et malikite et une narration d’après l’imam Ahmad.
l’interdiction : l’école hanbalite.

Cette pratique est une forme d’éducation spirituelle. Le résident qui sacrifie pour le ‘îd imite les pèlerins qui sont en état de sacralisation. Ainsi, il se sent concerné par un aspect de la sacralisation pendant cette période bénie.

Wallah a’lam

Sujūd al-Shukr chez les shāf’ites

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La prosternation de remerciement (Sujūd al-Shukr) est recommandée dans l’école shāfi’ite, dans l’école hanafite (contrairement à Abu Hanifa qui l’interdit), dans l’école Zhāhirite. Cependant, les malikites la considèrent comme déconseillée comme le précise Ibn al-Ḥājib.

Dans l’école shāfi’ite, cette prosternation est considérée comme étant une partie de la prière comme le précise Ibn Hajar dans sa Tuḥfa. Elle nécessite donc la pureté du corps et de l’endroit, se diriger vers la qibla, avoir les ablutions et couvrir la ‘awra.

Ainsi, il faut pour l’accomplir : avoir les ablutions, se diriger vers la qibla, prononcer le takbīr de sacralisation, se prosterner, prononcer le takbīr pour s’asseoir et prononcer les deux salutations finales (taslīm).

wallah a’lam

Polygamie : droit ou devoir ?

Le mariage est un acte du responsable qui est donc soumis aux cinq statuts juridiques de responsabilités : obligatoire, recommandé, autorisé, déconseillé et interdit. Cela est applicable pour toutes ses formes : 1er, 2e, 3e ou 4e mariage. Ainsi, nous pouvons résumer ces cinq statuts légaux comme suit :

Obligatoire : pour celui qui a le besoin de se marier, qui en a les moyens financiers et qui craint de tomber dans l’illicite ;

Recommandé : pour celui qui a le besoin de se marier, qui en a les moyens financiers et qui ne craint pas de tomber dans l’illicite ;

Autorisé : en absence de causes incitants au mariage et de causes le repoussant ;

Déconseillé : pour celui qui craint de ne pas assumer les devoir physiques ou financiers de l’épouse de façon légère sans arriver au degré de nuisance.

Illicite : pour celui qui a la certitude de nuire à son épouse financièrement ou physiquement, sauf si l’épouse accepte de délaisser ses droits.

Cependant, ceux qui disent que la polygamie est un droit n’ont rien lu de fiqh ni de ‘usul. En fait, la notion « droit » n’est pas un statut légal en islam. Ainsi, le mariage n’est ni un droit ni un devoir.