Porte de l’ijtihâd

L’imam Badr al-Dîn al-Hasanî, le plus grand muhaddith du Levant, disait :

« La porte de l’ijtihad est ouverte, mais elle l’est devant Abu Hanifa, Malik et ceux qui leur ressemblent, et non pas devant nous. Celui qui est comme eux et qui a atteint ce qu’ils ont atteint, qu’il la traverse. Le cas échéant, il ne peut pas entrer via cette porte. Celui qui réclame ce qu’il n’a pas acquis [le degré de l’ijtihad], les éléments de l’examen prouvent son mensonge. »

Qu’Allah l’agrée.

L’illusion d’invention des avis en islam

=====

L’imâm Taqiyy al-Dîn al-Subqî (d. 756H) a dit :

Un avis que personne n’a prononcé depuis plus de 700 et quelques années jusqu’à aujourd’hui est certainement erroné. La vérité ne se cache pas à la communauté depuis l’ère du Prophète (صلى الله عليه وسلم) jusqu’à aujourd’hui afin d’ensuite apparaître pour nous.

De la normativité juridique

===========

Les écoles juridiques se basent sur des fondements, des normes de prévalence entre les avis (tarjîh) et des normes de dérivation juridique (takhrîj). Cela produit des avis adoptés et stables dans chaque école selon ce qui est transmis des mujtahidîn des écoles et établi selon lesdites règles et normes.

Concernant les nouveaux sujets, les règles juridiques sont cherchées selon les normes de takhrîj. Pour chaque nouveau sujet, toute école juridique peut avoir son propre avis, en application de ses usûl et normes. C’est ainsi que le droit musulman (fiqh) assure sa continuité et son évolution.

Historiquement, les livres de nawâzil et de fatâwâ recensent les avis juridiques donnés pour les nouveaux sujets conformément à chacune des quatre écoles. C’est la preuve que le fiqh n’a jamais été l’objet d’une stagnation ou d’un décalage de l’évolution de la société musulmane. En réalité, la capacité du fiqh à gérer les sociétés pendant douze siècles prouve sa viabilité juridique.

De nos jours, ce n’est ni le fiqh ni les fuqahâ’ qui gèrent la société. En effet, les états contemporains établissent leurs codifications et réglementations bien loin des préceptes islamiques et ce, depuis un siècle environ. Comme l’a dit Shaykh al-Azhar Ahmad al-Tayyib indirectement au président Sissi : « Ne jette pas ta misère sur la religion ! Va faire ton travail ! »

WAllah aᶜlam