L’illusion d’invention des avis en islam

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L’imâm Taqiyy al-Dîn al-Subqî (d. 756H) a dit :

Un avis que personne n’a prononcé depuis plus de 700 et quelques années jusqu’à aujourd’hui est certainement erroné. La vérité ne se cache pas à la communauté depuis l’ère du Prophète (صلى الله عليه وسلم) jusqu’à aujourd’hui afin d’ensuite apparaître pour nous.

De la normativité juridique

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Les écoles juridiques se basent sur des fondements, des normes de prévalence entre les avis (tarjîh) et des normes de dérivation juridique (takhrîj). Cela produit des avis adoptés et stables dans chaque école selon ce qui est transmis des mujtahidîn des écoles et établi selon lesdites règles et normes.

Concernant les nouveaux sujets, les règles juridiques sont cherchées selon les normes de takhrîj. Pour chaque nouveau sujet, toute école juridique peut avoir son propre avis, en application de ses usûl et normes. C’est ainsi que le droit musulman (fiqh) assure sa continuité et son évolution.

Historiquement, les livres de nawâzil et de fatâwâ recensent les avis juridiques donnés pour les nouveaux sujets conformément à chacune des quatre écoles. C’est la preuve que le fiqh n’a jamais été l’objet d’une stagnation ou d’un décalage de l’évolution de la société musulmane. En réalité, la capacité du fiqh à gérer les sociétés pendant douze siècles prouve sa viabilité juridique.

De nos jours, ce n’est ni le fiqh ni les fuqahâ’ qui gèrent la société. En effet, les états contemporains établissent leurs codifications et réglementations bien loin des préceptes islamiques et ce, depuis un siècle environ. Comme l’a dit Shaykh al-Azhar Ahmad al-Tayyib indirectement au président Sissi : « Ne jette pas ta misère sur la religion ! Va faire ton travail ! »

WAllah aᶜlam

Changement des règles juridiques avec le temps

En première année d’étude du droit, l’étudiant apprend que la règle de droit est constituée de deux éléments :
– faits juridiques
– effets juridiques
 
L’effet est établi par la loi dans le cas où les faits sont présents.
La présence ou non des faits ne signifie pas que la règle est inapplicable.
La règle est parfaitement applicable quand les faits sont inexistants, son application consiste à ne pas établir les faits juridiques.
 
Les temps ont changé, les circonstances ont changé.
Mais les règles ne changent pas que dans la limite du fondement de la règle sur un fait particulier.
 
En droit Musulman, ces principes sont les mêmes.
 
Je vous donne un exemple :
Il était autorisé de manger la viande des Français durant le 16éme siècle.
Il est interdit de manger la viande des Français au 21éme siècle.
 
On voit que la Fatwâ est différente entre les deux époques.
Cependant, dans ces deux cas le Hukm légal n’a pas changé, on a appliqué le même Hukm.
 
C’est un sujet mal compris par les gens, car les sociologues et les historiens parlent du droit.
 
L’analyse de ces sujets ne se fait pas à la légère.