La Sunna figure-t-elle dans la mission du Prophète ﷺ ?

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Certains se philosophent de nos jours à propos de la nature de la mission prophétique et le rôle du Prophète ﷺ. Ils osent le rabaisser au degré de le qualifier de livreur ou facteur qui a un simple rôle de transmettre le livre d’Allah, le Coran.
Mais qu’en est-il de cette mission ?
Sourate al-Jumu’a nous répond :
2. C’est Lui qui a envoyé à des gens sans Livre (les Arabes) un Messager des leurs qui leur récite Ses versets, les purifie et leur enseigne le Livre et la Sagesse, bien qu’ils étaient auparavant dans un égarement évident,
Donc, la mission consiste à :
1- Transmettre le Coran
2- Purifier les cœurs
3- Enseigner [le contenu du] Coran
4- Enseigner la Sagesse
Enfin, qu’en est-il de cette sagesse ? Est-elle des histoires ou des récits antérieurs ? Ou est-elle simplement des codes éthiques ?
La réponse se trouve dans la demande aux épouses du Prophète ﷺ de transmettre la même sagesse qui est « récitée » dans leurs maisons. Allah a dit dans sourate al Ahzab :
34. Et gardez dans vos (épouses du Prophète salla Allah ‘alayhi wasallam) mémoires ce qui, dans vos foyers, est récité des versets d’Allah et de la sagesse
Étant récitée, cette sagesse est certainement des paroles prononcées et non simplement une description du comportement prophétique dans le foyer familial. Les mères des croyants sont-elles censées de comprendre le Coran ou pas ? Si oui, elles ont mis en pratique cette demande divine, sinon, elles ont transgressé cette demande. Il faut donc voir ce que les mères des croyants ont transmis. Ont-elles transmis des récits historiques, des paroles de notre maître Ibrâhîm (‘alayhi assalâm) ou des ahâdîth et paroles prophétiques ?
Dieu est plus savant.
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Les sciences religieuses chiites

Le cheikh chiite Abdulhalim al-Ghazzî a dit dans son programme « al-kitâb an-nâtiq », épisode n°42, ce qui suit :
[…]
« Nahnu ‘iyâlun ‘alâ al-qawm [Nous sommes dépendants de ces gens [des sunnites]*]** dans l’analyse grammaticale du Coran. En effet, nous, les chiites, n’avons pas rediger d’ouvrages d’i’râb (analyse grammaticale) du Coran.
D’une manière générale, nous sommes dépendants des gens [des sunnites]* dans l’étude de la grammaire arabe. Nous le sommes aussi dans la science de ‘usul al-fiqh (fondements du droit), dans la science des hommes (des narrateurs de hadith), dans la science de diraya (science d’étude technique de hadith), dans la science du Kalam (la croyance islamique basée sur la logique), dans les moyens de déduction de la règle de droit à partir du texte, dans les sciences du Coran, dans la science de l’exégèse, dans la science des lectures coraniques, dans la science de Tajwîd (lecture authentique du Coran) ainsi que dans d’autres sciences.
Il s’ajoute à cela la science de l’orthographe, la morphologie, la science de Bayân, la science de Ma’ânî, la science de Badî’. Dans tout cela, nous sommes dépendants de ces gens [des sunnites]*.
La preuve réside dans nos ouvrages enseignés dans la Hawza***. Qu’apprenons-nous dans la Hawza ‘ilmiyya ? Nous apprenons leurs livres. Prouvez-moi que je suis menteur si ces paroles ne sont pas authentiques. Les livres chiites prennent source d’eux. Nous reparlerons de ce sujet ultérieurement.
Les livres sunnites de grammaire, de morphologie, de rhétorique sont jusqu’à présent enseignées dans nos Hawzâte… »
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* Cette expression est reprise plusieurs fois par l’intervenant.
**Nahnu ‘iyâlun ‘alâ al-qawm signifie : nous sommes dépendants des sunnites comme les enfants dépendent de leurs parents]
* Hawza (pl : Hawzât) est l’école des sciences religieuse chiite.

Abu Hurayra a-t-il inventé les 5000 hadiths qu’il rapporte ?

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Le nombre élevé des ahadiths transmis par Abû Hurayra – que Dieu l’agrée – ne peut être une cause de critique envers sa fiabilité pour diverses raisons.
Les gens mal intentionnés se précipitent à critiquer Abû Hurayra – que Dieu l’agrée – au vu du grand nombre de ahadiths qu’il a rapporté. Mais cette approche est grièvement lacunaire car pour le critiquer à cause de ce grand nombre, il faut prouver que ce qui est rapporté est une pure invention. Pour le faire, il suffit de prouver que ces ahadiths sont transmis seulement par Abû Hurayra, que Dieu l’agrée.
La recherche dans ces 5000 hadiths prouvent qu’ils sont en leur quasi totalité transmis par d’autres compagnons. Seuls 110 hadiths sont considérés comme transmis uniquement par Abû Hurayra – que Dieu l’agrée – et sont donc en situation de singularité dans leur transmission.
Puis sur un autre niveau, il faut voir quel hadith parmi ces 110 contredit les autres hadiths rapportés, ce qui ne laisse aucun hadith objet de doute sur sa fiabilité.
Enfin, nous présentons la répartition de ces 110 hadiths sur les diverses disciplines scientifiques dans le tableau suivant.
Hadith d'Abu Hurayra
wallah a’lam

Impact de la divergence dans le calendrier lunaire sur la qualité de la transmission de hadith

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Dans la science de hadith, nous trouvons un type particulier de hadith nommés les hadith musalsal. Ces hadith reprennent un attribut particulier dépendant du narrateur ou de la narration qui se répète avec chaque transmission.
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Concernant la particularité dépendant de la narration, nous trouvons l’exemple du hadith musalsal par le jour du ᶜÎd ou du hadith musalsal par le jour de ᶜÂchûrâ. Dans ces hadith, chaque narrateur mentionne qu’il a reçu le hadith le jour du ᶜÎd ou le jour de ᶜÂchûrâ.
Quant à la particularité dépendant des narrateurs, on peut trouver des chaines de transmission dont tous les narrateurs sont de ‘Âl al-Bayt ou sont d’une ville particulière (ex : Damas) ou d’un pays particulier (ex : Yémen ou Egypte).
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Dans certains cas de tasalsul dépendant de la narration, on trouve que l’attribut particulier de la narration dépend du temps de la narration. Comme nous le savons, le calendrier lunaire peut entraîner des divergences entre les régions quant à la détermination des jours. Ainsi, la question se pose sur le critère qui doit être adopté en cas de possibilité d’une certaine rencontre entre quelqu’un qui vit dans une région ayant un horaire différent du cheikh qui lui transmet le hadith et vivant dans un autre pays. Cette question se pose de nos jours vu l’usage des moyens de communication.
En fait, le critère adopté par les savants de hadith considère qu’il faut prendre en considération le lieu de la présence de celui qui transmet et non pas de celui qui reçoit.
 
Par exemple, le jour de ᶜÂchûrâ au Maroc sera le dimanche tandis qu’il est au Liban le samedi. En application du principe précité, un cheikh au Liban peut transmettre, le samedi, le hadith musalsal par ᶜÂchûrâ pour un étudiant au Maroc. Donc, l’étudiant au Maroc reçoit le hadith comme étant le jour de ᶜÂchûrâ malgré qu’il n’y a pas de ᶜÂchûrâ ce jour là dans son pays. De même, un étudiant au Liban peut recevoir le hadith de ᶜÂchûrâ le dimanche d’un cheikh au Maroc. De plus, un étudiant peut avoir le même hadith transmis le ᶜÂchûrâ mais dans deux jours différents, en appelant les chouyoukh dans les deux pays durant le jour de ᶜÂchûrâ respectivement chez eux. Dans tous ces cas, la transmission est considérée comme admettant le critère de tasalsul par ᶜÂchûrâ.
 
Wallahu aᶜlam
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La mauvaise compréhension de la récurrence de certaines chaînes de transmission

La plupart du temps Les savants ne reprennent que certaines chaines de transmission du Coran. Quand elles sont présentées, elles passent en général par un seul savant.
Cela aboutit-il à l’abaissement du degré d’authenticité du Coran du mutawâtir jusqu’au Ahad?

Réponse :

بسم الله الرحمن الرحيم

Le fait que les chaines de transmission sont concentrées autour d’un nombre très restreint de narrateurs ne signifie point que le Coran ou le hadith est ahad (c’est à dire rapporté par 1 ou 2 chaînes) et qu’il n’est pas mutawâtir (rapporté par un grand nombre de narrateur dans chaque niveau de narration d’une manière ou ce grand nombre rend impossible l’accord unanime des narrateurs à adopter un mensonge).
Cette idée vient de l’absence de compréhension sérieuse du rôle et l’importance des chaines de transmission.

D’un côté, il faut comprendre que l’évaluation de la qualité moutawatir dépend de l’époque de riwayah, à savoir les cinq premiers siècles. Après cette époque, le Coran et tous les livres de hadith sont devenus répandus et on n’a plus besoin de compter sur les chaines de transmission pour les sauvegarder. De plus, les chaines de transmission ne sont pas le seul critère, il y a d’autres critères mais je laisse ce sujet à côté car il est pointu et il n’est pas l’objet fondamental de la remarque.
D’un autre côté, les chaines de transmission se concentrent autour d’un nombre très restreint de savants à cause de la sélection faite par les transmetteurs (ruwât). Tous les transmetteurs cherchent à transmettre le Coran et les hadith par les chaines de transmission les plus élevées (c’est à dire qui contiennent le nombre de narrateurs le moins important. Moins la chaîne de transmission compte de transmetteurs jusqu’au Saint Prophète SallAllahu ‘alayhi wasalam, plus elle gagne en fiabilité).

Ainsi, les transmetteurs visent à transmettre d’après le chaykh ayant la chaîne la plus élevée de leur époque pour rendre leur chaîne plus élevée. Cela ne signifie pas que les narrateurs ne transmettent pas le Coran ou les ouvrages de hadith d’après d’autres chouyoukh.

C’est pourquoi lorsqu’on regarde les chaînes de transmission, nous trouvons qu’elles sont quasiment identiques. Mais lorsqu’on revient aux ouvrages des tabaqat (les biographies des savants) nous pouvons savoir pour chaque savant qui sont ses chouyoukh et nous pouvons donc reconstruire énormément de chaines de transmission.

Il y a de nombreux exemples à notre époque et dans les derniers siècles.

Que Dieu nous facilite et nous élève en science et en foi.

par Dr. Abû Zakariyya al-Hussaynî Posté dans 4- Hadith