À propos de notre traduction de 40 nawawiyya

Plusieurs personnes se sont interrogées sur le pourquoi j’ai choisi de retraduire l’épître des 40 hadîths de l’imam al-Nawawî. Avant de faire ce choix, je savais bien que l’épître avait déjà été traduit plusieurs fois ; j’avais même recensé treize traductions, actuellement en vente sur le marché.

Je me suis permis de les consulter toutes afin d’adopter une traduction pour nos cours à l’institut shafii. Cependant, le résultat était décevant et la décision de retraduire l’épître se basa alors sur plusieurs raisons :

1- Aucune de ces nombreuses traductions n’est complète.
L’épître ne se termine pas avec le 42 ͤ hadîth mais elle contient également : une conclusion assez longue dans laquelle l’imâm al-Nawawî expose son intention de rédiger un commentaire indépendant et explique les raisons de l’ajout de ce chapitre interprétatif à la fin de l’épître ; un chapitre sur des ambiguïtés qui explicite les expressions de chaque hadîth avec des indications sur la manière de les prononcer.

2- Texte arabe mal préparé
Malgré que les versions traduites sont principalement bilingue, le texte arabe est très mal préparé. L’édition de livres de hadîths nécessite une maîtrise de ce domaine. Le texte des hâdîths est parfois transmis selon plusieurs versions et une édition scientifique doit refléter ces différentes versions. Cela n’a jamais été le cas avec les éditions bilingues disponibles actuellement.
Sur la photo ci-joint de notre édition, on voit dans le carreau rouge une lettre portant deux voyelles. Cela reflète deux formes de transmission de ce hadîth et ne constitue pas une erreur. Parfois, les variantes impactent le sens et sont ainsi apparentes dans la traduction française.
Et nous n’avons pas remarqué la présence de cet aspect technique dans les éditions déjà disponibles.

3- Absence d’études analytiques de l’œuvre
Les traductions qui circulent sur le marché s’intéressent principalement à la traduction française du texte. Rares sont les traductions qui contiennent une présentation de l’œuvre et de son auteur.
Aussi célèbre qu’il soit, l’imâm al-Nawawî reste peu connu, les éditions déjà disponibles présentent PARFOIS une ou deux pages sur cette figure emblématique de l’Histoire des sciences islamiques. Cependant, nous ne trouvons aucune étude sur l’oeuvre qu’est al-arbaᶜûn al-nawawiyya.
Dans notre édition, nous avons veillé à présenter une étude assez complète et succincte sur l’épître (origines, reflexion sur le nombre 40, méthodologie de sélection des hâdîths, méthodologie de l’imam envers le hadîth faible (daᶜîf), etc)

4- Absence du titre originel
Aucune version traduite ne mentionne le titre correct de l’ouvrage. Même si l’épître est célèbre sous le nom « al-arbaᶜûn al-nawawiyya » le titre est bien différent. Nous avons dédié une section à ce point dans notre introduction critique.

C’est ainsi que nous avons mis en place – par la grâce d’Allâh – une version qui peut être utilisée dans l’enseignement d’un tel épître de référence.

Pour commander l’ouvrage :
https://institut-shafii.com/boutique

Les étudiants du «Commentaire de 40 Nawawiyya» auront une ijāza de riwāya de l’ouvrage jusqu’à l’auteur. 
Ce cour expliquera les ahadiths en détail (environ 1h à 1h30 par hadith). 
Cette ijāza n’est pas une ijāza d’enseignement, mais de transmission. Elle garantie la fiabilité du texte transmis.
Nous transmettons l’ouvrage par des chaînes de transmission très particulières : 
Une des chaînes les plus élevées au monde (nombre de narrateurs minimal), 
Une chaîne musalsala bi-d-dimashqiyyīn, dont tous les narrateurs sont shafiites. 
Une chaîne dont tous les narrateurs ont été le grand muhaddith de Sham (shaykh de Dar al-Hadith et professeur de hadith à la Grande Mosquée Omeyyad de Damas).

Impact de la divergence dans le calendrier lunaire sur la qualité de la transmission de hadith

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Dans la science de hadith, nous trouvons un type particulier de hadith nommés les hadith musalsal. Ces hadith reprennent un attribut particulier dépendant du narrateur ou de la narration qui se répète avec chaque transmission.
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Concernant la particularité dépendant de la narration, nous trouvons l’exemple du hadith musalsal par le jour du ᶜÎd ou du hadith musalsal par le jour de ᶜÂchûrâ. Dans ces hadith, chaque narrateur mentionne qu’il a reçu le hadith le jour du ᶜÎd ou le jour de ᶜÂchûrâ.
Quant à la particularité dépendant des narrateurs, on peut trouver des chaines de transmission dont tous les narrateurs sont de ‘Âl al-Bayt ou sont d’une ville particulière (ex : Damas) ou d’un pays particulier (ex : Yémen ou Egypte).
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Dans certains cas de tasalsul dépendant de la narration, on trouve que l’attribut particulier de la narration dépend du temps de la narration. Comme nous le savons, le calendrier lunaire peut entraîner des divergences entre les régions quant à la détermination des jours. Ainsi, la question se pose sur le critère qui doit être adopté en cas de possibilité d’une certaine rencontre entre quelqu’un qui vit dans une région ayant un horaire différent du cheikh qui lui transmet le hadith et vivant dans un autre pays. Cette question se pose de nos jours vu l’usage des moyens de communication.
En fait, le critère adopté par les savants de hadith considère qu’il faut prendre en considération le lieu de la présence de celui qui transmet et non pas de celui qui reçoit.
 
Par exemple, le jour de ᶜÂchûrâ au Maroc sera le dimanche tandis qu’il est au Liban le samedi. En application du principe précité, un cheikh au Liban peut transmettre, le samedi, le hadith musalsal par ᶜÂchûrâ pour un étudiant au Maroc. Donc, l’étudiant au Maroc reçoit le hadith comme étant le jour de ᶜÂchûrâ malgré qu’il n’y a pas de ᶜÂchûrâ ce jour là dans son pays. De même, un étudiant au Liban peut recevoir le hadith de ᶜÂchûrâ le dimanche d’un cheikh au Maroc. De plus, un étudiant peut avoir le même hadith transmis le ᶜÂchûrâ mais dans deux jours différents, en appelant les chouyoukh dans les deux pays durant le jour de ᶜÂchûrâ respectivement chez eux. Dans tous ces cas, la transmission est considérée comme admettant le critère de tasalsul par ᶜÂchûrâ.
 
Wallahu aᶜlam
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Comment commémorer le jour de la naissance du Prophète ?

On dit toujours que la véritable commémoration est celle qui se base sur la poursuite de son droit cheminement. Evidemment, l’hommage le plus brillant que les croyants puissent rendre au Prophète consiste à suivre au plus près son enseignement. Ainsi, la transmission en bonne et due forme de la religion et des sciences, surtout sa Sounna et ses Hadith sont une parfaite preuve d’amour et de loyauté. C’est sur la base de ce principe que les Chouyoukh et les Savants ont toujours cru bon de distinguer indéfectiblement le jour du Mawlid de tous les autres jours et ce, en vertu de sa particularité. A cette date lumineuse, des Majalis de hadith sont organisés et les voix des Savants résonnent dans toutes les ruelles des pays du Levant.

Ces Majalis consistent en premier lieu à réciter et à transmettre la description du Prophète – Que la paix, le Salut et la Bénédiction de Dieu soient sur lui – ainsi que ses qualités physiques et morale, lui, Prophète de l’Islam, personne au renom revivifié.

Les savants surtout de Damas et du Yémen ont pour coutume de lire ce jour l’éminent livre « al-Chama’il al-Muhammadiyyah » de l’Imam al-Tirmidhi. Notons que ces Majalis se démarquent par leur importance scientifique surtout au niveau de la Riwaya (transmission). En effet, ces leçons de transmission consistent à lire la totalité de ce livre en présence de tous les Muhaddithin de la région. Ces derniers prennent place par-devant les plus petits étudiants en Hadith dans le noble objectif de les enseigner. Cette configuration exceptionnelle à l’occasion d’un jour exceptionnel a pour effet de répandre dans les villes et auprès des habitants, des chaines de transmission très élevées(1) puisqu’issues des plus grands Shouyoukhs(2). Les étudiants, mais également les simples assistants, femmes et hommes confondus, ont donc le loisir en ce jour de suivre la lecture des copies de Hadiths authentifiées. C’est ainsi que les Ijazas vont bon train en ce jour de fête. A la communauté de la lecture, ont dit ici d’accoler ses genoux à ceux des plus grands savants ayant les chaines les plus élevées et d’écouter les Hadiths à l’occasion du Mawlid . N’est-ce pas là une bénédiction toute singulière ?

En sus, ces dernières années, le jour du Mawlid est devenu un véritable moment scientifique. Le savants ont noté que cette occasion laissait très souvent une place à part entière à l’annonce de nouvelles publications en relation avec la science de Hadith. C’est là le don d’un Dieu Généreux. En guise d’exemple à ce fait, nous signalons que notre cheikh le Muhaddit Bassâm al-Hamzawî al-Hassanî(3) a fait paraître son édition du livre « al-Chama’il al-Muhammadiyyah » de l’Imam al Mizzî(4) lors du Majlis de l’année 1435/2014. Aussi, notre cheikh, l’éminent Muhaddith Nour el Dine el Eitr a sollicité une copie de cette édition pour l’avoir en sa possession. La photo ci jointe illustre ce dernier Majlis à Damas, l’année dernière 1435/2014.

Depuis quelques heures, le majlis de hadith de Damas a été clôturé. Notre Cheikh Bassam al Hamzâwî a enseigné son recueille intitulé  » les Chama’il du Prophète tiré du sahih muslim ». Environ 2000 étudiants et étudiantes y ont participé avec une foule de gens et sous les regards de l’éminent muhaddith Nour el Dine El Eitr, le célèbre lecteur Chukri al Lahfi, tous les muftis de Damas et ses grands savants.
A cette occasion mémorable, les Savants ont apporté une relique du Prophète – paix et bénédiction sur lui -. Il s’agit d’une de ses mèches de cheveux bénis. Mon ami Bilal m’a écrit : C’était un Majlis comme je n’en avait jamais vu de toute ma vie. J’ai eu l’impression que c’était l’imam Malik en personne qui dictait le Hadith à Medine.

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(1) On dit d’une chaîne de transmission quelle est  » élevée  » ( سند عالٍ ) dès lors que le nombre de narrateur est limité à un nombre réduit. Exemple : Une chaîne constituée de 20 narrateurs sera dite  » plus élevée  » qu’une chaîne constituée de 22 narrateurs.
(2) A l’avenir, les jeunes étudiants devienent ultérieurement dans leur vieillesse les narrateurs de hadith ayant les chaines les plus élevées car ils transmettent des savants très vieux durant leur enfance.
(3) Le récitateur de Boukhari sous le Dome de l’Aigle de la Mosquée Omeyyade de Damas et qui est aussi  » naqib al Achraf  » de Damas.
(4) L’imam al Mizzî n’a pas rédigé un ouvrage contenant les  » Chama’il  » du Prophète salla Allah ‘alayhi wasallam. Mais notre cheikh Bassam al-Hamzâwi a rassemblé les hadith de chama’il présent dans l’introduction de l’ouvrage  » Tuhfat Al Achrâf  » et l’a publié. Il les a enseigné aussi dans la ville de l’imam al Mizzî près de Damas, en donnant aux étudiants une chaine de transmission qui ne contient que des narrateurs de Damas.