Avec quoi rompre son jeune et que dire au moment de la rupture du jeune

Le musulman veille à rester en relation continue avec Allah. C’est pourquoi le prophète ﷺ nous a enseigné de faire le dhikr (citer Allah) avec chacune de nos activités. Cette recommandation d’invoquer Allah, de le louer et de le remercier s’accentue pendant les moments bénis et les œuvres précieux au regard d’Allah. Le mois de Ramadan est un exemple d’une période d’entrainement spirituel qui participe à notre cheminement vers Allah de part le jeûne ou les adorations qui y sont attachées.

Pour connaître les adhkâr liées à l’accomplissement des différentes œuvres quotidiennes, nous retournons aux recueils de hadith spécialisés comme les livres de adhkār et dans un second degré les livres de shamā’il du prophète ﷺ.

Nous avons été interrogé sur les invocations à réciter au moment de la rupture du jeûne. L’imam al-Nawawî a dédié un chapitre à cette thématique, intitulé «Chapitre : ce que dit le jeûneur au moment de la rupture du jeûne» (بابُ ما يقولُ عندَ الإِفْطَار). Nous citons ci-dessous les invocations en arabe, en translittération et en français.

N°544
 » ذَهَبَ الظَّمأُ، وابْتَلَّتِ العُرُوقُ، وَثَبَتَ الأجْرُ إِنْ شاءَ اللَّهُ تَعالى  »
Dhahaba adh-dhama’u wa-btallati al-ᶜurûqu wa-thabata al-ajru inshâ’a Allâh
La soif est étanchée, les veines sont alimentées et la rétribution est assurée si Dieu le veut.
(Hadîth sahîh, rapporté par Tirmidhî et Abû Dâwûd).

N°545
اللَّهُمَّ لَكَ صُمْتُ، وَعَلى رِزْقِكَ أفْطَرْتُ
Allâhumma laka sumtu wa-ᶜalâ rizqika aftartu
Ô mon Dieu, c’est pour Toi que j’ai jeûné et c’est avec Ta subsistance que j’ai rompu le jeûne.
(Hadîth Hasan, rapporté par Abû Dâwûd)

N°546
الحَمْدُ لِلَّهِ الَّذي أعانَنِي فَصَمْتُ، وَرَزَقَنِي فأفْطَرْتُ
Al-hamdu li-llâh al-ladhî aᶜânanî fa-sumtu wa-razaqanî fa-aftartu
Louanges à Allah qui m’a aidé à jeûner et m’a accordé du rizq (subsistance) pour rompre mon jeûne.
(Hadîth rapporté par Ibn al-Sunnî).

N°547
اللَّهُمَّ لَكَ صُمْنا، وَعلى رِزْقِكَ أَفْطَرْنا، فَتَقَبَّلْ مِنَّا إنَّكَ أنْتَ السَّمِيعُ العَلِيمُ
Allâhumma laka sumnâ wa-ᶜalâ rizqika aftarnâ, fa-taqabbal minnâ innaka anta as-samîᶜu al-ᶜalîm
Ô mon Dieu, c’est pour Toi que nous avons jeûné et c’est avec Ta subsistance que nous avons rompu le jeûne. Accepte de nous, Tu es Toi Celui qui entend et qui connaît.
(Hadîth rapporté par Ibn al-Sunnî).

N°548
ᶜAbd Allâb bin ᶜAmr bin al-ᶜÂs qu’Allah l’agrée a dit : « J’ai entendu le prophète ﷺ dire : Le jeûneur a une invocation qui n’est pas rejeté au moment de la rupture de son jeûne ». Ibn Mulayka (le narrateur du hadith) a dit : j’entendais ᶜAbd Allâb bin ᶜAmr quand il rompt son jeûne dire:  » اللَّهُمَّ إني أسألُكَ بِرَحْمَتِكَ الَّتِي وَسِعَتْ كل شئ أنْ تَغْفِرَ لي  » Allâhumma innî as’aluka bi-rahmatika al-latî wasiᶜat kulla shay’in an taghfira lî ».
Ô Allah, je t’implore par Ta Miséricorde qui a couvert toute chose de me pardonner.
(Hadîth rapporté par Ibn Mâjah).

Ce sont les principaux hadîth sur le sujet, qui sont de différents degrés (sahîh, hasan et daᶜîf avec des preuves de soutiens). Il faut se rappeler que l’invocation est une adoration non restreinte et qu’il est recommandé d’invoquer Allah à tout moment et avec toute invocation. La forme la plus parfaite est de débuter toute invocation méritoire par ce qui est transmis dans les hadîth, puis d’ajouter les invocations transmises d’après les grands savants, puis d’ajouter si on peut nos propres invocations. C’est pourquoi l’invocation combinant ces différentes narrations est bien connues et pratiquées dans les différents pays musulmans jusqu’à nos jours. Nous pouvons bien dire :

Allâhumma laka sumtu wa-ᶜalâ rizqika aftartu. Dhahaba adh-dhama’u wa-btallati al-ᶜurûqu wa-thabata al-ajru inshâ’a Allâh. Allâhumma innî as’aluka bi-rahmatika al-latî wasiᶜat kulla shay’in an taghfira lî.

Le hadîth transmis par notre maître ᶜAbd Allâb bin ᶜAmr bin al-ᶜÂs radiya Allah ᶜanhu est claire sur la recommandation générale d’invoquer Allah au moment de la rupture du jeûne. Il avait ainsi son propre invocation qu’il récitait avant la rupture de son jeûne.

Pour plus de détails, voir : L’imam al-Nawawî : al-Adhkâr, p.190.

Quant au fait de déterminer avec quoi on rompt le jeûne, Salmân bin ᶜÂmir radiya Allâh ᶜanhu a dit : Le prophète ﷺ a dit : « Quand quelqu’un parmi vous rompt son jeûne, qu’il le rompt avec des dattes, s’il n’en trouve pas, avec de l’eau car c’est du pure purifiant (tahûr) ». (Hadîth authentifié par al-Nawawî, rapporté par Abû Dâwûd et Tirmidhî).

D’après Anas radiya Allah ᶜanhu, le prophète ﷺ rompait son jeûne avant de prier en mangeant quelques rutab (dattes non sèches) ; s’il n’en avait pas, il prenait quelques dattes (sèches) ; s’il n’avait pas, il prenait quelques gorgées d’eau ». (Hadîth rapporté par Abû Dâwûd et Tirmidhî qui a dit : Hadîth Hasan).

Pour plus de détails, voir : Shaykh al-Islâm Yahyâ bin Sharaf al-Nawawî : al-Majmûᶜ, vol.6, p.407.

Pouvons-nous nous justifier pour délaisser l’accomplissement du bien ?

On délaisse toujours des actes méritoires sous prétexte de nos différentes occupations quotidiennes. Cependant, nous devons regarder le sacrifice de ceux qui font d’énorme travaux pour se motiver et savoir que si eux réussissent à accomplir cela, nous aussi pouvons accomplir de tels actes.

Un jour un groupe des gens du tabligh sont venus du Pakistan au Liban.

Après la prière de ᶜAsr, ils invitèrent les gens présents dans la mosquée à sortir avec eux pour rappeler les gens à la pratique de l’islam dans les rues. L’imam officiel de la mosquée était là. Alors, ils l’invitèrent à prendre part à cette cette mission avec eux. L’imam s’excusa, expliquant qu’il devait s’en aller assez loin pour une affaire.

Le shaykh pakistanais lui dit : « Tu pourras t’y rendre après incha Allah. »

L’imam répondit : « C’est loin, je dois y aller maintenant pour ne pas rentrer trop tard. »

Le shaykh pakistanais lui dit alors : « Ce n’est pas plus loin que le Pakistan. »

Les yeux de l’imam se remplirent alors de larmes, il le prit dans ses bras et se joignit à eux pour aller prêcher sur le marché.

Comment éduquer les jeunes dans les mosquées ?

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Ces derniers jours, des gérants associatifs m’ont contacté à propos de l’éducation des jeunes. Un point important a été évoqué concernant l’inspiration et le modèle à donner aux jeunes. J’ai insisté sur l’importance du réalisme de la prédication et le besoin de la daᶜwa. On n’a pas besoin que tout le monde aille étudier les sciences religieuses, mais il faut étudier un minimum.


Cela me rappelle le souvenir d’une figure illustre de l’éducation et de la prédication au Levant, qui adoptait une méthodologie fondamentale sur ce sujet.

Shaykh ᶜAbd al-Karîm al-Rifâᶜî était une des principales causes de la renaissance scientifique au Levant. Il regroupait les jeunes enfants et leur disait :


« Ô mes fils ! Je veux voir parmi vous le shaykh médecin, le shaykh ingénieur, le shaykh pharmacien, le shaykh linguiste… »

Il les guidait pour prendre les sciences d’ici-bas et les sciences de l’au-delà comme l’ont toujours fait les savants musulmans tout au long de l’histoire.

Le temps est passé et nous avons eu, parmi ces enfants devenus adultes, des éminents savants combinant les sciences religieuses aux sciences mondaines comme par exemple :

– L’éminent shaykh, l’expert en lectures coraniques, le muhaddith, Naᶜîm ᶜArqsûsî, spécialiste en langue arabe ;
– L’éminent prédicateur, shaykh Nadhîr Maktabî, spécialiste en langue arabe ;
– Son fils, shaykh Usâma al-Rifâᶜî, spécialiste en langue arabe ;
– Le shaykh mathématicien Usâma Raqrûq ;
– Le médecin, Dr Fârûq Shalaq ;
– Le commerçant pieux, shaykh Yâsîn Rabâba ;
– Le pharmacien expert en lectures coraniques, shaykh ᶜAbd al-Munᶜim Shâlâtî.

On pourrait citer d’autres shuyukh experts dans différentes disciplines des sciences mondaines et religieuses ayant passé leur vie dans la daᶜwa et l’appel à Allah.

Qu’Allah préserve ceux qui sont encore en vie et accorde Sa Miséricorde à ceux qui sont retournés à Lui.

Amin Amin

Ô fils de chien !!

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Certains se sont interrogés sur l’interdiction d’interpeller quelqu’un via sa qualité dans une certaine condition : à savoir le mépris, l’insulte ou le rabaissement. Cela s’applique sur la description de la croyance de la personne, de sa couleur, de son physique ou toute autre caractéristique le concernant.
Ce respect s’applique aussi envers les animaux, non pas par rapport à un droit de l’animal mais surtout de manière éducative.
L’éminent imam mujtahid, fondamentologue et théologien Taqiyy ad-Dîn as-Subkî nous donne une leçon très profonde, adressée en premier lieu à son fils l’imam Tâj ad-Dîn. Dans son ouvrage intitulé « at-Tarshîh », ce dernier a dit :
« Un jour j’étais dans l’avant-cour de notre maison avec un groupe lorsqu’un chien mouillé est passé. Il risquait de toucher nos habits(1) alors je l’ai grondé en disant : « Ô chien, Ô fils de chien ! »
Ainsi, le Shaykh, l’Imam(2), nous a entendus de l’intérieur. Lorsqu’il est sorti, il a dit :
« Pourquoi l’as-tu insulté ? »
J’ai répondu :
« Je n’ai dit que la vérité, n’est-ce pas un chien, fils d’un chien ? »
Puis il répondit :
« Il est ainsi, mais tu l’as dit en tant qu’insulte et mépris, on ne doit pas agir ainsi. »
J’ai dit alors :
« C’est un bienfait scientifique [fâ’ida] : une créature n’est pas appelée par ses caractéristiques si la possibilité de le mépriser n’est pas exclue. » »
Fin de citation.
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(1) Le chien est une impureté majeur. Le fait qu’il soit mouillé signifie qu’il rend les vêtements impures s’il les touche. C’est pourquoi l’imam Tâj ad-Dîn l’a grondé afin d’éviter qu’il touche ses vêtements.
(2) C’est-à-dire son père, l’imam mujtahid Taqiyy ad-Dîn as-Subkî.

 

Shaykh Muhammad Hâshim Abû Tawq

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Un Saint damascène était connu pour aider les gens à se débarrasser des serpents. Le shaykh Muhammad Hâshim Abû Tawq (1267-1382H) avait le don de se faire obéir des serpents et a accompli beaucoup de prodiges. Il était le shaykh de la Tarîqa Rifâ’iyya qui était dans le quartier damascène al-Maydân et siégait dans une grande Zawiya dans le quartier des Compagnons, près de la porte al-Musallâ en face de la mosquée de notre maître le Compagnon Suhayb al-Rûmi, surnommée aussi la mosquée des Compagnons. Cette Zawiya est très ancienne et fut construite il y a sept siècles.

Muhammad Hâshim Abû Tawq a tenu le majlis de dhikr dans le mausolée de l’imam Muhyi-d-dîn chaque samedi matin pendant soixante ans. Son disciple le shaykh Abû Hishâm Muhammad Salîm al-‘Amm a préservé – par la permission d’Allah – la continuité de ce majlis et il n’a pas été délaissé jusqu’à ce jour. Il est actuellement géré par le shaykh Muhammad Yâsir al-Qadmânî.

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hachim