Sincérité d’un savant

L’éminent shaykh Abdullah Nâsih ‘Alwân, le plus grand savant d’Alep a reçu une offre du tyran syrien Hafiz al-Assad de prendre la direction générale des Awqâf ou de fonder une université islamique à Alep et de la diriger en contrepartie de ne pas contredire le pouvoir. Il a refusé cette offre et il fut donc licencié de son travail.

Il a dit au responsable militaire sa fameuse réponse :

« Par Allah, que je vende de persil et de légumes sur les trottoirs d’Alep est plus préférable pour moi que de devenir complice du pouvoir dans mon prêche de l’islam. »

عبد الله ناصح علوان

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Entre le gouverneur et le professeur de la grande mosquée

« Celui qui tend ses pieds ne tend pas sa main » 

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Le jour de l’entrée de l’armée égyptienne en Syrie ottomane, le directeur de la campagne, le tyran Ibrahim Pacha, fils du grand tyran d’Égypte Ali Pacha est entré à la Mosquée Omeyyade de Damas.
Il y avait dans Mosquée Omeyyade le cheikh Sa’id al Halabi qui donnait un cours. Il était assis et tendait ses pieds. Ibrahim Pacha est passé à côté du shaykh sans que ce dernier ne bouge ses pieds comme on le ferait par respect.
Ainsi, Ibrahim Pacha est sorti de la mosquée énervé et voulait tuer le cheikh. Certains de ses conseillers l’ont encouragé à le faire car ce comportement est un signe de rabaissement et d’irrespect. Au dernier moment, Ibrahim Pacha a changé d’avis pour tendre à établir une bonne relation avec le shaykh et ainsi ne pas exciter les gens contre lui.
Il a donc décidé de séduire le cheikh avec l’argent. Il lui a envoyé son vizir pour lui livrer une somme de 1000 pièces d’or ce qui représente à l’époque une fortune (équivalent de 250 000€ de nos jours avec un pouvoir d’achat largement plus élevé). Il a demandé à son vizir de donner l’argent au cheikh devant la foule ainsi que ses étudiants.
Ainsi, le vizir a pris la somme d’argent et s’est dirigé vers la mosquée. Durant le cours du shaykh, le vizir s’est approché et lui a dit après la salutation à voix élevée de sorte à ce qu’il soit entendu par tout le public présent : « C’est une somme de 1000 pièces d’or de notre maître al-Pacha, il juge nécessaire que tu l’utilises pour tes affaires ».
Le shaykh a regardé le vizir d’un regard plein de pitié. Puis il lui dit doucement et majestueusement : « Ô mon fils, reprends l’argent de ton maître. Ramène le vers lui et dis lui : « Celui qui tend ses pieds ne tend pas sa main » .

Le lecteur des pensées

En 1405 de l’Hégire, un étudiant s’est absenté durant deux semaines de cours suite à un accident de voiture. Après sa guérison, il a repris ses cours normalement.
Au cours d’une leçon de nahw (grammaire arabe), l’enseignant expliquait une des preuves linguistiques mentionnées dans « Moughni al-labib ». Cependant, cet étudiant a perdu son attention et a commencé à réfléchir à la manière dont Allah l’a sauvé de l’accident et s’il allait égorger un ou deux moutons comme sacrifice pour remercier Allah et inviter ses amis. Il disait dans son cœur qu’un mouton n’est pas suffisant mais que deux moutons seront chers pour son père.

Alors qu’il était en conflit plein interne, perdu dans ses pensées, le professeur a arrêté son cours et lui a adressé la parole en disant à haute voix : « dans ta situation, tu as besoin de deux moutons, maintenant sois plus attentif à l’explication de la leçon ! « .
L’étudiant était surpris de la manière dont le cheikh a dévoilé sa pensé. De même, les étudiants dans la classe étaient choqué de ce qui s’était passé et ils ont compris la cause de cette remarque.

Le professeur était l’éminent savant hanafite, le mouhaddith et mouqri’, sheikh al qourra’ de Damas, le cheikh ‘Abd al-Razzaq al-Halabi. Il a enseigné le Coran et ses diverses sciences, le hadith et ses diverses sciences, le fiqh, les ‘oussoul al-fiqh, le tafsir, la langue arabe, la ‘aqida ainsi que d’autres sciences durant plus de soixante années. Il a expliqué entièrement des ouvrages de référence comme les principaux recueils de hadith (les 6 livres : Boukhari et Mouslim et les 4 sunan), les principaux ouvrages de fiqh comparé et de fiqh hanafite (hashiya ibn abidin plusieurs fois), les grands recueils de tafsir (comme celui de al-Qourtoubi).

L’étudiant dont il est question dans cette histoire est le cheikh Dr. Ayman Sha’bânî. Il y avait 17 étudiants qui témoignaient cette histoire, un parmi eux est décédé et les autres la confirment jusqu’à nos jours.

 

Espions des cœurs !

Etudiants de la fin de temps

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Un de nos frères assure volontiers un cours de Coran pour un petit groupe près de Paris. Or il est arrivé plusieurs fois au cours sans trouver mouche qui vole.
 
Triste réalité ! Je me rappelle des étudiants, qui à mon époque, faisaient la course pour arriver les premiers auprès du shaykh et pour lire le Coran.
Avoir une opportunité de lire le Coran est un don et une grâce d’Allah. Négligez ce don et il ne tardera pas à disparaître pour être accordé à d’autres qui sauront mieux le préserver.
 
wallah al’am
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Un de nos frères assure volontiers un cours de Coran pour un petit groupe près de Paris. Or il est arrivé plusieurs fois au cours sans trouver mouche qui vole.
 
Triste réalité ! Je me rappelle des étudiants, qui à mon époque, faisaient la course pour arriver les premiers auprès du shaykh et pour lire le Coran.
Avoir une opportunité de lire le Coran est un don et une grâce d’Allah. Négligez ce don et il ne tardera pas à disparaître pour être accordé à d’autres qui sauront mieux le préserver.
 
wallah al’am

Métiers utiles et l’obligation communautaire

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Dans la juridiction islamique, les obligations des individus sont partagées selon une division binaire, à savoir les obligations dites communautaires et celles dites individuelles.

Au sujet de « l’obligation individuelle », il s’agit de ce qui incombe directement chaque responsable en droit, si certains s’en acquittent, cela ne décharge pas les autres, [ces obligations individuelles comprennent] par exemple la prière et l’aumône légale purificatrice.

Quant à « l’obligation communautaire », c’est ce qui décharge les autres lorsqu’elle est accomplie par d’autres, comme le fait de rendre le salām, d’accomplir la prière mortuaire ainsi que le fait d’exercer des métiers utiles [ayant des usufruits licites] dont les gens ont besoin. Le cordonnier, l’éboueur, le chauffeur, le gardien, le professeur, l’ingénieur, le médecin sont autant de professions indispensables à l’équilibre d’une société humaine, elles relèvent ainsi des obligations communautaires.

Par ailleurs, nous avons pris le soin de revenir sur quelques aspects spirituel dans l’analyse de ces côtés juridiques. Nous nous rappelons donc de l’activité de notre shaykh Muhammad al-ᶜArabî ad-Dighlî qui fut un grand narrateur de ahadith, ayant survécu, par la grâce d’Allah, jusqu’un âge très avancé.
Les dernières heures de cours organisées auprès de lui avaient inspirées à mon ami cheikh Bilâl de Damas – qu’Allah le protège et lui accorde son soutien – une question d’apparence naïve :
– « Ô notre noble shaykh ! Quel était votre métier durant la vie ? »
Le shaykh répondit : « J’étais le serviteur des chaussures des musulmans ».

D’ici se dégagent l’humilité et la sincérité de cette sommité de science. Il considéra son travail comme étant un service pour les musulmans et un travail d’intérêt général. Il ne s’est pas senti gêné de ce métier, qu’est le métier de cordonnier, tant que celui-ci est licite.

Qu’Allah nous accorde l’humilité et qu’Il agrée nos activités et les rende sincères pour Lui.

Parmi les pépites de nos cours de commentaire de l’ouvrage « al-Maqâsid» à l’institut Shâfiᶜî.