Comment éduquer les jeunes dans les mosquées ?

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Ces derniers jours, des gérants associatifs m’ont contacté à propos de l’éducation des jeunes. Un point important a été évoqué concernant l’inspiration et le modèle à donner aux jeunes. J’ai insisté sur l’importance du réalisme de la prédication et le besoin de la daᶜwa. On n’a pas besoin que tout le monde aille étudier les sciences religieuses, mais il faut étudier un minimum.


Cela me rappelle le souvenir d’une figure illustre de l’éducation et de la prédication au Levant, qui adoptait une méthodologie fondamentale sur ce sujet.

Shaykh ᶜAbd al-Karîm al-Rifâᶜî était une des principales causes de la renaissance scientifique au Levant. Il regroupait les jeunes enfants et leur disait :


« Ô mes fils ! Je veux voir parmi vous le shaykh médecin, le shaykh ingénieur, le shaykh pharmacien, le shaykh linguiste… »

Il les guidait pour prendre les sciences d’ici-bas et les sciences de l’au-delà comme l’ont toujours fait les savants musulmans tout au long de l’histoire.

Le temps est passé et nous avons eu, parmi ces enfants devenus adultes, des éminents savants combinant les sciences religieuses aux sciences mondaines comme par exemple :

– L’éminent shaykh, l’expert en lectures coraniques, le muhaddith, Naᶜîm ᶜArqsûsî, spécialiste en langue arabe ;
– L’éminent prédicateur, shaykh Nadhîr Maktabî, spécialiste en langue arabe ;
– Son fils, shaykh Usâma al-Rifâᶜî, spécialiste en langue arabe ;
– Le shaykh mathématicien Usâma Raqrûq ;
– Le médecin, Dr Fârûq Shalaq ;
– Le commerçant pieux, shaykh Yâsîn Rabâba ;
– Le pharmacien expert en lectures coraniques, shaykh ᶜAbd al-Munᶜim Shâlâtî.

On pourrait citer d’autres shuyukh experts dans différentes disciplines des sciences mondaines et religieuses ayant passé leur vie dans la daᶜwa et l’appel à Allah.

Qu’Allah préserve ceux qui sont encore en vie et accorde Sa Miséricorde à ceux qui sont retournés à Lui.

Amin Amin

Ô fils de chien !!

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Certains se sont interrogés sur l’interdiction d’interpeller quelqu’un via sa qualité dans une certaine condition : à savoir le mépris, l’insulte ou le rabaissement. Cela s’applique sur la description de la croyance de la personne, de sa couleur, de son physique ou toute autre caractéristique le concernant.
Ce respect s’applique aussi envers les animaux, non pas par rapport à un droit de l’animal mais surtout de manière éducative.
L’éminent imam mujtahid, fondamentologue et théologien Taqiyy ad-Dîn as-Subkî nous donne une leçon très profonde, adressée en premier lieu à son fils l’imam Tâj ad-Dîn. Dans son ouvrage intitulé « at-Tarshîh », ce dernier a dit :
« Un jour j’étais dans l’avant-cour de notre maison avec un groupe lorsqu’un chien mouillé est passé. Il risquait de toucher nos habits(1) alors je l’ai grondé en disant : « Ô chien, Ô fils de chien ! »
Ainsi, le Shaykh, l’Imam(2), nous a entendus de l’intérieur. Lorsqu’il est sorti, il a dit :
« Pourquoi l’as-tu insulté ? »
J’ai répondu :
« Je n’ai dit que la vérité, n’est-ce pas un chien, fils d’un chien ? »
Puis il répondit :
« Il est ainsi, mais tu l’as dit en tant qu’insulte et mépris, on ne doit pas agir ainsi. »
J’ai dit alors :
« C’est un bienfait scientifique [fâ’ida] : une créature n’est pas appelée par ses caractéristiques si la possibilité de le mépriser n’est pas exclue. » »
Fin de citation.
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(1) Le chien est une impureté majeur. Le fait qu’il soit mouillé signifie qu’il rend les vêtements impures s’il les touche. C’est pourquoi l’imam Tâj ad-Dîn l’a grondé afin d’éviter qu’il touche ses vêtements.
(2) C’est-à-dire son père, l’imam mujtahid Taqiyy ad-Dîn as-Subkî.

 

Shaykh Muhammad Hâshim Abû Tawq

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Un Saint damascène était connu pour aider les gens à se débarrasser des serpents. Le shaykh Muhammad Hâshim Abû Tawq (1267-1382H) avait le don de se faire obéir des serpents et a accompli beaucoup de prodiges. Il était le shaykh de la Tarîqa Rifâ’iyya qui était dans le quartier damascène al-Maydân et siégait dans une grande Zawiya dans le quartier des Compagnons, près de la porte al-Musallâ en face de la mosquée de notre maître le Compagnon Suhayb al-Rûmi, surnommée aussi la mosquée des Compagnons. Cette Zawiya est très ancienne et fut construite il y a sept siècles.

Muhammad Hâshim Abû Tawq a tenu le majlis de dhikr dans le mausolée de l’imam Muhyi-d-dîn chaque samedi matin pendant soixante ans. Son disciple le shaykh Abû Hishâm Muhammad Salîm al-‘Amm a préservé – par la permission d’Allah – la continuité de ce majlis et il n’a pas été délaissé jusqu’à ce jour. Il est actuellement géré par le shaykh Muhammad Yâsir al-Qadmânî.

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hachim

La bienveillance de l’imâm al-Ghazâlî envers ses étudiants

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Après le décès de l’éminent savant shâfi’ite, le linguiste, théologien, rationaliste, dialectique, juriste, principologue, l’imâm al-Kayyâ al-Harâsî en 504H, l’école al-Nidhâmiyya s’est retrouvée vide d’une référence hors pair de son époque. Ainsi, le Vizir Ahmad bin Nidhâm al-Mulk a craint la disparition de l’importance de cette école phare à son époque. Il écrivit donc plusieurs fois à l’imam al-Ghazâlî afin de le supplier de quitter Tûs pour Baghdad.
 
L’imam al-Ghazâlî refusa pour des causes religieuses et mondaines qu’il énuméra dans sa réponse. Celle qui attire notre attention est la suivante :
 
« Premièrement : Ici, à Tûs, il y a environ 150 étudiants pieux, assidus et studieux. Les transporter et organiser leurs affaires là-bas est difficile. Les négliger et les fatiguer en espérant trouver un nombre plus élevé [d’étudiants] dans un autre endroit n’est guère une raison de voyager. Cela ressemble à celui qui prend en charge dix orphelins puis les abandonne en espérant prendre en charge vingt orphelins dans un autre endroit, laissant les [premiers] à la mort et aux maladies. »
 
Puis il ajouta d’autres causes en concluant avec la citation suivante :
 
« En tout cas, c’est le temps de [préparer mes] adieux et non pas le temps de voyager en Irak (hâdhâ waqtu al-firâq lâ as-safari ‘ilâ al-‘irâq).»
 
L’imam al-Ghazâlî mourut très peu de temps après, l’année qui suivit.

Répondre aux besoins des autres

L’imam al-Ghazâlî rapporte qu’Abu Saʿid al-Shaham a dit :
« J’ai vu Sahl al-Sa’luki dans un rêve et lui ai demandé : […] « Qu’en est-il des états [spirituels] que tu as vus [de ton vivant] ? »
Il répondit : « Ils ne nous ont été d’aucune utilité. »
Je lui demandai alors ce que Dieu avait fait de lui et il répondit : « Il m’a pardonné pour les réponses que j’ai apportées aux questions des gens du commun. » »
 
Al-Ghazali, Rappel de la mort et de l’au-delà, Ihya ulum ad-din