L’hésitation dans le mariage

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Beaucoup de frères et sœurs me demandent conseil sur le choix du conjoint. Je remarque que, lorsque beaucoup parmi eux, trouvent la bonne personne, ils hésitent trop. Il faut comprendre que cette vie n’est qu’un ensemble d’opportunités qu’il faut saisir.

Pourquoi on hésite ?
En réalité, je remarque dans les dizaines et dizaines de cas que l’hésitation est due à quelques raisons revenant à un manque de confiance qui implique plusieurs causes. Nous citons celles que nous avons vu concrètement dans les cas exposés de nos jeunes comme suit :

– La fragilité de la situation financière ne doit pas être vue comme un obstacle en soi ! C’est surtout le cas des jeunes étudiants ou jeunes travailleurs. Oh combien d’étudiants non-musulmans en France vivent en couple dans le haram malgré leur situation estudiantine ! La difficulté financière n’est pas une excuse en soi. Si vous avez assez de maturité mentale et spirituelle, ne retardez pas le mariage dès que vous tombez sur la bonne personne qui correspond à votre pensée et à ce que vous cherchez.

– Certaines personnes pensent que la relation époux/épouse est une relation professeur/étudiante ou étudiant/étudiante qui passent le temps à étudier ensemble. D’autres pensent que c’est une relation qui va leur permettre de vivre l’islam au détail près et disent : on va prier qiyâm al-layl ensemble, réciter les invocations ensembles … Ces idées ne sont en réalité que des fantasmes sur le mariage et la vie conjugale. Si tu ne pries pas qiyâm al-layl tout seul chez toi, c’est plus difficile que tu le fasses après ton mariage. Si tu n’étudies pas pendant ton célibat, ne pense pas que tu auras plus de temps pour étudier après ton mariage !

– Certaines personnes hésitent ou décident de retarder le mariage pour motifs professionnels ce qui est très blâmable dans ce cas. Tu as trouvé la bonne personne, ne rate pas cette opportunité à cause de ton travail. Le travail est un moyen et non un objectif en soi. C’est un moyen pour servir ta vie conjugale afin de mieux élever tes enfants ! Il faut bien établir les priorités des choses.

– Certaines personnes décident de retarder le mariage car ne se sentant pas encore prêts. Habibi, tu as dépassé un certain âge (25 ans pour l’homme et 22 ans pour la femme), tu es EN PRINCIPE prêt. Si tu as trouvé la personne qui te semble parfaite par ses qualités et sa pensée, ne bloque pas ce projet en attendant une meilleure maturité ! Si tu estimes que l’autre personne (je reprends les termes d’une sœur) « est trop parfaite pour qu’elle soit pour moi », alors cette personne peut bien t’aider spirituellement, émotionnellement et socialement. Une maturité supplémentaire ne signifie pas que tu vivras mieux dans le futur car tu peux aussi ne pas trouver une personne aussi adéquate pour toi. De plus, le mariage t’accordera une maturité que tu ne pourras jamais acquérir dans toute une vie de célibat.

– Certaines personnes pensent aussi qu’ils vont vivre le mariage en reconquista contre les autres courants islamiques, notamment les salafi qui vivent le fantasme de la critique des innovateurs ou les ashᶜari qui vivent dans la réfutation des salafi. La vie conjugale est bien loin de cela. Une personne salafi et une personne ashᶜarite peuvent se marier et vivre tranquillement. Cependant, ceux qui vivent une reconquista dans leur imaginaire ne peuvent pas tolérer une divergence d’avis, leur vie conjugale sera en soi instable même avec des gens de leur courant, dû à cette pensée figée.

Combien de fois j’ai vu des frères ou des sœurs regretter énormément après que l’autre personne se soit engagée !! Je me rappelle d’un frère à qui j’ai présenté une sœur exceptionnelle répondant à tous les critères qu’il cherchait. Il m’a dit qu’il ne voulait pas se marier pour le moment parce qu’il a d’autres projets actuels. Après trois ans, il me demande de lui parler avec la sœur mais je lui indique que je n’ai plus de ses nouvelles. Il était tellement déçu qu’il voulait voyager à l’autre bout du monde (littéralement car la sœur habitait dans un autre pays très lointain) pour essayer de la chercher ! La blessure du cœur est douloureuse dans ce genre de cas !

En résumé, quand vous trouvez une personne répondant à tous vos critères, priez al-istikhâra (la prière de consultation) et voyez ce que vous sentez. Si vous sentez que la personne en question est la bonne personne, ne tardez pas même si vous avez planifié d’autres plans sur le court terme ou si vous ne pensez pas actuellement au mariage ! Parfois, la bonne personne nous tombe du ciel d’un coup et le mariage arrive sans aucune planification précédente.

Wallah aᶜlam,

Un homme avait sa voiture correctement garée sur le côté quand un conducteur vînt la percuter. Les deux véhicules furent endommagés. Le conducteur du second véhicule contacta le premier pour l’informer de l’accident et lui offrir la réparation de sa voiture mais lorsqu’ils se rencontrèrent, ce dernier remarqua l’état et la pauvreté de son interlocuteur et lui dit alors : « C’est de ma faute et c’est à moi de réparer ta voiture ». Il lui acheta donc les pièces endommagées et lui demanda pardon !

Un grand homme dans une époque de minables !

Photo symbolique.

« La satisfaction est un trésor inépuisable » (proverbe arabe).
J’ai vu un shaykh vivre dans une petite chambre insalubre, dormir par terre sur un matelas et manger peu (parfois rien). Quand je l’ai interrogé sur son mode de vie, il m’a dit :
« Je suis le plus gâté du monde et je vis dans un luxe abusif ! »
C’est la satisfaction de ce que Allah nous donne.

Avec quoi rompre son jeune et que dire au moment de la rupture du jeune

Le musulman veille à rester en relation continue avec Allah. C’est pourquoi le prophète ﷺ nous a enseigné de faire le dhikr (citer Allah) avec chacune de nos activités. Cette recommandation d’invoquer Allah, de le louer et de le remercier s’accentue pendant les moments bénis et les œuvres précieux au regard d’Allah. Le mois de Ramadan est un exemple d’une période d’entrainement spirituel qui participe à notre cheminement vers Allah de part le jeûne ou les adorations qui y sont attachées.

Pour connaître les adhkâr liées à l’accomplissement des différentes œuvres quotidiennes, nous retournons aux recueils de hadith spécialisés comme les livres de adhkār et dans un second degré les livres de shamā’il du prophète ﷺ.

Nous avons été interrogé sur les invocations à réciter au moment de la rupture du jeûne. L’imam al-Nawawî a dédié un chapitre à cette thématique, intitulé «Chapitre : ce que dit le jeûneur au moment de la rupture du jeûne» (بابُ ما يقولُ عندَ الإِفْطَار). Nous citons ci-dessous les invocations en arabe, en translittération et en français.

N°544
 » ذَهَبَ الظَّمأُ، وابْتَلَّتِ العُرُوقُ، وَثَبَتَ الأجْرُ إِنْ شاءَ اللَّهُ تَعالى  »
Dhahaba adh-dhama’u wa-btallati al-ᶜurûqu wa-thabata al-ajru inshâ’a Allâh
La soif est étanchée, les veines sont alimentées et la rétribution est assurée si Dieu le veut.
(Hadîth sahîh, rapporté par Tirmidhî et Abû Dâwûd).

N°545
اللَّهُمَّ لَكَ صُمْتُ، وَعَلى رِزْقِكَ أفْطَرْتُ
Allâhumma laka sumtu wa-ᶜalâ rizqika aftartu
Ô mon Dieu, c’est pour Toi que j’ai jeûné et c’est avec Ta subsistance que j’ai rompu le jeûne.
(Hadîth Hasan, rapporté par Abû Dâwûd)

N°546
الحَمْدُ لِلَّهِ الَّذي أعانَنِي فَصَمْتُ، وَرَزَقَنِي فأفْطَرْتُ
Al-hamdu li-llâh al-ladhî aᶜânanî fa-sumtu wa-razaqanî fa-aftartu
Louanges à Allah qui m’a aidé à jeûner et m’a accordé du rizq (subsistance) pour rompre mon jeûne.
(Hadîth rapporté par Ibn al-Sunnî).

N°547
اللَّهُمَّ لَكَ صُمْنا، وَعلى رِزْقِكَ أَفْطَرْنا، فَتَقَبَّلْ مِنَّا إنَّكَ أنْتَ السَّمِيعُ العَلِيمُ
Allâhumma laka sumnâ wa-ᶜalâ rizqika aftarnâ, fa-taqabbal minnâ innaka anta as-samîᶜu al-ᶜalîm
Ô mon Dieu, c’est pour Toi que nous avons jeûné et c’est avec Ta subsistance que nous avons rompu le jeûne. Accepte de nous, Tu es Toi Celui qui entend et qui connaît.
(Hadîth rapporté par Ibn al-Sunnî).

N°548
ᶜAbd Allâb bin ᶜAmr bin al-ᶜÂs qu’Allah l’agrée a dit : « J’ai entendu le prophète ﷺ dire : Le jeûneur a une invocation qui n’est pas rejeté au moment de la rupture de son jeûne ». Ibn Mulayka (le narrateur du hadith) a dit : j’entendais ᶜAbd Allâb bin ᶜAmr quand il rompt son jeûne dire:  » اللَّهُمَّ إني أسألُكَ بِرَحْمَتِكَ الَّتِي وَسِعَتْ كل شئ أنْ تَغْفِرَ لي  » Allâhumma innî as’aluka bi-rahmatika al-latî wasiᶜat kulla shay’in an taghfira lî ».
Ô Allah, je t’implore par Ta Miséricorde qui a couvert toute chose de me pardonner.
(Hadîth rapporté par Ibn Mâjah).

Ce sont les principaux hadîth sur le sujet, qui sont de différents degrés (sahîh, hasan et daᶜîf avec des preuves de soutiens). Il faut se rappeler que l’invocation est une adoration non restreinte et qu’il est recommandé d’invoquer Allah à tout moment et avec toute invocation. La forme la plus parfaite est de débuter toute invocation méritoire par ce qui est transmis dans les hadîth, puis d’ajouter les invocations transmises d’après les grands savants, puis d’ajouter si on peut nos propres invocations. C’est pourquoi l’invocation combinant ces différentes narrations est bien connues et pratiquées dans les différents pays musulmans jusqu’à nos jours. Nous pouvons bien dire :

Allâhumma laka sumtu wa-ᶜalâ rizqika aftartu. Dhahaba adh-dhama’u wa-btallati al-ᶜurûqu wa-thabata al-ajru inshâ’a Allâh. Allâhumma innî as’aluka bi-rahmatika al-latî wasiᶜat kulla shay’in an taghfira lî.

Le hadîth transmis par notre maître ᶜAbd Allâb bin ᶜAmr bin al-ᶜÂs radiya Allah ᶜanhu est claire sur la recommandation générale d’invoquer Allah au moment de la rupture du jeûne. Il avait ainsi son propre invocation qu’il récitait avant la rupture de son jeûne.

Pour plus de détails, voir : L’imam al-Nawawî : al-Adhkâr, p.190.

Quant au fait de déterminer avec quoi on rompt le jeûne, Salmân bin ᶜÂmir radiya Allâh ᶜanhu a dit : Le prophète ﷺ a dit : « Quand quelqu’un parmi vous rompt son jeûne, qu’il le rompt avec des dattes, s’il n’en trouve pas, avec de l’eau car c’est du pure purifiant (tahûr) ». (Hadîth authentifié par al-Nawawî, rapporté par Abû Dâwûd et Tirmidhî).

D’après Anas radiya Allah ᶜanhu, le prophète ﷺ rompait son jeûne avant de prier en mangeant quelques rutab (dattes non sèches) ; s’il n’en avait pas, il prenait quelques dattes (sèches) ; s’il n’avait pas, il prenait quelques gorgées d’eau ». (Hadîth rapporté par Abû Dâwûd et Tirmidhî qui a dit : Hadîth Hasan).

Pour plus de détails, voir : Shaykh al-Islâm Yahyâ bin Sharaf al-Nawawî : al-Majmûᶜ, vol.6, p.407.

Pouvons-nous nous justifier pour délaisser l’accomplissement du bien ?

On délaisse toujours des actes méritoires sous prétexte de nos différentes occupations quotidiennes. Cependant, nous devons regarder le sacrifice de ceux qui font d’énorme travaux pour se motiver et savoir que si eux réussissent à accomplir cela, nous aussi pouvons accomplir de tels actes.

Un jour un groupe des gens du tabligh sont venus du Pakistan au Liban.

Après la prière de ᶜAsr, ils invitèrent les gens présents dans la mosquée à sortir avec eux pour rappeler les gens à la pratique de l’islam dans les rues. L’imam officiel de la mosquée était là. Alors, ils l’invitèrent à prendre part à cette cette mission avec eux. L’imam s’excusa, expliquant qu’il devait s’en aller assez loin pour une affaire.

Le shaykh pakistanais lui dit : « Tu pourras t’y rendre après incha Allah. »

L’imam répondit : « C’est loin, je dois y aller maintenant pour ne pas rentrer trop tard. »

Le shaykh pakistanais lui dit alors : « Ce n’est pas plus loin que le Pakistan. »

Les yeux de l’imam se remplirent alors de larmes, il le prit dans ses bras et se joignit à eux pour aller prêcher sur le marché.