Nous comptons le mérite auprès d’Allâh

Lorsque j’étais enfant, j’entendais nos aïeux dire « kunnâ ᶜam n’âjir » après être rentré d’un travail ou d’une visite. Je pensais qu’ils parlaient de location ou d’argent mais j’ai compris plus tard qu’ils parlaient du fait de « compter le mérite (ajr) auprès d’Allâh ».

Ces illettrés ont – bien mieux que bon nombre de lettrés et d’étudiants – comprit qu’accorder une part de son temps pour servir les gens, pour visiter un voyageur avant son départ ou après son retour, pour aider quelqu’un dans un travail pénible, etc, est ce qui a le plus de valeur. Ils ont comprit que le mérite et la récompense ne dépendent pas seulement des adorations formelles mais aussi des œuvres sociétales ! Aujourd’hui, j’ai entendu un frère dire, après avoir effectuer un travail pénible pour rendre service à un nécessiteux : « comme ils disaient à l’ancienne : ᶜam n’âjir ». Je me suis alors rappelé d’une anecdote particulière qui m’a mis les larmes aux yeux !

Qu’Allah nous utilise pour le service de Ses serviteurs !
Amin Amin.

علم التوحيد كشف الغيون … أصل التجريد هدم الحصون
La science de l’Unicité est le dévoilement des voiles [du coeur]
L’origine de l’abstraction est la destruction des citadelles [d’attachement aux créatures et de la vie d’ici-bas]

حلُّ التقييد جمع الشؤون … عزّ التأييد أن لا تكون
Le déchaînement réside dans l’unité des affaires [du coeur]
La gloire du soutien divin nécessite que tu n’existes plus.


L’éminent poète et savant de coeur ‘Abd al-Qâdir al-Humsi.
الشاعر العلامة العارف عبد القادر الحمصي.

Entrer dans le mariage comme sur un ring

Je ne vais pas vous parler des droits et des obligations de chaque époux, ni des multiples thèses sur la gestion du foyer, comme celle qui estime que le foyer doit être géré mutuellement, ou que les époux sont des parties égales qui se confrontent et se clachent entre elles etc.

Je veux simplement dire que les problèmes naissent dans notre pensée avant qu’elles naissent dans nos relations. Dans la nouvelle génération il semble y avoir une stimulation préalable aux problèmes et conflits avant même de se marier.

Chaque jeune homme s’interroge sur comment devenir, une fois marié, un « homme » et que son épouse ne lui casse pas sa « parole »* ! Qui t’a dit que ton épouse souhaitait casser ta parole ? Qui t’a dit que si elle contestait une de tes décisions, cela signifierait qu’elle casserait ta parole ?

De même, chaque jeune femme cherche comment être capable de défier et de confronter son époux et comment ne pas devenir la servante au sein de son foyer. Qui t’a dit que la femme au foyer était une servante ? Quand ta mère te préparait à manger chaque jour, durant toutes ces années, était-elle ta servante ou la servante de ton père ?

Le fait de débuter le mariage avec le sentiment de rentrer dans une bagarre et de devoir gagner transforme le mariage en conflit continu et cause sa perte. Dans chaque désaccord entre époux, le simple fait de penser comment gagner contre le conjoint est synonyme d’échec.

L’homme n’est pas celui qui gagne contre son épouse mais celui qui perd volontairement en faveur de celle-ci. La femme n’est pas celle capable de défier et confronter son époux mais celle qui n’a pas besoin de le confronter ni de le défier car elle a épousé un « homme ».

En résumé, il ne faut pas entrer le mariage avec un esprit de défiance. De la même façon que tu prépares ta maison avant le mariage en achetant des meubles et ustensiles, prépare-toi pour le mariage en suivant des formations et des cours sur la gestion de la relation conjugale.

PS ! AVERTISSEMENT ! ATTENTION ! Ne va pas suivre des formations et du coaching avec un formateur ayant plusieurs divorces à son actif ! Celui qui n’a pas réussi son propre mariage ne pourra pas aider les autres à réussir les leurs ! Il se reconstruit financièrement sur ton dos, pas plus !

* désobéissance intentionnelle pour défier et contester …

En dégustant du maté, je méditais un peu sur les maux de la vie conjugale dans la pensée des musulmans de nos jours. Le mariage et l’établissement d’un foyer se sont transformés, d’un moyen de développer le monde à un objectif dans la vie. De nos jours, le musulman concentre toute sa pensée sur les moyens d’acquérir la richesse afin de pouvoir acheter un appartement et le meubler. Puis, le musulman se plonge dans la recherche des besoins de la famille. Ainsi, il perd l’objectif principal pour lequel Allah l’a créé et oublie que le mariage n’est qu’un moyen pour accomplir cet objectif et non un objectif en soi.

En cette soirée bénie, Allâh m’a fait l’honneur d’aller visiter l’un de nos shuyûkh bénis et de pouvoir profiter de sa présence. Une assise riche en évocations et en chants qui nous ont adouci le cœur. Nous avons aussi été honorés par la présence d’autres frères ainsi que les fils de notre shaykh, al-hamdulillah.

Nous avons repris un ancien nachîd d’adieu du Ramadân qui nous rappelle comment et combien les pieux se consacraient aux moments bénis de ce mois. Ils s’attachaient à toute occasion d’adorer Allâh et regrettaient la perte/fin de ces moments.

Nous avons pu prier ensemble, derrière le fils du shaykh ayant une maîtrise exceptionnelle du Coran. Il récitait un juz’ par jour dans la prière de tarâwîh. Sa mémorisation est tellement parfaite qu’on croirait qu’il lit à partir du mushaf ! Le juz’ était ainsi récité en toute fluidité, sans aucune hésitation ni faute, machallah !!

Qu’Allah préserve nos shuyûkh et leurs héritiers ! Nos espoirs se portent sur eux pour la transmission de la religion aux futures générations !

Cette assise m’a remis sur le droit chemin, m’a rappelé la mission que mes shuyûkh m’ont attribuée, et a adoucit mon coeur après avoir ressenti cette triste perte et frayeur d’hier !