L’éducation financière des enfants

Parmi les aspects éducatifs erronées dans nos vies : l’éducation des enfants sur la manière de préserver leurs biens

Cela peut paraître étrange vu qu’il est bien demandé d’éduquer l’enfant sur ces choses. Cependant l’erreur se trouve dans la façon dont les parents façonnent la personnalité de l’enfant qui incarne l’égoïsme et l’avarice. Les arguments sont abondants et ne manquent pas. Il suffit de voir des frères se disputer pour quelques débris de ce bas monde.
Comme tu enseignes à ton enfant que la vente signifie le délaissement de la propriété et l’acquisition du prix, tu ne dois pas négliger de lui enseigner que la sadaqa (don charitable) est une vente différée dans laquelle il paye le prix et il reçoit la marchandise achetée dans l’au-delà. N’oublie pas de lui enseigner aussi que les musulmans sont des frères, s’il aide un musulman pauvre ou nécessiteux, c’est son frère qu’il aide, pas un étranger. C’est pour cette raison que les maîtres éducateurs préconisent de donner de l’argent à l’enfant afin qu’il donne lui-même cet argent en sadaqa et qu’il s’habitue à donner !

Notre communauté possède toujours de bons modèles, elle n’est jamais dépourvue du bien. J’ai vu des frères parmi les gens du Qur’ân qui se disputaient ensemble à propos d’un appartement hérité de leur grand-père. Chacun exigeait que cet appartement soit inscrit au nom de son frère !

Ô Allah ! Ressuscite-nous parmi les gens du Qur’ân et pardonne-nous ainsi qu’à nos parents, nos professeurs et ceux qui nous ont précédé parmi les croyants !

Quand le dhikr d’Allah nous prend le cœur et l’esprit

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Un frère parmi mes proches étudiants, très assidu dans l’apprentissage des sciences et dans le dhikr m’a raconté une anecdote qui lui est arrivé.

Il m’a dit qu’il profite chaque occasion de déplacement pour perfectionner sa concentration sur son dhikr et se détacher de son entourage mondain tout en y vivant. Ainsi, il est sorti pour faire ses courses dans un magasin du coin, situé à 15 min à pieds de chez lui. En commençant ses préparations, il a entamé son devoir quotidien de dhikr de façon à ce que sa préparation soit automatique et que sa pensée soit concentrée sur son dhikr. Puis, il est sorti et est entré dans le magasin. En faisant ses courses, il s’est aperçu qu’il n’a pas porté son masque. Il s’est dit, c’est rien, c’est probablement du à l’absence d’habitude. Quand il s’est mis dans la file devant la caisse, la caissière lui a signalé l’obligation du port du masque et lui a offert un. Devant la caissière, il s’aperçoit qu’il n’a pas ramené ni ses papiers ni son portefeuille ni sa carte bancaire. Il a demandé à la caissière de mettre ses affaires à côté pour revenir ultérieurement les chercher. Une fois sorti du magasin, il a dit que c’est du à sa concentration dans le dhikr et son inattention dans la préparation pour sortir de chez lui. Donc, il s’est vu obligé de rentrer chez lui ramener son portefeuille et sa carte bancaire afin de solder la somme au magasin et ramener ses affaires.

Je lui ai demandé ce qu’il a pensé à propos de cela. Il m’a répondu que c’était une occasion supplémentaire pour qu’il se focalise sur son dhikr et qu’il profite du trajet supplémentaire pour en faire plus.

Je lui ai dit que la leçon principale est différente de cela. Nous devons déduire de cette anecdote des leçons très profondes. La concentration que nous menons dans nos actes mondains est indispensable pour notre réussite dans ce bas-monde. Cependant, nous sommes très négligents et insouciants envers nos actes religieux et que le résultat de cette négligence ne sera que l’échec et la perte. Ainsi, nous devons mener la même vigilance envers nos adorations que celle que nous menons dans nos affaires mondaines. De plus, le degré et le niveau de l’attention pour chaque catégorie d’acte témoignent de la valeur que nous avons dans nos cœurs pour cette catégorie.

J’invites chacun de nous à s’interroger dans son for intérieur sur la valeur réelle de chaque catégorie d’actes dans son coeur.

Qu’Allah nous pardonne pour nos manquements et nous sauve de notre insouciance,
Amin

La parodie spirituelle du Mawlid

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La célébration du Mawlid consistait à lire un livre de hadîth portant sur la vie du prophète . Les savants préservaient depuis longtemps la lecture des livres de Shamâ’il du prophète dans la maison où il est nait. Des chaînes de transmission ou des rapports des majâlis (tibâq al-samâᶜ) précisent ces particularités scientifiques.

Avec le temps, nous avons vu apparaître tout genre de rédaction scientifique dédiés à la vie du prophète , notamment les poésies ou prose stylistes, retraçant sa vie et destinées à la mémorisation d’auprès du public. Quelques axes essentiels constituent le plan commun de ces livres : présentation de la famille du prophète avant sa naissance, description de sa naissance et tous les miracles qui ont eu lieu, présentation succincte de sa vie personnelle, description de son caractère , description de son physique (corporel et vestimentaire) , présentation de sa lignée généalogique . Ces livres intitulés livres de mawlid ont constitué une nouvelle catégorie des sciences de Sira prophétique qui a vu ses sous-division passer de cinq sciences à environ vingt sciences.

C’est dommage de voir des majâlis organisés sous le nom de célébration de Mawlid dans lesquels on ne trouve que des anâshîd (chants spirituels) sans réciter un livre complet sur la vie du prophète . C’est devenu fréquent de voir ces dernières années ce mélange étrange entre un majlis de dhikr et un mawlid.

Les majâlis scientifiques publics de mawlid étaient des majâlis de science, de adab, de majesté ; des majâlis dans lesquels, les savants prennent le relais et occupent le premier rang ; des majâlis auxquels assiste l’ensemble des musulmans afin d’apprendre les détails de la vie du bien aimé et le convenances des savants. Lorsqu’on s’y rendait, on sentait le coeur trembler et sauter de sa place à cause de la majesté et grandeur qui y règne. C’est ainsi que les anciennes générations, notamment dans les capitales scientifiques du monde musulman connaissaient les détails de la vie du prophète et portaient un amour insaisissable pour lui car ils l’ont bien connu et la connaissance donne l’amour.

Cependant, nous voyons, de nos jours, des réunions comprenant certains chants superficiels qu’on ne peut qualifier de madîh, et des anâshîd qui répliquent les poésies musicales dégénérées … qui peuvent blesser parfois les bonnes moeurs et les convenances islamiques. Cette condamnation s’étend également aux rencontres comprenant des paroles majoritairement mondaine et peu liée à l’occasion et des moments de détente profane, voire même de perte de temps.
Même si nous sommes réticents envers ces pratiques moins scrupuleuse avec les normes formelles de la célébration de cette occasion particulière, nous ne pouvons que condamner avec toute fermeté les réunions comprenant des activités illicites, de la mixité ayant l’aspect interdit, des musiques illicites, des paroles illicites entre jeunes de genres opposés …

Qu’Allah nous préserve de toute déviation,

Amin Amin,

Que nos langues ne cessent jamais d’évoquer le Seigneur

Le dhikr est une adoration non formelle (ghayr mundabit) : elle ne dépend ni du nombre d’évocations, ni de la forme, ni du temps, ni du lieu. Il existe des nombres recommandés, des formes recommandées, des temps recommandées et des lieux recommandés. Mais plus on en ajoute et excelle, mieux c’est. Allâh a dit : « et les invocateurs souvent d’Allah et invocatrices : Allah a préparé pour eux un pardon et une énorme récompense » (sourate al-ahzâb, v.35).

Je parlais avec un frère sur le dhikr et notre négligence envers Allah. Je lui ai évoqué le cas des gens de notre époque, bien engagés qui font des répétitions de 5 000, 10 000, 20 000 ou 50 000 évocations par jour. Il m’a dit : « Je ne crois pas trop à ces énumérations, je penses que c’est exagéré ».
Je résume ici ma réponse :

Nous, les négligeants dont je suis le premier, sommes négligents dans nos pratiques, nous n’arrivons même pas à tenir les invocations du matin et du soir. Nous voyons énormes les 100 tasbîh du matin et les 100 du soir. C’est pourquoi il est normal que nous voyons les 1000, 5000 ou 50 000 comme des chiffres exagérés.

Les compagnons – qu’Allah les agrée – conservaient le dhikr d’Allah à tout moment, dans leur déplacement, dans leur assises, en travaillant, même en mangeant. De nos jours, des pieux existent, des saints existent. Ils accomplissent d’énormes œuvres qui sont bien faisables mais qui nous semblent – du fait de notre habitude à la fainéantise – impossibles.

Je connais un grand homme, Hajj Adnân – que je considère, auprès Allah, être un saint – qui a les lèvres qui bougent à tout moment. Quand je le transporte en voiture, ses lèvres bougent. Quand il est chez lui, il a toujours ses yeux fermés et les lèvres qui bougent. Quand il travaille dans son jardin, ses lèvres ne se reposent jamais. Quand on lui parle, il met quelques secondes à commencer à nous parler et ce, afin de terminer les dhikr qu’il récite. Idem, quand il veut parler, on voit qu’il nous regarde puis il nous parle. Quand il est en discussion, ses lèvres bougent entre les arrêts du discours.

Une fois, j’ai osé lui demandé les évocations qu’il répète par jour, il m’a parlé de tasbih, tahmid, tahlil, takbir et surtout surtout la salât ᶜalâ annabi . Quand je lui ai parlé du nombre qu’il réalise par jour, il a souri et m’a dit : « Mon fils, nous on ne compte pas avec Allâh ». J’ai senti la froideur dans le dos, ma peau frissonnait, les larmes aux yeux et je n’ai pas pu reparler. Le silence a régné un instant, puis il m’a dit : « Nous sommes pauvres mon shaykh, nous sommes négligeant envers Allâh ! ».

Les anecdotes sont nombreuses, les leçons le sont également. Ne visez pas directement un objectif énorme à accomplir, ne dites pas je vais répéter 10 000 tasbih par jour tandis que les 100 après chaque prière ou du matin et du soir vous sont lourdes.
Prenez l’échelle étape par étape.
Concevez les invocations du matin et du soir et les invocations après chaque prière comme un moment.
Puis augmentez les doses de vos séances de dhikr.

Qu’Allah nous accorde la sincérité et la persévération dans nos œuvres.

Définition de l’ascétisme

Un soufi de Balkh interrogea le maître al-Junayd sur le sens d’al-Zuhd (ascétisme). Ce dernier répondit : « Si on trouve, on mange, et si on est en pénurie, on patiente ». L’interrogeant rétroqua : « C’est le cas aussi des chiens de Balkh chez nous ». Al-Junayd répondit : « Qu’est ce que l’ascétisme chez vous ? » Le balkhien répondit : « Si on trouve, on privilégie l’autre en le donnant, et si on est en pénurie, on remercie ».

PS : Nous pensons que cette anecdote est mensongère, mais nous profitons de la définition sublime qui y est évoquée.