La Causalité entre les mu’tazilites et les philosophes

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L’imam al-Sanûsî a dit dans son épitre de ‘Aqida dédié aux débutants (sughrâ al-sughrâ) :
« Puis il faut que s’il (le responsable) acquiert cette connaissance par le biais de l’argument, qu’il tranche que cette connaissance est réalisé par la pure création d’Allah de par Sa Grâce, qu’il n’y a aucun effet de l’argument ni de l’idée du responsable dans sa recherche et son acquisition ni par le biais de l’argumentation comme disent les philosophes ni par le biais de la dérivation (tawallud) comme disent les mu’tazilites ».
Commentaire :
Il faut faire attention à ne pas se tromper et considérer l’avis des mu’tazilites identique à l’avis des philosophes, même s’ils se rejoignent partiellement.
 
1- Convergence de leurs avis :
Leurs avis se rejoignent sur le fait que la présence des introductions n’est pas identique à la présence du résultat.
2- Divergence de leurs avis :
Les philosophes considèrent que les introductions sont la condition de l’apparition du résultat par L’Obligatoire (wâjib). Cependant, les mu’tazilites considèrent que les introductions sont la cause de l’apparition du résultat. Donc, les philosophes considèrent que Dieu interfère dans la création du résultat à partir des introductions.
Notons enfin que les philosophes divergeaient sur la façon de l’établissement du résultat par L’Obligatoire sur deux avis : établissement du résultat par le (fayd) d’après L’Obligatoire et l’établissement du résultat par une cause qui rend obligatoire l’apparition du résultat par L’Obligatoire.
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L’imam al-Bâqillânî et l’Empereur Romain

L’imam Abû Bakr al-Bâqillânî était surnommé « Lisân as-sunna » (la langue des sunnites) à cause de sa grande intelligence et de son éminence dans les débats dialectiques. En 371H, le calife de Bagdad l’envoya à Constantinople pour rencontrer l’empereur Byzantin.
 
Lorsque l’Empereur eut connaissance du surnom de son envoyé spécial, il décida de lui faire passer un test. Il lui ordonna donc d’entrer et de se diriger vers la salle du trône, passant par une petite porte toute minuscule, l’obligeant ainsi à s’incliner.
 
Une fois devant la porte, l’imam al-Bâqillânî comprit la ruse. Il entra donc par cette porte en reculant et en s’inclinant. Il se présenta dans la salle du trône le postérieur face à l’Empereur et aux vizirs qui comprirent à quel génie ils avaient affaire.
Al-Bâqillânî entra et les salua sans leur passer le salam, comme ordonné dans la sunna prophétique. Puis, il s’adressa au plus grand moine et lui dit : « Comment allez-vous ? Et vos épouses, vos enfants ? »
 
Agacé, l’Empereur lui répondit : « Ne sais-tu pas que nos moines ne se marient pas et n’ont pas d’enfants ? »
 
Al-Bâqillânî rétorqua alors :
« Allahu Akbar ! Vous interdisez à vos moines le mariage et la filiation, mais vous accusez votre dieu d’avoir épousé Marie et que de leur mariage naquit Jésus, qui serait d’après vous son fils ! »
 
La colère rongea le cœur de l’empereur qui lui dit : « Que dis-tu à propos de ce que ‘Â’isha a fait ? »
 
Al-Bâqillânî dit alors : « Si ‘Â’isha a été accusée, Marie fut accusée également. Elles sont toutes deux pures. Mais ‘Â’isha s’est marié et n’a pas enfanté tandis que Marie a enfanté sans se marier. Laquelle des deux mérite donc le plus cette accusation mensongère, exaltées de cela ? »
 
Fou de colère, l’Empereur s’emporta : « Votre prophète partait en guerre et il combattait dans les premières lignes ? Si oui, gagnait-il ses batailles ou les perdait-il ? Il en a perdu n’est-ce pas ? N’est-ce pas bizarre, un prophète vaincu ?! »
 
Ce à quoi Al-Bâqillânî répondit : « – Et un dieu tué et crucifié ?! » L’empereur n’a pas su répondre.
 
Al-Khatîb al-Baghdâdî : L’histoire de Bagdad, Dâr al-kutub al-‘ilmiyya, Beyrouth, vol.5, p.379.

 

Le shaykh Sâlih al-Ja’farî et les shiites

Le shayk Sâlih al-Ja’farî (1910-1979) a été visité par un groupe de savants shiites qui ont fait son éloge pour ses louanges aux Ahl al-Bayt. Après qu’ils aient terminé leurs paroles, il les a interrogé à propos de leurs shuyûkh. Ils répondirent qu’ils avaient d’éminents shuyûkh et ont commencé à les nommer en citant leurs caractéristiques, leurs sciences, leurs rangs scientifiques et religieux etc … Ce à quoi il répondit :
 
Est-ce qu’ils savent éduquer leurs disciples ?
Les shiites repondirent :
« – Bien sûr que oui, ils sont éminents dans cela également ! »
 
Le Shaykh leur adressa alors cette réponse :
 » – Vos shuyûkh réussissent à éduquer leurs disciples mais le Prophète ﷺ n’a pas réussi à éduquer les siens ? »
 
Ils furent tellement surpris qu’ils ne surent pas quoi répondre.
 
Le shaykh faisait allusion par cette phrase à leur croyance déviante sur les compagnons que Dieu les agrée, ainsi que leurs insultes envers eux et notamment ses grands compagnons comme Abû Bakr, ‘Umar et ‘Uthmân, ainsi que les mères des croyants Hafsa et ‘Â’isha, que Dieu les agréé tous.
salih

L’imam al-Bâqillânî et le prêtre

Un jour, l’imam Abû Bakr al-Bâqillânî rencontra un prêtre.
Ce dernier lui dit :
– » Vous, Musulmans, vous êtes racistes ! « 
L’imam al-Bâqillânî rétorqua : – « Pourquoi donc ? « 
– Vous vous autorisez à épouser des Chrétiennes et des Juives, mais vous refusez aux autres d’épouser vos filles.
– Oui, car nous autorisons nos fils à épouser des Juives car nous croyons à Mûsâ alayhi assalam et à épouser des Chrétiennes car nous croyons à ‘Îsâ alayhi assalam. Quand vous croirez à Muhammad salla Allah ‘alayhi wasallam nous vous autorisons à épouser nos filles !
Al-Khatîb al-Baghdâdî : L’histoire de Bagdad, Dâr al-kutub al-‘ilmiyya, Beyrouth, vol.5, p.379.

Entre vérité et réalité

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La vérité est la véracité en soi, qu’elle soit présente dans la réalité ou non.
La réalité est ce qui est concrétisé en soi, qu’il soit véridique ou pas.
 
Par exemple, les conditions à remplir pour le statut de mujtahid sont quasiment inexistantes dans la réalité actuelle. Le vrai juriste est actuellement irréel mais sa vérité persiste malgré son absence dans la réalité. Les juristes réels, quant à eux, sont des juristes faussaires.