Comment adorer Allah

Un des Saints a dit :
Celui qui adore Allah que par l’amour est un hérétique (Zindîq),
Celui qui adore Allah que par la peur est un harûrî
Celui qui adore Allah que par l’espérance est un murji’
Celui qui adore Allah par l’amour, la peur et l’espérance est un croyant unifiant.
قال بعض العارفين : مَنْ عَبَدَ اللَّهَ بِالْحُبِّ وَحْدَهُ فَهُوَ زِنْدِيقٌ ، وَمَنْ عَبَدَهُ بِالْخَوْفِ وَحْدَهُ فَهُوَ حروري* ، وَمَنْ عَبَدَهُ بِالرَّجَاءِ وَحْدَهُ فَهُوَ مُرْجِئٌ ، وَمَنْ عَبَدَهُ بِالْحُبِّ وَالرَّجَاءِ وَالْخَوْفِ فَهُوَ مُؤْمِنٌ مُوَحِّدٌ
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La harûriyya est un groupe des kharijites.
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La qualification d’Allah

Le sens du Nom : C’est ce qui indique ou signifie la chose nommée en elle-même, al-Dhât (L’Essence)

Le sens de l’attribut : C’est ce qui indique ou signifie un sens complémentaire à la chose qualifiée, sachant que les attributs d’Allah sont présents en lui-même, dans son Dhât (Essence). Ainsi, il est unanimement autorisé de nommer Allah par tout Nom ou Attribut mentionné dans les sources de la charia. De même, il est unanimement interdit de Le nommer ou qualifier par ce qui est interdit dans les textes. Cependant, ce qui n’est pas mentionné explicitement dans les textes ni interdit formellement, mais dont le sens glorifie Allah tout en ne lui donnant pas une caractéristique impossible pour Allah, nécessite une réflexion d’après les opinions des savants :

– L’imam al-‘Ashᶜarî l’a autorisé ainsi que le juge al-Bâqillânî.

– Cependant, l’imam al-Juwaynî ne s’est pas prononcé sur cela.

– Quant aux deux imams al-Ghazâlî et al-Râzî ils ont distingué entre plusieurs cas : ils ont autorisé tous deux l’usage de l’Attribut sans le Nom car l’Attribut est en fait un type d’action tandis que le Nom implique la confirmation d’un sens présent en Lui-même (dans Son Essence).
Comme exemples, nous trouvons qu’il est autorisé de qualifier Allah par : al-Mawjûd [le présent] ; al-Qadîm [l’ancien qui n’a pas de début à son existence] ; al-Sâniᶜ [le Créateur/ Le Façonneur], et autres types de Noms qui ne sont pas présent explicitement dans les textes. En effet, ces qualifications sont tirées de leurs usages courant des savants du Salaf sans qu’elle ne fasse objet de divergence. De plus, cette autorisation est justifiée par l’inspiration que donnent ces Noms d’après le texte, comme par exemple le verset qui dit : « Sunᶜa Allâhi al-ladhî atqana kulla shay’in » [Telle est l’œuvre d’Allah qui a tout façonné à la perfection].

Wallah a’lam

 

Attribut

Le meilleur homme de la communauté

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L’imam Tâj al-Dîne al-Subqî a rapporté dans son ouvrage magistral (Tabaqât al-Shâf’i’iyya al-kubrâ) :
« Une fois, notre maître adh-Dhahabî m’a dit :
« Qui parmi la communauté est UNANIMEMENT meilleur que Abou Bakr al-Siddîq ? »
Je répondit : « Notre maître nous profitera. »
Il m’a dit : « ᶜIsâ, que la paix et le salut de Dieu soient sur lui. Il est de la communauté de notre prophète élu – que la paix et le salut de Dieu soient sur lui – il descendra à la porte de Damas, il suivra son imam et jugera selon cette législation ». ».
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Tâj al-Dîne al-Subqî : Tabaqât al-Shâf’i’iyya al-kubrâ, vol.5, p.221.

Cheikh Ali Tantawi et le prêtre

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Cheikh Ali Tantawi a raconté dans ses Mémoires (vol.8, p.11-12) :
« Les présidents de la république syrienne avaient l’habitude d’inviter aux repas de rupture du jeûne les savants et les juges ainsi que les religieux. J’ai accepté deux invitations seulement, une du président Hâchim Bik al-Atâsî et la seconde du président Chukri al-Quwatlî, qu’Allah leur accorde Sa miséricorde.
Ainsi, ils nous ont rassemblés nous les chouyoukh et les juges de droit musulman avec les prêtres chrétiens. Les discussions dans ce type de réunions étaient vagues, elles touchaient aux problématiques de la société sans les traverser. Cependant, un prêtre nous a surpris par en nous blâmant que nous les considérions mécréants. Les savants présents paniquèrent et le silence envahissait la réunion. Ainsi, j’ai dit au président :
Permettez-moi de prendre la responsabilité de répondre :
Puis j’ai dit à ce prêtre là :
– Crois-tu à ta religion ?
– Oui.
– Qui sont ceux que tu nommes croyants ? Ne sont-ils pas ceux qui croient à ce que tu crois ?
– Oui.
– Comment nommes-tu celui qui ne croit pas à cela ? Ne le nommes-tu pas mécréant ?
Donc, il s’est tu. J’ai ajouté :
Chez toi, le mécréant est celui qui refuse de croire en ce que tu considères comme étant le fondement de la religion et l’essence de la croyance. De même chez nous, les gens sont soit croyants de ce qu’on croit, à savoir le message de Muhammad ﷺ, le Coran qui lui a été révélé, soit ne croyant pas en cela, et nous les nommons mécréants (kuffar). Es-tu donc un musulman ?
Il a répondu en rigolant :
– Bien sûr que non.
Je lui ai répondu :
– Suis-je selon ton avis et les critères de ta religion un croyant du dogme des chrétiens ou bien un mécréant ?
Il s’est tu ainsi que tous les prêtres présents. Je lui ai dit :
– Je te pose une question, si tu ne réponds pas, je vais répondre à ta place. En fait, je suis pour toi un mécréant car je ne crois pas que Jésus est fils de Dieu ni qu’ils sont trois : Le Père, Le Fils et le Saint-Esprit et que ces trois sont un seul, ni à la Rédemption ni aux autres fondamentaux de la croyance chrétienne. De même, tu es pour moi un mécréant car tu crois à ces croyances. Pourquoi tu me critiques pour ce que tu considères comme ton droit ?
Notre religion est claire et apparente, elle ne contient rien de caché ni de secrets. Le Coran est lu dans toutes les radios du monde, je l’ai même entendu dans la radio israélienne. Le Coran dit :
Certes sont mécréants ceux qui disent : « Allah, c’est le Messie, fils de Marie!  » (Mâ’ida 17).
Puis il est dit dans un autre verset :
Ce sont certes des mécréants, ceux qui disent : « En vérité, Allah est le troisième de trois. » (Mâ’ida 73).
La croyance et la mécréance sont donc relatif, ce que tu nommes mécréant, je le nomme croyance, et ce que je nomme mécréance, tu le nommes croyance. Allâh tranchera entre nous le Jour de Résurrection.
Ils se sont donc tus.».

L’épitre de ‘Aqida Tahâwiyya

Question :

As salemwaleykoum cheikh

Je voudrais savoir quel est votre avis sur le livre de ‘aquida « At tahawiyya » car un frère nous propose de l’étudier ensemble mais j’ai trouvé des gens qui mettent en garde contre ce livre et franchement je ne sais plus quoi penser .

Pouvez vous m’éclairer cheikh?

barakAllahoufik par avance
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wa alaykom assalam wa rahmatu Allah
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Al ‘aqida al tahâwiyya est l’esquisse de la croyance de ahlu as-sunna.

L’imam al-Tahâwî était au en premier lieu shâfi’ite et parmi les disciples de son oncle, l’imam Al-Muzanî, ainsi que de l’imam Al-Buwaytî, qui sont tous les deux les deux plus grands disciples de l’imam al-Shâfi’i. Il a changé son école et devenu hanafite et a étudié auprès des éminents savants hanafites de son époque.

Ainsi, son épître de ‘aqida résume la croyance de l’imam al-Shafi’î (un seul intermédiaire entre lui et al-Shafi’î) et de l’imam Abû Hanîfa (3-4 intermédiaires entre lui et Abû Hanîfa).

Al-mujtahid, la référence des musulmans de son époque, l’imam al-Subqî a dit :

« La majorité des quatre écoles sont sur le droit chemin, ils lisent ‘aqidat al-Tawî qui a été bien reçu par les savants, les prédécesseurs et les savants tardifs ».

Pourquoi mentionner la citation de l’imam al-Subqî ?

Simplement pour prouver que cet ouvrage ne contredit pas les écoles ash‘arite et maturidite.

En effet, ces deux dernières sont une prolongation de la croyance des salafs, leur simple particularité est l’usage de la logique et la science de kalâm. Ainsi, il faut se MÉFIER de ceux qui enseignent cet épître de ‘aqida en prétendant dire qu’il est une croyance salafi contraire à la croyance des ash’arites et maturidites. Ce point là est fondamental, car cet essai d’interprétation se confronte à une citation explicite de négation de la direction pour Allâh Le Très Haut (nafyu al-jiha). En arrivant à cet endroit-là dans l’ouvrage, ils tournent sur eux-mêmes, puis cherchent des excuses et une n-ième manière de détourner l’expression de l’imam al-Tahâwî. Enfin, il faut ausi se méfier des commentaires de cet épître publiés en français. Ils sont pour la plupart issus de cette perspective wahhâbite. Le seul commentaire rédigé en français que nous recommandons est celui du cheikh Corentin Pabiot.

Personnellement, j’ai beaucoup de choses à dire sur ce sujet. Comme vous le constatez, je ne fais pas de guerre anti-wahhâbi et je ne suis pas malade par une obsession anti-wahhâbi comme beaucoup de sectaires sunnites. A ce niveau là, je pourrais qualifier certains sunnites de « ghulât al-‘ashâ’ira ». Ce n’est pas le bon comportement, ni la science qui implique ce type de discussion.

Dieu est plus savants.