Courants dogmatiques des hanbalites

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Dans leurs attitudes envers les Attributs divins, les hanbalites ont trois courants :
 
Le premier : Ceux qui confirment (yuthbitûn) les Attributs, nient les organes pour Allah, interdisent le ta’wîl et ne font pas sortir les ashᶜarites du cadre de Ahlu as-sunna wal-jamâᶜa. C’est le courant représentatif de la majorité des hanbalites.
 
Le second : Ils sont similaires au premier courant mais autorisent le ta’wîl et c’est l’avis adopté par Ibn al-Jawzî et par Ibn ᶜAqîl.
 
Le troisième : Ce sont les anthropomorphistes qui s’affilient eux-mêmes aux hanbalites et ils sont minoritaires. Ce sont ceux qui pensent que les Attributs informatifs (sifât khabariyya) sont des parties de Dieu. Ils confirment la jiha (direction), le julûs (assise), l’istiqrâr (stabilité) sur le Trône. Certains parmi eux ont prétendu que le Trône est rempli par Allah, d’autres ont dit qu’il reste la surface de quatre doigts sur laquelle le Prophète ﷺ s’assoie. Ils confirment (yuthbitûn) le nuzûl (descente) dans le sens de déplacement corporel et matériel du Trône du ciel au bas monde, tout en ayant une divergence entre eux si le Trône deviendra vide de Lui ou non. Certains parmi eux, à savoir un courant des hanbalites de Khurasân, ont exagéré dans leur anthropomorphisme jusqu’à dire que les lettres que nous écrivons sont qadîma (incréées) comme l’a transmis Ibn az-Zâghûnî al-Hanbalî dans son ouvrage « al-‘îdhâh ». Certains parmi eux admettent la présence des choses créées dans l’Essence divine considérée Qadîma (Incréée). D’autres avis très bas furent adoptés chez certains d’entre eux que nous nous préservons de les citer.
 
Wallah a’lam,
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Le jihâd des savants

Dans son épître de croyance intitulé « al-Mulha», l’imam al-ʿIzz bin ʿAbd as-Salâm dit  :

ولكن قد أمرنا الله بالجهاد في نصرة دينه إلا أن سلاح العالم علمه ولسانه كما أن سلاح الملك سيفه وسنانه فكما لا يجوز للملوك إغماد أسلحتهم عن الملحدين والمشركين لا يجوز للعلماء إغماد ألسنتهم عن الزائغين والمبتدعين …

« Allah nous a ordonné de nous engager dans le jihâd pour donner la victoire à Sa religion. Cependant, l’arme du savant est son savoir et sa langue tout comme l’arme du souverain est son épée et ses lances. Ainsi, tout comme les dirigeants n’ont pas le droit de déposer leurs armes devant les athées et les polythéistes, les érudits n‘ont pas le droit de se taire devant les égarés et les innovateurs. »

Notons enfin, qu’al-Mulha fut entièrement cité par l’imam Tâj ad-Dîn as-Subkî dans son recueil biographique des savants shafiite « Tabaqat al-Shafi`iyyat al-Kubra », t.8, p.228.

 

Traduction de notre frère ‘Abdallah Zarrûk.

Échelle d’apprentissage de la ʿaqida sunnite ’achʿarite

L’apprentissage de la ʿaqida sunnite passe, comme toute science, par une échelle d’apprentissage. Les échelles d’apprentissage regroupe des ouvrages spécialisés d’ordre croissant de profondeur et de niveau.
La ʿaqida sunnite Achʿarite est enseignée selon l’échelle suivante:

1- al-Muqaddimât assanusiyya de l’imam as-Sanûsî

2- al-Kharîda al-Bahiyya de Ahmad ad-Dardîr

3- Sughrâ as-Sughrâ de l’imam as-Sanûsî

3- as-Sughrâ de l’imam as-Sanûsî

4- Jawharat at-Tawhîd d’al-Laqqânî

5- al-Wustâ de l’imam as-Sanûsî

6- al-‘Iqtisâd fî al-‘i’tiqâd de l’imam al-Ghazâlî

7- al-Kubrâ de l’imam as-Sanûsî

8- al-ʿAqâid an-Nasafiyya

Puis l’étudiant commence à lire et à étudier les ouvrages avancés de croyance islamique et de croyance comparée. Ce cursus s’inscrit au sein de la formation traditionnelle et se voit entourer par les cursus des autres sciences indispensables à la compréhension de cette discipline. Avant d’aborder l’ouvrage « al-‘Iqtisâd fî al-‘i’tiqâd », de l’imam al-Ghazâlî, il faut étudier la science de Logique qui est indispensable pour la compréhension des justifications rationnelles et logiques, son importance s’accentue avec la progression dans le niveau des livres étudiés.

 

Dieu est plus savant,

Muhammad bin ‘Abdelwahhâb et le Takfîr d’ibn ‘Arabî :

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Dans sa lettre aux gens de Qasîm, Muhammad bin ‘Abdelwahhâb nie avoir fait le takfîr (annoncer la mécréance) d’Ibn ‘Arabî.
Il dit :
“[On prétend] que je dis que la divergence des savants est une malédiction, que je fais le takfîr de ceux qui font le tawassul par les pieux, que je fais le takfîr d’al-Bousîrî […] que j’interdis la visite de la tombe du Prophète salla Allah ‘alayhi wasallam […] que je fais le takfîr d’Ibn al-Fârid et d’Ibn ‘Arabî, […] Ma réponse à ces accusation est de dire : Ô Dieu Exempt d’imperfections, c’est une grave accusation mensongère.”
 
Puis il déclare dans un autre ouvrage (le recueil des oeuvres, vol.1, p.189) :
“Parmi les gens les plus égarés [figurent]: des soufis à Mi’kâl et autres régions, comme les fils de Mûsâ bin Jû’ân, Salâma bin Mâni’ et d’autres. Ils suivent l’école d’Ibn ‘Arabî et d’Ibn al-Fârid. Les savants ont cité qu’Ibn ‘Arabî est parmi les imams de l’Unification (union de Dieu avec les créatures). Ils sont pire mécréants que les chrétiens et les juifs. Toute personne qui n’est pas entrée dans la religion de Muhammad salla Allah ‘alayhi wasallam et ne s’est pas débarrassé de la religion de l’Unification est un mécréant.”
 
À cela, je réponds : “Il faut qu’il se stabilise sur un avis, takfîr ou pas takfîr. Il est possible de recourir au tirage au sort.”

Entre le Tafsîr et le Ta’wîl

Le fameux linguiste Ibn Ya’îsh nous explique dans son glorieux commentaire sur al-Mufassal (vol.1, p.25) la différence entre le Tafsîr et le Ta’wîl en disant :

 

« La différence entre le Tafsîr et le Ta’wîl c’est que le Tafsîr est le dévoilement du sens voulu de l’expression, qu’il soit apparent ou dissimulé tandis que le Ta’wîl est l’éloignement de l’expression du sens apparent vers un autre sens supporté par l’expression. Ainsi, tout Ta’wîl est un Tafsîr mais tout Tafsîr n’est pas un Ta’wîl ».

‏الفرق بين التفسير والتأويل أن التفسيرَ الكشفُ عن المراد من اللفظ سواء كان ذلك ظاهراً في المراد أو غير ظاهر ، والتأويل إنما هو صرف اللفظ عن الظاهر إلى غيره مما يحتمله اللفظ ، فإذاً كلُّ تأويل تفسير ، وليس كلُّ تفسير تأويلاً.

Ainsi, on voit bien que le Ta’wîl n’est pas une contradiction du sens de l’expression car il recourt à un sens – qui peut être supporté par l’expression – autre que le sens apparent. D’où le fait que décrédibiliser le Ta’wil pour le simple fait qu’il soit un Ta’wîl n’a aucune base scientifique hormis l’ignorance.