Les sciences étudiant la vie du Prophète ﷺ

Aux premiers siècles de l’islam, l’étude de la vie du prophète ﷺ faisait l’objet de cinq sciences représentées par les livres portant leurs titres :

Sira : C’est la science qui retrace les événements majeurs dans la vie du prophète ﷺ afin d’en extraire les règles juridiques relatives aux droits de la grande imâma (droits constitutionnel et administratif), des siyar et maghâzî (droit international) et de façon plus secondaire, les règles fiqh relevant d’autres disciplines juridiques.

Shamâ’il : C’est la science qui retrace le comportement du prophète ﷺ dans sa vie, ses habitudes, sa vie au quotidien. C’est la science adressée à l’ensemble des musulmans pour leur présenter le modèle de la vie du prophète ﷺ dans son quotidien.

Dalâ’il : C’est la science qui étudie les preuves de la prophétie du prophète ﷺ.

Faḍâ’il : C’est la science qui étudie les mérites du prophète ﷺ.

Khasâ’is : C’est la science qui étudie les règles particulières propres au prophète ﷺ.

Avec le temps, les sciences se sont ramifiées, un grand nombre de disciplines sont apparues au sein de cette classification générale. De plus, certains ouvrages se sont permis d’adopter une méthodologie combinant les différentes sciences précitées.

De nos jours, les musulmans ont perdu la boussole, ils veulent apprendre la vie du prophète ﷺ dans son quotidien en se dirigeant vers la discipline qui ne traite pas de sa vie ﷺ !

Le fanatisme dans le suivi des écoles

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Le fanatisme (ta’assub) dans le suivi d’une école est le fait que tu penses que cette école est la seule sur la vérité et que tout ce qui est différent est erroné ; que tu élèves cette école et que tu rabaisses les autres ; que tu sois gêné et embêté chaque fois qu’un imam autre que le tien est loué ; que tu penses que ton imam est meilleur que les autres que tu classes en-dessous de lui en terme de mérite et de rang. C’est un sectarisme critiqué et réfuté chez les savants.
 
Cependant, le fait que tu imites seulement ton école juridique et que tu essaies de soutenir ses avis et ses fondements de façon scientifique sans rabaisser les autres écoles n’est aucunement un fanatisme (ta’assub) mais une solidité dans le suivi de l’école. Ceci est louable.

Anarchie juridique

Les écoles juridiques des Compagnons (sahaba) et de leurs disciples (tabi’in) se sont regroupés dans les quatre écoles. De plus, l’ensemble des savants de la jurisprudence, du hadith et du Coran ont établi les règles assurant une compréhension saine du Coran et de la Sunna conformément aux finalités législatives et aux sciences de la langue arabe. Cela a assuré la prospérité de la science islamique durant des siècles ce qui est prouvé par l’histoire.

Par contre, les coranistes, les réformistes et les moujtahidîn de la masse ont dépassés ces règles par leurs passions. Ces transgressions s’aggravent de jour en jour dans une époque dépourvue de contrôle du discours scientifique. C’est leurs activités qui sèment le désordre juridique et allument la division et la controverse entre les musulmans. Notre situation actuelle le prouve.

Critères de la réussite

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Dans la conclusion de son exégèse du Coran [at-Tafsîr al-Munîr], l’éminent jurisconsulte, exégète, ‘usûlî cheikh Wahbah az-Zuhaylî a dit :
 
Je peux dire en me basant sur une expérience et une pratique, après avoir souffert dans la rédaction et la compilation des ouvrages dans le milieu académique de plus qu’un quart d’un siècle de fiqh, des fondements du fiqh, des sciences de hadith, de l’exégèse du Coran et des autres sciences, que :
la croyance ne se rectifie et les significations n’apparaissent dans le cœur que par le Coran ;
le comportement du musulman ne se corrige que par la compréhension du Livre d’Allah ;
l’âme ne s’adoucit – après le Coran – que par le hadith du Prophète salla Allah ‘alahi wasallam et sa spiritualité inondante ;
l’acte du musulman n’est valide que par les statuts juridiques présentés dans les ouvrages de fiqh ;
la raison et la compréhension ne sont pas une protection de tomber dans l’erreur ;
et enfin, les statuts juridiques de la législation ne se normatise que par les fondements du fiqh.

De l’illusion de la connaissance par la lecture arbitraire

La lecture assidue des ouvrages intellectuels et l’assistance aux séminaires et conférences des auteurs et intellectuels sans un bagage scientifique solide (à la fois en droit musulman, en croyance et en spiritualité) est une perte de temps et de l’âme. Pire des intellecto-manes sont les littératuro-manes, surtout ceux dont la lecture se limite aux contes et récits. Ces rédactions, comme la drogue, donnent l’illusion d’être rempli [de connaissances] tandis que tu en es vide, et d’être riche [en savoir] tandis que tu en es pauvre. Les contes et récits ne construisent pas une culture ou un étudiant en sciences.
Le pire effet de la lecture intellectuelle dépourvue de sciences est le désir ardent de donner son avis sur toute chose. Cela tue le sens de la quête de science et d’apprentissage ainsi que le besoin d’un maître spirituel pour s’éduquer auprès de lui. Pire encore, cela risque d’imprégner la personnalité d’un ego surdimensionné risquant de critiquer la science d’une perspective idéologique, intellectuelle et sociale qui ne sont pas les siennes mais que l’on a emprunté de l’imagination d’un conte, du génie d’une fiction dans un récit ou d’une prétendue méthodologie scientifique qui est en réalité non-scientifique.
 
La survie des nations ne se fait que par la science qui est « parole prouvée par un argument » et non pas de simples idées liées entre elles d’une manière attirante. Le développement se base sur la spécialité scientifique et non pas par l’impression scientifique dominant les rédactions intellectuelles. Enfin, la culture personnelle ne se construit pas par les contes et récits mais par la lecture sérieuse dans les ouvrages d’introduction à chaque science qui sont dédiés pour les non-spécialistes.
 
J’ai le regret de dire que la culture de lecture arbitraire et non-encadrée dominant la société occidentale a imprégné les musulmans en France par ses effets nocifs. Cependant, son côté positif est aussi présent, à savoir l’amour de la lecture et la discussion scientifique.
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