Les musulmans du Caucase sont des disciples de l’école shafiite. Les savants de cette région ont produit une grande littérature islamique en arabe et dans différentes langues locales.
Actuellement, certains savants là bas pratiquent des langues perdues et préservent ainsi ces langues de la disparition totale en enseignant des livres rédigés dans ces langues.

Photo de l’imam Muhammad Shâmil, leader de la révolution caucasienne contre les Russes.

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Le génie de ingénierie islamique : Badî’ az-Zamân al-Jazarî

Badî’ az-Zamân (le génie de son temps) al-Jazarî (1136-1206) est l’ingénieur qui a présenté le premier robot mécanique.
Ses rédactions présentent pour la première fois le principe de la transmission de l’énergie dans le Vilebrequin et établissent le fondement du fonctionnement des moteurs sur le principe des pistons. Sa vision fut appliquée durant plusieurs siècles après son décès.
Il a également été l’inventeur la Trousse transversale.
Il a développé des moyens de transporter l’énergie entre différents axes lui permettant d’innover des outils très pratiques (notamment utiliser la force du courant d’eau).
Dans son livre, il expose ses inventions : des instruments très compliqués biens détaillés et assurant les besoins de la vie humaine.
razzaz

Les mamelouk et la 7e croisade :

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L’an 647H connut une nouvelle croisade, particulièrement dangereuse car elle arriva en Orient en même temps que la maladie du grand roi ayyubide aṣ-Ṣāliḥ ’Ayyūb, devenu vieux. Les croisés avaient réussi à assiéger Dumyāṭ et à la prendre. Les croisés implantés en Égypte, aṣ-Ṣāliḥ ’Ayyūb décéda. La relève fut alors prise par son épouse Shajarat ad-Durr et l’armée fut dirigée par le général mamelouk Fārisu-d-Dīn Aqṭāy. Après un échec, le plan audacieux de la bataille décisive d’al-Manṣūra fut rapidement établi par le génie de guerre, le commandant mamelouk Baybars al-Bandaqdārī. Ce fut une victoire pour les musulmans : les croisés furent brisés dans cette grande bataille.
Poursuivis par les musulmans, les croisés furent quasiment anéantis à Varscore où le roi de France Louis IX, et sa suite tombèrent sous les mains des musulmans le 6 avril 1250. Le roi fut emprisonné dans la maison du juge Ibrāhīm bin Luqmān sous la garde d’un homme nommé Ṣabīḥ al-Muʿazhzhamī. Ses deux frères, Charles d’Anjou et Alphonse de Poitiers, ainsi qu’une partie de sa suite furent emprisonnés dans la maison d’Ibn Luqmān. Les soldats furent emprisonnés dans un camp établi à l’extérieur du Caire.
Tūrān Shāh, fils du roi aṣ-Ṣāliḥ ’Ayyūb, ne put contrôler le pays car il entra en conflit avec ses esclaves-guerriers (mamelouks) et fut assassiné quelques mois après le début de son règne. Le pouvoir fut alors bien contrôlé par ces derniers qui établirent un nouvel État fort qui sera un rempart face aux menaces des croisés et des Mongols.

De notre ouvrage sur l’imam an-Nawawî (Contexte politique).

Dévêtement de la Kaᶜba

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Dans son recueil d’histoire al-Bidâya wa-n-Nihâya, Ibn Kathîr dit à propos de l’an 644H :

Durant cette année, il eut un vent orageux à La Mecque le mardi du dernier tiers de Rabîᶜal-‘âkhir qui enleva le rideau couvrant la noble Kaᶜba. Celui-ci était ancien car il datait de l’an 640, sans qu’il n’ait été rénové par le Calife. Le vent ne s’est arrêté que lorsque la Kaᶜba fut (complètement) découverte et que le rideau noir soit enlevé. Cela fut un présage de la fin de l’État abbaside et un avertissement de ce qui se passera ultérieurement avec l’épisode des tatares, qu’Allah les maudisse(1).

قال ابن كثير في البداية والنهاية مدونا أحداث سنة ٦٤٤ه‍ :
وفيها هبت رياح عاصفة شديدة بمكة في يوم الثلاثاء من عَشَرَ رَبِيعٍ الْآخِرِ، فَأَلْقَتْ سِتَارَةَ الْكَعْبَةِ الْمُشَرَّفَةِ، وَكَانَتْ قَدْ عَتُقَتْ، فَإِنَّهَا مِنْ سَنَةِ أَرْبَعِينَ لَمْ تُجَدَّدْ لِعَدَمِ الْحَجِّ فِي تِلْكَ السِّنِينَ مِنْ نَاحِيَةِ الْخَلِيفَةِ، فَمَا سَكَنَتِ الرِّيحُ إِلَّا والكعبة عريانة قد زَالَ عَنْهَا شِعَارُ السَّوَادِ، وَكَانَ هَذَا فَأْلًا عَلَى زَوَالِ دَوْلَةِ بَنِي العبَّاس، وَمُنْذِرًا بِمَا سَيَقَعُ بَعْدَ هَذَا مِنْ كَائِنَةِ التَّتَارِ لَعَنَهُمُ اللَّهُ تَعَالَى.

Dans Kunnâshat al-‘iᶜtibâr, Ibn al-Husayn dit :

Certains historiens ont dit que le dévêtement de la Kaᶜba par le vent peut indiquer la mort du sultan ou la fin de son pouvoir. Lorsque al-Mansûr az-Zâhir est descendu, un vent a soufflé à La Mecque et a dévêtu les murs de la Kaᶜba. Les gens l’ont pris comme un bon signe pour la mort d’al-Mansûr, ce qui se réalisera. Également, Ibn Kathîr a cité durant les actes de l’an 644H qu’un vent orageux a dévêtu la Kaᶜba et que cela fut un présage de la fin de l’État abbaside.

قال ابن الحسين في كناشةالاعتبار (قال بعض المؤرخين أن انكشاف الكعبة بالريح(قد)يشير إلى هلاك السلطان او زوال حكمه فلما نزل المنصور الزاهر هبت ريح كشفت جدران البيت فتفاءل الناس بموت المنصور فحصل. وذكر ابن كثير في عام644هبت عاصفة فكشفت الكعبةقال فكان ذلك فألا على زوال دولةبني العباس)

J’historie :
Durant le pèlerinage de l’an 1439H, un vent orageux souffla à La Mecque entraînant le dévêtement de la noble Kaᶜba. Les gens furent donc optimistes et le prirent comme un présage de la mort du tyran gouvernant le Hijâz, le Najd, al-‘Ahsân, le nord du Yémen et d’autres contrées musulmanes d’Arabie ou de la fin du pouvoir de sa dynastie corrompue.

وفي حجّ سنة تسع وثلاثين وأربعمئة وألف، هبّت ريح عاصف بمكّة فألقت ستار الكعبة المشرّفة. فتفائل الناس بموت السلطان الظالم ممن يلي بلاد الحجاز ونجد والأحساء وشمال اليمن وبعضاً من بلاد الجزيرة أو بزوال ملك قومه الفاسدين. والله غالب على أمره.
(1) Ibn Kathîr : al-Bidâya wa-n-Nihâya, éd. al-Ma’ârif, 7e édition, Beyrouth, vol.13, p.170-171.

Lumières de la biographie d’Abû at-Tayyib at-Tabarî

C’est l’imam, Shaykh al-‘Islam, le juge shafiite Abû at-Tayyib, Tâhir bin ‘Abdillâh bin ‘Umar, at-Tabarî.

Né en 348, il a étudié auprès des grands jurisconsultes de Jurjân et de Bagdad où il s’est installé pour enseigner et diffuser la science. Il lui fut attribué la magistrature du quart du quartier al-Karkh à Bagdad.

Il était un illustre savant de son époque, une référence en fiqh shafiite et ses ‘usul, un éditeur (muhaqqiq) dans l’école, un mujtahid mutlaq (absolu) affilié à l’école shafiite.

Il était connu pour son intelligence et son humour. Il est transmis qu’il a déposé des chaussures auprès d’un cordonnier afin de les réparer. Ce dernier s’est mis à retarder la réalisation de son travail. Chaque fois que l’imam lui réclamait ses chaussures, le cordonnier les mettait dans l’eau et disait : « Je vais les réparer de suite ». Après que cette anecdote fut répétée plusieurs fois, l’imam lui dit : « Je t’ai donné Mes chaussures pour les réparer et non pas pour leur apprendre à nager. »

L’imam al-Khatîb al-Baghdâdî dit : « J’ai entendu Muhammad bin Ahmad al-Mu’addib (l’éducateur) dire : « Abû at-Tayyib at-Tabarî est plus savant qu’Abû Hâmid al-‘Asfarâyînî et j’ai entendu ce dernier dire : « Abû at-Tayyib est plus savant qu’Abû Muhammad al-Bâqî. » »

Il fut très âgé sans qu’aucun de ses organes ne se mette à mal fonctionner. Le juge Ibn Bakrân dit :

« J’ai interrogé le juge Abû at-Tayyib, après qu’il fut très âgé, en disant :

« Tu bénéficies d’organes [sains et saufs] ô notre vieux shaykh. »

Il m’a répondu :

« Pourquoi pas ? Je n’ai jamais désobéit à Allah par l’un d’eux. » »

D’après une autre narration, il a dit : « Nous les avons gardé pour Dieu durant notre jeunesse, Dieu nous les a donc préservé durant notre vieillesse ».

Plusieurs ont transmit d’après lui confirmant qu’il dit : « Nous avons entendu Abû at-Tayyib dire :

« J’ai vu le Prophète ﷺ dans mon rêve. Je lui ai dit :

« Ô Messager d’Allah, vois-tu ceux qui transmettent que tu as dit : « Qu’Allah embellisse quiconque qui entend ma parole et la comprenne ». Est -ce véridique ? »

Il m’a dit : « Oui » » »

Il est décédé à l’âge de 102 ans, sans que sa pensée soit touchée par la vieillesse. Il a continué à émettre les fatâwâ, à échanger avec les savants en leur corrigeant leurs avis et leurs rédactions, à juger les litiges et à assister aux cérémonies et événements jusqu’à son décès.

Il est auteur d’un grand nombre d’ouvrage dans l’école, notamment dans le Khilâf fî al-madhhab [la divergence dans l’école], les fondements et la dialectique. Il a commenté le fameux « Mukhtasar » de l’imam al-Muzanî, le disciple de l’imam Shafii, dans sa fameuse « Ta’lîqa » de 50 volumes, il a aussi « al-Mujarrad», dans le fiqh de l’école.

 

Qu’Allah l’agrée et l’élève auprès de Lui.