Science de Dalâ’il al-Nubuwwa

La science de Dalâ’il al-Nubuwwa [les preuves de la prophétie] est celle qui retrace les miracles témoignant la véracité du message. Cette science se nomme al-Muᶜjizât al-Nabawiyya [les miracles prophétiques], Dalâ’il al-Nubuwwa [les preuves de la prophétie] ou Aᶜlâm al-Nubuwwa [les signes indicateurs de la prophétie]. Les expressions relatant cela dans les textes sont âya, bayyina et burhân qui donnent les mêmes sens que les surnoms précités.

L’imam Ibn Hajar al-ᶜAsqalânî a précisé que la notion «preuves de la prophétie» est plus large que «miracles prophétiques». Les miracles sont propres aux faits englobant le sens du défis contre les non-croyants en transgressant les normes de la nature et de l’habitude de la personne défiée. Quant aux signes, ils sont dépourvus du sens de défi.

Ibn Hajar al-ᶜAsqalânî a dit : « al-Nawawî a mentionné dans l’introduction de son commentaire de Ṣahîh Muslim qu’ils [les preuves] dépassent 1200 !».

Les preuves de la prophétie se divisent en preuves morales (maᶜnawiyya) et preuves matérielles (hissiyya). Les premières sont comme ses nobles mœurs, sa grande biographie, ses paroles, ses actes… Les secondes sont le Coran, les miracles matériels comme la scission de la lune, le tasbih des pierres, des caillous et des arbres en sa présence ou dans ses mains, l’écoulement de l’eau d’entre ses doigts, l’augmentation de la nourriture qui devient interminable, son dialogue avec les animaux, les plantes et les djinns, sa connaissance du futur et des choses absentes…

Cette science fut au début étudiée dans les livres de sira, de hadith et d’histoire. Puis, elle est devenue une catégorie à proprement parler. Son apparition est très ancienne, les premiers recueils de sira dédient des chapitres aux preuves de la prophétie et aux miracles prophétiques.

Nous remarquons que les savants ont toujours tendu vers l’acceptation des ahâdîth faibles et très faibles dans ce domaine.

WAllah aᶜlam.

Les caractéristiques prophétiques (al-Khasâ’is)

Parmi les sciences dédiées à la vie du Prophète ﷺ, nous trouvons celle dédiée à l’étude de ses caractéristiques propres, à savoir ce qui concerne seulement Prophète ﷺ. Certains comportements peuvent être propres à lui ﷺ, comme le droit d’épouser plus que quatre femmes en même temps, l’obligation de prier la nuit (Qiyâm al-Layl)…

Les Khasâ’is se trouvent dans les livres détaillés de Sira, les livres d’histoire, les livres de hadith, dans les livres de fiqh et dans les livres dédiés aux Khasâ’is à proprement parler.

Le premier qui a écrit à ce sujet est l’imam Shafiᶜi, puis ibn al-Qâss puis al-Bayhaqi (tous deux shafiᶜites). Le premier livre dédié aux Khasâ’is est d’Ibn Duhayya al-Kalbî (633H).

Parmi les plus célèbres rédactions, nous trouvons «Khassâ’is al-Kubrâ» de l’imam al-Suyûtî qui étudie aussi les preuves de la prophétie.

salla Allah ᶜalayhi wasallam

Les sciences étudiant la vie du Prophète ﷺ

Aux premiers siècles de l’islam, l’étude de la vie du prophète ﷺ faisait l’objet de cinq sciences représentées par les livres portant leurs titres :

Sira : C’est la science qui retrace les événements majeurs dans la vie du prophète ﷺ afin d’en extraire les règles juridiques relatives aux droits de la grande imâma (droits constitutionnel et administratif), des siyar et maghâzî (droit international) et de façon plus secondaire, les règles fiqh relevant d’autres disciplines juridiques.

Shamâ’il : C’est la science qui retrace le comportement du prophète ﷺ dans sa vie, ses habitudes, sa vie au quotidien. C’est la science adressée à l’ensemble des musulmans pour leur présenter le modèle de la vie du prophète ﷺ dans son quotidien.

Dalâ’il : C’est la science qui étudie les preuves de la prophétie du prophète ﷺ.

Faḍâ’il : C’est la science qui étudie les mérites du prophète ﷺ.

Khasâ’is : C’est la science qui étudie les règles particulières propres au prophète ﷺ.

Avec le temps, les sciences se sont ramifiées, un grand nombre de disciplines sont apparues au sein de cette classification générale. De plus, certains ouvrages se sont permis d’adopter une méthodologie combinant les différentes sciences précitées.

De nos jours, les musulmans ont perdu la boussole, ils veulent apprendre la vie du prophète ﷺ dans son quotidien en se dirigeant vers la discipline qui ne traite pas de sa vie ﷺ !

Cireur des chaussures

Par Allah, je connais un shaykh damascène qui a passé la moitié de sa vie à servir et enseigner à des étudiants turc et de différentes nationalités pour le service d’Allah (gratuitement). Durant ces années difficiles, il réside en Turquie. Personne n’ a demandé de ses nouvelles parmi ses étudiants et ceux qu’il a aidé en Syrie. Il s’est vu forcé de travailler comme cireur de chaussures sur les trottoirs.

La hawla wala quwwata ‘illa billah.

La raison est peut-être , que lorsqu’on lui demandait de ses nouvelles, il répondait al-hamdulillah (louanges à Allah). On regarde son élégance et la beauté de son apparence dans la mosquée et on croit donc qu’il est en bonne situation.

Texte de Shaykh Muhammad Wâel Hanbali.

Place d’Ibn Taymiya dans l’école Hanbalite

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Nous remarquons que certains considèrent Ibn Taymiya comme un imam mujtahid, d’autre le considèrent comme un mujaddid de son école ou de son époque. Le pire ce sont ceux qui le prennent comme la seule référence scientifique, comme s’il était le seul savant de son époque et que les autres étaient des mouches ! Ce dernier point de vue sera étudié dans une autre publication.
L’imam Ibn Taymiya s’affiliait à l’école hanbalite et était bien fidèle à l’école dans la globalité de sa pensée juridique. Nous pouvons résumer la place de ses avis dans l’école comme suit :
Les ikhtiyârât (choix personnels) d’Ibn Taymiya, à savoir les cas juridiques ou les fondements qu’il adoptait différemment de ce qui est admis dans l’école.
Les tahqiqât d’Ibn Taymiya, à savoir les avis qu’il considérait les plus probants parmi les divergences dans l’école, étaient bien pris en considération par les muhaqqiqin de l’école.
Les takhrijat d’Ibn Taymiya, à savoir les avis qu’il établissait en se basant sur les fondements de l’école, étaient bien retenus par les muhaqqiqin de l’école.

Ses tahqiqat arrivent au quatrième rang après celles d’Ibn Qudâma, d’Ibn ᶜAqîl et d’Ibn Taymiya le grand-père.

Notons que cela ne contredit pas son hanbalisme vu que ces usuls-là sont secondaires mais ont des conséquences sur un grand nombre de cas juridiques. En fait, nous remarquons qu’Ibn Taymiya divergeait de l’imam Ahmad notamment sur deux fondements : Les intérêts non-définis (masâlih mursala) et la fermeture des causes (sadd al-dharâ’iᶜ) : l’imam Ahmad a restreint ces deux fondements tandis qu’Ibn Taymiya les a élargis. Le hadith faible : l’imam Ahmad a élargi l’application du hadith faible tandis qu’Ibn Taymiya l’a restreint.

Wallah a’lam,