L’imam Abû Hanîfa et la transmission des ahâdîth

L’imam Ibn Farrûkh al-Mâlikî (décédé en 170H) fut parmi les grands disciples de l’imam Mâlik et les grands disciples de l’imam Abû Hanîfa. Il a appris le hadith auprès des savants de diverses régions.

Une fois il était chez l’imam Abû Hanîfa, une brique est tombée du toit de la maison de l’imam Abû Hanîfa sur sa tête causant son saignement. Alors l’imam Abû Hanîfa lui a dit :

– Choisis entre le ’Arch et trois cents (300) hadith.

Ibn Farrûkh répondit : Les hadith.

L’imam Abû Hanîfa lui a donc transmis les trois cents hadith.

Cette histoire fut mentionnée par al-Qâdî ‘Iyâd dans son noble ouvrage Tartîb al-Madâriq qui présente les biographies des savants de l’école malikite. L’auteur (al-Qâdî ‘Iyâd) se basait sur un ouvrage qui rapporte l’histoire directement d’après Ibn Farrûkh.

Réf : Tartîb al-Madâriq, édition Fudâla, volume 3, p.109.

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’Arch : L’indemnisation de la nuisance corporelle. Elle est toujours inférieure à la Diya.

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Ibn an-Nafîs le médecin juriste

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Qui est vraiment Ibn Nafis ? Découvrons l’histoire occultée de cet illustre savant.
Le fameux médecin musulman Ibn an-Nafîs (1210-1288 /607-685H) est celui qui a découvert la petite circulation sanguine. Il est le commentateur du fameux ouvrage « al-Qânûn » de l’illustre médecin et philosophe Ibn Sînâ (Avicenne) qui fut traduit en latin et diffusé en Europe.
Outre son éminence en médecine, il était aussi un grand juriste shafiite. Il a enseigné le fiqh shafiite à l’école « al-Masrûriyya » au Caire. Outre son fameux commentaire d’« al-Qânûn », il a rédigé aussi :
1- un commentaire du fameux ouvrage shafiite « at-Tanbîh » de l’imam ash-Shîrâzî. De cet ouvrage, l’imam Ibn Hajar al-Haytamî a pris un avis dans le chapitre de purification à propos de l’eau réchauffé par le soleil.
2- un commentaire d’« al-Mûjaz » en fiqh shafii aussi.
3- la voie de l’éloquence en grammaire arabe
4- un épître intitulé : « Fâdil bin Nâtiq » en kalâm sous forme de roman
5- un commentaire d’« al-Hidâya » d’Ibn Sînâ (Avicenne) en logique.
6- un commentaire d’« al-‘Ishârât » d’Ibn Sînâ (Avicenne) en logique aussi
7- un commentaire d’« al-Shifâ’ » d’Ibn Sînâ (Avicenne) qui englobe la médecine, la logique, la nature, l’astronomie, la mathématique et l’invisible.
8- un ouvrage de sira prophétique intitulé : « ar-Risâla al-Kâmiliyya fî as-Sîra al-Muhammadiyya ».
9- un épître en sciences de hadith intitulé : « Mukhtasar fî ‘ilm ‘usûl al-Hadîth » (un résumé dans la science des fondements du hadith).
 
Nous remarquons qu’il a pris soin de commenter les fameux ouvrages adoptés dans l’enseignement ce qui a attribué à ses commentaires une importance remarquable auprès des savants de l’école shafiite. En effet , le caractère hautement analytique de ses rédactions fit de ses travaux une référence dans le monde intellectuel de son époque et des celles qui suivirent et leur conféra une importance capitale. Etant donné qu’un de ses propres avis fut adopté par notre école, Ibn Nafis devint Mujtahid par le fait de cet agrément et accéda au niveau de Mujtahid Takhrîj dans l’école shafiite.
 
Les ouvrages cités dans cet article sont mentionnés dans les biographies et bibliographies. Hélas, nous rappelons avec regret, que la totalité de ses ouvrages ont été perdus. Probablement d’ailleurs a-t-il rédigé d’autres ouvrages dont la postérité n’a pas eu connaissance.
 
Qu’Allah lui accorde sa miséricorde pour les bienfaits qu’il a réalisé pour l’islam et les musulmans ainsi que pour l’humanité.
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Parmi les pépites de notre cours de Fiqh Shâfi’î.
ibn nafis
Photo du manuscrit d’ibn an-Nafîs expliquant le circuit sanguin.

ʿAbd-l-Qādir ʿAwda : Le martyr des juristes arabes

Durant le cours de l’histoire du droit musulman, nous avons abordé certaines rédactions contemporaines dignes d’un intérêt tout particulier. Nous y voyons notamment l’immémorial oeuvre : « Législation pénale en islam » rédigé par l’éminent juge égyptien ʿAbd-l-Qādir ʿAwda.
Cet illustre juriste égyptien et jurisconsulte musulman fut pendu par le Pharaon Nasser suite à un profond désaccord entre les deux que nous exposerons ci-dessous.

ʿAbd-l-Qādir ʿAwda est un des plus éminents juristes arabes du 20e siècle. Un grand juge pénaliste et constitutionnaliste, il a participé à la rédaction de la constitution lybienne en 1953 et participé au comité de rédaction de la constitution égyptienne en 1952.

Connu pour sa piété, ses déclarations en faveur de la vérité et son acharnement pour la justice, il ne s’est pas caché dans une grotte et n’est pas resté muet face au Pharaon dans ses décisions tyranniques. En 1954, il a conseillé ce dernier de ne pas dissoudre l’organisation des Frères Musulmans et ce, par crainte de réactions de vengeance menées par des jeunes non disciplinés loin de la consultation de la direction de ce Partie politico-religieux.

Nasser s’enflamma : « Quel est le nombre des Frères Musulmans en Egypte ? Deux millions ? Trois Millions ? Je me débarrasse du tiers de la Nation et si les Frères Musulmans atteignaient le nombre de sept millions de la population, j’irais à les sacrifier jusqu’au dernier ! » .

Scandalisé par la réponse de Nasser, ʿAbd-l-Qadir Awda rétorqua avec colère : Sept millions qui paieraient pour le prix d’un seul ! Tu n’as pas besoin de cette tuerie ô Jamâl ! »

Protégeant les libertés publiques et les droits de l’homme à travers ses nobles fonctions juridiques, il a toujours dénoncé les dictatures du régime et les tyrannies du Pharaon. Par exemple, il prouva, via un mémorandum juridique, que la convention égypto-anglaise ne représentait rien de plus que de la poudre aux yeux lancée aux égyptiens leur faisant croire à leur autonomie alors qu’il s’agissait d’une légalisation absolue de la colonisation anglaise.

C’est pourquoi ses positions l’ont inscrit sur le registre noir du régime qui a trouvé une excuse dans l’attentat de « Manshiyya » pour exterminer tous ses opposants. L’accusation bien préparée n’avait plus qu’à être réchauffée sur toutes les ondes : « Appartenir à une organisation terroriste visant à renverser le gouvernement ».

Le jeudi 9 décembre 1954, ʿAbd-l-Qādir ʿAwda, ainsi que cinq résistants luttant pour la liberté, furent pendus par le régime tyrannique de Nasser.
En s’approchant de l’estrade et de son bourreau, il dit : « Qu’est-ce qui m’intéresse ? Où est-ce que je décède ? Que ça soit sur le champ de bataille plutôt que sur mon lit ! Que je sois emprisonné plutôt que libre ! Je repars pour rejoindre Dieu ».
C’est ainsi qu’il fut le martyr des juristes arabes.

Qu’Allah lui accorde sa miséricorde et éclaircie la vision de nos savants pour qu’ils dénoncent l’injustice et soutiennent les opprimés.

 

PS : Je ne suis pas frère musulman (ikhwân) ni adepte d’autres mouvements.

 

Abd l-Qadir Awda 2

Métiers utiles et l’obligation communautaire

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Dans la juridiction islamique, les obligations des individus sont partagées selon une division binaire, à savoir les obligations dites communautaires et celles dites individuelles.

Au sujet de « l’obligation individuelle », il s’agit de ce qui incombe directement chaque responsable en droit, si certains s’en acquittent, cela ne décharge pas les autres, [ces obligations individuelles comprennent] par exemple la prière et l’aumône légale purificatrice.

Quant à « l’obligation communautaire », c’est ce qui décharge les autres lorsqu’elle est accomplie par d’autres, comme le fait de rendre le salām, d’accomplir la prière mortuaire ainsi que le fait d’exercer des métiers utiles [ayant des usufruits licites] dont les gens ont besoin. Le cordonnier, l’éboueur, le chauffeur, le gardien, le professeur, l’ingénieur, le médecin sont autant de professions indispensables à l’équilibre d’une société humaine, elles relèvent ainsi des obligations communautaires.

Par ailleurs, nous avons pris le soin de revenir sur quelques aspects spirituel dans l’analyse de ces côtés juridiques. Nous nous rappelons donc de l’activité de notre shaykh Muhammad al-ᶜArabî ad-Dighlî qui fut un grand narrateur de ahadith, ayant survécu, par la grâce d’Allah, jusqu’un âge très avancé.
Les dernières heures de cours organisées auprès de lui avaient inspirées à mon ami cheikh Bilâl de Damas – qu’Allah le protège et lui accorde son soutien – une question d’apparence naïve :
– « Ô notre noble shaykh ! Quel était votre métier durant la vie ? »
Le shaykh répondit : « J’étais le serviteur des chaussures des musulmans ».

D’ici se dégagent l’humilité et la sincérité de cette sommité de science. Il considéra son travail comme étant un service pour les musulmans et un travail d’intérêt général. Il ne s’est pas senti gêné de ce métier, qu’est le métier de cordonnier, tant que celui-ci est licite.

Qu’Allah nous accorde l’humilité et qu’Il agrée nos activités et les rende sincères pour Lui.

Parmi les pépites de nos cours de commentaire de l’ouvrage « al-Maqâsid» à l’institut Shâfiᶜî.

 

Le plus jeune astronome détecte le plus grand phénomène astronomique.

Alî bin Ridwân : le plus jeune astronome détecte le plus grand phénomène astronomique.
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Il y a de cela un millénaire, un phénomène astronomique exceptionnel s’est produit:
Il s’agit de la plus grosse explosion d’étoile ayant été constaté par l’humanité. Ce phénomène est connu sous le nom de Supernova.
 
Cette Supernova est apparue dans le ciel en 1006 et il était possible de la voir de la Chine jusqu’à l’Europe. Parmi les témoins de ce phénomène figurait un jeune musulman nommé Alî bin Ridwân, habitant au Caire, âgé de 18 années lors de cet évènement. Il a décrit ultérieurement ce phénomène astronomique très particulier.
Nous pouvons résumer sa biographie dans les lignes suivantes :
Abû al-Hasan, ‘Alî bin Ridwân al-Misrî (998-1067), astronome, physicien et médecin musulman. Il dispose de plusieurs ouvrages: en médecine, en physique et en astrologie. Il a commenté les ouvrages grecques du célèbre médecin grec Galien. Certain de ses ouvrages furent traduit en grec et en latin.
Il est connu aussi pour son fameux et long débat avec l’éminent médecin et astronome musulman Ibn Batlân al-Bagdâdî.
Mais sa célébrité dans l’histoire de la science découle notamment de sa description de la Supernova qui est apparue en 1006. En fait, il l’a décrit dans son commentaire de l’ouvrage de l’astronome grec Ptolémé intitulé « Tetrapilus ». Il est devenu ainsi le plus jeune moniteur astronomique ayant détecté un phénomène particulier.
Bien que beaucoup d’astronomes parmi ses contemporains, musulmans, chinois, japonais et européens, aient décrit cette Supernova, sa description demeure la meilleure et la plus détaillée.
Les astronomes contemporains ont accordé une importance particulière à la description d’Ibn Ridwân afin de récolter plus d’information sur ce phénomène particulier.
 
Actuellement, l’éclat de cette Supernova s’est affaiblie étant passé à l’étape de ballon gazeux de Plasma, celui-ci s’élargissant rapidement.