Décès de l’éminent spécialiste des sciences du Coran shaykh Khâlid Barakât

« Les gens du Coran sont les gens d’Allah et ses bien aimés. »

Décès de l’éminent savant des sciences coraniques Shaykh Khâlid Barakât, à l’âge de 49 ans, après une vie consacrée au Coran.

Ayant une très belle voix et une maîtrise inégale de la science des maqâmât, il était un des meilleurs récitateurs que j’ai rencontré. Durant sa jeunesse, il a été invité à diriger les prières de tarawih dans plusieurs pays occidentaux et asiatique. Il fût membre de nombreux jury de concours de mémorisation du Coran à travers le monde parmi les plus prestigieux, y compris à Paris (participation symbolique).

Parmi les particularités de son sacrifice dans l’enseignement du Coran, il y avait le fait qu’il tenait deux instituts en même temps et des fonctions d’imam qu’il occupait pendant les prières nocturnes de la Grande Mosquée al-Mansûrî. Cette mosquée est la plus grande de Tripoli. Ainsi, son temps était entièrement dédié au Coran. Son épouse, enseignante des dix lectures du Coran, gérait l’enseignement dédié aux femmes. Tous deux ont assuré la renaissance de l’intérêt pour notre Livre sacré.

Malgré sa nomination en tant que Shaykh al-Qurrâ’ de la région de ᶜAkkâr au nord du Liban, il conserva toute sa vie son activité d’enseignant.

Il n’existe aucun étudiant de Coran au Nord du Liban sur lequel le Cheikh n’a de mérites.

Victime d’une tentative d’assassinat en 2015, il avait subi plusieurs opérations chirurgicales et a passé plusieurs mois à l’hôpital avec son pronostic vital engagé.

Il m’avait promis de me visiter avec l’équipe de munshidin qu’il a formé pour m’honorer avec une célébration de louanges au Prophète ﷺ. Je n’ai jamais voulu le gêner avec ça en le lui rappelant, surtout avec la grande distance qui nous séparait.

Je ne t’oubliera jamais mon cher cheikh, N’oublie pas de tenir ma main dans le jour de jugement pour m’enchaîner par ton biais au Prophète ﷺ.

Un des piliers d’al-Azhar s’est fracturé !
L’éminent penseur, savant, philosophe et membre du Comité des grands savants d’al-Azhar Dr Muhammad ᶜAmâra (1931-2020) nous a quitté la veille de samedi.
Nous témoignons – et Allah en connait plus – qu’il avait consacré sa vie à la science, à la connaissance et à la réflexion autour des fondements philosophiques de l’islam.
Auteur de 147 ouvrages – comprenant 13 éditions critiques – et coauteur de 5 ouvrages, il a participé dans les différents domaines de la pensée classique et contemporaine.
Qu’Allah lui accorde Sa Miséricorde.

Rachid Haddach auprès d’Allah

C’est avec une profonde tristesse que nous apprenons le décès du frère Rachid Haddach.
Actif prédicateur et enseignant, il a marqué la scène francophone par ses enseignements et ses conseils. Je n’ai pas eu l’honneur de le rencontrer personnellement mais j’ai vu l’impact qu’il avait eu dans la communauté et j’implore Allah qu’il soit ainsi accueilli auprès de Lui.

Cela me rappelle la parole du poète Ibn Zaydûn :

فَقَدناكَ فِقدانَ السَحابَةِ لَم يَزَل * لَها أَثَرٌ يُثني بِهِ السَهلُ وَالوَعرُ
Nous t’avons perdu comme nous avons perdu le nuage,
Cela a toujours pour effet de faire fléchir les plaines et les montagnes.
مَساعيكَ حليٌ لِلَّيالي مُرَصَّعٌ * وَذِكرُكَ في أَردانِ أَيّامِها عِطرُ
Tes œuvres sont des bijoux incrustés pour les nuits,
Le parfum de ta mémoire [nous entoure] aux extrémités du jour.

Qu’Allah lui accorde Sa Miséricorde et rend ses prêches comme une aumône continue (sadaqa jâriya) pour son compte.

Cireur des chaussures

Par Allah, je connais un shaykh damascène qui a passé la moitié de sa vie à servir et enseigner à des étudiants turc et de différentes nationalités pour le service d’Allah (gratuitement). Durant ces années difficiles, il réside en Turquie. Personne n’ a demandé de ses nouvelles parmi ses étudiants et ceux qu’il a aidé en Syrie. Il s’est vu forcé de travailler comme cireur de chaussures sur les trottoirs.

La hawla wala quwwata ‘illa billah.

La raison est peut-être , que lorsqu’on lui demandait de ses nouvelles, il répondait al-hamdulillah (louanges à Allah). On regarde son élégance et la beauté de son apparence dans la mosquée et on croit donc qu’il est en bonne situation.

Texte de Shaykh Muhammad Wâel Hanbali.

Place d’Ibn Taymiya dans l’école Hanbalite

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Nous remarquons que certains considèrent Ibn Taymiya comme un imam mujtahid, d’autre le considèrent comme un mujaddid de son école ou de son époque. Le pire ce sont ceux qui le prennent comme la seule référence scientifique, comme s’il était le seul savant de son époque et que les autres étaient des mouches ! Ce dernier point de vue sera étudié dans une autre publication.
L’imam Ibn Taymiya s’affiliait à l’école hanbalite et était bien fidèle à l’école dans la globalité de sa pensée juridique. Nous pouvons résumer la place de ses avis dans l’école comme suit :
Les ikhtiyârât (choix personnels) d’Ibn Taymiya, à savoir les cas juridiques ou les fondements qu’il adoptait différemment de ce qui est admis dans l’école.
Les tahqiqât d’Ibn Taymiya, à savoir les avis qu’il considérait les plus probants parmi les divergences dans l’école, étaient bien pris en considération par les muhaqqiqin de l’école.
Les takhrijat d’Ibn Taymiya, à savoir les avis qu’il établissait en se basant sur les fondements de l’école, étaient bien retenus par les muhaqqiqin de l’école.

Ses tahqiqat arrivent au quatrième rang après celles d’Ibn Qudâma, d’Ibn ᶜAqîl et d’Ibn Taymiya le grand-père.

Notons que cela ne contredit pas son hanbalisme vu que ces usuls-là sont secondaires mais ont des conséquences sur un grand nombre de cas juridiques. En fait, nous remarquons qu’Ibn Taymiya divergeait de l’imam Ahmad notamment sur deux fondements : Les intérêts non-définis (masâlih mursala) et la fermeture des causes (sadd al-dharâ’iᶜ) : l’imam Ahmad a restreint ces deux fondements tandis qu’Ibn Taymiya les a élargis. Le hadith faible : l’imam Ahmad a élargi l’application du hadith faible tandis qu’Ibn Taymiya l’a restreint.

Wallah a’lam,