Décès du shaykh Mahmûd Effendî

Innâ lillâh wa-innâ ilayhi râji’ûn
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Ce matin, le shaykh Mahmoud Effendi Naqshbandi est décédé (1929 à Trabzon-2022 à Istanbul). Il était un des revivificateurs de l’Islam et de la Sunnah en Turquie qui était sous le joug des gouvernements anti islamiques.
Né en 1929 à Trabzon d’une famille conservatrice, Mahmûd Astâ Uthmân Ughlû mémorisa le Qur’ân à l’âge de six ans et étudia l’arabe (nahw, sarf) et le persan auprès du shaykh Tasbîhî Zâdah. Puis, il étudia les lectures coraniques et les sciences de Qur’ân auprès du shaykh Rashîd ʿÂshiq Kûtlû Effendi. Il étudia les sciences de Kalâm, d’exégèse, de hadîth, de balâgha, de fiqh et de usûl auprès du shaykh Dûrsûn Fawzî Effendi, l’enseignant à la Madrasa Sulaymâniyya. Ce dernier lui accorda l’ijâza en sciences rationnelles et textuelles à l’âge de seize ans.
Héritier de la méthodologie des savants Ottomans, il instaura des écoles pour diffuser les sciences islamiques dans une période sombre de l’histoire de la Turquie. Il était la cause du retour de l’islam au peuple, d’annulation des mesures discriminatoires contre les pratiques religieuses (prières, barbe, hijâb). Il prônait à ses disciples le respect de la sharî’a et du dogme sunnite ainsi que le suivie du madhab hanafi. Sa prédication était une des causes de retour de l’islam à la vie politique en Turquie poussant ainsi les pouvoirs pour soutenir les causes de la ‘umma partout dans le monde.

Qu’Allah lui accorde Sa Miséricorde et l’élève auprès de Lui

Innâ li-llâh wa-innâ ilayhi râjiᶜûn

Décès du serviteur du Qur’ân l’ingénieur Subhî Tâhâ, l’inventeur de la symbolisation des règles de tajwîd en couleur.

A propos de cette invention très particulière, il la mentionne dans son autobiographie comme étant une inspiration divine ayant lieu le fajr de 07/04/1991 dans la mosquée al-ᶜUthmân à Damas durant un cours de tajwîd auprès du muqri’ shaykh Abû Ahmad al-Harba. Il décrit cette anecdote comme suit :

« Lorsque notre shaykh Abû Ahmad Harba claquait ses mains pour avertir mon collègue à son erreur de lecture, je me suis dit : Pourquoi ne pas transformer cette lettre objet de la règle de tajwîd distinguée par une couleur particulière au lieu d’attendre le signe du shaykh ? C’est ainsi que l’idée naît ! Puis, elle fut développée par en considérant le degré de la couleur représentant de la durée des prolongations … C’est ainsi que trois catégories de couleur ont pu représenté vingt-huit règle de tajwîd. »

Né à Dûmâ, près de Damas, en 1941, Subhî Tâhâ obtient un diplome d’ingénieur de l’Université d’Alep en 1965.
En 1987, il fonde la maison d’édition Dâr al-maᶜrifa, spécialisée dans les éditions coraniques, dont le nombre d’éditions atteint 184 formats différents du Qur’ân en plusieurs variantes de lectures en sus des traductions du Qur’ân en plusieurs langues.
En 1994, il publie pour la première fois une édition du Qur’ân contenant les règles de tajwîd colorées qui fut diffusé par millions de copies dans le monde. Il obtient plusieurs prix nationaux et internationaux.
Il publie à travers sa maison d’édition treize (13) programmes télévisés basés sur l’idée du Mushaf al-tajwîd, qui furent diffusées sur beaucoup de chaînes télévisées dans le monde depuis 1996 jusqu’à aujourd’hui.
Il a publié également un livre comprenant une mise en forme méthodologique de la sira afin de mieux présenter le Prophète salla Allah ᶜalayhi wasallam au public, en sus d’un programme télévisé sur la sira en 31 épisodes.

Qu’Allah lui accorde Sa Miséricorde et agrée ses œuvres de service du Qur’ân et de ses sciences.

Innâ lillâh wa-innâ ilayhi râjiᶜûn,

Chaque jour, la communauté (umma) rencontre de pertes et de catastrophes, et la plus grande de ces pertes et catastrophes figure la perte des savants. Aujourd’hui, nous perdons l’éminent shaykh, le maître des hanafites de Bagdad, l’éminent juriste et principologiste, le célèbre savant, le dernier des salaf et la hujja des khalaf, notre shaykh Muhammad Mahrûs ᶜAbd al-Latîf al-ᶜAlqaband al-Mudarris al-Aᶜzhamî al-Hanafî.

Bagdad se vêt de noir aujourd’hui ! La janâza est transportée à la Hadra Qâdiriyya et l’enterrement aura lieu demain le vendredi inchalla.

Je témoignes que nous l’aimons pour sa science, sa piété, son scrupule, son ascétisme, son engouement pour aider les pauvres et les faibles, et son activisme pour les causes des musulmans du monde.


Qu’Allah lui accorde Sa Miséricorde et L’accueille dans son Paradis.

Si Allah le facilite, je publierai une biographie détaillée du shaykh, rahimahu Allah.



Décès du Dr. Diaby Bakeba

Innâ lillâh wa-innâ ilayhi râjiᶜûn

Je viens d’apprendre le décès de notre cher frère Dr. Diaby Bakeba rahimahu Allah, décédé au Guinée, il sera enterré vendredi 22 octobre inchalla

Intellectuel, savant traditionnaliste et polyglotte, il tenait le drapeau de la daᶜwa et de l’enseignement de l’islam. Nous voulons développer ensemble des projets d’enseignement et de formation mais les circonstances ne nous ont pas permis de le faire ! Perdre des personnes importantes, instruites et agréables est une perte significative surtout quand elles sont l’espoir d’une future élite qui prend les choses en main pour transmettre les enseignements traditionnels aux nouvelles générations.

Je me rappelle nos rencontres ensemble vers 2014/2015, il m’a raconté ses voyages scientifique pour étudier au Shâm Sharîf. C’était des rencontres peu nombreuses certes, mais bien marquantes pour nous deux. Nous avons pu rester en contact depuis, avec l’espoir de rencontres futures, chose non réalisée et désormais impossible dans ce bas monde.

Innâ li-llâh wa-innâ ilayhi râjiᶜûn

Hier matin, nous avons perdu l’éminent savant et éducateur, le shaykh ᶜAbd al-Qâdir Quwaydir al-Maydânî al-Dimashqî. Il comptait parmi les grands disciples de l’éminent savant damascène, le grand éducateur, le shaykh ᶜAbd al-Karîm al-Rifâᶜî (1973).
Avec plusieurs disciples de ce dernier, comme le shaykh Fâyiz al-ᶜAjlûnî, le shaykh Naᶜîm ᶜAraqsîsî ou encore le shaykh Nadhîr Maktabî, il gérait une grande activité de daᶜwa dans la société de l’époque. Durant les années soixante-dix, il était l’imam de la mosquée al-Qusûr, à Damas, où il tenait un célèbre majlis hebdomadaire chaque lundi, dit le majlis al-ithnayn.
Parmi les anecdotes de sa vie, certains de ses disciples rapportent qu’il louait une maison dans le quartier al-ᶜAdawî à Damas ; le propriétaire lui demanda de rendre la maison pour raison personnelle. Le shaykh l’a alors nettoyée et réparé tout ce qui avait besoin d’être réparé. Il l’a ainsi rendu dans un meilleur état que celui dans lequel elle était lorsqu’il en devînt le locataire.
Lorsque le régime syrien adopta des lois anti-islamiques, notamment en 1982/1402H (interdiction du voile dans les écoles et les universités), il délivra un puissant prêche dans le quartier al-Maydân. Puis, il prit la parole, après la prière du vendredi, critiquant les lois en question et appelant les gens à ne pas rester silencieux face à la violation des lois d’Allâh. Ainsi, les gens sortirent dans la rue faire de grandes manifestations contre les décisions gouvernementales. Le shaykh fut donc emprisonné et il reçut un prodige dont il ignore lui-même les détails. Certains le kidnappèrent du centre de détention et le libérèrent à la frontière jordanienne.
Il s’installa alors à ᶜAmmân où il appliqua, dès son arrivée, les fonctions d’imam à la mosquée al-Fayhâ’. À ᶜAmmân, il tenait notamment un majlis hebdomadaire chaque jeudi matin, regroupant des étudiants et l’élite de la société jordanienne. À la fin des années quatre-vingt-dix, le régime syrien accorda une amnistie générale, le shaykh visita donc Damas et ses enfants qui étudiaient à Maᶜhad al-Fath.

Toutes nos condoléances à sa famille, ses disciples et l’ensemble des gens de science et des musulmans.