Innâ lillâh wa-innâ ilayhi râjiᶜûn

Aujourd’hui, notre umma a perdu une énorme tête, une sommité en littérature, en poésie, en langue arabe, en théologie discursive et en éducation spirituelle terminologique !

Cette perte est une perte inégalable. C’est l’évaporation d’un espoir en un futur brillant ; l’absence d’un esprit persévérant, doté d’une éloquence remarquable et un immense vide laissé par ce penseur qui se faisait l’écho des plus grands !

En ce dernier vendredi de Ramadân, soit le 25, de l’an1442H, nous avons perdu le dr. Usâma Shafîᶜ al-Sayyid, traducteur chevronné, littéraire hors norme, doté d’une plume exceptionnelle et professeur à la célèbre Dâr al-ᶜUlûm, au Caire. Il est le fils de l’éminent savant Shafîᶜ al-Sayyid, membre de l’académie de la langue arabe, au Caire.

Je l’ai connu sur les réseaux sociaux avant de lire ses livres et traductions. J’ai vu un grand littéraire, un éminent savant et surtout un pieux et humble homme.

Ses traductions des œuvres de Guénon abrogent les traductions précédentes.

Sa traduction magistrale de l’ouvrage collectif «Oxford Handbook of Islamic Theology» lui a valu le prix Hamad. Cette traduction exceptionnelle se caractérise par l’éloquence, la fluidité et la réflexion profonde qu’il a eu sur le sujet. Il y a dévoilé beaucoup d’usurpations et d’illusions que les orientalistes avaient écrit dans ce livre. Il est retourné vers les textes arabes pour mentionner les citations originelles, sans se limiter à les traduire via l’anglais, ce qui a permis de démontrer les incohérences entre les dires des auteurs et ce, dans plusieurs chapitres !

Ses recherches se caractérisent par la liaison entre le monde savant islamique et le monde orientaliste.

Je disais souvent qu’un jour je dirai : « Le plus grand littéraire de notre époque est Usâma Shafîᶜ ! »

Qu’Allah t’accorde le plus haut degré et permette à la umma de bénéficier de tes œuvres et tes traductions !

En ce jour béni de vendredi, le 11e de ce mois béni de Ramadân (soit le 23 avril 2021), notre umma a perdu un étendard et une sommité de science et de piété, notre maître, le juriste, le muhaddith et l’exégète Muhammad ᶜAzîza al-Kayâlî al-Husaynî, que Dieu l’agrée.

Cet homme du siècle est parti après avoir diffusé un savoir abondant et des enseignements bien enracinés dans les cœurs de ses disciples et étudiants. Il nous a laissé un immense héritage de noblesse, de mœurs, de bon caractère, de piété, de sincérité, d’amour, de science et de spiritualité.

Par la grâce d’Allâh, j’avais un privilège particulier de parler avec lui de façon très intime et de bénéficier de ses enseignements, conseils et directives. Je veillerai dans peu de temps à lui dresser une biographie scientifique en français.

Innâ lillâh wa-innâ ilayhi râjiᶜûn

ᶜAlâ’ al-Dîn Manûr : le shaykh qui a traduit le Coran en sept langues

ᶜAlâ’ al-Dîn Manûr (1952-2020) est un savant, exégète et chercheur Ouzbek. Né d’une famille religieuse dans la ville de Qârâsû, en Kirghizistan. Il étudia en Ouzbékistan où il suiva des cours de sciences islamiques en secret sous le régime dit al-Hujurât (les chambres secrètes) dans la ville de Murghîlân, auprès du célèbre shaykh, l’imam d’Ouzbékistan ᶜAbd al-Hakîm Qârî al-Murghilânî (1905-2011) – que Dieu l’agrée – fondateur et initiateur de l’enseignement des Hujurât durant l’époque soviétique. Il étudia aussi auprès de célèbres savants de son époque et maîtrisait plusieurs langues.

Le shaykh ᶜAlâ’ al-Dîn fut le premier à avoir traduit le Coran en ouzbek moderne, sa traduction est d’ailleurs reconnue comme étant la meilleure traduction du Coran selon le concours organisé par l’administration religieuse des musulmans d’Asie Centrale et du Kazakhstan.

Entre 1990 et 1991, il prépara sa traduction du Coran en ouzbek et la publia dans le journal Sharq Yûldûzî (L’Etoile de l’Orient) entre 1992 et 1993. Cette traduction fut publiée plusieurs fois et elle atteignit plus d’un million d’exemplaires. Avec chaque édition, le shaykh apporta des modifications et des corrections. Cette traduction devint célèbre et largement répandue.

En 1995, sa traduction du Coran en turkmène apparait et fut la première traduction du Coran en cette langue.

En 1999, sa traduction en kirghize apparait aussi et fut la première traduction du Coran en cette langue. En 2000, elle fut publiée pour plus de 15 000 exemplaires.

En 2003, sa traduction du Coran en Ouighour fut publiée.

En 2006, sa traduction du Coran en kazakh fut publiée.

Il prépara aussi une traduction du Coran en russe en coopération avec ᶜAlî Shîr Ahmad.

En sus, il publia une traduction du Coran en langue karakalpake (langue locale en Ouzbékistan).

En 2000, il fonda un centre d’études coraniques dans la ville de Qârâsû où il assura les fonctions d’imam de la mosquée al-Bukhârî. Il présentait aussi un programme religieux hebdomadaire sur une chaîne de télévision locale.

En plus de ses efforts dans les sciences coraniques, il traduit plusieurs ouvrages tels que :
– Ihyâ’ ᶜulûm al-Dîn,
– al-Imâm al-Akbar, imâmunâ al-aᶜdham,
– Deux volumes de Badâ’iᶜ al-sanâ’iᶜ de l’imam al-Kâsânî.

Il rédigea un livre d’exégèse du Coran en 4 volumes.

En mai 2000, le titre de professeur d’honneur de Kirgizistan lui fut attribué.

Après une vie chargée dans le service de l’islam et de ses sciences, il retourna auprès d’Allah l’an dernier, en 2020, dans la ville de Tachkend, des suites de son infection au Corona. La prière mortuaire fut dirigée par son fils le shaykh Zayûf al-Dîn Khân.

Qu’Allah lui accorde Sa Miséricorde.

article de Dr. Amîn al-Qâsim.


L’éminent exégète Muhammad ᶜAlî al-Sâbûnî

Lorsque la Terre et les Cieux pleurent…


L’homme n’est qu’un atome au sein de cette ombre infinie qu’est la Terre. Il est des nuits où Dieu fait tomber les méchants, et des matins où il fait monter les bons. Lorsque cette nuit arrive, le verset éternel s’applique pour les méchants « Ni la Terre ni les Cieux ne les pleurèrent ». A fortiori, lorsque l’aube apparaît, l’inverse se révèle pour les gens d’Allah.

Les arabes disent: « Si tu vis, tu pleures tous tes bien-aimés ». L’imam Abû Ayyûb al-Sikhtiyânî a dit : « Quand je reçois l’information du décès d’un des gens du hadith, c’est comme si un de mes organes tombait. »

Ce matin du vendredi 6 Shaᶜbân 1442H, soit le 19 mars 2021, notre maître et shaykh, l’ascète, l’exégète de ce siècle, l’érudit des gens du Qur’ân de notre époque, le muqri’ (spécialiste des lectures coraniques), le pieux, l’humble, l’amoureux du Prophète ﷺ, le serviteur de la science et de ses gens, le veillant à l’enseignement du Qur’ân et à sa transmission, notre père en science l’éminent exégète Muhammad ᶜAlî al-Sâbûnî est décédé à Yaluva en Turquie.

Né à Alep en 1930, dans une maison de science et de piété, son père est l’éminent savant Jamîl al-Sâbûnî, un des plus grands savants de la ville et du Levant.
Shaykh Muhammad ᶜAlî al-Sâbûnî mémorisa le Qur’ân pendant sa jeunesse et maîtrisa les sciences de la langue arabe, du droit musulman, du droit des successions, et des différentes disciplines des sciences islamiques. Il s’inscrivit au collège et au lycée spécialité commerce à Alep mais ne poursuivit pas ses études ensuite. Il se dirigea vers la célèbre Madrasa Khusruwiyya – un des bastions du sunnisme mondialement reconnu à l’époque – où il reçut son diplôme en 1949. Il fut boursier du ministère des awqâf pour étudier à al-Azhar où il obtint une maîtrise de Sharîᶜa en 1952 et son doctorat en 1954.

Il étudia auprès des grands savants de sa ville, notamment l’éminent savant Muhammad Najîb Sirâj, Ahmad al-Sammâᶜ, Muhammad Saᶜîd al-Idlbî, Muhammad Râghib al-Tabbâkh, Muhammad Najîb Khayyâta et d’autres.

Après ses études à al-Azhar, il retourna en Syrie où il enseigna les sciences islamiques dans les lycées d’Alep jusqu’en 1962. Puis, il fut mandaté d’enseignement en Arabie Saoudite où il enseigna à la Faculté de Sharîᶜa et des Sciences Islamiques et à la Faculté d’éducation de l’Université de La Mecque. Il y enseigna pendant 30 ans puis fut nommé chercheur dans le centre de recherche et de renaissance de la culture islamique de l’Université d’Umm al-Qurâ. Finalement, il travailla au sein de la Ligue Islamique Mondiale comme conseiller dans Hay’at al-iᶜjâz al-ᶜilmî.

Les exégèses coraniques rédigées par le shaykh ont dépassé la dizaine, les adaptant à des publics différents, pour des objectifs variés. L’ensemble de ses ouvrages dépasse la cinquantaine. Il a par ailleurs dispensé une exégèse orale complète du Qur’ân sur une chaîne de télévision de 600 heures environ, ainsi que dans les cercles scientifiques de la mosquée de son quartier durant huit ans, sans pouvoir l’achever.

Parmi ses prodiges, il refusa d’approuver les crimes et les massacres, de soutenir les tyrans et de justifier les despotes. Il fut donc contraint à passer sa vie à l’étranger !

Qu’Allah agrée ses œuvres et ses sacrifices et l’élève auprès de Lui. Qu’Il le rétribue pour sa diffusion de la science et pour son service du Qur’ân et de la Sunna.

J’implore Allah, Exalté soit-Il, de soigner nos cœurs de cette blessure profonde et d’accorder à la umma une postérité savante et pieuse qui assurera la transmission de Sa Religion.

Amin Amin,

Décès de l’éminent muhaddith et savant Khâdim Husayn al-Radawî al-Barîlwî

Avec le plus grand regret, nous avons appris le décès de l’éminent savant, du shaykh al-Hadîth au Pakistan, le défendeur du Prophète ﷺ le shaykh Khâdim Husayn al-Radawî al-Barîlwî. Il était un des plus grands savants du Pakistan et le président de la parti « Labbayka yâ rasûl Allâh », décédé hier soir le jeudi 3 Rabîᶜ al-thânî 1442H, soit le 19 novembre 2020.
Célèbre muhaddith, enseignant et prédicateur, il était connu pour ses prêches très influents et ses rappels touchants. Son éloquence était incomparable et sa maîtrise des sciences de la langue arabe était inégale, comme nous le remarquons de ses vidéos diffusées en ligne.
Il a dédié sa vie à la défense de la sunna prophétique et de l’islam ce qui lui a valu même l’emprisonnement et ce, malgré le fait qu’il était handicapé se déplaçant sur un fauteuil roulant.
Il fut imprégné d’un Hâl (état spirituel) rare de nos jours, c’est la réalisation de l’amour du prophète ﷺ. Il a passé sa vie dans la diffusion de la sunna prophétique et la personne du Prophète bien aimé ﷺ, à l’intérieur du Pakistan comme à l’échelle internationale. Il avait des positions très louables dans ce domaine.
Il était derrière les manifestations millionnaires organisées au Pakistan qui réclamaient le renvoi de l’ambassadeur français au Pakistan et la fermeture de l’ambassade française.
Il y a deux jours, il est retourné d’Islam Abad à Lahor suite aux négociations avec le gouvernement pakistanais pour le renvoi de l’ambassadeur français. Son décès était surprenant à l’âge de cinquante trois ans.
Avec son décès, un des bastions de l’islam s’est écroulé.
Qu’Allah lui accorde Sa Miséricorde