Lumières de la biographie d’Abû at-Tayyib at-Tabarî

C’est l’imam, Shaykh al-‘Islam, le juge shafiite Abû at-Tayyib, Tâhir bin ‘Abdillâh bin ‘Umar, at-Tabarî.

Né en 348, il a étudié auprès des grands jurisconsultes de Jurjân et de Bagdad où il s’est installé pour enseigner et diffuser la science. Il lui fut attribué la magistrature du quart du quartier al-Karkh à Bagdad.

Il était un illustre savant de son époque, une référence en fiqh shafiite et ses ‘usul, un éditeur (muhaqqiq) dans l’école, un mujtahid mutlaq (absolu) affilié à l’école shafiite.

Il était connu pour son intelligence et son humour. Il est transmis qu’il a déposé des chaussures auprès d’un cordonnier afin de les réparer. Ce dernier s’est mis à retarder la réalisation de son travail. Chaque fois que l’imam lui réclamait ses chaussures, le cordonnier les mettait dans l’eau et disait : « Je vais les réparer de suite ». Après que cette anecdote fut répétée plusieurs fois, l’imam lui dit : « Je t’ai donné Mes chaussures pour les réparer et non pas pour leur apprendre à nager. »

L’imam al-Khatîb al-Baghdâdî dit : « J’ai entendu Muhammad bin Ahmad al-Mu’addib (l’éducateur) dire : « Abû at-Tayyib at-Tabarî est plus savant qu’Abû Hâmid al-‘Asfarâyînî et j’ai entendu ce dernier dire : « Abû at-Tayyib est plus savant qu’Abû Muhammad al-Bâqî. » »

Il fut très âgé sans qu’aucun de ses organes ne se mette à mal fonctionner. Le juge Ibn Bakrân dit :

« J’ai interrogé le juge Abû at-Tayyib, après qu’il fut très âgé, en disant :

« Tu bénéficies d’organes [sains et saufs] ô notre vieux shaykh. »

Il m’a répondu :

« Pourquoi pas ? Je n’ai jamais désobéit à Allah par l’un d’eux. » »

D’après une autre narration, il a dit : « Nous les avons gardé pour Dieu durant notre jeunesse, Dieu nous les a donc préservé durant notre vieillesse ».

Plusieurs ont transmit d’après lui confirmant qu’il dit : « Nous avons entendu Abû at-Tayyib dire :

« J’ai vu le Prophète ﷺ dans mon rêve. Je lui ai dit :

« Ô Messager d’Allah, vois-tu ceux qui transmettent que tu as dit : « Qu’Allah embellisse quiconque qui entend ma parole et la comprenne ». Est -ce véridique ? »

Il m’a dit : « Oui » » »

Il est décédé à l’âge de 102 ans, sans que sa pensée soit touchée par la vieillesse. Il a continué à émettre les fatâwâ, à échanger avec les savants en leur corrigeant leurs avis et leurs rédactions, à juger les litiges et à assister aux cérémonies et événements jusqu’à son décès.

Il est auteur d’un grand nombre d’ouvrage dans l’école, notamment dans le Khilâf fî al-madhhab [la divergence dans l’école], les fondements et la dialectique. Il a commenté le fameux « Mukhtasar » de l’imam al-Muzanî, le disciple de l’imam Shafii, dans sa fameuse « Ta’lîqa » de 50 volumes, il a aussi « al-Mujarrad», dans le fiqh de l’école.

 

Qu’Allah l’agrée et l’élève auprès de Lui.

 

 

 

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Sincérité d’un savant

L’éminent shaykh Abdullah Nâsih ‘Alwân, le plus grand savant d’Alep a reçu une offre du tyran syrien Hafiz al-Assad de prendre la direction générale des Awqâf ou de fonder une université islamique à Alep et de la diriger en contrepartie de ne pas contredire le pouvoir. Il a refusé cette offre et il fut donc licencié de son travail.

Il a dit au responsable militaire sa fameuse réponse :

« Par Allah, que je vende de persil et de légumes sur les trottoirs d’Alep est plus préférable pour moi que de devenir complice du pouvoir dans mon prêche de l’islam. »

عبد الله ناصح علوان

La piété du calife Sulaymān le Magnifique

La piété du calife Sulaymān le Magnifique

 

Le règne de Sulaymān le Législateur fût indéniablement marqué par une aspiration à la justice. Habité par une piété et une religiosité manifestes, il s’exprimait explicitement dans les procédures étatiques, dans ses correspondances et dans ses législations sous la bannière des enseignements illustres de l’Islam.

Il avait pour coutume de couronner ses lettres avec le verset 30 de la sourate Al-Naml [Les Fourmis] qui s’articule comme suit :

          (C’est de Sulaymān ; et c’est : « Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux  » ).

Il imitait ainsi notre Prophète Sulaymān dans ses correspondances à la la recherche des bénédictions.

Il ne s’est pas simplement limité à adopter une attitude religieuse d’apparence, mais tout dans son quotidien reflétait une piété évidente. Il profitait ainsi de son temps vacant, dont il manquait déjà beaucoup, pour s’adonner à la copie du noble Coran. Il a été rapporté qu’il en a fait huit copies.

Lors du passage de son cortège se dirigeant à la mosquée pour accomplir la prière de vendredi, les gens lui répétaient fréquemment l’expression suivante :

–     « Ne soit pas orgueilleux mon sultan car Dieu est Plus Grand. »

Cela témoigne de l’humilité et de la sincérité de sa foi et sa piété. Il s’intéressait à l’éducation de son âme, il se soumettait à la volonté et aux intérêts de son peuple.

De même, il ne tranchait sur aucune décision sans prendre l’avis juridique la concernant. Pour les décisions sensibles, il interrogeait les savants, notamment Shaykh al-Islam de l’empire, par écrit. Ce comportement très pieux prendra soudainement une toute autre tournure au moment de son décès, pour prendre la forme d’une histoire illustre. En effet, le calife Sulaymān le Législateur inscrivit dans son testament une demande imprévisible. Il demanda à ce que soit enterrée avec lui une petite boîte, dans son propre tombeau. À son décès, sa volonté fut honorée et la petite boîte fut placée dans son cercueil. Cependant, Shaykh al-Islam de l’empire ottoman, Abū Assu‘ūd Effendi, s’opposa à la volonté du défunt de peur que la boîte ne contienne des bijoux ou d’autres choses mondaines constituant ainsi une infraction juridique aux règles relatives à l’enterrement du défunt. Ainsi, la décision fut prise d’ouvrir la boîte afin d’en vérifier le contenu et de décider du sort de la requête du sultan. Si la boîte contenait des biens mondains, il n’y aurait aucun intérêt à ce qu’elle soit enterrée avec lui et cela serait donc une forme de gaspillage.

En ouvrant la boîte, le silence gagna l’assise. En effet, celle-ci ne contenait que des papiers. Il s’agissait des correspondances entre le sultan et les savants de son époque contenant les réponses juridiques aux problématiques relevant de la gestion de l’État. Il voulait enterrer ces fatāwā avec lui afin de se justifier auprès de Dieu par sa conformité aux prescriptions religieuses. Ainsi, Shaykh al-Islam de l’empire ottoman, Abū Assu‘ūd Effendi dit, en pleurant :

« Ô Sulaymān ! Tu t’es sauvé. Quel ciel peut nous ombrager et quelle terre peut nous porter si nous nous sommes trompés dans nos fatāwā ? »

Loin de toute mascarade orientaliste et loin de la désinformation médiatique, c’est le véritable Sulaymān, le calife des musulmans, le roi des rois, celui qui nomme les empereurs et les gouverneurs.

Le fou prince errant :

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Ibn Mardanîsh était le descendant d’un homme converti (Martinez) à l’islam. Son grand père Muhammad bin Ahmad bin Mardanîsh était un homme pieux, ascète et mujâhid.
Ibn Mardanîsh était commandant dans l’armée d’ibn Mujâhid qui l’a rapproché de lui. Après le décès d’ibn Mujâhid, il devint gouverneur de Mursiya (Murcia).
Il vit la faiblesse de l’état des Muravide comme une opportunité d’accéder au pouvoir. Il chercha donc à conquérir l’Andalousie. Aussi, il s’allia avec les chrétiens et leur paya une Jizya annuelle de 50 000 mithqâl*. Il changea ses alliances et se soumit aux chrétiens, déplaça une partie de la population musulmane et importa une population chrétienne, engagea une armée chrétienne pour le soutenir, construisit des églises pour les nouveaux chrétiens dans son état, combattit ses voisins gouverneurs musulmans, emprisonna et tortura ses proches et cousins, vola et confisqua l’argent des commerçants, tortura ses amis, emprisonna sa soeur – on rapporte qu’il l’a tuée – et tua ses deux vizirs.
Son décès en 567H suscita la satisfaction des musulmans.
* équivalent à une fameuse Jizya contemporaine de 480 Milliards de dollars payée par un fou prince errant à un roi chrétien.
PS : Il s’agit d’un récit historique authentique, toute ressemblance avec des faits actuels est une pure coïncidence.
bataille

Entre le gouverneur et le professeur de la grande mosquée

« Celui qui tend ses pieds ne tend pas sa main » 

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Le jour de l’entrée de l’armée égyptienne en Syrie ottomane, le directeur de la campagne, le tyran Ibrahim Pacha, fils du grand tyran d’Égypte Ali Pacha est entré à la Mosquée Omeyyade de Damas.
Il y avait dans Mosquée Omeyyade le cheikh Sa’id al Halabi qui donnait un cours. Il était assis et tendait ses pieds. Ibrahim Pacha est passé à côté du shaykh sans que ce dernier ne bouge ses pieds comme on le ferait par respect.
Ainsi, Ibrahim Pacha est sorti de la mosquée énervé et voulait tuer le cheikh. Certains de ses conseillers l’ont encouragé à le faire car ce comportement est un signe de rabaissement et d’irrespect. Au dernier moment, Ibrahim Pacha a changé d’avis pour tendre à établir une bonne relation avec le shaykh et ainsi ne pas exciter les gens contre lui.
Il a donc décidé de séduire le cheikh avec l’argent. Il lui a envoyé son vizir pour lui livrer une somme de 1000 pièces d’or ce qui représente à l’époque une fortune (équivalent de 250 000€ de nos jours avec un pouvoir d’achat largement plus élevé). Il a demandé à son vizir de donner l’argent au cheikh devant la foule ainsi que ses étudiants.
Ainsi, le vizir a pris la somme d’argent et s’est dirigé vers la mosquée. Durant le cours du shaykh, le vizir s’est approché et lui a dit après la salutation à voix élevée de sorte à ce qu’il soit entendu par tout le public présent : « C’est une somme de 1000 pièces d’or de notre maître al-Pacha, il juge nécessaire que tu l’utilises pour tes affaires ».
Le shaykh a regardé le vizir d’un regard plein de pitié. Puis il lui dit doucement et majestueusement : « Ô mon fils, reprends l’argent de ton maître. Ramène le vers lui et dis lui : « Celui qui tend ses pieds ne tend pas sa main » .