Décès de l’éminent spécialiste des sciences rationnelles Shaykh Mullâ Yûsuf Sulaymân al-Bâsiqlî

Décès de l’éminent savant des rationnelles et techniques, l’éminent savant, le shaykh, le Mullâ Yûsuf Sulaymân Yaᶜqûb al-Shâfiᶜî al-Naqshabandî al-Bâsiqlî, décédé le 23 ramadân béni de l’an 1441H.

Il était l’un des plus grands représentants de l’école shafiite kurde, la plus importante école shafiite régionale existante de nos jours et une des références mondiales en maᶜqûlât (sciences rationnelles) que les kurdes et turcs maîtrisent, au point d’en être les références incontestables de notre temps.

Par la bénédiction de ces jours et de ce mois, j’implore Allah de lui accorder Sa Miséricorde et de l’élever auprès de Lui.

Biographie résumée :

C’est le Mullâ Yûsuf bin Sulaymân bin Salû bin Yaᶜqûb bin Rasûl, né en 1946 à Dayrûnâ Âghî (en arabe c’est : Dayr Ghusn), de la région Ghul Âghâ (en arabe : Gawâdiyya).

A l’âge de 7 ans, il est entré à l’école primaire de son village où son professeur a remarqué son intelligence et sa bonté. Il informa son père qui fit vœu de le diriger vers la science et ne lui imposer aucune tâche de travail malgré la pauvreté. Puis, il quitta l’école quand il était en 3e année primaire pour suivre les cours des sciences islamiques dans les cercles scientifiques exercées dans les mosquées. Par la suite, sa famille déménage au village Rumaylân Shaykh où il pourra aller au village Murja pour suivre les cours de son professeur Muhammad Nûrî de 1955 à 1958. Durant cette période, il apprit les sciences techniques et les sciences religieuses. Il mémorisa les épîtres scientifiques de référence dans les différentes sciences comme : al-Binâ’ ; al-ᶜIzz ; al-âjurrûmiyya ; Jawharat al-Tawhîd ; Rahabiyya ; Hall al-maᶜâqid d’Ibn Hishâm ; Alfiyya d’Ibn Mâlik avec son commentaire d’Ibn ᶜAqîl ; al-Kâfiya d’Ibn al-Hâjib et son commentaire de Mullâ Jâmî l; al-Mughnî …

Puis il commença à suivre des cours dans différents cercles scientifiques tenus par les savants de la région afin de compléter la formation des étudiants comme conçue à l’époque. Ainsi, il étudia auprès de Mullâ Muhammad Amîn, bin shaykh ᶜAbd al-Hâdî al-ᶜUmarî dans le village ᶜÂbira pour environ une année. Puis auprès de l’éminent savant Mullâ ᶜAbdallâh bin Mullâ Rashîd dans le village Maᶜshûq et étudia auprès de lui les commentaires d’al-Shamsiyya et les commentaires du Talkhîs, le commentaire des ᶜAqâ’id et les sciences de Wadᶜ et de Munâdhara (débats discursifs).

En 1965, il termina ses voyages et s’installa dans le village ᶜAlwânakî où il se maria et travaillait comme imam et khatîb du village. Il se rendait au village Hulwa pour visiter le shaykh Muhammad Zakî bin Shaykh Ibrâhîm Haqqî. Ce dernier s’attacha à lui et insista qu’il vienne enseigner dans l’école de la Takiyya dans leur village. Il a fréquemment essayé de s’excuser en prétextant qu’il est encore jeune et qu’il n’est pas suffisamment compétent au regard de la responsabilité qui découle de cette mission. Cependant, l’insistance du shaykh Muhammad Zakî l’a poussé à venir en 1967 et exerça en tant qu’enseignant, khatîb et Muftî.
Entretemps, il a étudié auprès de son shaykh ᶜAlwân bin Ibrâhîm Haqqî le droit des successions ainsi que plusieurs ouvrages notamment Jamᶜ al-jawâmiᶜ avec ses gloses. Après cela, ledit professeur lui accorda une ijâza scientifique générale et absolue par sa chaîne de transmission d’après son père Ibrâhîm Haqqî et son oncle Muhammad Shafîq.

Après le décès du shaykh Muhammad Zakî, son frère le shaykh ᶜUlwân l’a succédé dans la guidance spirituelle de la tariqa Naqshabandiyya là-bas. Mullâ Yûsuf continua son enseignement dans la Takiyya comme dans les écoles primaires, collèges et lycées de la région ainsi que dans son activité de Fatwâ et de médiation et résolution des conflits. Le shaykh ᶜUlwân l’aimait énormément et lui accordait sa confiance totale. Il était son bras droit et son compagnon dans les voyages comme dans la résidence pour plus de 20 ans. Le shaykh ᶜUlwân a rédigé une lettre pour un des savants du Kurdistan du nord (en Turquie) en lui disant : « Mullâ Yûsuf m’a fait oublié ma science ».

Après le décès du shaykh ᶜUlwân, il a continué son activité pour une courte durée à Hulwa et dans la totalité de la région al-Jazîra en Syrie. Puis, il s’installa en 2004 dans le Hayy al-Akrâd (le quartier des kurdes) à Damas où il dirigeait la prière, et enseignait dans la mosquée al-Rukniyya (mosquée Rukn al-Din Mankûras). Il enseignait également dans la mosquée Abû al-Nûr dans des cercles scientifiques dédiés aux étudiants aguerris ainsi que dans l’institut du shaykh Abû al-Hasan al-Shâdilî. Au début de la révolution syrienne, il se déplaça à Arbîl, capital de Kurdistan.

A Damas, les savants damascènes ont fait sa connaissance et ont annoncé son éminence scientifique. Le shaykh ᶜAbd al-Razzâq al-Halabî a dit à propos de lui : « c’est un des plus grands savants kurdes ». Le célèbre prédicateur Râtib al-Nâbulsî a dit : « Mullâ Yûsuf est le savant des shâfiᶜîtes en Syrie ».

Parmi ses oeuvres :
al-Durar al-Saniyya fî istilâhât al-shâfiᶜiyya.
al-Masâ’il al-lu’lu’iyya min tabaqât al-shâfiᶜiyya.
Il a eu un grand nombre d’étudiants de Syrie, de tout le Kurdistan, de sud est de l’Asie, de l’Asie Centrale … Parmi eux, on trouve en outre ses fils : ᶜAbd al-Rahîm Na’ Him, directeur d’un institut islamique en Indonésie ; Yûsuf Uztuk, célèbre prédicateur turc et directeur de plusieurs instituts et fondations islamiques en Turquie ; le martyr Mullâ Husayn al-Bîjirmânî qui était l’imam et le khatib de la mosquée du quartier kurde de Zûrâfa à Damas …

Qu’Allah lui accorde Sa Miséricorde.

Décès de l’éminent spécialiste des sciences du Coran shaykh Khâlid Barakât

« Les gens du Coran sont les gens d’Allah et ses bien aimés. »

Décès de l’éminent savant des sciences coraniques Shaykh Khâlid Barakât, à l’âge de 49 ans, après une vie consacrée au Coran.

Ayant une très belle voix et une maîtrise inégale de la science des maqâmât, il était un des meilleurs récitateurs que j’ai rencontré. Durant sa jeunesse, il a été invité à diriger les prières de tarawih dans plusieurs pays occidentaux et asiatique. Il fût membre de nombreux jury de concours de mémorisation du Coran à travers le monde parmi les plus prestigieux, y compris à Paris (participation symbolique).

Parmi les particularités de son sacrifice dans l’enseignement du Coran, il y avait le fait qu’il tenait deux instituts en même temps et des fonctions d’imam qu’il occupait pendant les prières nocturnes de la Grande Mosquée al-Mansûrî. Cette mosquée est la plus grande de Tripoli. Ainsi, son temps était entièrement dédié au Coran. Son épouse, enseignante des dix lectures du Coran, gérait l’enseignement dédié aux femmes. Tous deux ont assuré la renaissance de l’intérêt pour notre Livre sacré.

Malgré sa nomination en tant que Shaykh al-Qurrâ’ de la région de ᶜAkkâr au nord du Liban, il conserva toute sa vie son activité d’enseignant.

Il n’existe aucun étudiant de Coran au Nord du Liban sur lequel le Cheikh n’a de mérites.

Victime d’une tentative d’assassinat en 2015, il avait subi plusieurs opérations chirurgicales et a passé plusieurs mois à l’hôpital avec son pronostic vital engagé.

Il m’avait promis de me visiter avec l’équipe de munshidin qu’il a formé pour m’honorer avec une célébration de louanges au Prophète ﷺ. Je n’ai jamais voulu le gêner avec ça en le lui rappelant, surtout avec la grande distance qui nous séparait.

Je ne t’oubliera jamais mon cher cheikh, N’oublie pas de tenir ma main dans le jour de jugement pour m’enchaîner par ton biais au Prophète ﷺ.

Un des piliers d’al-Azhar s’est fracturé !
L’éminent penseur, savant, philosophe et membre du Comité des grands savants d’al-Azhar Dr Muhammad ᶜAmâra (1931-2020) nous a quitté la veille de samedi.
Nous témoignons – et Allah en connait plus – qu’il avait consacré sa vie à la science, à la connaissance et à la réflexion autour des fondements philosophiques de l’islam.
Auteur de 147 ouvrages – comprenant 13 éditions critiques – et coauteur de 5 ouvrages, il a participé dans les différents domaines de la pensée classique et contemporaine.
Qu’Allah lui accorde Sa Miséricorde.

Rachid Haddach auprès d’Allah

C’est avec une profonde tristesse que nous apprenons le décès du frère Rachid Haddach.
Actif prédicateur et enseignant, il a marqué la scène francophone par ses enseignements et ses conseils. Je n’ai pas eu l’honneur de le rencontrer personnellement mais j’ai vu l’impact qu’il avait eu dans la communauté et j’implore Allah qu’il soit ainsi accueilli auprès de Lui.

Cela me rappelle la parole du poète Ibn Zaydûn :

فَقَدناكَ فِقدانَ السَحابَةِ لَم يَزَل * لَها أَثَرٌ يُثني بِهِ السَهلُ وَالوَعرُ
Nous t’avons perdu comme nous avons perdu le nuage,
Cela a toujours pour effet de faire fléchir les plaines et les montagnes.
مَساعيكَ حليٌ لِلَّيالي مُرَصَّعٌ * وَذِكرُكَ في أَردانِ أَيّامِها عِطرُ
Tes œuvres sont des bijoux incrustés pour les nuits,
Le parfum de ta mémoire [nous entoure] aux extrémités du jour.

Qu’Allah lui accorde Sa Miséricorde et rend ses prêches comme une aumône continue (sadaqa jâriya) pour son compte.