Allah préserve Ses gens

Devenu très vieux, un Ŝayḣ référence en lectures coraniques a perdu son ouïe. Il n’entendait plus ce que disent les gens. Cependant, il entendait parfaitement la lecture du Coran et a continué à l’enseigner jusqu’à son décès en corrigeant les fautes minutieuses pour ses étudiants.
Qu’Allah nous rend parmi les gens du Coran.
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par Dr. Abû Zakariyya al-Hussaynî Posté dans Non classé

L’ascète et le musicien

Dans notre ville, un vieil homme connu pour sa piété et son accrochement à l’application de la religion vivait dans son propre monde entre le Coran, l’adoration d’Allah, son travail et l’aide des gens qui sont dans le besoin. Les gens le nommaient « cheikh » en guise de respect malgré qu’il ne soit pas un savant.

Cependant, il est connu aussi pour être dur envers lui-même ainsi qu’envers les gens en ce qui concerne la transgression de la loi divine.

Près de chez lui habitait un monsieur qui étudiait la musique au Conservatoire national de la musique. Le souci c’est que ce musicien était d’une famille très pratiquante et impliquée dans la religion. En plus, une certaine relation familiale le rattache à ce cheikh ascète précité.

Sur son chemin vers le centre ville, il passait près de la maison du musicien. Chaque fois qu’il le rencontrait, le cheikh lui chantait une chanson particulière :

« Qui est ton Seigneur ?

Tirilam Tirilam

Quelle est ta religion ?

Tirilam Tirilam »

Puis, il continuait son chemin. En fait, il ne parlait avec ce musicien qu’en lui chantant ces phrases ni plus, ni moins. Avec le temps, ce musicien s’est rendu compte de la véracité de ce message et de sa profondeur. Ce cheikh lui a fait comprendre que son chemin de la musique ne faisait que le ramener vers la falaise de l’Enfer. Il s’est donc repenti et est devenu un homme droit.

par Dr. Abû Zakariyya al-Hussaynî Posté dans Non classé

Décrocher la Lune ou comprendre al-Bukhârî

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Un jour, un homme entra dans une mosquée et tomba sur un cheikh qui enseignait à ses disciples le recueil authentique de l’imam Al-Bukhârî. Aussi il lanca au cheikh sur un ton ironique :
« À l’autre bout du globe, les gens sont montés sur la Lune et toi tu expliques le Sahîh Al-Bukhârî ? »
Ce à quoi le cheikh rétorqua :
« Qu’y a-t-il d’étonnant à cela, une créature qui se déplace vers une autre créature ? Quant à nous, nous aspirons à arriver chez Le Créateur.
Au final, sais-tu quel est le plus perdant d’entre nous ?
C’est certes toi ! Tu n’es arrivé ni à la lune, ni tu n’as étudié Al-Bukhârî avec nous ».
 
Certains étudiants débutants aspirent à aborder des sujets juridiques pointus et étudier des chapitres dédiés généralement aux niveaux avancés. Perdus dans leur manque de méthodologie, ils ne sont arrivés à maîtriser ni les sujets dont ils se gargarisent de la connaissance, ni étudier et maîtriser les sujets qu’on explique aux débutants comme eux parmi les enseignements classiques.

Hudhayfa ibn al-Yamân a été interrogé : « Quand est ce que l’homme connaît qu’il est tombé dans la fitna ? »
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Il répondit : « Lorsque ce qu’il voyait hier comme illicite devient aujourd’hui comme licite, qu’il sache qu’il est tombé dans la fitna. »

par Dr. Abû Zakariyya al-Hussaynî Posté dans Non classé

Pourquoi apprendre à prier s’étale sur des heures ?

Le bédouin venait chez le Prophète – que la paix et le salut de Dieu soient sur lui – et apprenait avec lui les ablutions et la prière pendant une demi heure puis il partait.
Pourquoi l’apprentissage du fiqh s’étale sur des heures et des heures ?
 
Cette question semble logique et convaincante. Cependant, elle relève d’une ignorance indéniable, (1) ignorance de ce que le Prophète – que la paix et le salut de Dieu soient sur lui – enseignait et de ce que les savants enseignaient et aussi (2) ignorance de la nature de l’époque de chacun.
 
1- Regards sur le contenu :
Lorsqu’une personne venait chez le Prophète – que la paix et le salut de Dieu soient sur lui – pour demander les éléments essentiels de la religion, ou comment faire correctement la prière, il répondait par la présentation des piliers (arkân) de la prière. Cette nomenclature technique de pilier (arkân) découle de l’infaillibilité du Prophète – que la paix et le salut de Dieu soient sur lui. Il est présumé enseigné tout ce qui est indispensable lorsqu’il est en situation d’enseignement. Cependant, lorsque les compagnons décrivaient la prière parfaite, celle du Prophète – que la paix et le salut de Dieu soient sur lui -, ils mentionnaient outre les piliers indispensables à la validité de la prière, les actes méritoires recommandés ainsi que les formalités accessoires. Ainsi, ce que la personne venant du désert a appris en quelques instants sont les piliers de la prière, et elle apprend le reste par la pratique avec l’ensemble des compagnons.
De plus, la personne venant apprendre en quelques instants ne devient pas savante dans les sujets appris. Elle apprend le minium indispensable pour sa religion d’une manière minimale. Par exemple, celui qui a appris comment faire la prière correctement après l’accomplissement trois fois d’une prière invalide (hadith al-musî’i salâtuhu), n’a pas appris ce qu’il fait dans le cas de l’oubli et n’a pas appris aussi ce qu’il dit dans la prosternation (sujûd) ni dans l’inclinaison (rukû’).
Enfin, nous trouvons aussi qu’une grande quantité de gens viennent apprendre avec le Prophète – que la paix et le salut de Dieu soient sur lui – pour des périodes plus ou moins longues. Certains passent deux semaines, d’autres trois, d’autres des années. Qui dit qu’il faut des heures et des heures pour apprendre le minimum obligatoire pour un musulman lambda ? Une formation légère sur les sujets indispensables de la prière peut être assurée en quelques heures. Par exemple, l’explication entière de matn al Maqâsid pour les débutants dure environ dix heures sachant qu’elle couvre la croyance, le fiqh et la purification de l’ame ainsi que des conseils pour pratiquer la religion au quotidien et améliorer sa foi.
 
2- Regards sur l’historiographie du droit musulman :
Une grande différence se situe entre les deux apprentissages. Le bédouin qui vient apprendre, apprend de la source, du transmetteur de la législation lui-même – que la paix et le salut de Dieu soient sur lui -. Il n’est pas inquiet de s’approfondir et devenir un mufti car s’il en a besoin, il revient de nouveau chez le transmetteur de la législation – que la paix et le salut de Dieu soient sur lui -.
Tandis que la personne aujourd’hui apprend longtemps pour devenir indépendant dans ses adorations d’une manière minimale afin de ne pas revenir chez les savants à chaque problématique.
Ainsi, l’apprentissage se rejoint sur sa forme méthodologique. Le bédouin apprend avec le mujtahid ultime de l’humanité, notre bien aimé – que la paix et le salut de Dieu soient sur lui – de même que le musulman lambda apprend avec le savant le plus fiable qu’il puisse trouver.
 
Je conclue enfin en confirmant que chacun revient à la source législatif à laquelle il peut accéder. De nos jours, certains préfèrent creuser un puits qui a été déjà creusé mais sans avoir les outils pour le faire.
 
Qu’Allah nous préserve de l’ignorance et de la fierté d’être ignorant.