Les grands vus par les grands

Un des fils de l’imâm Ahmad raconte : « Comme je demandai un jour à mon père :
 
« Je t’entends souvent demander la grâce de Dieu pour ash-Shâfi‘î ; quel genre d’homme était-il donc ? ».
 
Il me répondit : « Ô mon fils, l’imâm ash-Shâfi‘î – Dieu ait son âme – était ce que le soleil est pour le monde et ce que la santé est pour les hommes. Dis-moi, ces deux choses peuvent-elles être remplacées ? ».
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par Dr. Abû Zakariyya al-Hussaynî Posté dans Non classé

Retarder le mariage pour les études

As-salâmu ‘alaykum wa rahmatuLlâhi wa barakatuhu yâ shaykh, « Les études avant le mariage », est-ce une bonne raison de la part des parents pour retarder un mariage ?

Wa alaykom assalam warahmatu Allah

Oui, c’est une bonne cause de retard. 
Cependant, il ne faut pas trop tarder surtout pour les filles, l’étude ne doit pas tarder la fille plus que l’age de 25 années et le fils plus que 30 années. Après cet âge, l’étude n’est plus un motif admissible de retard du mariage.
On remarque de véritables problèmes sur ce niveau, des soeurs qui terminent leurs études à l’age de 30 voir plus et qui ont passé leur jeunesse dans l’éducation ce qui leur pose de problèmes très sérieux surtout pour trouver un homme qui les accepte à cet âge là, pire encore, elles ajoutent des conditions plus élevés vu qu’elles sont maintenant bien diplômées.
Ce problème ne se pose pas gravement pour les frères, car même jusqu’à un age retardé dans l’étude, il n’est pas considéré comme étant en retard pour le mariage même à l’age de 30 années.

wallah a’lam

L’imam Abû Hanîfa et la transmission des ahâdîth

L’imam Ibn Farrûkh al-Mâlikî (décédé en 170H) fut parmi les grands disciples de l’imam Mâlik et les grands disciples de l’imam Abû Hanîfa. Il a appris le hadith auprès des savants de diverses régions.

Une fois il était chez l’imam Abû Hanîfa, une brique est tombée du toit de la maison de l’imam Abû Hanîfa sur sa tête causant son saignement. Alors l’imam Abû Hanîfa lui a dit :

– Choisis entre le ’Arch et trois cents (300) hadith.

Ibn Farrûkh répondit : Les hadith.

L’imam Abû Hanîfa lui a donc transmis les trois cents hadith.

Cette histoire fut mentionnée par al-Qâdî ‘Iyâd dans son noble ouvrage Tartîb al-Madâriq qui présente les biographies des savants de l’école malikite. L’auteur (al-Qâdî ‘Iyâd) se basait sur un ouvrage qui rapporte l’histoire directement d’après Ibn Farrûkh.

Réf : Tartîb al-Madâriq, édition Fudâla, volume 3, p.109.

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’Arch : L’indemnisation de la nuisance corporelle. Elle est toujours inférieure à la Diya.

L’achat en plusieurs fois sans frais

La question suivante se pose fréquemment :

L’achat en plusieurs fois sans frais est-il licite ?

En réalité, la réponse à cette question nécessite de connaître les conditions exactes de cet achat. Dans les grandes surfaces, on trouve des biens à prix élevés, allant de quelques centaines d’euros jusqu’à plusieurs milliers, qui sont proposés avec une option d’achat en plusieurs fois. Pour répondre à la question, il faut connaître la nature de cette opération.
Après examen des conditions de vente, on trouve des stipulations explicites qui indiquent la nature juridique de l’opération. Dans le cas de l’annonce ci-jointe, on voit que la transaction se conclue avec l’intervention d’une tierce personne, une banque ou une société financière. Ce cas est la forme typique de ces paiements à tempérament (échelonnés sur plusieurs fois). Ainsi, la relation devient une relation mixte entre trois parties.
  1. Un vendeur ;
  2. Un acheteur ;
  3. Un financier.
L’acheteur prend le bien selon le prix indiqué. Mais quel est le rôle du financier ? En fait, le vendeur ne veut pas attendre pour récupérer son argent. Il va donc faire intervenir ce financier qui va payer le prix entier au vendeur après avoir accepter le dossier du client-acheteur.
Le financier trouve son compte dans l’intérêt qu’il va prendre sur cette affaire. Dans ce type de montage, le client-acheteur est séduit par l’achat en plusieurs fois sans frais. Mais c’est le vendeur qui va supporter les frais, comme indiqué dans le passage : « Le coût de ce financement est pris en charge par votre magasin ». Ces coûts ne sont que les intérêts qui découlent du prêt conclu entre le financier et le client-acheteur.
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Le client-acheteur du bien achète donc le bien du vendeur, et le financier paie le prix au vendeur. Par contre, c’est le vendeur qui paie l’intérêt au financier comme un geste commercial étant donné qu’il a une bonne marge de profit à toucher.
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Donc, la relation juridique entre le client-acheteur et le financier est un contrat de prêt à intérêt.
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La question qui se pose donc est la suivante : Est-il autorisé de conclure un prêt usuraire (prêt à intérêt) même si une tierce personne paie l’intérêt ?
Dès que le contrat est basé sur une transaction usuraire, il devient invalide. La conclusion d’un contrat invalide est illicite. Donc, la conclusion de ce type de contrat est interdite même si nous ne sommes pas la partie qui paie l’intérêt.
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Notons enfin que si la tierce personne intervient pour vérifier la solvabilité du client sans aucune intervention dans la transaction, le paiement sur plusieurs fois est donc licite.
Si la tierce personne intervient dans la transaction sans que le client le sache et sans qu’elle n’apparaisse dans les contrats, annonces publicitaires et factures. La transaction est licite aussi.
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Wallah a’lam

Sharia et sanctions corporelles

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Le mot « Sharīᶜa » est banalisé dans le discours médiatique. Il devenu l’épouvantail servant à éloigner les gens de l’Islam et diffuser la peur auprès des auditeurs. Dans la pensée commune, voire médiatique, la notion « Sharīᶜa » est devenue l’équivalent de barbarie et d’injustice.
La « Sharīᶜa » est linguistiquement « la voie émanant vers la source de l’eau », puis elle fut employée pour désigner « la voie ». Scientifiquement, elle est définie comme étant : « l’ensemble des dispositions pratiques, dogmatiques et spirituelles, légiférées par Le Seigneur pour Ses serviteurs à travers Son messager ». Ces dispositions sont nommées « Sharīᶜa » en raison de leur droiture.
Ainsi, la « Sharīᶜa » comprend trois types de préceptes :
  1. Des règles pratiques régissant le comportement des hommes. Elles relèvent de la science de FIQH (droit).
  2. Des règles spirituelles régissant le cheminement spirituel de l’homme vers Dieu. Elles relèvent de la science de TASAWWUF (purification de l’âme).
  3. Des règles dogmatique régissant les fondements de la croyance islamique. Elles relèvent de la science de ‘AQIDA (croyance).
Ainsi, les règles pratiques de l’Islam réglementent tous les domaines de la vie humaine, des adorations cultuelles jusqu’à la gouvernance de l’Etat en passant par les contrats commerciaux et le droit de la famille et de l’héritage. Ces règles pratiques concerne :

1- les adorations,

2- les transactions commerciales,
3- le droit de la famille
4- le droit pénal;
5- le droit judiciaire,
6- le droit international public (traitant les conventions entre les états et le droit de guerre)
7- le droit administratif et constitutionnel.
Suite à cette présentation terminologique, on constate que la notion « Sharīᶜa » dépasse largement l’aspect juridique pour englober la totalité de la religion, à savoir ce qui est prescrit par Dieu. Le droit pénal constitue une partie infime du droit musulman qui, de son côté, constitue une partie de la « Sharīᶜa ». Aucune similitude entre les deux notions ne doit être établie.
Notons enfin que l’application des sanctions pénales est strictement réservée à la magistrature. Le juge prononce la décision judiciaire après le suivi d’une procédure minutieuse et détaillée durant laquelle la présence de toute présomption (shubha) d’innocence écarte l’application des sanctions corporelles. Le Prophète (salla Allah ‘alayji wasallam) a dit : « Repoussez les sanctions par tout élément de doute ».
Wallah’ a’lam.