INNÂ LILLÂHI WA INNÂ ILAYHI RÂJIᶜÛN !

Qu’Allah accorde Sa Miséricorde pour notre shaykh, l’éminent professeur, juriste, principologiste, économiste ᶜAbd al-ٍSattâr Abû Ghudda, décédé le matin de ce jour béni de vendredi 6 Rabîᶜ al-Awwal 1442H, à l’âge de 80 ans.

Né à Alep, le 28 janvier 1940, il a eu une maîtrise en sharîᶜa en 1964 de l’Université de Damas, et une autre en Droit en 1965. Il a eu un Master de sharîᶜa d’al-Azhar en 1966, puis un master en sciences de hadîth en 1967 et un doctorat en sharîᶜa, spécialité droit comparé en 1975 de l’université d’al-Azhar.

Il a travaillé comme enseignant dans plusieurs universités, en Arabie, au Koweit, en Egypte, en Syrie … Il était expert et chercheur dans l’Encyclopédie Koweitienne depuis sa constitution jusqu’à 1990, membre du comité des Normes et du Comité de Sharîᶜa de l’AAOIFI depuis 1995 jusqu’à présent, membre d’un grand nombre de comités scientifiques dans les banques et les institutions financières islamiques, membre et expert de plusieurs Académie de fiqh, expert de renommé mondiale en fiqh des transactions contemporaines, en fiqh de la comptabilité et de l’audit, en fiqh de zakât et de waqf, en édition des manuscrits et en médecine islamique.

Auteur de plusieurs ouvrages comme :
L’option et son effet dans les contrat,
Le rôle du fiqh dans l’époque contemporaine,
Recherches dans le fiqh sanitaire et la santé psychologique d’une perspective islamique,
Guide de Zakât,

Qu’Allah lui accorde Sa Miséricorde et agrée ses efforts et œuvres,

Que nos langues ne cessent jamais d’évoquer le Seigneur

Le dhikr est une adoration non formelle (ghayr mundabit) : elle ne dépend ni du nombre d’évocations, ni de la forme, ni du temps, ni du lieu. Il existe des nombres recommandés, des formes recommandées, des temps recommandées et des lieux recommandés. Mais plus on en ajoute et excelle, mieux c’est. Allâh a dit : « et les invocateurs souvent d’Allah et invocatrices : Allah a préparé pour eux un pardon et une énorme récompense » (sourate al-ahzâb, v.35).

Je parlais avec un frère sur le dhikr et notre négligence envers Allah. Je lui ai évoqué le cas des gens de notre époque, bien engagés qui font des répétitions de 5 000, 10 000, 20 000 ou 50 000 évocations par jour. Il m’a dit : « Je ne crois pas trop à ces énumérations, je penses que c’est exagéré ».
Je résume ici ma réponse :

Nous, les négligeants dont je suis le premier, sommes négligents dans nos pratiques, nous n’arrivons même pas à tenir les invocations du matin et du soir. Nous voyons énormes les 100 tasbîh du matin et les 100 du soir. C’est pourquoi il est normal que nous voyons les 1000, 5000 ou 50 000 comme des chiffres exagérés.

Les compagnons – qu’Allah les agrée – conservaient le dhikr d’Allah à tout moment, dans leur déplacement, dans leur assises, en travaillant, même en mangeant. De nos jours, des pieux existent, des saints existent. Ils accomplissent d’énormes œuvres qui sont bien faisables mais qui nous semblent – du fait de notre habitude à la fainéantise – impossibles.

Je connais un grand homme, Hajj Adnân – que je considère, auprès Allah, être un saint – qui a les lèvres qui bougent à tout moment. Quand je le transporte en voiture, ses lèvres bougent. Quand il est chez lui, il a toujours ses yeux fermés et les lèvres qui bougent. Quand il travaille dans son jardin, ses lèvres ne se reposent jamais. Quand on lui parle, il met quelques secondes à commencer à nous parler et ce, afin de terminer les dhikr qu’il récite. Idem, quand il veut parler, on voit qu’il nous regarde puis il nous parle. Quand il est en discussion, ses lèvres bougent entre les arrêts du discours.

Une fois, j’ai osé lui demandé les évocations qu’il répète par jour, il m’a parlé de tasbih, tahmid, tahlil, takbir et surtout surtout la salât ᶜalâ annabi . Quand je lui ai parlé du nombre qu’il réalise par jour, il a souri et m’a dit : « Mon fils, nous on ne compte pas avec Allâh ». J’ai senti la froideur dans le dos, ma peau frissonnait, les larmes aux yeux et je n’ai pas pu reparler. Le silence a régné un instant, puis il m’a dit : « Nous sommes pauvres mon shaykh, nous sommes négligeant envers Allâh ! ».

Les anecdotes sont nombreuses, les leçons le sont également. Ne visez pas directement un objectif énorme à accomplir, ne dites pas je vais répéter 10 000 tasbih par jour tandis que les 100 après chaque prière ou du matin et du soir vous sont lourdes.
Prenez l’échelle étape par étape.
Concevez les invocations du matin et du soir et les invocations après chaque prière comme un moment.
Puis augmentez les doses de vos séances de dhikr.

Qu’Allah nous accorde la sincérité et la persévération dans nos œuvres.

La rafle du vel d’Automne reprend

Le Führer Macron nous a annoncé sa guerre anti-islam sous le couvent de l’anti-islamisme, l’anti-islamistes et l’anti-séparatisme. Les perquisitions continuent dans les mosquées, instituts, écoles privées et associations islamiques. Pour le moment, aucune loi n’a été votée et elle ne le sera probablement pas. Malgré cela, les répressions continuent dans un flou juridique absolu bénéficiant des notions juridiques vagues comme sécurité, laïcité et lutte contre l’islamisme, et ce, par simple abus de pouvoir.

Malgré cela, de nombreux imams ont continué leur vie comme si rien ne se passait au sein de la communauté musulmane française. Ils continuent leur représentation d’un islam imaginaire, courbent l’échine sauf quand il s’agit de dénoncer des comportements qui irritent l’Etat au profit des «Not in My Name». D’autres imams jouent la politique de l’autruche en faisant profil bas, espérant au plus profond d’eux que la tempête ne les atteigne.

Vous parlez du comportement et des devoirs des musulmans mais vous ignorez entièrement ce qui est le droit de ce musulman martyrisé car s’accrochant à liberté de culte garantie par la constitution, en s’accrochant à Lâ ilâhâ illā Allâh !

Des sermons continuels sur le comportement du musulman, l’éthique, la fraternité, l’union, la véracité, le courage, la taqwa, le tawakkul ; des exemples donnés de situations vécues par nos courageux pieux prédécesseurs et aïeux … Mais, où pouvons-nous lire ces exemples au sein de votre propre histoire, imams – guides pour les croyants- ?
Arrivez-vous à dormir sereinement ?

Vous déresponsabilisez-vous – ou certains parmi vous au moins – à cause de différents présents entre vous et votre frère musulman accablé par un État tyran ? Un combat d’ego à mettre de côté face à l’injustice d’un de nos frères ou d’une de nos sœurs croyants.

Allah voit. Les nobles scribes témoigneront.

Vous connaissez plus que tout le monde les règles de celui qui fuit la bataille. Il en est de la dignité et du sang du musulman.

Le prophète ﷺ a dit dans un ḥadîth authentique : « Que la Kaᶜba soit détruite pierre par pierre, cela est plus facile auprès d’Allah que le sang d’un musulman soit versé ».

Défendre son frère victime d’injustice est le devoir de chacun de nous, car prophète ﷺ a dit dans un ḥadîth authentique : « Le croyant est le frère du croyant :il ne fait pas preuve d’injustice envers luiة ne l’abandonne pas et ne le dénigre pas ».

Que craignez-vous ? Un redressement fiscal ?
Qu’ils vous contrôlent donc. Notre dîn nous enjoint à être dans les règles ; rien de leur sera profitable. En tout cas, avec vos 1800€/mois, 1200€/mois ou 500€/mois pour certains (oui l’imam ne touche pas 10K/mois), il se peut qu’ils vous lâchent une sadaqa au regard de votre situation.

Vous craignez quoi ? Dites la vérité et dénoncez les injustices. Allah a dit dans le Coran : « Et rappelez-vous quand vous étiez peu nombreux, opprimés sur terre, craignant de vous faire enlever par des gens. Il vous donna asile, vous renforça se Son secours et vous attribua de bonnes choses afin que vous soyez reconnaissants. » On ne cherche pas des biens mondains mais la satisfaction d’Allah.

En France, nous, les musulmans, ne demandons pas un traitement particulier. Nous voulons tout simplement à ce que la loi soit appliqué aux musulmans comme aux non musulmans. Nous voulons que nos instituts religieux, nos écoles privées et non associations aient un traitement similaire à ceux des autres confessions, notamment les institutions chrétiennes et juives bien présentes sur le sol national. Aucune ONG n’a fait l’objet de perquisitions répétitives sans motifs hormis les ONG musulmanes. De même pour les instituts, écoles et associations privés musulmans.
Je rappelle que les instituts et associations dispensant des cours de religion ne sont pas des écoles dans le sens de la loi et ne sont pas qualifiés juridiquement en «écoles hors contrat» non plus.
J’invite les ONG, associations, instituts et autres organismes victimes de cette discrimination à porter plainte. Quand vous voulez défendre vos droits, faites le dans le très large cadre que la loi vous donne et non seulement en appelant à protester dans les rues. En fait, cela sera retranscrit par les médias du système (les médias libres passant à la télé n’existant pas en France) comme des actes de barbarie méritant toute réprimande.

Quand monsieur Idriss Sihamdi a invité les gens à se manifester, nous avons dit : « Garantissait-il les personnes lésées pendant ces manifestations ? Va-t-il les indemniser personnellement pour les répercussions qu’ils subiront ? Il doit le faire lui-même et non pas des caisses de l’association qu’il gère car elle n’est point sa poche ». Oui en islam, il n’a pas le droit de toucher aux dons de son association pour l’utiliser pour des buts différant des objectifs pour lesquels ils ont été donnés.

Enfin, ne confrontez pas les policiers. Ils sont obligés à obéir à des ordres formellement légaux mais qui sont dans le fond du droit illégaux. Ils le savent bien et n’hésite pas de causer le maximum de nuisance. Ne les confrontez pas car vous ne gagnez qu’un œil crevé ou qu’un os fracturé pour rien.

Alors, j’en appelle à chacun de vous, imams, responsables de la communauté, musulmans, à laisser vos différents et à recréer une fraternité plus que nécessaire en ces temps. La désunion et le sentiment de défaite sont des outils de Satan bien compris et utilisés dans tout conflit.
Soyons organisés.
Créons des groupes de soutien.
Connaissons nos droits.
Transmettons des informations sûres et prouvées à ce sujet.
Il ne faut négliger aucun moyen licite pour défendre nos droits et libertés.

par Dr. Abû Zakariyya al-Hussaynî Posté dans Non classé

Choisir un conjoint pieux ?

L’imam Shâfiᶜî a dit :

J’ai entendu un de nos compagnons de confiance dire :
« Je me suis marié afin de préserver ma religion. Mais ma religion, celle de ma mère et celle de mes voisins se sont envolées »(*).

D’où l’importance de choisir le conjoint qui correspond à notre état spirituel et à notre engagement religieux. Il faut chercher quelqu’un ayant un état proche du nôtre et qui a l’aptitude de travailler pour évoluer davantage afin que les deux évoluent ensemble.

L’homme qui est négligeant dans ses obligations religieuses mais qui cherche une femme pieuse qui préserve ses évocations quotidiennes, ses prières surérogatoires et excelle dans les adorations, commet une grande nuisance pour lui-même comme pour son épouse.

C’est aussi valable dans le sens inverse, mais la première figure est la plus répandue et la plus évoquée par les frères dans leurs demandes de mariage.

Qu’Allah réforme nos jeunes.
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(*) Rapporté par al-Bayhaqî dans al-Manâqib et par al-Juwaynî dans Nihâyat al-Matlab.

Lettre du Shaykh Munawwar al-Madanî

Durant le mois béni de Ramadân dernier, j’étais invité à dispenser une prédication ramadanesque aux disciples de la tarîqa Madâniyya. Ainsi, le shaykh de la tarîqa m’a envoyé une lettre de remerciements que nous traduisons comme suit :

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Bismillahi-r-rahmâni-r-rahîm (Au nom d’Allah, Le Très-Miséricordieux, Le Tout-Miséricordieux)

Que la paix et le salut soient sur le maître de ceux qui admettent la bienfaisance d’Allah, et appliquent ce qui est transmis dans la révélation comme la parole du Généreux Majestueux : « Sois bienfaisant comme Allah a été bienfaisant envers toi. », ainsi que sur sa famille et ses compagnons méritant toutes louanges.

Mon noble maître shaykh Abû Zakariyyâ… qu’Allah vous préserve et veille sur vous ; et qu’Il raffermisse vos efforts dans le chemin de la guidance.

A mon titre personnel – votre bien aimé-, et au nom de tous les fils de la tarîqa Madâniyya et de ses nobles amoureux, je vous présente tous les remerciements et les reconnaissances les plus sincères pour votre conférence précieuse et vos mots touchants durant le mois glorifié de Ramadan.

Votre intervention était complète, pertinente et embellie par les versets coraniques bénéfiques et bien placés, ainsi que par les merveilleux ahâdîth prophétiques authentiques. C’est pourquoi, elle a eu l’appréciation de nos maîtres qui l’ont suivie. Cette intervention les a encouragés à adorer Allah davantage, les a incités à s’embellir par les bonnes mœurs et nobles caractères et a augmenté leur attache envers le Maître des Maîtres ﷺ.

Ceci étant dit, la Zâwiya Madâniyya vous invite à continuer ces efforts bénéfiques, dans la recherche, la lecture et la guidance pour le bienfait des croyants.
Notre voie est une voie scientifique, bâtie sur la connaissance des réalités (haqâ’iq), la compréhension des finalités et la perception des sens sublimes et sensibles.Qu’Allah nous facilite, à nous et à vous, les actes bénéfiques et les états spirituels les plus élevés.

Votre bien-aimé Muhammad al-Munawwar al-Madani.
Rédigé à Qusaybat al-Madyûnî le 30 Ramadan 1441H, soit le 23 mai 2020.

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Notre réponse:

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Bismillahi-r-rahmâni-r-rahîm (Au nom d’Allah, Le Très-Miséricordieux, Le Tout-Miséricordieux)

Wa alaykom as-salam wa-rahmatu Allâh wa-barakâtuh,

Mon maître, suzerain et couronne de ma tête ; son éminence, le shaykh le plus lumineux (al-anwar), le maître éducateur et guide spirituel, notre père Muhammad Munawwar al-Madani. Qu’Allah permette à la ‘umma de profiter de lui et fasse couler le bien de ses mains.

Ceci étant dit,

J’ai reçu votre lettre par laquelle vous honorez votre serviteur à travers vos remerciements et louanges pour sa modeste contribution. En effet, c’est vous qui faites partie des gens du mérite et de la générosité. Le remerciement parvient de chez vous et revient vers vous. Nous avons eu l’honneur de contribuer à quelques uns de vos efforts bénis.

Je profite de la présente afin de vous congratuler pour vos nobles actions et glorieux efforts mis en place dans les contrées françaises ; ainsi que toutes les louanges pour les frères, les shuyukh et les disciples ; pour leurs activités spirituelles et pour les missions éducatives qu’ils accomplissent. J’implore le Seigneur qu’Il les récompense pour cela en les ressuscitant parmi la meilleure des Ses créatures ﷺ.

Ces fruits bons et bénis nous parviennent d’une origine bénie et fleurissent de la Zâwiya Shâdhuliyya Madaniyya des étendues tunisiennes verdoyantes. Qu’Allah la préserve illuminée par vos agréables lumières et entourée par la clôture de la science, du dhikr (évocation d’Allah) et du dogme sunnite.

Il n’est guère étrange que votre école produise un être qui verse, en abondance, l’éducation et l’encadrement aux personnes résidant dans les régions françaises ; qui abreuve les assoiffés de la source de la science et des connaissances spirituelles. Je vise, évidemment, votre bon et pieux fils, le maître des linguistes et orateurs des contrées occidentales – qu’Allah les entoure par la guidance et la lumière de la foi – l’éminent savant, le savantissime, l’étoile des étoiles (najm al-nujûm), mon maître et mon suzerain, al-Najm al-Madanî. Qu’Allah allonge sa vie et bénisse ses activités, amin amin.

J’implore Allah de vous préserver dans les activités au sein desquelles Il vous a établi, à savoir, les fronts de l’éducation et la guidance des fils de la umma hanifiyya. Je L’implore également de vous accorder, cher sidi, la satisfaction de voir les fruits juteux de vos efforts ; de nous accorder la tranquillité des cœurs par la préservation de votre santé et la continuité de vos sublimes directives.

Que la prière soit sur la meilleure des créatures, que les prières d’Allah soient sur lui chaque matin et chaque soir.

Wa as-salam alaykom wa rahmatu Allah,

Gravé sous son regard,
Le serviteur de la science et de ses gens,
Abû Zakariyyâ al-Hussaynî al-Shâfiᶜî.

par Dr. Abû Zakariyya al-Hussaynî Posté dans Non classé