Un prodige du cheikh Abdel Karîm al-Mudarris

Parmi les références et les bénédictions d’Allah pour la communauté durant le dernier siècle, nous trouvons par exemple l’éminent savant d’Iraq et sa référence ultime, le professeur des professeurs, le juriste, le muhaddith, l’exégète, le fondamentaliste, le linguiste, le littéraire, le Muftî d’Iraq le cheikh Abdel Karîm al-Mudarris surnommé, Abdel Karîm Bayyâra (1905-2005/1323H-1426H).  Il a rédigé plus d’une centaine d’ouvrages de référence en arabe, en Kurde et en Persan.
Un de ses étudiants, le muftî d’Iraq cheikh Râfi’ al-Rifâ’î a raconté un de ses prodiges en disant :
Lorsqu’il a commencé à rédiger sa fameuse exégèse (tafsir) du Coran qui est en sept volumes, il avait environ quatre-vingts ans ou plus.
Je me suis dit dans mon coeur : Il est devenu trop vieux, comment pourrait-il terminer un tafsir du Coran ?
Puis je ne l’ai pas vu durant deux ou trois jours – le rapporteur [disciple du cheikh Râfi’ al-Rifâ’î] a oublié le nombre exact de jours.
Lorsque je l’ai rencontré il m’a dit : Ô mon père (pour désigner plutôt mon fils), sais-tu où j’en suis ?
J’ai répondu : Non ô mon cheikh.
Il m’a donc répondu : Je suis arrivé à la moitié de sourat al-Kahf (la Caverne).

Parmi les prodiges de l’imam ‘Abd al-Qâdir al-Jîlânî

Ibn al-Khashshâb a dit :
 
J’étudiais à plein temps la langue arabe et j’assistais aux assises spirituelles de l’imam Abd al-Qâdir al-Jîlânî sans m’y dévouer. Un jour, j’ai assisté à son assise et me suis dit : « j’ai perdu une de mes journées ».
De là, il a dit sur le minbar [estrade] :
« Malheur à toi, tu préfères étudier la grammaire qu’assister aux réunion d’invocation (dhikr) et c’est d’ailleurs ce que tu choisis ? Accompagne-nous, nous ferons de toi Sibawayh.
 
Réf : Ibn Rajab : « al-Dhayl ‘alâ tabaqât al-hanâbila », vol.2, p.205.
 
قال ابنُ الخشاب:
كنت أشتغل بالعربية، وأَسمع بمجلس عبد القادر [الجيلاني] فلا أتفرغ له، فجئتُ يومًا فسمعته، ثم قلت في نفسي: ضاع اليوم مني.
فقال على المنبر: ويلك، تُفضِّل الاشتغال بالنحو على مجالس الذكر!! وتختار ذلك؟ اصحبنا، نُصيرك سيبويه.
 
[الذيل لابن رجب (205:2)

Les niveaux extrêmes de la foi des musulmans francophones

Parmi les questions et les consultations que je reçois des francophones sur Facebook, j’ai constaté que la situation spirituelle est vraiment profonde. Les questions sont toujours poussées par une avidité illimitée pour acquérir la science et le savoir, éviter les péchés et l’erreur, cheminer dans la foi et la vérité … Cependant, les rangs des personnes qui demandent et qui posent les questions s’étalent sur tous les grades de l’échelle.

Dans le rang le plus bas, on retrouve les pauvres pécheurs qui cherchent ardemment à abandonner leur péché. Je suis parfois étonné de la fermeté de leur demande. Il faut très bien encadrer ces personnes pour éviter de tomber dans la waswasa.

D’un autre côté, on retrouve dans le rang le plus élevé des pieux qui cherchent à se perfectionner. Ce qui est étonnant est que l’on trouve parfois – parmi les musulmans lambdas qui posent des questions scientifiques simples ou qui demandent des clarifications – des « espions de cœurs ». En fait, j’avoue que je ne m’étais jamais attendu à rencontrer ces gens parmi les musulmans lambdas en France.

Que Dieu nous élève auprès de lui.

Wallah a’lam