L’imam al-Bâqillânî et le prêtre

Un jour, l’imam Abû Bakr al-Bâqillânî rencontra un prêtre.
Ce dernier lui dit :
– » Vous, Musulmans, vous êtes racistes ! « 
L’imam al-Bâqillânî rétorqua : – « Pourquoi donc ? « 
– Vous vous autorisez à épouser des Chrétiennes et des Juives, mais vous refusez aux autres d’épouser vos filles.
– Oui, car nous autorisons nos fils à épouser des Juives car nous croyons à Mûsâ alayhi assalam et à épouser des Chrétiennes car nous croyons à ‘Îsâ alayhi assalam. Quand vous croirez à Muhammad salla Allah ‘alayhi wasallam nous vous autorisons à épouser nos filles !
Al-Khatîb al-Baghdâdî : L’histoire de Bagdad, Dâr al-kutub al-‘ilmiyya, Beyrouth, vol.5, p.379.
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Une mosquée qui s’envole

Shaykh Târiq Maghribiyya de Damas est un des hommes d’Allah, doué dans l’interprétation des rêves. Il raconte :
 
« Un homme m’a dit : « J’ai vu dans mon rêve trois enfants qui s’accrochaient à moi. Nous sommes entrés ensemble dans la mosquée. Puis la mosquée s’est envolée très haut. Quelle est l’interprétation de cela ? »
 
Au début, je ne comprenais pas ce rêve, mais je suis resté en sa compagnie une journée et j’ai vu qu’il donnait aux orphelins. J’ai vu leur amour et attachement à lui comme s’il était leur père.
Je lui ai alors dit : « Ils sont ta porte vers le paradis ! »
Cet homme n’est ni savant, ni étudiant de sciences religieuses. Il travaille comme cuisinier ; mais il vient en aide aux orphelins et leur donne de son temps et de son argent. Entre-temps, on trouve des étudiants de sciences isolés des gens, qui ne font rien, et qui critiquent ceux qui font.
 
Combien parmi nous y a-t-il de gens qui font des actes dignes des anges et qui vivent parmi nous sous l’apparence d’hommes ! » Fin de citation

Le fanatisme dans le suivi des écoles

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Le fanatisme (ta’assub) dans le suivi d’une école est le fait que tu penses que cette école est la seule sur la vérité et que tout ce qui est différent est erroné ; que tu élèves cette école et que tu rabaisses les autres ; que tu sois gêné et embêté chaque fois qu’un imam autre que le tien est loué ; que tu penses que ton imam est meilleur que les autres que tu classes en-dessous de lui en terme de mérite et de rang. C’est un sectarisme critiqué et réfuté chez les savants.
 
Cependant, le fait que tu imites seulement ton école juridique et que tu essaies de soutenir ses avis et ses fondements de façon scientifique sans rabaisser les autres écoles n’est aucunement un fanatisme (ta’assub) mais une solidité dans le suivi de l’école. Ceci est louable.

Entre vérité et réalité

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La vérité est la véracité en soi, qu’elle soit présente dans la réalité ou non.
La réalité est ce qui est concrétisé en soi, qu’il soit véridique ou pas.
 
Par exemple, les conditions à remplir pour le statut de mujtahid sont quasiment inexistantes dans la réalité actuelle. Le vrai juriste est actuellement irréel mais sa vérité persiste malgré son absence dans la réalité. Les juristes réels, quant à eux, sont des juristes faussaires.

La réforme des sciences de la narration et des chaînes de transmission

Les sciences islamiques ne doivent pas être laissées sans rénovation ni réforme. Chaque époque doit connaître ses réformateurs. Mais faites attention, la réforme visée ici ne signifie pas délaisser l’ancienne science pour en créer une nouvelle, car ceci s’appelle destruction et sabotage.

Les rénovateurs que nous recherchons sont des spécialistes dans les sciences religieuses, qui ont eu leur maîtrise puis qui se sont concentrés sur le traitement de ce qui rend service à l’Islam, aux musulmans et au monde, en recherchant des solutions pour les nouvelles problématiques, et en appliquant les règles juridiques sur les nouvelles circonstances contemporaines.

Ainsi, je parle de cet ouvrage, que j’ai reçu il y a quelques heures. Il me semble être un exemple brillant de la réforme dans les sciences de la narration et des chaînes de transmission. Il est intitulé : « Sciences de la narration du Hadîth », rédigé par le Docteur Umar Nashûqâtî, que Dieu le préserve.

L’origine de cet ouvrage est la thèse de doctorat de l’auteur, ayant reçu la mention Excellent.

L’auteur a commencé son ouvrage par l’explication des terminologies de la science de la narration avec des expressions simplifiées. Il a établi leurs catégories légales, puis a exposé leur évolution historique. Puis, il a analysé et justifié les fondements du nouveau cas apparu à notre époque : « Entendre le hadîth via les nouveaux moyens de communication ».

J’ai préféré transmettre ici son résumé au regard de son importance :
1- La transmission du hadîth via les nouveaux moyens de communication (tels que le téléphone, le microphone, la radio, la télévision, les moyens de communication via internet) est valide lorsque la transmission est en direct (LIVE) en respectant deux conditions :

  • S’assurer de l’identité du shaykh qui enseigne.
  • Mentionner explicitement la situation de cette transmission lors de la transmission à un autre narrateur. Le narrateur doit donc dire : « Tel savant m’a rapporté cela par téléphone. »

2- La transmission du hadîth est invalide par les moyens d’enregistrement qui captent le son et le préserve, en permettant d’entendre le hadîth après le majlis.

Ce qui est entendu dans un enregistrement vocal pourra être considéré comme étant une wijâda. Il est donc possible de transmettre cela en tant qu’information, pas plus. Cela concerne la science de la narration et des chaînes de transmission. Cependant, l’apprentissage scientifique et l’acquisition de la science à travers un enregistrement sont parfaitement autorisés et ne posent aucun souci.

Enfin, je conseille chaque frère intéressé par ces sciences de consulter cet ouvrage qui m’a réellement semblé être un livre débordant de sciences. Si c’était à moi de le nommer, je l’aurais appelé : « La réforme des sciences de la narration et des chaînes de transmission ».

Je prie les frères qui sont en contact avec l’auteur de lui transmettre ma parole et mes remerciements et de lui dire ceci : « L’amour chez les siens demeure inchangé. »

Texte légèrement modifié du cheikh muhaddith damascène Wael Hanbalî.