Le test PCR annule-t-il le jeûne ?

Q : Le test Covid-19 dit PCR annule t-il le jeûne ?

R : Le test PCR, qui consiste à faire passer une tige dans les fosses nasales, dépasse le bout du khayshûm (fosses nasales) comme le confirme les médecins. Ci-joint un dessin qui illustre cela.

Ainsi, ce test annule le jeûne selon l’avis adopté (muᶜtamad) dans l’école shâfiᶜite. L’imam Ibn Hajar al-Haytamî dit dans al-Manhaj al-qawîm : « Ce qui est après le khayshûm – qui est le bout du nez – est du jawf ». Si une chose atteint le jawf à partir d’un orifice ouvert, cela annule le jeûne.
Al-Mallîbârî dit dans Fath al-muᶜîn : « Le jeûne ne se rompt point par l’arrivée d’une chose au fond du canal du nez, jusqu’au dépassement de la fin du khayshûm qui est le bout du nez ». Ainsi, quand la chose dépasse la fin du khayshûm, le jeûne est annulé.

Un autre avis existe danns l’école shâfiᶜîte consistant à dire que le jawf est ce qui peut transmettre la nourriture. L’imam al-Nawawî a cité cet avis dans al-Majmûᶜ en précisant que c’est un avis faible.

Certaines instances officielles de fatwâ dans le monde islamique, suivant habituellement les avis de l’école shâfiᶜîte, (comme le Liban et la Jordanie) ont donné l’avis suivant lequel le jeûne n’est pas annulé par le test PCR. Il semble que cette fatwâ se base sur les avis des écoles hanafites et malikites. En effet, l’école hanafite exige que la chose s’établisse dans le jawf dans sa totalité sans qu’une partie de cette chose demeure à l’extérieur, à condition que cette chose soit sèche. De même, l’école malikite considère que l’arrivé d’une chose solide au niveau de la gorge n’annule pas le jeûne sauf si elle arrive à l’estomac.

Ainsi, celui qui prend ces avis pourra compter dessus et ne doit pas rattraper son jeûne.

Enfin, nous devons préciser deux points :
– parfois, le test PCR est effectué sans dépasser le khayshûm. Cette pratique n’annule pas le jeûne selon l’avis adopté (muᶜtamad) de l’école shâfiᶜite ;
– celui qui a effectué un test PCR durant son jeûne en ignorant qu’il annule le jeûne selon l’école shâfiᶜîte, son jeûne demeure valide selon notre école.

Wallah aᶜlam,

Les musulmans savent ce qu’est l’islam. Ils attendent de la part des savants quelques conseils concernant l’état personnel de chacun d’eux dans leur recherche de l’apaisement spirituel et de la sérénité. Ils ne regardent pas ceux qui véhiculent des avis qui sont sans queue ni tête (non obligation du jeûne, non obligation de la Zakât) ; il faut dire que ces avis – qui posent la base de l’état d’esprit de ces hérétiques – sont amplement suffisants pour éloigner la majorité des musulmans de ces ignares !

Les musulmans sont invités à suivre les savants, ou à en devenir un, en étudiant auprès d’eux. Les savants qui peuvent être suivis sont ceux qui répondent à quatre critères :

– avoir la science ;
– appliquer la science ;
– avoir l’éthique islamique ;
– avoir étudier auprès des savants et à côtoyer les pieux !

Quant aux autodidactes, ils n’ont aucune légitimité en islam à parler des sciences islamiques. Si les autodidactes étaient légitimes à en parler, Allah n’aurait pas eu à envoyer des Messagers et des Prophètes !

Je vous conseille solennellement de vous écarter de ces gens-là. Ils seront ainsi naturellement oubliés : ne partagez pas leurs dires, ne les insultez pas (les insultes sont, en sus, illicites), ne débattez pas avec eux. Cela amplifie leur audience en leur faisant de la publicité gratuite.

Par exemple, un bavard et menteur a trop parlé il y a une dizaine d’année au point où il n’aurait laissé aucune ânerie sans la pondre. Ses vidéos ont remplis youtube. Il est devenu une star des médias de 2013 à 2017. Une fois qu’il eut épuisé tous les sujets, il fut jeté à la poubelle. Où est-il maintenant ? Personne n’en entend parler et tant mieux !

Bonne nuit ramadanesque (ou pas encore)

Pourquoi cheminer auprès d’Allah

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Un homme vint chez le shaykh ᶜAbd al-Rahmân al-Shâghûrî lui demandant de de conclure un pacte de suivisme spirituel avec lui et d’apprendre les invocations que le shaykh recommande.
Le shaykh lui demanda : « Pourquoi cherches-tu à prendre une Voie spirituelle ? »

L’homme répondit : « Je veux la connaissance (al-maᶜrifa) et souhaite devenir un connaisseur d’Allâh (ᶜârif bi-llâh) ».

Le shaykh lui dit : « Prend la Voie pour la réalisation de la servitude car ta demande de la maᶜrifa correspond à un désir de ton égo ».
…………………….
Cette anecdote nous enseigne que celui qui acquiert la servitude (al-ᶜubûdiyya) acquiert la connaissance. De plus, le shaykh voulait, ici, écarter les désirs de l’âme afin que le disciple ne chemine pas dans l’objectif d’être qualifié de « Connaisseur d’Allâh », de Shaykh, de Saint (Walî), etc.

C’est pourquoi les maîtres de l’éducation spirituelle disent : « Parmi les choses destructrices sont, la volonté de l’étudiant reliée à l’ijâza et celle du cheminant aux prodiges. »

Qu’Allah nous accorde une science utile !

Une cérémonie était organisée dans la mosquée de Chouwika à Damas, elle était pleine.Lorsque le cheikh Hussayn Khattab (Cheikh al-Qurrâ’ de Damas) est entré à la mosquée, tout le monde s’est mis à pleurer.

من لم يدلك على الله حاله
لم يدلك على الله مقاله

Celui dont l’état spirituel (hâl) ne te guide pas à Allah,
ses paroles ne te guideront pas à Lui

« Serviteur de la science » titre honorifique ou qualificatif d’humilité ?

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Beaucoup de personnes affichent sur leurs sites, leurs livres, leurs articles, leurs biographies ou toutes sortes d’affichages, le qualificatif de « serviteur de la science ». Ils pensent qu’en se considérant comme « serviteur de la science sacrée », cela reflète une forme de modestie et d’humilité. En réalité, cela est bien loin d’être le cas.

Le degré de servitude à la science est un très haut grade et est loin d’être une formule de rabaissement et de dénigrement de l’égo. Le fait de se considérer comme un « serviteur de la science » peut relever de l’ostentation, du mensonge et de la réclamation de ce qu’on ne mérite, en réalité, pas. L’anecdote suivante explicite le propos.

Suite à l’étude d’un livre de hadîth auprès de notre shaykh, l’éminent jurisconsulte hanafite, muhaddith et éducateur damascène Riyâd Shaykh Ughlî ; notre frère, collègue et ami intime shaykh Bilâl a préparé le texte de la ijâza du shaykh. Celui-ci se charge habituellement de cette tâche car il est expert dans l’édition, la vérification des chaînes de transmission damascène et dans la science de l’isnâd en général. Dans l’ijâza, le shaykh Bilal a écrit à la fin, avant le nom et la signature du shaykh donnant l’ijâza, le terme suivant : « khâdim al-ᶜilm wa-ahlih » (le serviteur de la science et de ses gens). En lisant le texte de l’ijâza, le shaykh Riyâd a ordonné à Bilâl de changer cette formulation, en rétorquant qu’il n’est point un serviteur de la science.

Je dois préciser que le shaykh est un éminent savant qui passe tout son temps à enseigner ou à étudier et lire. Il entame une énième étude de la célèbre glose de l’imam Ibn ᶜÂbidîn, sachant qu’il l’a mémorisé par cœur (une déduction personnelle suite à des questions que je lui ai posé).

Le shaykh explique ainsi que la servitude de la science signifie devenir un serviteur ne disposant d’aucun choix et d’aucune individualité. Un serviteur (khâdim) suit les ordres de son maître, il n’a pas à contester. Un serviteur de la science suit les ordres de la science et si un étudiant le visite à minuit pour étudier auprès de lui, il doit l’accueillir chez lui, lui accorder les enseignements qu’il demande jusqu’à ce qu’il soit rassasié. Le shaykh ajouta : « Ô mon fils ! C’est un grand degré auquel nous ne pouvons prétendre ! ».


Bilal lui dit : « Sidi, que dois-je mettre ? »
Le shaykh répondit : « Évite les qualificatifs et les surnoms ».
– Mais je dois vous introduire sidi !
– Mets : al-haqîr, al-faqîr (le dénigré, le pauvre nécessiteux) !

Bilal ravala sa salive et obéit à l’ordre du shaykh !

Je remercie Allâh de m’avoir accordé le privilège de connaître ces gens et de les côtoyer. Ils sont, par leurs enseignements et leurs attitudes, la hujja (preuve) d’Allâh, en complète opposition des gens de nos jours ! Qu’Allah nous permette de profiter de leurs sagesses et de leurs enseignements !